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Gérald Tremblay, ex-maire de Montréal, bon chrétien néo-libéral se ridiculise
devant la Commission Charbonneau

 
 

Une première journée de témoignage devant la Commission Charbonneau
Amer, Gérald Tremblay se dit intègre. L’ex-maire regrette d’avoir choisi Frank Zampino
Audience du 25 avril 2013

 
 

Ni naïf ni complice. Guidé par ses valeurs d’honnêteté et d’intégrité, Gérald Tremblay a couru à sa perte en présumant de la bonne foi de son entourage politique. S’il avait su que Frank Zampino frayait avec l’ingénieur Rosaire Sauriol et l’entrepreneur Tony Accurso, il n’aurait jamais fait de lui son bras droit en 2001.

 « C’était pas dans son intérêt de me le dire. Si j’avais été avisé, il aurait perdu son poste de président du comité exécutif », a dit M. Tremblay, jeudi, à la commission Charbonneau. 

Personne n’a levé de drapeau rouge sur les fréquentations de Frank Zampino. La commission Charbonneau lui en a appris plus à ce sujet que tous les membres de son entourage politique réunis.

Les cachotteries de M. Zampino ont duré jusqu’à la toute fin de leur collaboration. Lors de sa démission, en 2008, il n’a jamais voulu révéler au maire l’identité des personnes qui avaient séjourné avec lui sur le bateau de Tony Accurso, soit le bras droit de l’entrepreneur, Frank Minicucci, et Rosaire Sauriol. À la suite de ces croisières, Dessau et Simard Beaudry ont mis la main sur le contrat litigieux de 356 millions pour l’installation des compteurs d’eau. « Il sait très bien que s’il donne les noms, c’est la fin du contrat », a dit M. Tremblay, qui se targue d’avoir résilié ledit contrat.

M. Tremblay est d’attaque et visiblement déterminé à se camper en politicien intègre, qui a pris tous les moyens pour lutter contre la corruption et la collusion à l’Hôtel de Ville du temps où il était maire de Montréal, de 2001 à 2012. La commission lui offre l’une des dernières tribunes de sa vie publique afin de rétablir un tant soit peu sa réputation, durement malmenée par une décennie de scandales.

M. Tremblay ne posera pas en victime, comme il l’a laissé entendre dans son discours de démission, le 5 novembre. « Si je me suis entouré de certaines personnes qui peuvent avoir trahi ma confiance, j’en assume l’entière responsabilité. Ce sont mes choix. Je ne blâme personne », a-t-il dit à la commission sur un ton blessé, et parfois même amer.

Fidèle aux valeurs inculquées par ses parents - honnêteté, intégrité, solidarité -, M. Tremblay a présumé de la probité et de la bonne foi de ses plus proches collaborateurs, pour son plus grand malheur.

Où étiez-vous ?

Sonia LeBel, procureure en chef, a résumé l’état d’esprit du public à l’égard de l’ex-maire, qui souffre d’un déficit de crédibilité en matière de lutte contre la corruption et la collusion.

 « Où étiez-vous ? », lui a-t-elle demandé, tout simplement.

« Je n’ai jamais fait d’aveuglement volontaire, je ne suis pas naïf, je suis une personne qui fait confiance. […] Toutes les fois que j’ai été informé d’une situation, j’ai agi », a répliqué M. Tremblay, répétant une ligne familière, pour ne pas dire usée, qu’il a servie pendant des années aux journalistes couvrant la politique municipale.

M. Tremblay a donné en exemple le cas de Robert Abdallah pour bonifier son image de maire intransigeant quant aux dérives éthiques. En 2006, il a montré la porte à son directeur général en raison de ses mauvaises fréquentations. En pleine préparation de l’appel d’offres pour le contrat des compteurs d’eau, M. Abdallah avait été vu à plusieurs reprises avec Tony Accurso (Simard Beaudry) dans le salon privé d’un restaurant du centre-ville. « Le lien de confiance était brisé », a-t-il dit. Jusqu’à ce jour, le maire n’avait expliqué à personne, pas même à M. Abdallah, les raisons de ce renvoi prématuré.

M. Tremblay s’est montré tout aussi expéditif avec Bernard Trépanier, le directeur du financement d’Union Montréal. Le maire était horrifié après avoir reçu un appel de la haute direction de SmartCentres, à Toronto. En se présentant comme un de ses conseillers, Bernard Trépanier aurait réclamé un pot-de-vin d’un million de dollars pour un projet dans Saint-Michel.

M. Tremblay a tout révélé à Frank Zampino, en l’informant qu’il allait congédier le directeur du financement dans la minute. La seule préoccupation de M. Zampino était de savoir s’il y avait une enquête de police sur cette tentative d’extorsion. Fait à souligner, M. Zampino a témoigné que le maire ne lui avait jamais parlé du renvoi de Bernard Trépanier.

« Frank Zampino était au courant », assure M. Tremblay. Ses démarches n’en sont pas restées là. M. Tremblay a raconté l’épisode au directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Yvan Delorme. Son analyse l’a surpris. M. Delorme lui aurait dit : « Il n’y a pas eu de tort de commis, donc il n’y a pas matière à enquête. »

Impossible 3 %

Bernard Trépanier a été congédié « pour la forme » en février 2006, a reconnu l’agent officiel du parti, Marc Deschamps. « Monsieur 3 % » a continué de s’occuper des cocktails de financement du maire, et il a conservé son certificat de collecteur jusqu’en 2009.

Selon Gérald Tremblay, M. Deschamps a fait une erreur en permettant à M. Trépanier de rester dans l’entourage du parti. M. Tremblay a lui aussi toléré la présence de l’arnaqueur présumé, en allant même jusqu’à le féliciter pour un cocktail particulièrement réussi, qu’il avait organisé après son « départ » du parti.

À l’instar de Marc Deschamps, M. Tremblay ne croit pas un seul instant à l’existence d’un stratagème grâce auquel Union Montréal aurait perçu des ristournes de 3 % sur la valeur des contrats accordés aux entrepreneurs et aux firmes de génie-conseil. « Il n’y a jamais eu de 3 % à Union Montréal. C’est impossible », a-t-il lancé.

Malgré l’avalanche des révélations sur le financement illégal du parti, M. Tremblay continue de croire que tout était en ordre. Il a invité la commission à considérer sérieusement la possibilité que des gens malintentionnés s’en soient mis plein les poches en utilisant le prestige du parti. « C’est trop gros pour être vrai. C’est certain que ce n’est pas allé dans les coffres d’Union Montréal », estime-t-il.

Pressé d’en découdre avec l’ancien organisateur du parti, Martin Dumont, il a également dit qu’il est « irréel » de penser qu’Union Montréal utilisait une double comptabilité pour cacher le financement illicite.

Son témoignage reprendra le 28 avril 2013

 
 

Dix questions à Gérald Tremblay

 
 

Le 24 avril 2013, à l'approche du témoignage de l'ancien maire de Montréal, Yves Boisvert chroniqueur au journal La Presse suggère quelques questions pour Gérald Tremblay...

1. Le cas Zampino

Comment avez-vous connu Frank Zampino? Qui vous a mis en contact? Est-ce que quiconque, au fil de vos années en politique municipale, vous a mis en garde contre l'ancien maire de Saint-Léonard, dont on voit maintenant qu'il allait à des mariages de gens de la mafia? Dans quelles circonstances est-il parti de l'hôtel de ville? Trouvez-vous encore que c'était un administrateur exemplaire?

2. Les bombes

En 2005, en pleine campagne électorale, deux bombes ont été découvertes à votre chalet à Saint-Hippolyte. Qu'en savez-vous? Que vous ont dit les enquêteurs?

3. Les menaces

En entrevue au Devoir, en octobre 2009, vous déclariez craindre pour votre famille. Vous disiez être très prudent dans vos déclarations: «Il faut faire attention aux réputations. Quand on n'a pas de preuves, on se ramasse avec des mises en demeure, peut-être des menaces et de l'intimidation

Vous disiez aussi: «J'ai eu des avertissements dans le passé. Je n'ai pas appelé la police pour me protéger

De quels événements parliez-vous? Avez-vous déjà été menacé, directement ou indirectement? De quoi aviez-vous peur?

4. La corruption

Extrait de cette entrevue accordée au Devoir en octobre 2009: «Dès son arrivée au pouvoir en 2001, il (Gérald Tremblay) a été mis au courant par un haut fonctionnaire des rumeurs concernant des enveloppes brunes qui circulaient à l'hôtel de ville. "Il y a un certain nombre d'entrepreneurs qui se partagent des contrats et des territoires, comme ce que vous entendez qui sort présentement [dans les médias]. Honnêtement, j'ai tout fait pour essayer d'éclaircir la situation en mettant en place des clauses anticorruption et anticollusion [dans les contrats]."»

Quand avez-vous eu la conviction que les entrepreneurs s'entendaient entre eux pour se partager les contrats? Quand avez-vous été convaincu d'un problème de corruption dans la fonction publique?

5. Monsieur 3%

Qui a pris la décision de congédier Bernard Trépanier comme directeur du financement d'Union Montréal, votre parti, en 2006? Pourquoi? Pourquoi avez-vous accepté qu'il continue officieusement à collecter des fonds pour le parti dans les trois années suivantes? Comment expliquer qu'il se soit occupé de la Banque du Maire les années subséquentes? En politique depuis presque 25 ans, êtes-vous surpris d'entendre parler de financement illégal?

6. Le savoir ou pas

Avez-vous pris connaissance du rapport d'expert déposé au comité exécutif, en 2006, qui faisait état des coûts trop élevés des travaux à Montréal et en attribuait la cause à la collusion entre entrepreneurs?

7. Les avis juridiques

Saviez-vous qu'en plus des fonctionnaires, le contentieux de la Ville s'opposait à la transformation de la Société d'habitation de Montréal en organisme privé? C'est après cette transformation que les ventes douteuses de terrains ont eu lieu, notamment au Faubourg Contrecoeur, qui a donné lieu à des accusations criminelles.

8. Robert Abdallah

Pourquoi ce directeur général de la Ville a-t-il été congédié? Certains disent que c'est parce qu'il voulait faire le ménage; d'autres témoins, au contraire, avancent que c'est à cause de sa complaisance, sinon sa complicité avec les responsables du «système». Quand a-t-il découvert un problème? Comment?

9. Les compteurs d'eau

En tant que «gestionnaire responsable», comme vous vous êtes décrit souvent, avez-vous demandé un avis externe avant d'accepter le projet d'infrastructure le plus coûteux de l'histoire de Montréal (356 millions)? Avez-vous consulté personnellement des experts d'autres grandes villes?

10. L'argent et les relations

Jacques Duchesneau affirme vous avoir mis en garde contre quatre personnes de votre entourage. Selon lui, vous avez répliqué que vous n'y pouviez rien. Benoît Labonté, autrefois du parti du maire, a affirmé qu'il avait dénoncé devant vous la corruption et le financement illégal (notamment Monsieur 3%). Il dit que vous auriez répondu «en politique municipale, c'est juste de ça». Niez-vous encore qu'ils vous ont averti? Estimez-vous que ce que vous appeliez des «insinuations» en 2009 est maintenant prouvé: la corruption endémique à l'hôtel de ville, le financement illégal et la complicité du monde politique?

Gérald Tremblay, un bon chrétien pratiquant le néo-libéralisme comme son pape François le prône. En tant qu'ex-maire il n'en revient pas d'être crucifié sur la place publique pour des gestes posés par des mauvais larrons. L'homme, a la réputation du célèbre professeur Tournesol dans les aventures de Tintin et conclut dans le déshonneur une aventure de 12 ans à la tête de la ville de Montréal. Un pratiquant des postulats du Parti Libéral du Québec, ayant un préjugé aveugle quant à l'honneur des gens d'affaires quitte à brader le bien commun et permettre l'hégémonie de l'entreprise privée sur les services que doit rendre l'État. Il a dû accepter son corollaire... la collusion, la corruption et les conflits d'intérêts.


Commentaire de
JosPublic

Tout cela malgré un argumentaire bien fignolé par Morrow communication, une entreprise de propagande à son service. N'oubliez jamais que le maire était le patron de Frank Zampino, et non son égal, comme lorsqu'il dit:  je m'occupais des orientations de la ville et Frank de la quincaillerie. Peut-être cela était vrai dans sa tête, mais il avait oublié de regarder l'organigramme de la ville et face auquel il a prêté serment de se conformer, ainsi qu'aux tâches en découlant. Dès les premiers soupçons sur Frank Zampino il aurait dû dire: Démissionne, tu n'entacheras pas ma réputation. Mais non, il a dit, "ben je n'ai pas pu voir les factures de son voyage sur la bateau à Accurso".

Gérald Tremblay est responsable de tout avoir cautionné.

Comme tout bon parrain il a su déléguer à tous et chacun des membres de son équipe qu'il a lui-même choisis, les tâches qu'il jugeaient nécessaires à la réalisation de son programme tout en se tenant au-dessus de la mêlée pour ne pas avoir à subir les affres et les effets pervers de son laisser faire. Dans une autre vie, JosPublic avait eu l'occasion de lui faire savoir que la mise sur pied d'un service "des grands projets" qui servait à privatiser les travaux de la ville était un calque des pratiques provinciales telles que menées par Jean Charest, que cela lui serait néfaste et lourd de conséquences pour les intérêts des montréalais et montréalaises, mais il resta sourd d'oreille à toutes les avertissements venant de toutes parts.

Son discours de démission empreint de références judéo-chrétiennes ne suffira pas à faire oublier les jeux de coulisses auxquels il s'est prêté, les nominations partisanes de personnages incompétents et en déficit de moralité qu'il a cautionnées.

L'histoire se chargera de la pérennité de son legs, et surtout des quatre mots qui le suivront partout, même dans le dictionnaire sous son nom on lira toujours: je ne savais pas!

Gérald Tremblay chef du parti politique Union Montréal et maire de Montréal en 2001

 

L'homme derrière le politicien

Son plat préféré? Le confit de canard. Ce qu'il aimerait faire dans une autre vie? «Faire partie d'un ordre religieux avec l'ambition de devenir pape.» Et l'amour, pour lui, est «le fondement même de notre société», a-t-il confié à un quotidien montréalais en 2005.

Gérald Tremblay n'avait d'ailleurs que 15 ans quand il a rencontré la femme de sa vie, Suzanne Tailleur. C'est avec elle qu'il passera les 55 années suivantes, alors qu'il sera tour à tour avocat, analyste financier, professeur, entrepreneur, ministre et enfin maire de Montréal.

«Sans Suzanne, je ne serais pas ce que je suis», a-t-il confié en 2006 au biographe Gérard Therrien, qui a rédigé un des rares articles sur la vie de Gérald Tremblay.

Père criminologue

Fils de Georges A. Tremblay, notaire criminologue, et de Rollande Forest, il est né à Ottawa le 20 septembre 1942. Il n'a que 4 ans quand sa famille déménage à Montréal, plus précisément à Notre-Dame-de-Grâce, où il demeurera pendant 25 ans. Il a trois frères: Michel, François et Marcel - qui a eu une brève carrière en politique municipale de 2001 à 2009.

En 1957, Gérald Tremblay rencontre celle qu'il appellera affectueusement «Suzanne, mon épouse» devant les journalistes et avec qui il adoptera deux enfants, les jumeaux Marie-Laurence et Georges-Étienne, qui ont aujourd'hui 29 ans.

 

En politique en 1989

Au collège, il est notamment centre arrière au football. Il obtient sa licence en droit de l'Université d'Ottawa en 1969 et est admis au Barreau du Québec en 1970. Deux ans plus tard, il obtient une maîtrise en administration des affaires de la Harvard Business School.

De 1974 à 1977, il enseigne à l'École des hautes études commerciales puis dirige diverses sociétés. Avec sa femme, il fonde l'entreprise "Dans un jardin", spécialisée dans les produits cosmétiques. Il vend l'entreprise en 1986.

Sa carrière politique commence en 1989 quand il est élu député libéral dans Outremont. Dans le cabinet de Robert Bourassa, il occupe les fonctions de ministre de l'Industrie, du Commerce, de la Science et de la Technologie jusqu'en 1994. Son leitmotiv: développer le Québec autour de «grappes industrielles».

 

Au privé

Il revient au privé après sa démission comme député, en 1996, et siège notamment aux conseils d'administration des Boutiques San Francisco, des Tapis Peerless et de Rolland.

En 2000, c'est le maire de Montréal lui-même, Pierre Bourque, qui redonne le goût de la politique à Gérald Tremblay: il le nomme président du comité responsable d'élaborer une politique de consultation publique pour la métropole.
 

Pierre Bourque s'en mordra les doigts le 4 novembre 2001: fort de l'appui des 28 villes de banlieue nouvellement fusionnées à Montréal, Gérald Tremblay le bat lors de l'élection à la mairie, avec 49,1% des voix.


Il sera réélu le 6 novembre 2005. Le 1er novembre 2009, malgré une série de controverses, dont celles entourant le projet Faubourg Contrecoeur et le contrat des compteurs d'eau, il obtient 37,7% des voix et est réélu à la mairie.

Il promet alors de «faire le ménage». Pour ses trois mandats, son parti - l'Union des citoyens de l'île de Montréal, devenu Union Montréal en 2007 - a obtenu la majorité des élus au conseil municipal.

Mandats chaotiques de Gérald Tremblay

Dès son arrivée au pouvoir, en janvier 2002, Gérald Tremblay embauche 65 personnes pour son cabinet politique, dont 38 conseillers. En février, une entreprise fondée par lui-même, l'Institut pour le progrès socioéconomique (IPSE), obtient de l'administration montréalaise un contrat de 850 000$.

On apprend que des résidants de L'Île-Dorval ont racheté les infrastructures municipales pour une bouchée de pain. Des contrats sont attribués aux principaux organisateurs politiques du parti du maire. «Les assistés sociaux ne financent pas les campagnes électorales», explique Frank Zampino, président du comité exécutif ( 07 ).

Mai 2002

En mai, le ministre de la Justice, Paul Bégin, tape sur les doigts du maire pour avoir fourni une déclaration d'intérêts pécuniaires incomplète. Deux conseillers de l'Union des citoyens de l'île de Montréal (UCIM, ancien nom d'Union Montréal) de l'arrondissement de Saint-Laurent, Irving Grundman et René Dussault, sont arrêtés et accusés de complot, d'abus de confiance et de corruption. Ils ont exigé une somme de 75 000$ pour faciliter un changement de zonage pour un complexe immobilier. Ils sont condamnés en 2005 à 23 mois de prison à purger dans la société et à des amendes totalisant 75 000$. ( 10 )

Octobre 2007

L'administration de l'ex-maire d'Outremont Stéphane Harbour, élu sous la bannière d'Union Montréal, est visée par une enquête de la Sûreté du Québec (SQ) pour la construction d'un centre communautaire dont les coûts ont explosé. La Presse révèle par ailleurs les habitudes extravagantes de son administration, notamment en ce qui concerne la consommation d'alcool. ( 11 )

Novembre 2007

Le plus important contrat de l'histoire de la Ville - 356 millions pour installer des compteurs d'eau -, attribué au consortium formé de Dessau et de Simard-Beaudry, tourne rapidement au fiasco. Improvisation, accusations de favoritisme, irrégularités et une croisière que le président du comité exécutif, Frank Zampino, a faite sur le bateau de Tony Accurso: le contrat sera finalement annulé en septembre 2009. Deux hauts fonctionnaires, le directeur général Claude Léger et le directeur des affaires corporatives Robert Cassius de Linval, sont limogés. ( 12 )

Septembre 2008

Une enquête interne révèle une fraude de 8 millions $ à la division des services informatiques (DSI) de la Ville de Montréal. Le directeur général du service, Gilles Parent, est congédié. ( 13 )

Octobre 2008

L'affaire du Faubourg Contrecoeur éclate. La Société d'habitation et de développement de Montréal (SHDM) a vendu à Catania un terrain évalué à 31 millions de dollars au rôle d'évaluation municipale pour 4,4 millions. Le directeur général Martial Fillion est démis de ses fonctions, la SHDM réintègre le giron des sociétés paramunicipales et le vérificateur général se penche sur le dossier. ( 09 )

Juin 2009

La SQ ouvre une enquête concernant le contrat de 10,6 millions pour la réfection du toit de l'hôtel de ville. Selon l'entrepreneur Paul Sauvé, la mafia lui aurait demandé une somme de 40 000$ destinée à deux élus du parti du maire Tremblay. ( 14 )

Mai 2010

Les liens troubles entre une entreprise de sécurité, BCIA, et plusieurs décideurs, dont Yvan Delorme, chef de la police de Montréal, et Frank Zampino, ex-numéro deux de la Ville, sont révélés au grand jour. Financement politique douteux, odomètres trafiqués, BCIA surveillait également les locaux de la police de Montréal sans contrat formel. ( 15 )

Février 2011

La Presse révèle que le vérificateur général de la Ville, Jacques Bergeron, a vu ses courriels interceptés pendant 10 mois par le Service du contrôleur général, Pierre Reid. Deux mois plus tard, on apprend que le président du conseil municipal, Claude Dauphin, a fait l'objet du même traitement. Le 5 mai, Québec envoie les enquêteurs de l'Unité permanente anticorruption à l'hôtel de ville de Montréal. ( 16 )

Mai 2012

Arrestation de trois proches de Gérald Tremblay: Frank Zampino, son ancien bras droit, Martial Fillion, son ancien chef de cabinet, et Bernard Trépanier, ancien responsable du financement de son parti. Les trois hommes sont soupçonnés de fraude et de complot dans l'affaire du Faubourg Contrecoeur.
( 17 )

Automne 2012

L'équivalent de 3% des contrats détourné dans les coffres du parti du maire, ou du comité exécutif, corruption généralisée, négligence des élus et, finalement, témoignage voulant que le maire Gérald Tremblay ait déclaré ne pas avoir «à savoir ça». Le tableau dressé par la commission Charbonneau de l'administration municipale montréalaise est tout simplement dévastateur et plonge l'administration Tremblay dans une crise sans précédent. ( 18 )

 
 

Le chef du parti Union Montréal n'a rien fait pour arrêter
une pratique de comptabilité truquée

 
 

Le 30 octobre 2012, l'organisateur politique Martin Dumont a raconté à la commission Charbonneau qu'une réceptionniste du parti Union Montréal s'était plainte d'avoir été recrutée par un responsable du financement pour l'aider à compter une importante somme d'argent atteignant 850 000$ dans les locaux du parti, en 2005.

Le témoin a changé à quatre reprises sa version. Le 21 janvier 2013, la Commission Charbonneau l'a confronté publiquement sur certaines parties de son témoignage.

Par la suite le procureur de la Commission a déclaré que ce témoignage n'était pas fondamental à l'objectif poursuivi par la Commission et a retiré des archives cette partie des déclarations du témoin. Même si l'attitude du témoin fait planer un doute sur la véracité de ses dires sur les autres sujets, il a déjà été confirmé quant financement d'Union Montréal par des firmes de construction et d'ingénierie-conseil. ( 19 )

Martin Dumont, ( 01 )  ancien organisateur politique d'Union Montréal, a soutenu devant la commission Charbonneau ( 02 ) que le maire de Montréal, Gérald Tremblay, était présent lorsqu'il a été question du financement truqué d'une élection partielle dans l'arrondissement Saint-Laurent, en décembre 2004.

M. Dumont, qui était organisateur en chef de cette élection complémentaire, s'inquiétait de dépasser le budget maximal de 46 000 $ autorisable par le directeur général des élections, voyant des dizaines de soi-disant bénévoles affluer pour travailler au comité électoral. Il constatait aussi d'autres irrégularités.

Il avait donc demandé des comptes à l'agent officiel Marc Deschamps ( 03 ), devant le maire de Montréal et chef du parti, Gérald Tremblay.

Martin Dumont, ex-organisateur pour Union Montréal

C'est alors que M. Deschamps lui avait dit de ne pas s'inquiéter. Il a sorti une feuille illustrant deux colonnes de chiffres, le budget dit officiel et le budget dit officieux.
  
Le budget officiel respectait le plafond et atteignait 52 000 $, à deux semaines du scrutin, mais le budget réel ou officieux atteignait déjà 96 000 $, soit presque le double du plafond permis.

En entendant cela, le maire Tremblay se serait levé, aurait dit «je n'ai pas à savoir ça» et aurait quitté la salle, a rapporté le témoin Dumont. Ultimement, cette élection partielle aura coûté 110 000 $ à Union Montréal, ce qui défonçait le plafond alors permis.

«

Je n'ai pas à savoir ça
                         - Gérald Tremblay

»

 
 

Gérald Tremblay ne démissionnera pas

 
 

Le maire de Montréal a affirmé avoir la ferme intention de compléter son mandat par respect pour les citoyens qui l'ont élu.

Malgré les allégations qui pèsent sur son parti Union Montréal, M. Tremblay ne compte pas se laisser distraire. Il dit vouloir continuer à donner suite à des projets qui sont fondamentaux pour la ville. Le maire ne veut surtout pas «trahir ses engagements», pris sous serment en 2009.

«

L'hôtel de ville est aux prises avec la corruption et la collusion depuis des décennies
                              -  Gérald Tremblay

»

Gérald Tremblay a réitéré que la métropole était gérée «de façon saine», avec la meilleure équipe qu'elle ait jamais eue. Il n'imitera pas son homologue de Laval, Gilles Vaillancourt ( 04 ), qui se retire temporairement de ses fonctions.

Je viens de lire la plus bizarre chose qui soit. Pas du surréalisme, pas du dadaïsme, deux qualificatifs trop sérieux pour ces mots. Je vous les soumets, qualifiez-les à votre aise: Le maire de Montréal affirme le 24 octobre 2012: «que la métropole est gérée «de façon saine», avec la meilleure équipe qu'elle n'a jamais eue»
 
 Dix sur dix pour la firme de propagande qui le conseille, sauf qu'ils oublient que nous ne sommes pas tous des tarés.es. Après les témoignages à la Commission Charbonneau, il est temps d'affirmer que Gérald Tremblay est un faux naïf, un incompétent et... mon père ajouterait «un sans jugement». Maintenant, j'évite de qualifier les électeurs et électrices qu'il ne veut pas trahir.

M. Tremblay, qui s'est dit «attentif aux témoignages de la Commission Charbonneau», demande maintenant à ce que tous les témoins soient entendus «avant de porter jugement sur des personnes».
 
Il a laissé planer le doute quant à ses intentions de solliciter un nouveau mandat en 2013, indiquant simplement qu'il ferait part de sa décision «au moment opportun».
 
Faisant référence aux problèmes de santé évoqués par M. Vaillancourt, Gérald Tremblay a assuré être en «pleine forme» et n'avoir aucun «problème de conscience» au moment de s'endormir.

Une réunion du conseil municipal qualifiée de «festival de l'humour»

L'administration du maire Gérald Tremblay a réellement mis le feu aux poudres en déposant quatre motions destinées à lutter contre la corruption et la collusion.
 
L'opération a été dénoncée par la leader de l'opposition officielle, Anie Samson, qui y a vu «une tentative de se refaire une virginité politique» après 10 ans de laisser-aller.

Anie Samson de Vision Montréal

Richard Bergeron

En signe de protestation, les 10 élus du parti de la deuxième opposition, Projet Montréal, ont quitté la salle dès l'ouverture du débat, qualifié de «mascarade» par le chef, Richard Bergeron.

«Ce cirque minable ne nous intéresse pas, a-t-il expliqué en point de presse. On va laisser les deux vieux partis corrompus se salir l'un l'autre.»

Selon le leader d'Union Montréal, Marvin Rotrand, ces motions étaient plutôt dictées par «l'intérêt public, pas l'intérêt partisan».

Le parti du maire a cependant essuyé une défaite inattendue d'entrée de jeu, quand sa première motion a été jugée irrecevable par le président du conseil, Harout Chitilian. Elle demandait à la commission Charbonneau de se pencher sur les dernières années de l'administration Bourque, à partir de 1994, accusée de «blanchiment d'argent par l'entremise de prête-noms».

Le président Chitilian a précisé ressentir «un très grave malaise» que cette accusation de blanchiment, «infraction criminelle punissable de 10 ans d'emprisonnement», soit incluse dans une motion. Il l'a rejetée, ce qui a forcé le leader du parti, Marvin Rotrand, à promettre une version expurgée le mois prochain.

Vision Montréal a profité de l'occasion pour demander, encore une fois, la démission de Gérald Tremblay pour cette motion «abusive». Le maire a été ferme dès le début de la séance: «Je le répète encore une fois, je ne démissionnerai pas.»

La deuxième motion proposait d'«appuyer l'administration Tremblay pour tous les gestes qu'elle a posés et continue de poser dans la lutte à la corruption et à la collusion».

Elle a été accueillie avec dérision par les conseillers de l'opposition présents, ceux de Vision Montréal. «Il y a un méchant front de troupeau de boeufs à présenter ces motions», a déclaré Réal Ménard, maire de l'arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve.
 
Cette motion sera «reprise dans différents festivals de l'humour, a prédit la chef de l'opposition, Louise Harel. C'est tellement risible que ça n'a pas de sens.» Fort de sa majorité, le parti du maire a obtenu son adoption.

Réal Ménard

Le vent est quelque peu tombé avec la troisième motion, qui demandait le renforcement de la Loi visant à combattre la collusion et la corruption dans l'industrie de la construction (loi 35). ( 05 ) On souhaite que cette nouvelle mouture de la loi soit présentée dès la reprise des travaux de l'Assemblée nationale, fin octobre 2012. Même si la porte-parole de Vision Montréal, Chantal Rouleau, a reconnu être «mal à l'aise» avec certains aspects de la déclaration, l'opposition officielle l'a appuyée.

Pour la quatrième motion, qui concerne le financement des partis politiques municipaux, le parti du maire a accepté de reporter le vote «à une phase ultérieure», à la demande de Vision Montréal. Le parti de l'opposition voulait ainsi dénoncer «l'improvisation suspecte» entourant cette motion apparue vendredi dernier.

 
 

Téflon Tremblay

 
 

Depuis 2001, Gérald Tremblay, avocat et ancien ministre libéral de l'Industrie, du Commerce et de la Technologie, est maire de la Ville de Montréal.

L'homme s'est entouré de collaborateurs autant dans le parti politique qui le promeut, Union Montréal qu'au comité exécutif ou aux comités permanents qui oeuvrent à réaliser le mandat du parti.

Il a choisi aussi les directeurs généraux de la ville qui doivent être à son service pour réaliser la vision du conseil de ville.

Gérald Tremblay chef du parti politique Union Montréal

Parlant de collaborateurs, à moins de jouir d'une malchance exécrable, Gérald Tremblay semble diriger un incompétent comité d'embauche, ou encore il manque de jugement dans le choix de ses collaborateurs... la liste des cancres s'allonge à tous les ans. La Commission Charbonneau risque de nous en apprendre davantage sur ses collaborateurs qui ne semblent pas avoir une haute opinion de lui. Ces personnes démissionnent lorsqu’elles sont des politiciens ou politiciennes et se font congédier lorsque ce sont des employés.es.

Compte tenu du nombre de scandales liés à de la collusion et de la corruption, l'homme n'assume pas que son parti se nomme Équipe Tremblay Union Montréal. S'il est honnête, il nous fait la preuve qu'il est seul dans son entreprise politique sinon c'est un parrain qui ne se salit jamais les mains.

Le 1er octobre 2012, l'entrepreneur en construction Lino Zambito ( 07 ) révèle à la Commission Charbonneau qu'un cartel mafieux de réfection des égouts, qui obtenait des contrats à la Ville de Montréal, versait une somme équivalente à 3 % de leur valeur au parti de Gérald Tremblay, Union Montréal. Le 22 octobre 2012, un ingénieur de la ville Gilles Surprenant
( 08 ) affirme que le 3% allait plutôt au comité exécutif....!

Sources:
Agences de presse:
La Presse Canadienne pour Enterprises propriété de CTVglobemedia, Torstar et Power Corporation of Canada, QMI pour Quebecor
Journaux:
La Presse pour Power Corporation of Canada, Le Devoir pour SPEQ Le Devoir Inc.
Internet:Wikipédia site indépendant à but non lucratif, Radio-Canada pour la Société CBC/Radio-Canada,
Communiqué de presse:  Vision Montréal

Choix de photos, fusion des textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Mise à jour: 20 janvier 2013

On dit en boutade que si René Lévesque ne savait pas mentir et que Jean Charest ne savait que mentir, Gérald Tremblay lui, ne comprend pas la différence entre les deux

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

Les collaborateurs de
Gérald Tremblay

  Les politiciens
en conflits d'intérêts

Les gens d'affaires
 en conflits d'intérêts

Notes & Références encyclopédiques:

01

Qui est Martin Dumont ? Sur MétéoPolitique

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02

Qu'est-ce que la Commission Charbonneau ? Sur MétéoPolitique

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03

Qui est Marc Deschamps ? Sur MétéoPolitique

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04

Qui est Gilles Vaillancourt ? Sur MétéoPolitique

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05
 
 
 

Projet de loi n°35 : Loi visant à prévenir, combattre et sanctionner certaines pratiques frauduleuses dans l’industrie de la construction et apportant d’autres modifications à la Loi sur le bâtiment. Sur le site de l'Assemblée Nationale du Québec

 
 
 

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06
 

Voici les collaborateurs en conflits d'intérêts du maire Tremblay - Sur MétéoPolitique

 

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07
 
 
 

Qui est Lino Zambito ? Sur MétéoPolitique

 
 
 

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08

Qui est Gilles Surprenant ? Sur MétéoPolitique

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09

Qu'est-ce que Faubourg Contrecoeur ?  Sur MétéoPolitique

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10

 

Irving Grundman et René Dussault. Deux ex-conseillers municipaux de la Ville de Montréal arrondissement Saint-Laurent, condamnés par le tribunal pour corruption. Dossier sur MétéoPolitique

 

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11

Accusé de fraude. L'ex-maire d'Outremont arrêté - Sur TVA-Nouvelles

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12

Dossier des compteurs d'eau sur MétéoPolitique

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13
 
 
 

Gilles Parent, 6 ans de prisons sur Radio-Canada

 
 
 

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14

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15

Dossier de l'affaire BCIA sur MétéoPolitique

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16

 
 

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17

L'escouade Marteau arrête Frank Zampino et Paolo Catania - sur La Presse

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18

 

Commission Charbonneau: Lino Zambito implique le parti du maire Tremblay sur Huffington Post

 

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19
 
 
 

Dossier de Michel Lalonde, ingénieur et président de Génius Conseil

 
 
 

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