
Fusion de textes
JosPublic |
C'était en mai 1977, 10 tonnes d'eau lourde contenant du tritium sont relâchées dans le fleuve Saint-Laurent.
Après cette bourde la centrale tout en demeurant la propriété Énergie atomique du Canada, cesse de produire de l'électricité en juin 1977. Donc grâce à la compétence de ces sorciers de l'atome, Gentilly-1 n'a opéré que pendant 183 jours ( 01 ). |
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Les personnes qui ont décidé après leur formation universitaire de travailler dans l'industrie nucléaire se faisaient dire que c'était un secteur d'avenir et qu'il y aurait du nucléaire partout au Canada. Ce ne fut pas le cas pour toutes sortes de raisons que je ne peux reprendre ici mais qui apparaissent dans une analyse prospective du secteur nucléaire de 2010 à 2020 ( 02 ).
C'était en 2004 et déjà il était question de fermer la deuxième centrale nucléaire du Québec.
Le BAPE avait demandé à Hydro-Québec de lui soumettre un rapport sur l'impact de la fermeture hypothétique sur la région et les employés.es ( 00 ).
En 2012 nous savons même que le nucléaire médicale vit ses dernières années grâce à des chercheurs qui ont mis au point la fabrication d'isotopes sans avoir besoin d'une centrale nucléaire comme celle de Chalk River en Ontario ( 18 ).
Voilà le party fini, et chaque personne qui travaillait à la centrale de Gentilly ne pouvait pas ignorer qu'une centrale durait entre 25 et 30 ans au maximum, tous savaient qu'aucun gouvernement du Québec n'avait de projet pour la remplacer en fin de vie et encore moins pour en construire une autre. Alors tenter de nous faire croire que les gens sont traumatisés par la surprise est d'une malhonnêteté consommée.
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Pour ceux qui peuvent prendre leur retraite, leur plaisir fut comblé, pour les plus jeunes, malheureusement comme l'explique le visionnaire Jeremy Rifkin ( 03 ), les investisseurs ne veulent plus rien savoir du risque que représente le nucléaire.
Imaginez une industrie qui aurait un taux de risque 1/10 000 et dont le risque augmente de 5% pour cause de vieillissement des installations nucléaires non remplaçables. |
Impossible de trouver un assureur prêt à prendre le risque contre les accidents et hors de prix suite aux nouvelles règles de sécurité. Il y a encore quelques compagnies qui osent se lancer dans l'affaire comme SNC/Lavalin au Canada, mais il s'agit de l'achat d'une vente de feu et ils ont assez de contacts politiques et graissent assez la machine à corruption pour que des gouvernements, en collusion comme celui du Canada, les financent en partie et/ou les déchargent des poursuites possibles lors de catastrophe nucléaire. ( 19 )
Déjà, les citoyens et citoyennes du Québec comme ailleurs en ont assez de subventionner une industrie qui ne fait pas ses frais, qui ne compte pas le coût des déchets qu'elle produit dans son cycle de rentabilité et qui ne doit ses profits qu'aux subventions étatiques.
Même dans ce cas ils ont des difficultés à récupérer leur investissement, car la durée de vie d'une centrale s'échelonne sur une période de 25 à 30 ans. Quelques pépins coûteux au début et il ne reste plus assez d'années pour se reprendre. C'est un non sens économique que plusieurs auteurs ont bien démontré dans la première partie de ce dossier ( 04 ).
La durée de vie de la Centrale Gentilly-2 devait se terminer en décembre 2012 selon l'organisme de sécurité nucléaire du Canada. Si la centrale était rénovée on parlerait au mieux 20 ans de vie pour arrivé au même point et revivre la même dramaturgie des élus.es locaux et des syndicats qui n'aiment jamais perdre des emplois. Des barrages hydro-électriques construits au début du vingtième siècle sont toujours en opération avec un minimum d'entretien préventif, alors....
Il faut avoir tout lu sur ce dossier pour comprendre que jamais les syndicats, ni les maires et chambres de commerces n'ont parlé de la sécurité, ni de la santé des travailleurs ou de la population, prenant pour acquis que les plus hautes normes de sécurité s'appliquent.
Ce qui est faux puisque en 2011 seize cas de mal fonctionnement de la centrale ont été rapportés ( 20 ) et personne ne s'est inquiété de la norme vraiment trop basse quant à la présence de tritium dans l'eau du fleuve et dans l'eau potable des régions avoisinant les centrales nucléaires au Canada, tel que constaté en 2006 par la Commission de sécurité nucléaire du Canada. Il faut avoir suivi le cas des grandes catastrophes nucléaires pour comprendre l'incompétence ( 14 ) des ingénieurs en situation de problèmes aigus et que les livres de sécurité appliqués par des travailleurs lorsqu'en panique sont très peu efficaces. ( 15 ).
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À Fukushima la commission d'enquête a décrété que ce n'était ni le tsunamis, ni le tremblement de terre qui a mis à mal la centrale... Ce sont des erreurs humaines, dont une importante valve qui a été fermée à la main par une personne, quelques minutes avant le tsunamis. ( 16 )
Au Québec on ne s'inquiète pas de ce qui s'est passé à Fukushima au Japon. La très grande majorité des intervenants en commission parlementaire occultent le problème. «Cela ne peut pas arriver ici» ânonne la Chambre de commerce du Centre-du-Québec.
Hydro-Québec sous la tutelle de l'actionnaire
Une chance que l'actionnaire d'Hydro-Québec est le gouvernement du Québec et non une compagnie privée comme SNC/Lavalin, sinon nous ne saurions rien de sa gestion.
En octobre 2012, quelques semaines après l’élection du gouvernement Marois, Hydro-Québec remettait à la ministre des ressources naturelles Martine Ouellet le rapport dans lequel elle recommandait de renoncer à la réfection de la centrale nucléaire de Gentilly-2. ( 05 )
La société d’État et le gouvernement libéral de Jean Charest auraient-ils pu en faire l’annonce avant l’élection du 4 septembre 2012 ?
Entendu en commission parlementaire ( 06 ), le PDG d’Hydro-Québec Thierry Vandal ( 07 ) expliquer, chiffres à l’appui, que la société d’État avait commencé à se poser des questions sur la réfection dès le début de 2010, alors que les travaux réalisés sur des réacteurs nucléaires similaires au Nouveau-Brunswick et en Corée s’enlisaient dans des dépassements de coûts et que le gaz de schiste rendait le nucléaire de moins en moins compétitif en Amérique du Nord.
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Thierry Vandal, président Hydro-Québec |
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Le gouvernement libéral, a assuré Monsieur Vandal, a été informé de toutes les étapes de réflexion.
Les Québécois, eux, ont été laissés dans l’ombre.
Le communiqué publié par Hydro-Québec en août 2010 faisait seulement état du report d’un an du début des travaux, pas des réflexions visant éventuellement à abandonner la réfection. Et il évoquait toujours des retombées économiques de 200 millions de dollars dans la région.
En novembre 2010, la journaliste Valérie Borde s'est lancée dans une enquête sur Gentilly-2 pour essayer d’y voir plus clair et de faire objectivement le point. À ce moment-là, ni le ministère des ressources naturelles de Mme Nathalie Normandeau ( 09 ), ni Hydro-Québec n’ont voulu accorder d’entrevue à ce sujet.
Le ministère des ressources naturelles a renvoyé Valérie Borde à Hydro-Québec. Hydro-Québec l'a renvoyée aux documents qu’elle avait publiés dans les années précédentes. Aucun.e autre journaliste n’a pu faire part des réflexions en cours à Hydro-Québec à cette période.
Par recoupement et nombre d’entrevues ailleurs, elle avait alors déduit que la remise à neuf de Gentilly-2 avait bien peu de chance de profiter aux Québécois. ( 10 )
Mais pourquoi un tel culte du silence dans une société d’État? Pourquoi les Québécois n’ont-ils pas eu le droit de savoir comment on gérait leur argent ? Et pourquoi a-t-on continué à faire croire aux gens de la Mauricie que la réfection était en vue alors que cela n’était déjà plus certain ?
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N’auraient-ils pas pu, eux aussi, en profiter pour se préparer à un éventuel après Gentilly si Hydro-Québec ne leur avait pas menti par omission sur ses réflexions ?
Le 31 janvier 2012, le ministre de l'Environnement, Pierre Arcand déclarait que le Québec n'avait pas l'intention de poursuivre dans le domaine du nucléaire ( 08 ). À partir de cette date et jusqu’en octobre 2012, ce fut ensuite le silence radio sur ce dossier. |
En commission parlementaire le 29 janvier 2013, Thierry Vandal a dû s’expliquer sur le milliard de dollars dépensé pour la réfection avant même que celle-ci ne commence. Les dépenses se justifient, selon lui, par la nécessité des travaux préparatoires en cours et pour passer bien à l’avance des commandes pour certains équipements clés, notamment pour la turbine à vapeur achetée à General Electric, qui devait coûter 120 millions de dollars et pour laquelle Hydro-Québec a dépensé 79,3 millions $. ( 11 ) 370 millions de dollars de contrats ont aussi été attribués à Énergie Atomique du Canada Ltée (EACL), surtout pour préparer les travaux de retubage, qui devaient constituer la partie la plus complexe du chantier.
En 2009 et 2010, Énergie Atomique du Canada Ltée a perdu 493 millions de dollars avant que la division rénovation et entretien des centrales ne soit vendue à SNC-Lavalin. ( 12 )
Hydro-Québec aurait-elle dû se montrer plus prudente au moment d’engager ces dépenses, surtout connaissant les difficultés d’EACL ?
Les a-t-elle faites trop tôt ?
A-t-elle au contraire décidé trop tard qu’elle allait ou non rénover la centrale, compte tenu de la durée de vie utile de celle-ci qui achevait?
Il est possible que la société d’État ait pris les bonnes décisions, car la rénovation d’une centrale nucléaire ne s’improvise certainement pas à la dernière minute.
Mais cela reste invérifiable et sans cette commission parlementaire, nous n’en aurions jamais rien su.
Dans son premier budget, le ministre des finances Nicolas Marceau a annoncé que conformément à une promesse électorale, le gouvernement péquiste autoriserait le Vérificateur général à mettre son nez dans les comptes des sociétés d’État. ( 13 )
Dans le cas d’Hydro-Québec, les cachotteries éhontées au sujet de Gentilly-2 montrent que les Québécois ont certainement tout à y gagner selon Valérie Borde.
De
cette commission parlementaire des 30 et 31
janvier 2013, je retiendrai que seulement
trois groupes invités à discuter et à déposer des
mémoires ont parlé du dossier du nucléaire,
soit
des professeurs d'université dans le domaine du nucléaire,
le Syndicat des ingénieurs d'Hydro-Québec à
Gentilly et le Mouvement Sortons le Québec du
nucléaire. ( 21 )
Ces deux derniers furent les seuls à avoir le coeur de prononcer les
mots santé et
pollution.
La majorité des groupes présents étaient là pour se faire du capital politique, augmenter leur rapport de force, donner leur appui à un parti politique et surtout se diviser et bonifier les 200 millions $ annoncés par le gouvernement pour soutenir l'économie de la région hôte et périphérique de la centrale nucléaire.
À souligner, la performance de la délégation des syndicats de salariés.es chez Hydro-Québec affiliés au Syndicat Canadien de la fonction publique SCFP (ftq-ctc) qui aurait dû dire non au nucléaire et à sa pollution au lieu de nous faire comprendre que si ses membres avaient construits des obus, on aurait demandé au gouvernement de faire une guerre quelque part pour les faire travailler. Ils n'ont jamais tenté de respecter à aucun moment depuis le début de ce dossier les recommandations de leur service de recherche à Ottawa ou la décision du Congrès du SCFP/CUPE canadien dont ils sont membres.
Par contre à leur décharge ils ont profité de l'occasion pour faire un vif plaidoyer afin que cesse la privatisation doucereuse d'Hydro-Québec par la décentralisation et la non protection de l'expertise des employés.es de la société d'État. La référence à la situation de la ville de Montréal et du Ministère des transport qui n'a plus d'expertise pour contrer la collusion et la corruption, comme on l'apprend à chaque jour à la commission Charbonneau, était plus que pertinente.
Les syndicats ont invité le gouvernement du Parti Québécois à revenir sur la décision de couper à l'aveugle 2 000 postes chez Hydro-Québec, ce qui est sympathique à entendre mais qui n'a rien à voir avec le dossier du nucléaire.
C'est ce que j'appelle du syndicalisme d'opportunisme!
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Finalement le plus important c'est que nous avons compris que le Parti Québécois ne recule pas et déclasse ou ferme Gentilly-2 et que Jean Charest et son équipe nous ont encore menti...
...mais là rien de nouveau de la part des Bachand, Couillard et Moreau les Three Stooges de la menterie présentement en course à la chefferie du Parti Libéral du Québec. |
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Le gouvernement libéral de Jean Charest savait,
affirme Thierry Vandal
le PDG
d'Hydro-Québec |
Le président-directeur général d'Hydro-Québec soutient que le gouvernement libéral de Jean Charest avait été mis au courant de l'augmentation des coûts de la centrale nucléaire Gentilly-2 bien avant les élections du 4 septembre 2012, qui ont porté le Parti québécois au pouvoir.
Thierry Vandal, qui comparaissait en commission parlementaire à Québec, a confirmé que depuis 2010, Hydro-Québec envoyait des signaux au gouvernement au sujet de la rentabilité de la centrale. Commission parlementaire de l'Assemblée nationale du Québec 30-31 janvier 2013 |
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Sources: Revue de presse québécoise et
Commission parlementaire «Étude des impacts reliés
au déclassement de la centrale nucléaire Gentilly-2
et du plan de diversification économique pour les
secteurs du Centre-du-Québec et de la Mauricie» et
le blogue de Valérie Borde pour le
Magazine Actualité |
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Choix de photos,
fusion de texte, mise en page,
références et titrage
par :
JosPublic
Publication :
1er février 2013 |
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