Négociateur pour la Libye
«Nous tenons en réalité les véritables négociations avec la France et non avec les rebelles» libyens, a déclaré Saïf Al-Islam au journal arabophone.
Selon le rédacteur en chef du quotidien algérien, Mohamed Baghali, l'entretien a été réalisé samedi le 9 juillet 2011 en soirée à Tripoli.
Le fils de Kadhafi dévoile «les groupes islamistes sont les plus influents à Benghazi. Un dialogue a commencé avec eux sous une médiation égyptienne au Caire, mais les Français ont empêché le groupe de Benghazi de poursuivre les négociations».
«Nous avons reçu par l'intermédiaire d'un envoyé spécial qui a rencontré le président français, un message clair de Paris. Le président français a très franchement dit à notre envoyé que «c'est nous qui avons créé ce conseil (CNT) et sans le soutien de la France, l'argent et les armes, il n'existerait pas». Il a précisé que les Français étaient fâchés quand ils ont appris que les deux parties en conflit se sont rencontrées au Caire.
Lorsque les Français ont entendu parler de cette rencontre ils ont dit au groupe de Benghazi: nous vous soutenons et si d'autres contacts avec Tripoli ont lieu sans que nous en ayons connaissance ou dans notre dos, nous cesserons immédiatement de vous soutenir», a-t-il affirmé. «Ils leur ont dit: nous ne faisons pas cette guerre par bonté ou sans contrepartie, nous avons des intérêts commerciaux en Libye, et le gouvernement de transition devra approuver plusieurs contrats, ils veulent parler des contrats au sujet des avions «Rafale», ainsi que d'autres contrats de la société Total», a-t-il poursuivi, tranchant que «toutes les négociations doivent donc passer par la France».
«Le président Sarkozy ( 02 ) a insisté que c'était lui l'interlocuteur de Tripoli, et non les rebelles», a ajouté le fils du colonel Mouammar Kadhafi. ( 03 )
«Les Français nous ont informés officiellement qu'ils voulaient mettre en place un gouvernement de transition en Libye. Sarkozy a dit à un émissaire libyen: j'ai une liste et ceux-là sont les hommes de la France», a dit Saïf Al-Islam.
Le fils du colonel Kadhafi a également affirmé que des «forces spéciales françaises déployées dans l'Ouest libyen avaient organisé l'opération de parachutage d'armes aux rebelles libyens».
Il a aussi accusé Paris d'envoyer des soldats dans l'ouest de la Libye pour aider la rébellion.
«Selon des rapports des services de renseignements, la France est en train de parachuter dans l'Ouest libyen des troupes pour combattre aux côtés des rebelles et attaquer Tripoli», a-t-il assuré.
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Le fils du dirigeant libyen a estimé que Paris reproche à la Libye de «ne pas avoir tenu ses engagements envers la France concernant l'achat d'avions Rafale et de réacteurs nucléaires».
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«S'ils ont décidé de nous bombarder parce que nous avons mis du retard à honorer des engagements commerciaux, ce n'est pas logique», a-t-il dit.
A propos des médiations internationales, Seif El Islam Kadhafi a affirmé qu'il y a une feuille de route africaine sur laquelle tout le monde s'accorde, le gouvernement libyen veut organiser des élections et arriver à un gouvernement d'unité nationale, et est prêt à des élections supervisées par des organisations internationales, et à mettre en place une nouvelle constitution mais les rebelles refusent, parce que le gouvernement libyen n'est pas encore arrivé à un accord avec Paris.
Répondant à une question sur sa candidature aux élections de la future Libye, Seif El Islam a expliqué qu'il est officiellement sorti de la politique en Libye en 2008, et depuis cette date et jusqu'au début de la crise il était au Cambodge, en dehors de la Libye.
Seif El Islam a affirmé être revenu en Libye au début des événements. Il était en dehors du jeu politique, mais après ce qui est arrivé en Libye toutes les données ont changé, après avoir vu les "trahisons, les intérêts et la colonisation" toutes les données ont changé, il ne voit rien contre le fait de se présenter, toutes les options sont possibles.
La médiation de l'Algérie est la bienvenue, a souligné Seif El Islam Kadhafi. Car l'Algérie a toujours joué le rôle d'unificateur.
Il a indiqué que les positions des pays arabes sont indignes, l'Algérie figure parmi les quelques pays arabes ayant pris une position complètement différente. Le peuple libyen n'oubliera jamais cela, c'est pourquoi la médiation de l'Algérie est la bienvenue pour le rapprochement entre les frères libyens.
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La France cherche à négocier
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La France fait passer des «messages» au régime libyen de Mouammar Kadhafi, mais «il n'y a pas de négociations directes», a déclaré le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères et ancien ambassadeur français en Macédoine, Bernard Valero.
«La France est favorable à une solution politique comme elle l'a toujours dit. Il n'y a pas de négociations directes entre la France et le régime de Kadhafi, mais nous lui passons des messages, en liaison avec le CNT (Conseil national de transition, instance de la rébellion, ndlr) et nos alliés», a déclaré Bernard Valero.
«Ces messages sont simples et sans ambiguïté: toute solution politique passe par le retrait de Kadhafi du pouvoir et son renoncement à tout rôle politique», a-t-il ajouté.
Le ministère français des Affaires étrangères a ainsi réaffirmé qu'une solution au conflit était subordonnée à l'abandon par le dirigeant libyen de tout rôle politique.
Il était interrogé sur cette question après des déclarations du ministre de la Défense Gérard Longuet, ( 04 ) qui a laissé entendre que Mouammar Kadhafi pourrait rester à Tripoli, proche du pouvoir, après une cessation des hostilités et un début de dialogue entre les parties libyennes.
«On s'arrête de bombarder dès que les Libyens parlent entre eux et que les militaires de tous bords rentrent dans leur caserne et ils peuvent parler entre eux puisqu'on apporte la démonstration qu'il n'y a pas de solution de force», a-t-il indiqué dans une émission radio-télévisée sur BFMTV et RMC.
Et si le leader libyen Mouammar Kadhafi n'est pas parti? «Il sera dans une autre pièce de son palais avec un autre titre», a répondu M. Longuet.
«L'idée que Kadhafi doit partir est désormais admise par tout le monde», a déclaré de son côté le chef de la diplomatie française Alain Juppé, dans un entretien au quotidien Sud-Ouest. ( 05 )
«Même s'ils ne le disent pas ouvertement, la majorité des pays africains ont compris que Kadhafi devait s'écarter du pouvoir. La question n'est pas de savoir s'il doit partir, mais quand et comment», a-t-il poursuivi.
«En Libye même, à condition qu'il abandonne toute action politique? Au-dehors avec des garanties? Je n'ai pas la réponse, mais l'Union africaine (UA) ( 06 ) y travaille. Sa médiation peut être utile, et nous souhaitons que l'Union Africaine participe à Istanbul, à la réunion du groupe de contact», a-t-il ajouté.
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Le gouvernement renonce (discrètement) à renverser Kadhafi |
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Chut, ne le répétez pas, il ne faudrait pas troubler les premiers départs en vacances, mais la France, en Libye, ne demande plus le départ de Kadhafi. |
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