La Libye
Kadhafi: Pendez-le haut et court!
Ce texte écrit en mars 2011 demeure toujours très éclairant

 

Écrit par
Eric MARGOLIS
Blog
March 04, 2011
Traduction par JosPublic
Publié ici le :
13 juillet 2011

 

La fièvre de guerre contre la Libye s'est emparée des États-Unis et du Canada. Après un hiatus de neuf ans, durant lequel il a été un allié utile aux intérêts occidentaux, le colonel Mouammar Kadhafi est de nouveau l'homme que nous aimons haïr.

"Allons sur la Libye! À bas le tyran de Tripoli!" C'est le dernier cri de la droite politique, des médias, et du groupe de lyncheurs néoconservateurs.

Encore une fois on parle de guerre contre une petite nation presque sans défense qui ne peut pas sérieusement riposter.

La droite politique pense voir une occasion en or dans la guerre civile libyenne pour se débarrasser du mal aimé Mouammar Kadhafi ( 01 ), «libérer» le pétrole de haute qualité de la Libye et stopper la vague de soulèvements qui illumine désormais le monde arabe.

Nous avons entendu la même chanson à propos de l'Irak: une méchant dictateur opprimant son peuple, des mers de pétrole, et des armes de destruction massive.

Le président Barack Obama ( 02 ) est en voie de prendre la décision d'attaquer la Libye et de contrôler l'espace aérien au-dessus de la Libye. Les unités amphibies US Marine ( 03 ) sont déjà très près des côtes libyennes.

Les dirigeants des États-Unis, de la Grande-Bretagne, de la France et de l'Allemagne étaient heureux de faire les yeux doux à Kadhafi, de prendre son argent et d'acheter son pétrole premium. Soudainement il est étiqueté "monstrueux". Il y a assez d'hypocrisie à propos de la Libye-ancien-allié pour faire voguer la 6ième flotte états-unienne.

Une invasion américano-britanno-canado-française de la Libye serait enrobée de sucre comme une mission humanitaire pour secourir des civils libyens des frappes aériennes meurtrières supposément de la force aérienne inepte de Kadhafi.

Mais aucune mention n'est faite des 65 civils afghans tués récemment par une frappe aérienne américaine, ou des neuf garçons afghans collectant du bois sur une colline massacrés par des hélicoptères de combat américains la semaine dernière ou à propos des frappes aériennes états-uniennes à répétition sur le Pakistan, la Somalie et le Yémen, qui ont tué un grand nombre de civils. Lorsqu'on en parle, ce sont des dommages collatéraux.

Confrontation entre un jeune afghan et un soldat canadien

Il y a des rapports à l'effet que des forces spéciales états-uniennes, britanniques, françaises et peut-être canadiennes, opèrent dans l'Est de la Libye. Elles forment, fournissent de l'armement et même combattent aux côtés des forces irrégulières anti-Kadhafi.

Le plus vieux truc dans le livre des stratégies est de fomenter un soulèvement et ensuite appeler à une aide extérieure.

Les tribus de l'Est de la Libye, et de la ville de Benghazi, ont toujours été opposées à Kadhafi. L'Agences de renseignement britannique, le MI6, a longtemps été active dans la région. Une tentative britannique majeure d'assassiner Kadhafi a déjà été montée à Benghazi.

La Libye est très fragile et semble être assez décousue aux frontières régionales du pays. Elle ne devint un État unitaire qu'en 1951 lorsque ses trois régions indépendantes, la Tripolitaine, la Cyrénaïque et le Fezzan ont été fusionnées.

En 2011, régionale et tribale la guerre civile a éclaté, et les puissances étrangères prédatrices ont encerclé politiquement la Libye. Le colonel Kadhafi a averti que la Libye pourrait finir en éclats, comme l'Irak et l'Afghanistan.

N'ayant rien appris du fiasco américain de billions de dollars dépensés en Afghanistan et en Irak, les cercles de sécurité nationale à Washington ( terme de l'Amérique pour ce qui en Grande-Bretagne a été appelé «impérialisme») sont désireux d'envahir la Libye. Les plans pour attaquer l'Iran et/ou le Pakistan ont été reportés.

La r
ichesse pétrolière de la Libye est trop belle pour laisser passer l'occasion.

Cependant, certaines voix sages se font entendre à Washington. Le compétent Robert Gates ( 04 ), secrétaire à la défense US, a exprimé sa très forte opposition à toute zone d'exclusion aérienne et/ou invasion terrestre de la Libye, avertissant que les USA ne peuvent pas se permettre de risquer une troisième guerre majeure quand 40% de chaque dollar dépensé par le gouvernement états-unien
sont empruntés à la Chine ou au Japon.

Le Canada n'est pas d'accord, lui qui a été récemment infecté par le virus du néo-impérialisme en gérant sa petite colonie à Kandahar en Afghanistan.

Son premier ministre Stephen Harper semble regretter d'avoir manqué la guerre en Irak et fait maintenant battre le tambour de la guerre sur la Libye.

Ancien chef de la CIA, Gates a tout à fait raison. Une zone d'exclusion aérienne saurait rapidement attirer les États-Unis dans le combat au sol et au milieu de la confusion d'un conflit tribal qu'on semble comprendre à Washington. C'est précisément ce qui s'est passé en Afghanistan, où l'Amérique s'est retrouvée au milieu d'une guerre civile entre les Tadjik/Ouzbecks dominés par les communistes et la majorité pachtoune. ( 05 )

La prétendue «marche facile-cake walk (ancien pas de danse du sud des États-Unis) sur l'Irak s'est transformée en un bourbier engageant 50 000 soldats états-uniens qui coûtent 1 million de dollars chacun par an. Les États-Unis s'impliquent désormais de plus en plus dans des conflits en Somalie, au Yémen, à la frontière Nord-Ouest du Pakistan et, plus récemment, à Djibouti.

Est-ce que la Libye sera la goutte d'eau qui fera déborder le vase états-unien?

Peut-être. Peut-être pas. Cependant attaquer l'Iran ( 06 ) le serait certainement. Mais pour l'instant Téhéran respire plus facilement grâce au colonel Kadhafi.

Une personne qui doit savourer le spectacle c'est l'insaisissable Ben Laden (Depuis la rédaction du texte, en mars 2011, les États-Unis qui auraient pu le capturer ont préféré l'assassiner - commentaire de JosPublic) ( 07 )

L'objectif principal de Ben Laden, soutenu à l'époque par les États-Unis, était de renverser des régimes autocratiques dans le monde musulman. Attaquer des cibles occidentales était, pour lui, simplement secondaire.

Le colonel Kadhafi n'avait pas totalement tort quand il a blâmé Al-Qaïda pour le soulèvement de la Libye. Ben Laden n'a pas tiré lui-même les ficelles de la rébellion en Libye, mais la philosophie révolutionnaire d'Al-Qaïda et anti-occidentale du djihad ( 09 ) ont certainement inspiré de nombreux jeunes du Maroc au Bangladesh.

Al-Qaïda ( 08 )

Voilà le gros problème de Washington. Envahir la Libye va intensifier les feux révolutionnaires dans le monde arabe et créer encore un autre djihad anti-occidental. Il est très intéressant de constater que c'est exactement la stratégie d'Oussama Ben Laden:.. Attirer les États-Unis dans de nombreuses petites guerres dans le monde musulman pour les saigner à blanc.

Jusqu'à présent, les États-Unis ont coopéré avec le plan directeur d'Oussama.

Notes & Références:

01

Qui est Mouammar Kadhafi ?

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02

Qui est Barack Hussein Obama II ?

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03

Qu'est ce que le United States Marine Corp ?

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04

Qui est Robert Gates?

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05

Qui sont les tribus Tadjik, Ouzbeks, et Pachtoune d'Afghanistan ?

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06

À propos de l'Iran ?

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07

Qui est Oussama Ben Laden ?

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08

Qu'est-ce qu'Al-Qaïda ?

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09

Qu'est-ce que le Djihad ?

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