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L'ensemble du
discours de Martin Dumont, le place parmi les carriéristes
politiques. Son parcours
politique tend à démontrer ses importantes
ambitions, peu importe la bannière politique.
Il a fait ses premiers pas chez les
jeunes péquistes après
quoi, il s’est joint aux rangs de l’Action démocratique du
Québec. En 1998, il fait le saut au municipal, où il se
présente comme candidat avec
Nouveau Montréal, dirigé par
Jacques Duchesneau
( 01 ).
En 2001, il sera candidat dans l’équipe de Gérald Tremblay
( 02 ). Défait, il
devient conseiller du maire et ce, jusqu’en 2004. Mais le
lien d’emploi est rompu et il doit alors se contenter d’être
l’un des deux organisateurs d’Union Montréal. Il deviendra
par la suite chef de cabinet du maire de Rivière-des-Prairies/Pointe-aux-trembles avant de
tâter de la politique fédérale avec les conservateurs de
Stephen Harper.
En 2010, il sollicite Union Montréal pour
être candidat à la mairie où il travaillait. Il aurait même vérifié
l’intérêt de
Projet Montréal
et
Vision Montréal.
Depuis il a quitté le monde politique pour un emploi dans le
domaine des relations publiques pour une entreprise
distributrice de médicaments.
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Le
maire de Montréal se serait
fermé les yeux |
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Durant son témoignage à la
Commission Charbonneau, Martin
Dumont a
soutenu que le maire de Montréal
s'était fermé les yeux sur des
pratiques de financement illégales
lors de l'élection partielle
organisée en décembre 2004 dans
l'arrondissement de Saint-Laurent.
Des propos qui ont eu l'effet d'une
bombe dans les médias et qu'a niés
le principal intéressé.
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La commission
Charbonneau a
entendu
Gérald Tremblay,
ex-maire de Montréal
à huis clos |
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Cependant, le maire Tremblay a eu
l'occasion de faire valoir son point
de vue et sa version des faits, lors
d'une entrevue avec les enquêteurs
de la commission Charbonneau. Le
procureur de la Commission a jugé
que ses propos n'apportaient rien de
nouveau aux travaux de la Commission
et a donc décidé de ne pas faire
témoigné Gérald Tremblay en public.
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« |
Je trouvais que c'est le système qu'il
fallait attaquer.
Je n'ai jamais voulu attaquer d'individus
— Martin Dumont |
» |
Deux
semaines
avant
l'élection
de 2004,
Martin
Dumont dit
s'être
plaint de la
situation et
avoir
demandé une
rencontre
avec l'agent
officiel du
parti,
Marc Deschamps. ( 03 )
C'est lors
de cette
rencontre
avec M.
Deschamps,
en présence
du maire
Gérald
Tremblay,
qu'il a
appris
l'existence
d'une
double comptabilité.
« À cette
rencontre
là, dans mon
bureau et à
portes
fermées, en
bon français
j'ai pété
une coche.
J'ai dit :
"je ne sais
pas ce qui
se passe,
vous ne me
mettez pas
au courant
du
financement,
il y a des
téléphonistes
que je sais
rémunérées
qui ne se
présentent
même pas à
moi, mais
directement
à M.
Trépanier
[...] Je
veux savoir
ce qui se
passe,
est-ce qu'on
[...] risque
de dépasser
le budget
électoral?''
À ce
moment-là,
l'agent
officiel m'a
sorti un
document
imprimé
[...] et
c'était deux
budgets. Et
c'est là
qu'il m'a
dit : "Mais
Martin,
c'est pour
ça qu'on a
un budget
officiel et
un budget
officieux de
campagne"
[...] Dans
le premier,
le budget
officiel, on
était rendu
à 43 000 $
et dans le
deuxième,
dit le
budget
officieux,
on était
rendu à 90
000 $ ».
« Quand
M.
Deschamps
a sorti
la
feuille
[...],
c'est à
ce
moment
que le
maire de
Montréal
Gérald
Tremblay
s'est
levé et
a dit :
"moi
j'ai pas
à savoir
ça". Il
a
quitté,
il est
parti et
il a
fermé la
porte
en sortant. »
— Témoignage
de
Martin
Dumont
Selon M.
Dumont, le
maire
n'était donc
pas dans la
pièce
lorsque les
montants ont
été évoqués.
Il affirme
que le
plafond de
dépenses
électorales
avait été
fixé à 52 000 $ pour
ces
élections partielles.
Selon le
témoin,
Bernard
Trépanier
lui a
confirmé
ultérieurement
que le parti
avait
dépensé
110 000 $ au
terme
de l'exercice.
Il affirme
par ailleurs
que dans la
double
comptabilité
que Marc
Deschamps
lui avait
montrée, le
montant
versé aux
téléphonistes
était
officiellement
de 5 000 $,
mais dans le
budget
officieux,
c'était 18
000 $ ou
19 000 $.
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« |
Gérald Tremblay s'est levé et a dit en quittant
la salle:
je n'ai pas à savoir ça
— Martin Dumont |
» |

Cette caisse occulte a financé une élection qui visait, ironiquement, à remplacer deux élus reconnus coupables de corruption, Irving Grundman et René Dussault. ( 04 )
Martin Dumont a été témoin, à d’autres reprises, de financement douteux, voire illégal, pour remplir les coffres du parti Union Montréal.
Outre le coffre-fort trop plein pour fermer de l’ex-argentier du parti, Bernard Trépaner ( 05 ), M. Dumont a aussi vécu des situations délicates qui l’ont « estomaqué ».
Première enveloppe
Lors d’un cocktail de financement au Buffet Antique, dans l’arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, en novembre 2004, Nicolo Milioto, de Mivela Construction ( 06 ), l’a invité à la salle de bain.
« J’ai refusé, il m’a dit : tu ne comprends pas », a expliqué celui qui l’a finalement accompagné.
Devant les urinoirs, M. Milioto, alias « M. Trottoir », lui a remis une enveloppe contenant environ 10 000$. M. Dumont l’a remise à M. Trépaner. À deux autres reprises au cours de la soirée, il a dû refuser ce genre d’invitation, recommandant aux donateurs de s'adresser eux-mêmes à l’argentier.
M. Trépaner lui a d’ailleurs lancé, en fin de soirée lors d’une allocution du maire Gérald Tremblay : « J’ai de la misère à fermer mon jacket, j’ai trop d’enveloppes dans mon veston. »
Après ce cocktail, M. Trépaner a aussi demandé à M. Dumont de se rendre à Laval pour récupérer « 50 000 documents », soit 50 000$, du propriétaire du restaurant Onyx, Tony Accurso. M. Dumont n’a finalement pas eu à rencontrer l’ex-propriétaire de Louisbourg Construction. ( 07 )
Payé comptant
Lors du référendum sur les défusions municipales, M. Dumont a constaté que certains téléphonistes, qui travaillaient dans le local électoral du Non dans Anjou, à quelques pas de l’hôtel de ville, ont été rémunérés en argent comptant.
Il a compris que ces dépenses n’étaient pas incluses dans les dépenses officielles, quand il a vu le budget officieux et officiel de Christian Ouellet, à l’élection partielle de ville Saint-Laurent.
« Dans la colonne officielle pour les téléphonistes, il y avait 5 000$ et dans l’officieux, ça tournait autour de 18 000$ », a-t-il précisé.
Anjou
Martin Dumont s’est aussi souvenu d’un cocktail de financement, à la fin de juin 2004, dans le cadre de la campagne de défusion des villes de l'Île-de-Montréal. C'était dans le local du NON, sur la voie de service de l'autoroute 25, près des Galeries d’Anjou. Il soutient avoir coordonné cette activité où au moins 50 personnes ont acheté des billets de 250$ ou 500$.
Un des seuls représentants de l’industrie de la construction, présent à ce « 5 à 7 », était un homme
« corpulent » de la firme BPR. ( 08 )
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L'ex-organisateur
politique d'Union Montréal Martin
Dumont a raconté à la
commission Charbonneau que
l'entrepreneur en construction
Nicolo Milioto, de Mivela
Construction, l'a clairement menacé
de mort en juin 2007.
Les menaces ont été proférées après
que M. Dumont, devenu chef de
cabinet du maire de l'arrondissement
de
Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles,
Cosmo Maciocia, se fut interrogé sur
un contrat obtenu par
Mivela Construction.
M. Dumont s'était rendu compte que
Mivela avait proposé de réaliser un
contrat pour 100 000 $ de plus que
pour un contrat très similaire
entrepris quelques mois plus tôt.
M. Dumont s'était enquis de la
situation auprès d'un ingénieur de
l'arrondissement, qui devait lui
revenir à ce sujet, mais c'est
finalement M. Milioto qui est venu
faire une visite au bureau du
maire Maciocia.
Devant l'impossibilité de rencontrer
le maire Maciocia, l'entrepreneur a
accepté de rencontrer Martin Dumont.
Selon ce dernier, Nicolo Milioto a
commencé par lui dire que ses
« fondations de trottoirs étaient
épaisses et profondes ».
Devant son incompréhension, a
précisé le témoin, Nicolo Milioto a
ajouté : « faudrait pas que tu te
retrouves dans mes fondations
de trottoirs ».
Martin Dumont dit avoir clairement
compris qu'il s'agissait d'une
menace. Il dit qu'il a été ébranlé
et qu'il a quitté le bureau pour le
reste de la journée.
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« |
Vous
savez, je n'ai pas eu un peu peur.
J'ai eu extrêmement peur.
J'ai reçu des menaces
— Martin Dumont |
» |
Le témoin a précisé ultérieurement
qu'il avait appelé un contact au
gouvernement fédéral ce jour-là pour
demander si un poste
était disponible.
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M. Dumont s'est effectivement vu
offrir un poste, mais il est tout de
même resté en fonction auprès de M.
Maciocia jusqu'en septembre 2007, le
temps que l'enquête de sécurité
exigée par le gouvernement fédéral
soit complétée.
Le témoin a raconté n'avoir jamais
parlé de ces menaces à quiconque,
pas même à sa femme, qui, dit-il,
l'a appris en écoutant les travaux
de la Commission.
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Il est d'ailleurs apparu fortement
ébranlé en racontant cette histoire.
Nicolo
Milioto est l'un des dirigeants
de l'entreprise Mileva
Construction, une importante
entreprise du milieu de la
construction et de la réfection
de trottoirs à Montréal.
Il a été décrit par l'enquêteur
de la commission Éric Vecchio
comme un intermédiaire entre les
entreprises de la construction
de la région de Montréal et les
têtes dirigeantes du
clan Rizzuto.
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Séance de remise
d'argent entre
Milioto et
Rizzuto |
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M. Milioto a été vu plus de
200 fois au café
Consenza,
ancien quartier général du clan
Rizzuto.
Dans des images diffusées à la commission
Charbonneau,
( 09 ) il apparaît
souvent en compagnie de l'ancien
présumé parrain de la mafia
montréalaise, Nick Rizzuto. M.
Milioto remet même de l'argent à
M. Rizzuto.
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Martin Dumont a aussi raconté qu'il
avait vu plusieurs autres
entrepreneurs en construction dans
les bureaux de la
mairie d'arrondissement.
Il y a notamment vu Paolo Catania de
Frank Catania et associés, Joe
Borsellino du groupe Petra et des
représentants du groupe Sept Frères,
propriété de la famille Argento.
( 10 )
M. Maciocia était responsable des
dossiers sur l'habitation au comité
exécutif de la Ville de Montréal à
cette époque, a dit le témoin, et
c'est dans ce cadre que les
entrepreneurs venaient
le rencontrer.
Dumont n'assistait pas à ces
rencontres, puisque cela n'était pas
de sa responsabilité. Il est devenu directeur
du cabinet de M. Maciocia en février
2006, après les élections de
novembre 2005.
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Un silence qui a duré des
années |
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À plusieurs reprises, les commissaires ont interrogé M. Dumont sur le
fait qu’il n’a jamais alerté qui que ce soit.
« Personne ne
m’aurait cru », a-t-il avancé, parce qu’il aurait dû
s’attaquer à l’établissement de Montréal, du cabinet du
maire, du président du comité exécutif et du parti Union Montréal. |
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« Le système est tellement gros, a-t-il lancé. Je m’attaquais à l’establishment de la Ville, au Comité exécutif, à des comptables qui apposent leur signature. »
Il a reconnu qu’il s’agissait d’une erreur, mais n’a pas dénoncé la situation parce que même son chef s’aveuglait volontairement. « Je comprends que je ne peux même pas en parler au maire : il ne veut rien savoir. »
«
Oui, j’aurais pu dénoncer. Ç’a été mon erreur », a-t-il fini
par admettre.
Étonnamment, si M. Dumont s’est dit parfois «
ébranlé », « dégoûté » ou
« estomaqué », aucune des situations qu’il a décrites ne l’a
incité à prendre ses distances.
Avec le recul, Martin Dumont affirme
avoir des regrets. « J'aurais dû
confronter certains individus »,
admet-il. Interrogé sur les raisons
qui l'ont poussé à rester malgré ce
qu'il savait, il répond d'emblée que
« ce n'est pas facile de se
retrouver un emploi » quand on
quitte la politique.
« Il n'y a pas un jour depuis mon
départ, en 2007, ou je ne me suis
pas posé cette question-là, pourquoi
je suis resté, pourquoi malgré ce
que j'ai vu je suis resté. Je
persiste à croire que je suis resté
pour les bonnes raisons », dit-il
lorsque le journaliste revient à la
charge. « Moi, mon éthique
était intègre. »
Martin Dumont n'a pas l'impression
d'avoir été complice par son
silence. « La politique, ce n'est
pas juste sale », croit-il. « La
politique, c'est beau aussi. Il y a
des gens avec qui c'est plaisant de
travailler. Malgré tout ce que j'ai
pu mentionner à la Commission, il y
avait pas mal plus d'avantages à
rester et à faire ce que j'aimais et
avec quoi j'étais à
l'aise », explique-t-il.
|
« |
Je
peux comprendre que les gens soient encore plus
cyniques avec ce qui sort présentement, mais je
crois que les gens commencent à réaliser qu'il
faut que ça change et, pour que ça change, il
faut que les gens s'impliquent
— Martin Dumont |
» |
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Sources:
Agences de Presse: QMI pour Quebecor Inc et La
Presse Canadienne/Canadian Press Enterprises
propriété de CTVglobemedia, Torstar et Power
Corporation of Canada
Journaux: L'Express pour TransCanada Inc.
La Presse pour Power Corporation of Canada
Internet et Télévision: Radio-Canada pour la
Société CBC/Radio-Canada, TVA pour Quebecor Inc. |
Choix de photos, mise en page,
références et titrage
par :
JosPublic
Publication :
14 novembre 2012 |
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