Le débat de l'uranium
Mine d'uranium au Québec
: information ou désinformation?

Le Québec s’apprête discrètement à entrer dans le club sélect des producteurs d’uranium, le combustible des centrales nucléaires. Que ce soit à Sept-Îles, à Pointe-à-la-Croix au Mont-Otish, de l'Abitibi à la Côte-Nord en passant par la Baie-James et les Laurentides, des centaines de prospecteurs d'uranium auscultent aujourd'hui le Québec. La population se mobilise contre les prospecteurs. À tort ou à raison ? ...pour lire la suite...

12 janvi

Mission du Québec en Saskatchewan

   
   
 
 
À qui profite le boum minier ?
par Valérie Borde
 
   

 

 

 
 
 

 

 

Sylvie Morel

C'est ce qui s'est passé à Malartic. « Osisko dit qu'elle a passé des ententes convenables avec les résidants, mais en réalité, bien des gens se sont fait avoir », affirme Nicole Kirouac. À 64 ans, cette avocate retraitée de l'Aide juridique et native de Malartic s'est battue bec et ongles pour que ses concitoyens soient mieux traités par la société minière et mieux outillés pour négocier. « C'est illusoire de se dire que ce sont des ententes d'égal à égal, dit-elle. L'État devrait au moins offrir de l'aide juridique aux gens qui se trouvent dans cette situation. »

Pourtant, Québec veut introduire ce type d'accord dit « de gré à gré » dans la nouvelle loi.

En épluchant les lois actuelles, Nicole Kirouac a été frappée par la toute-puissance de l'industrie. Et si Osisko avait fait faillite pendant qu'elle déplaçait les maisons ou avant de payer ses factures ? L'avocate réclame que, pour de tels chantiers, la compagnie soit au moins obligée de déposer des garanties financières, au cas où les choses tourneraient mal.

Dans l'industrie, Osisko est considérée comme une bonne société, qui a fait beaucoup d'efforts pour minimiser les impacts de sa future mine. Malgré quelques réserves, son projet a été jugé acceptable par le BAPE en juillet dernier.

Sur l'immense chantier, Jean-Sébastien David, vice-président au développement durable, me montre les efforts que la compagnie déploie pour réduire les nuisances au minimum, par exemple en enterrant le concasseur afin de diminuer bruit et poussière. C'est une vraie fourmilière ! Des centaines d'ouvriers cons­truisent l'usine de traitement du minerai, aménagent le pourtour de la future fosse et déplacent des tonnes de terre et de roche pour élever les digues de plusieurs kilomètres qui cerneront le parc d'entreposage des résidus.

L'installation sera carboneutre et masquée de toutes parts par des écrans végétaux. Le chantier permettra en outre de restaurer un site minier abandonné qu'Osisko a racheté à l'État pour y entreposer une partie de ses propres résidus. L'opération devrait couper court au drainage acide - comme l'espère Agnico-Eagle au site Manitou. Le ministère des Ressources naturelles et Osisko partageront la facture, évaluée à 23 millions de dollars.

Les chiffres d'Osisko donnent le tournis. La fosse mesurera 2 km sur 1 et fera 380 m de profondeur. Le tas de roche qu'on en extraira pourrait recouvrir les quatre voies d'une autoroute reliant Montréal à Calgary... sur 10 m d'épaisseur ! Pour récupérer l'or, Osisko broiera chaque jour 55 000 tonnes de minerai. C'est presque six fois plus que la plus grande mine d'or actuellement en activité au Québec ! Les résidus de l'exploitation s'empileront sur 6 km2.

Il faudra 10 ans à Osisko pour extraire cet or. Que restera-t-il après ? Dans l'indus­trie, on considère qu'une aussi grande fosse est impossible à combler. Seule solution : la laisser se remplir d'eau, ce qui n'en fera pas pour autant un lac, à moins qu'on ne consacre les efforts nécessaires pour lui donner vie. Quant à l'immense parc à résidus, il deviendra, au mieux, une friche qu'il faudra surveiller pendant plusieurs années, histoire de repérer des contaminations éventuelles, avant de pouvoir - peut-être - lui donner une autre vocation. Et même si Osisko a fait don de trois millions de dollars à un fonds pour la diversification économique de Malartic, y a-t-il vraiment encore un avenir pour cette ville ?

Lorsqu'une mine ferme, elle ne fait pas que des chômeurs. Elle laisse aussi des terrains à décontaminer, qui, bien souvent par le passé, ont été abandonnés par leurs propriétaires. Ils sont devenus des « sites orphelins », sous la responsabilité de l'État. Un passif environnemental que Jean Dionne, responsable de ce dossier au ministère des Ressources naturelles, évalue à 328 millions de dollars.

Sur les quelque 350 sites orphelins sous la responsabilité de Québec, une dizaine sont considérés comme vraiment très problématiques. Manitou est le plus vaste. Selon le spécialiste de l'UQAT Bruno Bussière, la pollution qu'on y trouve est « de classe mondiale ».

À Manitou, trois compagnies ont entreposé environ 11 millions de tonnes de résidus générateurs d'acide de 1942 à 1992. En 2003, l'État a hérité du site à la suite d'une entente à l'amiable avec la dernière propriétaire, la québécoise Louvem, alors au bord de la faillite. Québec estimait que la restauration coûterait 20 millions de dollars. Mais il n'a pu tirer que 3,6 millions de la fiducie de Louvem, censée servir de garantie financière.

Selon la dernière évaluation, couper court à la source de pollution de Manitou coûtera plutôt dans les 50 millions de dollars, et il faudra des décennies avant que le site soit débarrassé de l'acide généré par les résidus. Quant à Louvem, elle est toujours en activité, mais débarrassée de ce fardeau...

Depuis 1995, les sociétés minières sont tenues de verser à l'État des garanties financières correspondant à 70 % du montant des travaux prévus pour restaurer le site qu'elles s'apprêtent à exploiter. Mais le vérificateur général a trouvé des failles dans cette partie de la loi et sa mise en application. Par exemple, cette garantie financière ne couvre que les parcs d'entreposage des résidus miniers. Pas les bâtiments, les chemins d'accès ni même les trous. Le projet de loi prévoit que les compagnies devront désormais verser des garanties équivalant à 100 % du montant des travaux prévus, et ce, au cours des cinq premières années d'exploi­tation de leur site. « Ce n'est pas assez : il faudrait que toutes les garanties aient été données avant même que les travaux débutent », estime Ugo Lapointe.

Au Forum régional sur le développement minier, tenu à Rouyn en mars dernier, le géologue Daniel Bernard, ancien directeur de l'Association de l'exploration minière du Québec (AEMQ) et député libéral, a donné raison à Ugo Lapointe. Il a rappelé le cas récent de First Metals, qui a commencé en mars 2008 l'exploitation de la mine Fabie, près de Rouyn, puis s'est placée sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers en janvier suivant ! Entre-temps, l'AEMQ lui avait décerné le titre de « meilleur développement minier » de l'année...

Les intervenants en conviennent, il y a dans cette industrie des « bons », des « méchants » et bien des « un peu des deux ».

« Par rapport aux compagnies forestières, l'industrie minière est en retard d'une révolution ! » dit Henri Jacob, président de l'Action boréale de l'Abitibi-Témiscamingue.

Reste qu'elle a fait beaucoup de progrès pour minimiser ses impacts environnementaux, parfois sans que la loi l'y oblige. « On a de gros efforts à faire en matière de communication », reconnaît Michel Leclerc, président du conseil d'admi­nistration de l'Association minière du Québec.

Pour exploiter une mine au Québec, il faut respecter pas moins de 20 lois et 40 règlements, rappelle Jean-Claude Belles-Îles, directeur de l'environnement de l'Association. Même si les lois pourraient être plus sévères et les inspections plus nombreuses, l'industrie n'est assurément plus la grosse méchante pollueuse insouciante du passé.

À l'initiative du prospecteur André Gaumond, elle s'est même associée au ministère des Ressources naturelles et à la société Makivik pour mettre sur pied, en 2007, un programme de nettoyage de sites abandonnés au Nunavik. Déjà, le Fonds Restor-Action a permis de remettre dans un état acceptable 18 sites où déchets et bâtisses avaient été laissés sur place au cours des décennies passées.

« On ne peut pas tout mettre dans les lois, il faut aussi que l'industrie s'autorégule », croit André Gaumond. Ce prospecteur milite en faveur d'un système de certification des pratiques pour les entreprises minières, comme l'industrie forestière l'a fait avec le label du Forest Steward­ship Council, qui distingue les forêts bien gérées.

Avec la hausse des prix et la raréfaction des meilleurs gisements, des mines comme celle d'Osisko, qui exploitent à ciel ouvert des gisements très pauvres en métaux, risquent de devenir monnaie courante sur la planète. Au Québec seulement, une demi-douzaine de projets de ce type sont dans l'air. « Il n'y a rien dans la nou­velle loi pour encadrer ces mégamines à ciel ouvert, qui repré­sentent pourtant une intensification considérable des impacts environnementaux, regrette Ugo Lapointe, de la coalition. Est-ce qu'on va
devoir tenir des audiences publiques chaque fois ? Cela n'a aucun sens ! »

Depuis la création du BAPE, en 1979, seuls quatre projets miniers ont fait l'objet d'audiences publiques, l'État ayant estimé qu'en deçà d'une production prévue de 7 000 tonnes de minerai par jour, consulter la population n'était pas nécessaire. La nouvelle version de la loi ramène la quantité à 3 000 tonnes et exige des compagnies qu'elles organisent des « consultations communautaires ». « Il était temps qu'on fasse les choses différemment », reconnaît Lucie Sainte-Croix, directrice de la gestion du milieu minier au ministère des Ressources naturelles.

Mais à Malartic, on se souviendra longtemps des audiences du BAPE, en juillet dernier, pendant lesquelles certains participants ont vu défiler leur maison par la fenêtre pendant que les commissaires examinaient le bien-fondé du « projet » !

Autre objet de préoccupation : les redevances... Le sujet est d'autant plus important que les mines appartiennent de plus en plus à des sociétés étrangères (voir l'encadré ci-dessous).

Les compagnies devaient jusqu'ici verser 12 % de leurs profits à l'État. Le budget Bachand fait passer ce taux à 16 %, ce qui rapportera 243  millions de dollars sur cinq ans.

Mais les astuces comptables permettent facilement aux sociétés minières de réduire leurs profits. De 2002 à 2008, 14 d'entre elles n'ont eu à verser aucune redevance, alors qu'elles cumulaient des valeurs brutes de production de 4,2 milliards de dollars, selon le vérificateur général. La coalition réclame qu'on taxe les revenus bruts des compagnies minières et pas seulement leurs profits. Et que l'État exige les sommes dues ! Car en 2007, seules 3 des 14 entreprises productrices de métaux au Québec ont payé la totalité de leur dû au ministère des Ressources naturelles. En toute impunité.

« Les stratégies des multinationales ne tiennent pas compte du niveau local, elles gèrent leurs mines comme des pions à l'échelle de la planète », regrette Michel Jébrak, géologue, professeur à l'UQAM et spécialiste de l'entrepreneuriat minier, qui prédit qu'Osisko sera bientôt rachetée si ses affaires marchent.

Faudrait-il, comme l'ont fait le Chili ou l'Iran et comme le propose Québec solidaire, nationaliser en partie l'industrie minière pour rapatrier ses profits ? « Les structures publiques n'ont pas les capitaux nécessaires pour mener à bien des projets miniers, qui sont en outre toujours très risqués », estime Michel Jébrak.

S'il continue sur sa lancée, le Québec minier est donc condamné à vivre au gré des cours de la Bourse et à la merci de décisions prises loin d'ici. Le seul moyen de limiter les dégâts, ce sont des lois solides, équitables et respectées.

Car il reste des canards boiteux. À Val-d'Or, ma chambre d'hôtel donne sur ce qu'on peut imaginer de pire : un trou béant abandonné juste à l'entrée de la ville, exploité par une société américaine qui paie ses travailleurs seulement quand elle a de l'argent, viole les lois environnementales et ne verse pas à l'État ses garanties financières. Il a fallu qu'en novembre dernier Century Mining et sa présidente, Margaret Kent, fassent l'objet d'un reportage assassin à l'émission Enquête, de Radio-Canada, pour que le gouvernement s'en mêle. Serge Simard, ministre délégué aux Ressources naturelles et à la Faune, avait alors annoncé qu'il suspendrait le permis d'exploitation de la compagnie. Depuis, tout serait rentré dans l'ordre, et Century Mining a même annoncé en janvier qu'elle recommencerait bientôt à exploiter la mine Sigma. Les cowboys, comme on surnomme les compagnies de ce genre dans l'industrie, font très mal à l'image des mines.

Ils montrent aussi à quel point il est encore facile de passer à travers les mailles du filet.

DES MINES DE PLUS EN PLUS ÉTRANGÈRES

 

Le Québec est le meilleur endroit au monde pour exploiter des mines, selon l’Institut Fraser. Reste que peu d’entreprises québécoises en sont encore capables.

Noranda, grande pionnière de l’Abitibi dans les années 1930, a fusionné avec Falconbridge en 2005, avant d’être rachetée par le géant suisse Xstrata l’année suivante. La même année, Iamgold, de Toronto, avalait Cambior. En 2007, la compagnie Québec Cartier, géant du fer de la Côte-Nord, est passée à la multinationale ArcelorMittal, qui a un siège à Londres et un autre au Luxembourg. En novembre dernier, Canadian Royalties a été rachetée par une coentreprise formée de Jilin Jien, géant du nickel appartenant à l’État chinois, et Goldbrook, de Vancouver. Osisko a son siège social à Montréal, mais ses principaux actionnaires sont torontois. La plupart des mines du Québec appartiennent désormais à des sociétés de Toronto et de Vancouver, ou de plus loin encore.

Les petites compagnies, qui se chargent d’explorer le territoire, sont encore majoritairement québécoises. Mais ce ne sont pas elles qui rapportent le plus, malgré les nombreuses aides dont elles bénéficient. Sur 1 000 projets d’exploration, un seul aboutira à une mine.


204, rue Principale
Saint-Anselme, Qc  G0R 2N0
tél.: 418 885-1525
Courriel: s.morel@videotron.ca

 

 

 

24 Mai 2010

La bataille de l'uranium

par Jonathan Trudel

 

Le Québec s’apprête discrètement à entrer dans le club sélect des producteurs d’uranium, le combustible des centrales nucléaires. Mais à Sept-Îles, la population se mobilise contre les prospecteurs. À tort ou à raison ?

 

Photo : Sept-Îles Sans Uranium (SISUR)

L'année 2013 pourrait marquer l'histoire de l'industrie minière au Québec. Si tout se passe comme prévu, une première mine d'uranium entrera en activité parmi les épinettes noires des monts Otish, à 275 km au nord de Chibougamau. La société Ressources Strateco, de Boucherville, compte exploiter le gisement jusqu'en 2020, créer 330 emplois, encaisser des profits nets d'un milliard de dollars... et générer près de deux millions de tonnes de résidus radioactifs.

Avec le projet uranifère Matoush, le Québec ferait son entrée dans le club sélect des producteurs d'uranium, aux côtés de la Saskatchewan, de l'Australie, du Kazakhstan, du Niger et de la Russie. Faut-il s'en réjouir ou s'en inquiéter ?

De l'Abitibi à la Côte-Nord en passant par la Baie-James et les Laurentides, des centaines de prospecteurs d'uranium auscultent aujourd'hui le Québec à l'aide d'un oscillomètre, petit appareil qui mesure le niveau de radioactivité. Ils ont réservé des milliers de claims (titres miniers), espérant profiter de la relance de l'énergie nucléaire dans le monde.

Ils agissaient dans l'indifférence générale jusqu'à la démission collective d'une vingtaine de médecins de Sept-Îles, l'automne dernier. Ulcérés par les activités de prospection au lac Kachiwiss, à moins d'une quinzaine de kilomètres de leur ville, les médecins ont menacé de quitter en bloc la région si une mine y était exploitée. « On ne peut pas hypothéquer les générations futures pour quelques emplois », dit le pneumologue Bruno Imbeault, l'un des médecins qui ont réitéré récemment leur menace de démission. Inquiet des effets de la prospection et de l'exploitation de l'uranium sur l'environnement et la santé des résidants, il réclame un débat de fond. « Je ne veux pas que la population soit placée devant un fait accompli, dit-il. Une mine a une durée de vie d'à peine une quinzaine d'années, mais génère des tonnes de résidus radioactifs qu'on doit gérer pendant des milliers d'années. »

À Sept-Îles, la sortie des médecins a eu une incidence considérable. Dans les rues, au café du coin, à l'épicerie, difficile de trouver des habitants en faveur de l'extrac­tion de l'uranium. Selon un sondage, 91 % des gens y sont défavorables !

« L'industrie n'a pas à décider pour la population du Québec », dit Marc Fafard, président de Sept-Îles sans uranium (SISUR), un comité de défense qui surveille de près les activités des sociétés minières à Sept-Îles et ailleurs sur la Côte-Nord. « Si on veut se lancer dans l'aventure de l'uranium, en échange de quelques jobs mais en laissant les profits aux compagnies, qu'on le fasse au moins en connaissance de cause », dit-il de sa voix grave et calme. Figure de proue du mouvement d'opposition, Marc Fafard est devenu la bête noire des prospecteurs du controversé minerai.

« Les opposants à l'uranium font une campagne de peur, dénonce Jean-Pierre Thomassin, directeur général de l'Association de l'exploration minière du Québec. Ils n'ont pourtant qu'à aller en Saskatchewan, le plus grand producteur d'uranium au monde, pour voir qu'on peut exploiter une mine de façon sécuritaire. Là-bas, 85 % des gens appuient l'industrie. Ici, c'est l'inverse. Il y a de la désinformation quelque part, et selon moi, c'est à Sept-Îles. »

En décembre, Terra Ventures a suspendu ses activités de prospection au lac Kachiwiss, motivant sa décision par la chute des prix de l'uranium. « Tant pis pour les gens de Sept-Îles, ils vivront de tourisme, raille Jean-Pierre Thomassin. D'après moi, c'est fini l'uranium dans cette région. »

Marc Fafard n'en croit rien. Des activités de prospection se poursuivent sur la Côte-Nord, dit-il. Si le prix de l'uranium fait un bond - il est à 90 dollars le kilo, contre 300 dollars en 2007 et à peine 15 dollars en 2001 -, il prédit qu'il y aura une mine d'uranium d'ici cinq ans.

Pour calmer les esprits, le directeur de la Santé publique de la Côte-Nord a mis sur pied un comité de travail pour examiner toutes les étapes d'un projet uranifère, de l'exploration à la gestion des résidus après la fermeture d'une mine.

« On ne fera pas de chasse aux sorcières, dit le président du comité, le Dr Raynald Cloutier. Sur le plan de l'exploitation, les règlements au Canada sont très stricts. Je n'ai donc pas d'inquiétude pour la santé des mineurs. » La gestion des résidus miniers radioactifs l'inquiète davantage. « Va-t-on fermer et clôturer une partie du territoire pendant des milliers d'années pour protéger la santé de la population ? Ce serait un non-sens. »

En Saskatchewan, la plupart des mines sont exploitées dans le Nord, très peu peuplé, et il s'agit surtout de mines souterraines. Alors qu'on projette des mines à ciel ouvert sur la Côte-Nord.

Le Dr Cloutier se donne deux ans pour boucler les travaux du comité et émettre des recommandations. Jean-Pierre Thomassin, de l'Association de l'exploration minière du Québec, juge cette opération inutile. « Je ne comprends pas pourquoi on ne met pas ces études entre les mains de gens qui ont les compétences nécessaires pour les mener à bien. La Commission canadienne de sûreté nucléaire dit que l'extraction de l'uranium ne comporte pas de danger si c'est fait correctement. On devrait lui faire confiance ! » La population de la Côte-Nord vit déjà dans une zone radioactive, dit-il. « Le meilleur moyen d'enlever la radioactivité, c'est d'enlever l'uranium du sol. »

Un argument qui ne convainc pas les membres du comité SISUR. « Si les endroits où on extrait de l'uranium étaient beaux et roses, on le saurait », dit Marc Fafard. Ce à quoi le pneumologue Bruno Imbeault ajoute : « On nous dit qu'il n'y a pas de danger. Je veux bien le croire, mais il n'y a pas de technologie infaillible sur des milliers d'années. S'il y avait un projet de mine d'uranium sur le mont Royal, comment réagirait la population de Montréal, pensez-vous ? »

Selon sa collègue Isabelle Gingras, psychiatre à l'Hôpital de Sept-Îles, les activités uranifères ont des répercussions « bio-psychosociales ». « Ça peut être anxiogène. Y aura-t-il un problème de contamination de l'eau ? Mes enfants seront-ils malades ? Ça compte. »

Comme les autres membres de SISUR, la Dre Gingras réclame un moratoire sur l'exploration de l'uranium pour l'ensemble du Québec. Le ministre délégué aux Ressources naturelles, Serge Simard, a déjà rejeté cette demande, mais les opposants promettent d'en débattre en mai, à la commission parlementaire sur le projet de loi 79, qui modifie la Loi sur les mines. L'industrie se défendra vigoureusement, dit Jean-Pierre Thomassin. « Ce n'est pas vrai qu'un petit groupe de Sept-Îles va contaminer le Québec en entier ! »

DÉPENSES D'EXPLORATION MINIÈRE AU QUÉBEC (2009)

 

Métaux précieux (or, argent) : 212,6 millions $ (61,1 %)

Métaux usuels (fer, cobalt, nickel, cuivre) : 54,3 millions $ (15,6 %)

Uranium : 43,6 millions $ (12,5 %)

Métaux ferreux : 13,8 millions $ (4 %)

Diamant : 11,2 millions $ (3,2 %)

Ensemble des dépenses d'exploration minière : 347,9 millions $

(Source : Institut de la statistique du Québec)

 
 

17 août 2010

Moratoire sur l'exploration d'uranium

Québec dit un non catégorique

Mise à jour le mardi  à 15 h 10

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Le gouvernement du Québec n'a pas l'intention d'imposer un moratoire sur l'exploitation d'uranium comme le réclame un groupe d'opposants qui campe devant l'Assemblée nationale.

 

Plaquettes apposées par des prospecteurs d'uranium.

Le ministre délégué aux Ressources naturelles, Serge Simard, rejette carrément la requête de Sept-Îles sans uranium et de la coalition Pour que le Québec ait meilleure mine. « Vous savez, la population est capable de marcher et de parler en même temps. À partir de ce moment-là, un moratoire pour être en mesure de penser. Je pense qu'on peut avancer au niveau économique en s'assurant de l'information, en s'assurant de la sécurité », a-t-il dit.

Le ministre croit qu'il est possible d'exploiter la ressource de façon sécuritaire.

On ne prendra jamais de décision qui mettrait en péril la santé publique et l'environnement, ça c'est très clair.

— Le ministre délégué aux Ressources naturelles, Serge Simard

Le ministre Simard a aussi contesté le fait que les manifestants puissent avoir acquis des titres miniers, dont les droits d'exploitation permettraient d'explorer le sous-sol d'une partie des plaines d'Abraham et de la colline Parlementaire.

Les membres de ces deux organisations ont installé un simulacre de campement minier devant le parlement pour tenter de convaincre Québec de stopper la recherche d'uranium dans le sous-sol québécois pour les trois prochaines années. Les opposants au développement de l'industrie uranifère profitent des audiences de la commission parlementaire sur la loi 79 qui viendra modifier le régime minier pour faire valoir leur point de vue.

Ils déposeront leurs mémoires respectifs mercredi.

Réplique de l'industrie

 

Opposition à l'exploration d'uranium à Aguanish où Uracan possède un site d'exploration. (archives)

Plus tôt en matinée, l'ex-député bloquiste Yvan Loubier, qui a reçu de la firme National la responsabilité des communications pour la compagnie d'exploration minière Uracan, a reproché aux manifestants opposés à l'exploration d'uranium de colporter des informations erronées. Selon Uracan, l'exploration et l'exploitation de l'uranium ne représentent pas plus de danger pour la santé de la population ou de l'environnement que tout autre secteur minier au Québec.

L'entreprise endosse le nouveau projet de loi sur les mines et veut, dans son mémoire, démystifier les mythes de l'industrie de l'uranium. Le porte-parole d'Uracan fera valoir son point de vue, mercredi, en commission parlementaire. Uracan, qui a des propriétés dans le secteur d'Havre-Saint-Pierre, estime que son projet de mine pourrait créer jusqu'à 500 emplois.

Quelque 100 sites uranifères, dont une vingtaine sur la Côte-Nord, seraient en cours d'exploration au Québec.

Projet dans le Nord-du-Québec

Dans le Nord-du-Québec, cette prospection reçoit généralement un accueil favorable auprès des populations. C'est dans cette région que pourrait être exploité le premier gisement d'uranium québécois.

Le projet Matoush, de la compagnie Stratéco, est en préparation depuis quatre ans. Quelque 70 millions de dollars ont été investis pour mettre en valeur le site, situé à 275 km au nord de Chibougamau.

Pour en savoir un peu plus sur cette industrie naissante, les élus de la région de la Baie-James ont formé un comité indépendant chargé de recueillir et diffuser l'information. Le comité, financé par la Conférence régionale des élus (CRE) de la Baie-James, remettra son rapport dans quelques mois.

 

Mine d'uranium (archives)

Déjà, le président de la Conférence régionale des élus de la Baie-James, Gérald Lemoyne, admet que le comité se montre plutôt favorable au développement de la filière uranifère.

Les élus se sentent notamment rassurés par les exigences imposées aux entreprises qui veulent exploiter un gisement. Ainsi, Strateco devra déposer 30 millions de dollars pour la restauration du site avant même son exploitation et le montant sera réévalué pendant la vie active de la mine.

Toutefois, le projet minier devra franchir plusieurs étapes avant celle de l'exploitation. Il faudra encore quatre années de développement au cours desquelles les consultations publiques seront nombreuses.

 

Publié le 18 août 2010 à 16h57 | Mis à jour à 18h40

Uranium: le député Khadir accuse l'ancien bloquiste Loubier de «trahison»

 

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L'unique député de Québec solidaire, Amir Khadir, a fait une leçon de morale politique à M. Loubier. Il a soutenu qu'en tant que militant indépendantiste, il ne lui viendrait pas à l'idée de joindre un secteur d'activité aussi «colonialiste» que celui des mines.

Photo: Jean-Marie Villeneuve, Archives La Voix de l'Est

 

Martin Ouellet
La Presse Canadienne
Québec

Le débat sur l'uranium s'est transformé en guerre fratricide souverainiste mercredi lorsque le co-leader de Québec solidaire, Amir Khadir, a accusé de «trahison» l'ancien député bloquiste Yvan Loubier.

Devant la commission parlementaire sur le régime minier, M. Khadir s'en est pris sans ménagement à M. Loubier, qui agit aujourd'hui comme porte-parole de la société minière Uracan pour le compte du cabinet de relations publiques National.

À de nombreuses reprises, le député de Mercier a demandé à M. Loubier de révéler le montant d'argent qu'il recevait de la firme National pour contredire les détracteurs de l'uranium et vanter les vertus de l'extraction de ce métal radioactif pour l'économie du Québec.

«Il est important de savoir quel est le montant payé par la société Uracan à la firme National pour nous accuser de faire de la désinformation, pour accuser les médecins de Sept-Îles de mentir à la population», a lancé M. Khadir.

«Combien êtes-vous payé par la firme National et donc les entreprises minières?», a-t-il insisté.

Estomaqué, M. Loubier a refusé de dévoiler son cachet, et a répété qu'il avait pour mandat de présenter au public une information «juste, équitable et objective» sur l'exploitation éventuelle de l'uranium sur la Côte-Nord et dans le nord du Québec.

«Je sais que vous, ça ne vous intéresse pas les investissements», a-t-il signifié au député de la formation de gauche.

Mais M. Khadir n'en est pas resté là. Il a aussi mis en doute le sens moral de l'ancien élu souverainiste.

«Moi, comme souverainiste, comme indépendantiste, je ne me mettrai jamais au service d'une compagnie minière, parce qu'il est dans le code génétique et la culture de corporation de cette industrie de se comporter en colonialiste», a-t-il soulevé.

L'insistance de M. Khadir a fait bondir le président de la commission, le député péquiste Claude Pinard.

«Vous n'êtes pas devant un tribunal d'inquisition!», s'est-il objecté avant de faire la leçon au co-chef de Québec solidaire: «ça n'a pas de bon sens la manière que tu agis (sic)».

Alors que la tension montait, M. Pinard a brièvement suspendu les débats.

Plus tôt dans la journée, pendant une manifestation regroupant quelques dizaines de militants anti-uranium devant l'Assemblée nationale, M. Khadir avait dit trouver «triste» qu'un souverainiste comme M. Loubier se mette au service d'une industrie «qui ne laisse que des déchets» au Québec.

«C'est une trahison des valeurs (du Québec), c'est certain. Je regrette que M. Loubier soit forcé, pour gagner sa vie, d'être à la solde d'une multinationale minière dans un dossier aussi dangereux pour l'avenir du Québec», avait-il analysé.

De son côté, le ministre délégué aux Ressources naturelles, Serge Simard, a continué mercredi de critiquer les opposants à l'exploitation de l'uranium, au premier chef le porte-parole de la coalition Sept-Îles sans uranium, Marc Fafard.

«Quand M. Fafard parle, on dirait que le Québec en entier est derrière lui alors qu'en réalité, c'est une minorité d'individus qui sont derrière lui», a-t-il fait valoir.

Le ministre Simard refuse de décréter un moratoire sur la prospection de l'uranium, au grand dam des militants écologistes qui redoutent la contamination radioactive de larges pans du territoire québécois

 

Mise à jour : 21/08/2010 10h13 LCN

Uranium et schiste

Le ministre fédéral a expliqué en entrevue sa position sur deux exploitations controversées au Québec.

Mardi, à l'entrée de la Commission parlementaire sur la réforme de la Loi sur les mines, au grand dam des représentants de la coalition Sept-Îles sans uranium, qui avaient campé devant le parlement, le ministre délégué aux Ressources naturelles, Serge Simard, avait déclaré qu’il n’était pas question de décréter un moratoire sur la prospection et l'exploitation d'uranium au Québec.

Christian Paradis, ministre des Ressources naturelles du Canada, désigne les opposants à l’exploration et l’exploitation de gisements d’uranium comme étant des gens à contre-courant.

«Lors du dernier discours du trône, nous avons assoupli les règles pour permettre des investissements étrangers dans le secteur des mines. J’arrive de Paris où se tenait un sommet sur l’exploitation des minéraux et on a pu apprendre qu’en Arabie saoudite, ils viennent d’acheter des réacteurs nucléaires, l’Inde s’en vient avec ça et plusieurs autres pays. L’énergie nucléaire, c’est sécuritaire et ça ne produit pas de gaz à effet de serre.»

Pour ce qui est de l’exploitation d’une mine d’uranium, le ministre se veut rassurant en disant que ce secteur est très encadré et réglementé par l’Agence de l’énergie atomique du Canada. M. Paradis tient à préciser que l’exploitation des mines relève du gouvernement provincial.

La découverte de gisements de gaz naturel enfermé dans de la pierre de schiste est une excellente nouvelle pour M. Paradis. «On pensait manquer de gaz dans les prochaines années et voilà qu’on pourra en avoir pour 100 ans à venir au Québec et aussi en Colombie-Britannique. Le potentiel d’exploitation est énorme et la technologie est là.»

Actuellement au Québec, quatre entreprises effectuent des forages exploratoires un peu partout dans les régions de Lotbinière, de Saint-Hyacinthe et du Richelieu. La technique consiste à injecter à très haute pression de l’eau et du sable à environ un kilomètre de profondeur dans le sol. La pierre de schiste se fractionne alors et libère le gaz naturel qu’elle renferme. Les futurs puits de gaz peuvent s’étendre sur deux kilomètres à l’horizontale.

(Agence QMI)

 

 

Publié le 14 octobre 2010 à 14h15 | Mis à jour à 14h15

Une mine d'uranium sur le «pivot hydrographique» du Québec

La première mine d'uranium au Québec est en train de se frayer un chemin parmi les épinettes, dans le Nord-du-Québec, sans faire de bruit.

PHOTO: ARCHIVES LA PRESSE

 

Marie-Geneviève Chabot

L'auteure réside dans la région du Nord-du-Québec.

On a beaucoup parlé de la lutte des gens de Sept-Îles contre le projet de mine d'uranium sur leur territoire. On parle actuellement beaucoup du débat entourant l'exploitation des gaz de schiste. Pendant ce temps, à quelque 975 km de là, dans la région du Nord-du-Québec, la première mine d'uranium au Québec est en train de se frayer un chemin parmi les épinettes, sans faire de bruit.

Ressources Strateco, une jeune compagnie uranifère basée à Boucherville, mais dont les deux principaux actionnaires sont à Toronto et New York, met le paquet pour que le projet Matoush devienne la première mine d'uranium au Québec, à l'aube de 2014. Le projet est actuellement à l'étape de l'obtention du permis d'exploration, mais les forages de surface ont commencé depuis 2009.

Qu'est-ce que quelques petits trous dans la terre et quelques tonnes de pierre remuées pourraient bien déranger dans ce coin perdu, de toute façon?

Ce coin perdu, situé à 275 km au nord de la ville mythique de Chibougamau, est aussi le territoire traditionnel de chasse des Cris. Il se trouve également à 15 km du futur parc national Albanel-Témiscamie-Otish et à une centaine de kilomètres du lac Mistassini, le plus grand lac d'eau douce du Québec. Le site est aussi et surtout en plein coeur des monts Otish, «là d'où originent les eaux», comme disent les Cris.

C'est que les eaux provenant des monts Otish alimentent la baie James et le fleuve Saint-Laurent. «En effet, c'est au coeur de ces montagnes que prennent source plusieurs de nos plus grandes rivières, soit les rivières Rupert, Eastmain, La Grande, Péribonka, aux Outardes et Manicouagan.»

Donc, Ressources Strateco projette d'installer sa première mine d'uranium sur rien de moins que le «pivot hydrographique du Québec». Je dis première, car si cette mine voit le jour, elle ouvre la porte aux autres mines d'uranium potentielles dans le secteur.

Comme d'autres résidants du coin, je suis inquiète. Pour me rassurer, les membres de la Conférence régionale des élus de la Baie-James (CREBJ) ont pris la responsabilité d'informer leur population en organisant des séances d'information dites «objectives». Pour ce faire, ils ont entre autres invité des experts de Genivar, une firme d'ingénieurs-conseils, qui compte notamment Ressources Strateco au nombre de ses clients.

M. Rhéaume, physicien et directeur de la division nucléaire chez Genivar, nous a expliqué la question des résidus miniers de la façon suivante: «Après avoir extrait l'uranium pur, ce qu'on retourne dans les résidus (les radioéléments), c'est exactement ce qui était dans la nature. On les retourne, après avoir été traités chimiquement dans l'usine de concentration.» Quasiment écologique. Selon M. Rhéaume, «les risques ne sont pas là», en ce qui a trait à l'exploration de l'uranium.

Je suis ressortie de cette séance d'information avec l'impression que l'uranium était un produit naturel comme les autres, au même rayon que le magnésium, le calcium et les baies de goji. Dans le fond, l'uranium n'est pas plus toxique que d'autres substances. Selon le Dr Plante, médecin et directeur de la santé et sécurité à la centrale nucléaire de Gentilly-2, tout est une question de dose. Si on contrôle la dose de radiation qu'on absorbe, tout est tiguidou.

Neutre ou contre

Peu satisfaits de cette séance d'information à laquelle il manquait vraisemblablement une partie, quelques-uns d'entre nous ont formulé le souhait de recevoir la visite d'intervenants critiques et indépendants capables de nous présenter l'envers de la médaille.

Ce à quoi les élus, parmi lesquels le député Luc Ferland, ont répondu en choeur qu'ils n'inviteraient pas d'opposants au nucléaire, mais seulement des scientifiques neutres. La neutralité, c'est aussi ce qu'a évoquée Gary James, directeur du Centre d'études collégiales de Chibougamau, en refusant la venue dans son établissement de médecins critiques s'étant impliqués à Sept-Îles, dont le Dr Isabelle Gingras et le Dr Notebaert, pour participer à un débat sur l'uranium organisé par les enseignants. Neutre, M. James peut difficilement l'être, en tant que président du conseil d'administration de la Table jamésienne de concertation minière (TJCM), dont la mission est de soutenir le développement de l'industrie minière dans la région.

Donc, si j'ai bien compris, dans le débat sur le projet Matoush, on est soit neutre ou contre. Dans le Nord-du-Québec, on ne veut pas entendre les spécialistes en défaveur de l'industrie nucléaire. Même s'il s'agit de docteurs en physique nucléaire renommés comme le Dr Michel Duguay ou le Dr Gordon Edwards, qui donne des conférences dans le monde entier sur les risques du nucléaire. Pas de danger qu'on les invite. Dans le Nord-du-Québec, on ne veut pas se faire gâcher notre party. Malgré leur déguisement de neutralité, les élus sont favorables au projet. Soit. Qu'ils trouvent que la création de tout au plus 300 emplois pendant environ 12 ans (la durée projetée d'exploration et d'exploitation de la mine) et des redevances de 2% à l'État valent les risques pour la santé des populations cries et jamésienne et la contamination potentielle et irréversible d'un site avec les résidus miniers radioactifs pour des centaines de milliers d'années, c'est leur opinion. Mais qu'ils censurent les intervenants ayant un avis divergent en leur refusant une tribune sur leur territoire, c'est qu'ils ont oublié que c'est par la démocratie qu'ils ont été élus.

Lors de la consultation pour le projet de loi 79, modifiant la loi sur les mines, le ministre de la Santé, Serge Simard, a demandé aux membres de la CREBJ s'ils envisageaient de tenir un forum sur l'uranium dans le Nord-du-Québec, pour maximiser l'information à la population. Ce à quoi la mairesse de Chibougamau, Manon Cyr, a répondu que «nous, dans le fond, ce qu'on a fait, c'est un forum perpétuel».

À part les trois articles à saveur d'infopub sur l'uranium qui prenaient deux pages pleines du journal local, et ce, le jour même de la première phase des audiences publiques sur le projet Matoush à Chibougamau, je n'ai pas vu de forum. Encore moins perpétuel.

La mairesse de Chibougamau scande à tous les vents qu'ils ont fait leur job et que la population de la région est très bien informée. Si madame la mairesse, qui siège également sur le conseil d'administration de la TJCM, s'est chargée de la neutralité de l'information que nous avons reçue, je ne suis pas rassurée.

Comme elle l'a exprimé devant la commission sur le projet de loi 79, «si vous mettez un moratoire demain matin sur le développement de l'uranium, nous on est déçus.»

Moi, quand je suis déçue, je ne suis pas neutre.

J'aimerais que les élus pensent le développement de la région en visionnaires plutôt qu'en opportunistes, qu'ils admettent qu'il y a beaucoup d'incertitudes scientifiques entourant l'exploitation de l'uranium, et qu'ils reconnaissent le droit de la population d'avoir accès à cette information. S'ils ont si peur d'un débat ouvert sur la question, c'est peut-être justement parce qu'il y a de bonnes raisons de ne pas rester neutre.

 

 

12 janvier 2011

COMMUNIQUÉ

Pour diffusion immédiate

 

Mission du Québec en Saskatchewan

URANIUM : INFORMATION OU DÉSINFORMATION ?

 

Québec, le mercredi  — « Information ou désinformation ? », voilà la question que se pose la coalition Québec meilleure mine ! concernant l’objectif réel de la mission québécoise, présentement en Saskatchewan. « Lorsqu’on entend le ministre Serge Simard, à peine débarqué à Régina, affirmer que « les mines d’uranium ne posent pas plus de risques que les mines d’or » et ce, avant même d’avoir pris le temps d’en évaluer les risques, on est en droit de se questionner sur la rigueur de la démarche et les intentions réelles du ministre » dénonce la coalition Québec meilleure mine !

 

« Cette mission en Saskatchewan ne doit pas être instrumentée par le gouvernement et n’être un maillon d’une campagne de relations publiques pour faire la promotion de l’uranium. Elle devrait viser véritablement une meilleure compréhension des risques et impacts de cette industrie » affirme Ugo Lapointe de Québec meilleure mine !

 

La coalition, qui a accepté de bonne foi d’y déléguer un représentant, souhaite que cette délégation puisse faire la lumière sur des questions aussi fondamentales que les impacts cumulatifs de cette industrie sur l’environnement et sur la santé depuis 50 ans en Saskatchewan, les incertitudes scientifiques qui demeurent quant à la gestion à long terme des résidus miniers radioactifs, et la facture totale qu’il en coûtera à la Saskatchewan pour restaurer les mines d’uranium abandonnées.

 

« Si les dangers et les impacts des mines d’uranium sont si petits, comme l’indique le ministre Simard, alors pourquoi la Colombie-Britannique, la Nouvelle-Écosse et l’état de Virginie ont-ils instauré des moratoires sur cette industrie ? Pourquoi même avoir mis sur pied un comité aviseur de la santé publique du Québec pour faire la lumière sur les dangers liés à cette industrie ? » se demande Christian Simard de Nature Québec.

 

Lors de cette mission, la coalition présentera une douzaine de questions pour lesquelles elle souhaite obtenir des réponses (voir questions attachées). Le délégué actuel de la coalition en Saskatchewan, Monsieur est Ramsey Hart de MiningWatch Canada, et la coalition feront le bilan de la mission dans les prochains jours.

 

-30-

 

Pour information:

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La coalition Pour que le Québec ait meilleure mine ! a vu le jour au printemps 2008 et est aujourd’hui constituée de plus d’une quinzaine d’organismes représentant plusieurs milliers de membres au Québec. La coalition s’est donnée pour mission de revoir la façon dont on encadre et développe le secteur minier au Québec, dans le but de promouvoir de meilleures pratiques aux plans social et environnemental.

 

Les membres actuels de la coalition : Action boréale Abitibi-Témiscamingue (ABAT)  ▪  Association de protection de l’environnement des Hautes-Laurentides (APEHL)  ▪  Coalition de l’ouest du Québec contre l’exploitation de l’uranium (COQEU) ▪ Comité vigilance Malartic (projet minier Osisko)  ▪  Écojustice  ▪  Forum de l’Institut des sciences de l’environnement de l’UQAM  ▪  MiningWatch Canada  ▪  Mouvement Vert Mauricie  ▪  Nature Québec  ▪  Professionnels de la santé pour la survie mondiale  ▪  Regroupement pour la surveillance du nucléaire  ▪  Réseau québécois des groupes écologistes (RQGE)  ▪  Sept-Îles sans uranium Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ) ▪ Société pour la nature et les parcs (SNAP-Québec) ▪ Tous nouveaux membres sont les bienvenus.

 

 

Délégation du Québec en Saskatchewan

Questions de la coalition Québec meilleure mine !

 

 

1.                  Existe-t-il, en Saskatchewan, des études qui confirment les quantités de radon et d’autres matières radioactives dispersées dans l’air par la ventilation de la mine et par les stockages de résidus miniers ? Combien de kg par année ? Combien en 50 ans ? Quelle est la persistance de ces contaminants dans l’environnement ?

 

2.                  Quelle est la proportion de contamination radioactive dans l’environnement autour des mines d’uranium provenant des activités minières versus celle provenant de la contamination naturelle (rayon 1 km, 5 km, 20 km) ? Avez-vous des études statistiques qui soutiennent ces données ?

 

3.                  Existe-t-il, en Saskatchewan, des études confirmant l’absence d’effets à long terme des mines d’uranium sur la santé des populations avoisinantes, incluant les populations vulnérables tels que les enfants et les personnes âgées ? Est-ce que les densités de population autour des mines en Saskatchewan sont suffisamment importantes pour que les données recueillies aient une valeur statistique ?

 

4.                  Existe-t-il, en Saskatchewan, des études confirmant l’absence d’effets à long terme des mines d’uranium sur les populations animales avoisinantes (mammifères, poissons, etc.) ?

 

5.                  Combien d’infractions environnementales ou d’incidents d’écoulement de contaminants compte-t-on en Saskatchewan au cours des dernières années (Key Lake, etc.) ? Historiquement, depuis 50 ans ? Quelles quantités de contaminants par incident ?

 

6.                  Combien de cours d’eau ont-ils été contaminés en Saskatchewan par des écoulements liés aux mines d’uranium ? Quel type de suivi est-il fait concernant les écoulements dans les nappes phréatiques ? Existe-t-il des études qui dressent un portrait global des impacts sur les eaux de surface et sur les eaux souterraines ?

 

7.                  Combien de mines d’uranium sont actuellement abandonnées en Saskatchewan ? Combien sont pris en charge par l’État ? Quelle est la facture totale estimée pour assurer la restauration complète des sites et leur suivi à long terme ?

 

8.                  Quel est le total des garanties financières présentement mises de côté pour assurer la restauration environnementale des mines en opération ? De quels types de garanties financières s’agit-il ? Que couvrent-elles ? Que ne couvrent-elles pas ?

 

9.                  Est-ce principalement l’industrie, la CCSN ou la province qui fait les suivis environnementaux et sanitaires des mines d’uranium (donnés statistiques à l’appui) ?

 

10.               Combien de redevances la Saskatchewan retire-t-elle de ses mines d’uranium ?

 

11.               Quelle est la quantité totale de résidus miniers produits chaque année par les mines d’uranium en Saskatchewan ? Quelles quantités totales en 50 ans ? Quelle proportion et quelles quantités d’éléments radioactifs demeurent dans les résidus miniers laissés derrière ?

 

12.               Quelle est la quantité totale d’eau et d’acide sulfurique utilisée pour l’exploitation et le traitement de l’uranium ?

 

 

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Visite d'information en Saskatchewan sur l'uranium - UNE DÉMARCHE PERTINENTE QUI PERMETTRA UNE RÉFLEXION ÉCLAIRÉE SELON LE MINISTRE SIMARD

QUÉBEC, le 14 janv. 2011 /CNW Telbec/ - Le ministre délégué aux Ressources naturelles et à la Faune, M. Serge Simard, dresse un bilan positif de la visite d'information sur l'uranium tenue cette semaine en Saskatchewan. Cette visite répondait à une demande des élus de plusieurs régions, formulée notamment lors du premier Forum sur l'uranium qui a eu lieu à Sept-Îles. La Coalition Pour que le Québec ait meilleure mine participait également aux rencontres.

Cette initiative des représentants de régions concernées par des projets uranifères avait pour but de se renseigner sur l'uranium et les enjeux sociaux, environnementaux, économiques et de santé qui y sont liés. « Les participants ont eu l'occasion de poser des questions et de discuter avec des experts dans tous ces domaines. Ils ont obtenu de l'information concrète et ont vu de près la réalité de l'industrie de l'uranium », a mentionné le ministre Simard.

La visite d'information a permis aux participants d'en apprendre davantage sur la réglementation de l'industrie et la protection environnementale. Des rencontres ont eu lieu avec des représentants de la santé publique de la Saskatchewan, des scientifiques indépendants, des experts de la Commission canadienne de sûreté nucléaire, des représentants des communautés autochtones vivant à proximité d'une mine d'uranium, des élus locaux, provinciaux et fédéraux, de même qu'une visite de la mine de Rabbit Lake.

« Nous savions que la Saskatchewan possédait une grande expertise acquise au cours des 60 dernières années dans la gestion de sites uranifères. Nous croyons avoir pris une sage décision en allant recueillir les faits sur le terrain, au bénéfice de notre population », a souligné M. Gérald Lemoyne, président de la Conférence régionale des élus de la Baie-James.

« Cette visite fut une excellente occasion pour notre équipe de recherche de documenter les risques, les impacts et les enjeux environnementaux et sanitaires inhérents à ce type d'exploitation afin de soutenir la réalisation de l'analyse de risque amorcée », ont mentionné M. Patrick Poulin, de l'Institut national de Santé publique du Québec, et M. Michel Julien, de l'Agence de la santé et des services sociaux de la Côte-Nord.

« Nous avons été accueillis de façon exceptionnelle par les gens de la Saskatchewan et ceux-ci ont répondu avec générosité et de façon transparente à nos questions », ont déclaré le président de la Conférence régionale des élus de la Côte-Nord, M. Julien Boudreau, et le maire de Sept-Îles, M. Serge Lévesque.

M. Simard se dit très satisfait des rencontres effectuées : « J'ai beaucoup apprécié la qualité et le climat des échanges que nous avons eus. Le but de cette démarche était de s'informer pour alimenter notre réflexion à partir d'informations objectives, claires et transparentes sur cet important dossier. L'objectif est pleinement atteint. Je considère que cette démarche a donc été une réussite ».


 

 

Exploitation de l'uranium
Une visite qui suscite des réactions partagées

 

Mise à jour le samedi 15 janvier 2011 à 12 h 28

 

La mine d'uranium de McArthur River, en Saskatchewan (archives)

La délégation québécoise qui était en visite pendant trois jours en Saskatchewan pour se renseigner sur l'industrie uranifère est de retour au Québec. Si elle se dit enchantée de son séjour dans l'Ouest, la coalition Pour que le Québec ait meilleure mine qualifie quant à elle l'exercice de véritable campagne de séduction.

Selon elle, ce sont les grandes compagnies minières qui en auraient profité pour vanter l'industrie.

Selon le porte-parole de la coalition, Ugo Lapointe, le gouvernement québécois, représenté par le ministre Serge Simard, avait des intentions cachées au sujet de l'exploitation de l'uranium.

« Le gouvernement actuel, lui, souhaite plutôt aller de l'avant et là, il essaie de trouver les moyens pour y arriver et organiser une délégation là-bas pour essayer de vendre l'uranium, ç'a été son choix », déplore M. Lapointe.

Pour sa part, la mairesse de Chibougamau, Manon Cyr, croit que cette mission a été constructive, car les compagnies minières, dit-elle, possèdent une expertise de longue date. « On n'est pas dupe personne. Les gens nous présentent toujours le bon côté des choses, mais il ne faut pas oublier que c'est quand même des mines qui sont en exploitation depuis plusieurs années. »

Il ne faudrait cependant pas comparer la Saskatchewan et le Québec, tient à souligner Ugo Lapointe.

Le Québec et la Saskatchewan, ce n'est pas la même chose pantoute là, en particulier au niveau de l'uranium

— Ugo Lapointe, porte-parole de la coalition Pour que le Québec ait meilleure mine

Rappelons que les mines d'uranium en Saskatchewan sont éloignées des populations et elles sont plus riches que celles du Québec. Voilà pourquoi la coalition Pour que le Québec ait meilleure mine réclame un moratoire et une analyse scientifique sur les risques liés à l'exploitation de l'uranium.

 


 

 
 

 

Visite d'une mine d'uranium: réactions mitigées de la délégation québécoise

Publié le 15 janvier 2011 à 06h00 | Mis à jour le 15 janvier 2011 à 06h00

Photo: Archives Le Quotidien

Le ministre délégué aux Ressources naturelles et à la Faune, Serge Simard, était de la délégation.

De retour hier d'une visite dans la région uranifère la plus riche du monde, dans le nord de la Saskatchewan, des délégués québécois sont revenus rassurés, d'autres encore préoccupés.

Une trentaine de Québécois, pour la plupart des élus de la Côte-Nord ou du Nord-du-Québec, ont visité la mine d'uranium Rabbit Lake, en service depuis 35 ans. Ils ont aussi rencontré les grands patrons des géants miniers Cameco et Areva Resources Canada, des ministres, des fonctionnaires, des représentants autochtones et des médecins de la santé publique.

Le président de la Conférence régionale des élus de la Côte-Nord, Julien Boudreau, s'est dit rassuré par l'importance accordée à la sécurité dans l'industrie. «Les gens qui vivent près des mines nous ont confirmé qu'ils sont bien informés», a-t-il aussi ajouté.

Le ministre délégué aux Ressources naturelles et à la Faune, Serge Simard, était de la délégation. «Les participants ont pu poser beaucoup de questions et obtenir leurs réponses, s'est-il réjoui. On a pu faire la lumière sur des questionnements exprimés en matière de santé, de sécurité et d'environnement.»

 

Mais, selon Ramsey Hart, de MiningWatch Canada, «c'est juste la meilleure face de l'industrie qu'on a vue». «On n'a pas parlé avec des voix plus critiques», précise M. Hart, qui était présent à titre de délégué de la Coalition pour que le Québec ait meilleure mine. «Nous avons obtenu des informations très utiles, mais souvent très générales, sans détail. Et l'horaire chargé ne nous a pas laissé le temps de poser toutes les questions.»

La visite était organisée par le ministère des Ressources naturelles et de la Faune, à la demande des élus régionaux. Le ministère a invité des représentants autochtones, mais aucun n'a fait le voyage.

 
Réforme de la Loi sur les mines: Québec ne réécrira pas le projet de loi 179

Publié le 15 janvier 2011 à 06h00 | Mis à jour le 15 janvier 2011 à 06h00

Photo: Archives Le Quotidien

Le ministre délégué aux Ressources naturelles et à la Faune, Serge Simard.

Le gouvernement québécois ne réécrira pas le projet de loi 79 qui vise à réformer la Loi sur les mines, a affirmé à La Presse Affaires le ministre délégué aux Ressources naturelles et à la Faune, Serge Simard.

Le projet de loi 79 vise à augmenter les garanties financières pour la réhabilitation des terrains miniers, à soumettre la totalité des projets à une consultation publique et à stimuler l'exploration minière. Mais les organismes environnementaux et les municipalités ont exprimé leur déception. Tant le Parti québécois que Québec solidaire auraient préféré une réécriture complète du projet de loi et une portée plus étendue après les vastes consultations publiques tenues l'été dernier. Le gouvernement a préféré garder sensiblement le même projet pour l'étude article par article.

Après quelque 30 heures d'étude durant la session d'automne, la Commission des ressources naturelles n'en est qu'à l'article 9 du projet qui en compte 72. De la vingtaine d'amendements proposés jusqu'ici par l'opposition officielle, un seul a été adopté. À la fin de l'année, devant cette impasse, des rumeurs laissaient croire que le gouvernement allait réécrire le projet de loi de A à Z pour la session du printemps.

«Le projet de loi va continuer lors de la rentrée, a plutôt indiqué le ministre Serge Simard en entrevue téléphonique. Il devrait reprendre d'où il était. Il ne sera pas réécrit. Des amendements ont été faits et on va les analyser en commission parlementaire.»

 

Le ministre assure que plusieurs des amendements qu'il compte déposer «répondent aux préoccupations des différents intervenants, des municipalités, des personnes en environnement». Mais, pour y arriver, ajoute le ministre, il faut continuer à progresser dans l'étude des articles.

Selon le porte-parole de l'opposition officielle en matière de mines, Scott McKay, il est possible d'améliorer le projet pendant l'étude article par article. «Mais il faudrait que le ministre dépose tous ses amendements à l'avance et qu'il fasse connaître ses intentions, ce qu'il a refusé de faire jusqu'à maintenant. Ensuite, on pourrait s'ajuster.»

Le porte-parole de la Coalition pour que le Québec ait meilleure mine, Ugo Lapointe, est sceptique.«Le ministre nous dit depuis le début qu'il est à l'écoute, qu'il est ouvert à apporter les modifications nécessaires, mais les bottines ne suivent pas les babines. Ça prend des engagements fermes. S'il avait ramené un projet réécrit et qu'on savait où il s'en allait, il aurait plus de chance de convaincre du monde.»

 

 

 

 

 

 

18 janvier URANIUM AU QUÉBEC

RICHESSE OU CADEAU EMPOISONNÉ ?

 

Québec, le mardi 2011 – La coalition Québec meilleure mine ! invite le public et les représentants des médias au débat « L’uranium au Québec : richesse ou cadeau empoisonné », débat tenu par l’Association francophone pour le savoir (ACFAS), le 10 novembre dernier à Québec et qui sera télédiffusé à compter de ce soir au canal Savoir.

 

·     le mardi 18 janvier à 20 h;

·     le mercredi 19 janvier à  14 h;

·     le vendredi 4 mars à 21 h 30;

·     le samedi 5 mars à 14 h.

 

« Il s’agit d’une occasion unique d’entendre des experts engagés débattre de la filière des mines d’uranium et du nucléaire au Québec et de mieux comprendre pourquoi la coalition Québec meilleure mine ! et une majorité de citoyens présentement affectés par des projets d’uranium demandent un moratoire sur cette industrie au Québec », explique Ugo Lapointe, l’un des porte-paroles de la coalition.

 

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Pour information:

 

·                     Site de l’ACFAS : http://www.acfas.ca/rencontres/pages/10_nov_2010_uranium.html#sujet

·                     Site de Québec meilleure mine ! : www.quebecmeilleuremine.org/

·                     Ugo Lapointe, coalition Québec meilleure mine ! 514.708.0134

La coalition Pour que le Québec ait meilleure mine ! a vu le jour au printemps 2008 et est aujourd’hui constituée de plus d’une quinzaine d’organismes représentant plusieurs milliers de membres au Québec. La coalition s’est donnée pour mission de revoir la façon dont on encadre et développe le secteur minier au Québec, dans le but de promouvoir de meilleures pratiques aux plans social et environnemental.

 

Les membres actuels de la coalition : Action boréale Abitibi-Témiscamingue (ABAT)  ▪  Association de protection de l’environnement des Hautes-Laurentides (APEHL)  ▪  Coalition de l’ouest du Québec contre l’exploitation de l’uranium (COQEU) ▪ Coalition Stop Uranium de Baie-des-chaleurs - Comité vigilance Malartic (projet minier Osisko)  ▪  Écojustice  ▪  Forum de l’Institut des sciences de l’environnement de l’UQAM  ▪  MiningWatch Canada  ▪  Mouvement Vert Mauricie  ▪  Nature Québec  ▪  Professionnels de la santé pour la survie mondiale  ▪  Regroupement pour la surveillance du nucléaire  ▪  Réseau québécois des groupes écologistes (RQGE)  ▪  Sept-Îles sans uranium Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ) ▪ Société pour la nature et les parcs (SNAP-Québec) ▪ Tous nouveaux membres sont les bienvenus.

 

 

 

2 février 2011
 

2 février 2011

En réaction aux médecins de la Baie-des-Chaleurs qui demandent un moratoire sur l'exploitation de l'uranium, Nathalie Normandeau estime que les opposants de la Coaltion stop uranium Baie-des-Chaleurs se livrent à de la désinformation.

Elle ajoute qu'il faudra rencontrer la population pour mieux lui expliquer les enjeux reliés à l'exploitation de l'uranium.

Si on s'emploie à faire du travail de désinformation, ça contribue dans le fond à faire peur aux gens, et je pense que dans ce débat-là, il y a des gens qui sont inutilement alarmistes.

— Nathalie Normandeau, ministre des Ressources naturelles

Pour la ministre des Ressources naturelles, il n'est pas question d'imposer un temps d'arrêt à l'industrie uranifère.

Il n'y aura pas de moratoire à l'échelle du Québec sur l'uranium, il n'y en aura pas.

— Nathalie Normandeau

Rappelons que l'entreprise britanno-colombienne Terra Firma Ressources veut déterminer la teneur d'uranium au printemps dans le secteur de Pointe-à-la-Croix.

La ministre des Ressources naturelles explique qu'on est encore loin d'une mine d'uranium à ciel ouvert dans ce secteur. Les deux tiers des concessions minières sont en terrain privé, et il faudra l'accord des propriétaires. Une autre partie des concessions se situe en terre fédérale, destinée aux Autochtones.

« Le coefficient de difficulté pour le promoteur est très, très important. Vous avez la problématique autochtone ou le défi autochtone pour lui et la problématique territoire privé. Alors, ce que je suis en train de vous dire, c'est que ce projet-là, on est loin de voir apparaître une mine sur notre territoire, on est loin de ça », dit la ministre Normandeau.

De leur côté, les opposants à l'exploitation de l'uranium soutiennent que la Loi sur les mines donne presque tous les pouvoirs aux entreprises minières.

La loi serait modifiée

Mardi, Nathalie Normandeau a affirmé que des modifications seront apportées à la Loi sur les mines de façon substantielle. « On réfléchit par exemple à l'idée de soustraire certains territoires municipaux de toute exploration minière pour éviter ce genre [...] de confrontation avec les citoyens. »

Une séance d'information publique aura lieu dans les prochaines semaines en présence de géologues, d'experts de la santé et du nucléaire pour informer la population à la demande du gouvernement.

En réaction aux propos de la ministre, les médecins disent qu'il s'agit d'une demi-victoire parce que Nathalie Normandeau semble vouloir appliquer le principe de précaution.

Du côté de la Coalition stop uranium Baie-des-Chaleurs, on indique que la bataille est encore loin d'être gagnée. L'organisation maintient sa demande de moratoire.

Les opposants font de la désinformation, dit Normandeau

Mise à jour le mercredi 2 février 2011 à 10 h 18

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Photo: La Presse Canadienne /Jacques Boissinot

La ministre Nathalie Normandeau

En réaction aux médecins de la Baie-des-Chaleurs qui demandent un moratoire sur l'exploitation de l'uranium, Nathalie Normandeau estime que les opposants de la Coaltion stop uranium Baie-des-Chaleurs se livrent à de la désinformation.

Elle ajoute qu'il faudra rencontrer la population pour mieux lui expliquer les enjeux reliés à l'exploitation de l'uranium.

Si on s'emploie à faire du travail de désinformation, ça contribue dans le fond à faire peur aux gens, et je pense que dans ce débat-là, il y a des gens qui sont inutilement alarmistes.

— Nathalie Normandeau, ministre des Ressources naturelles

Pour la ministre des Ressources naturelles, il n'est pas question d'imposer un temps d'arrêt à l'industrie uranifère.

Il n'y aura pas de moratoire à l'échelle du Québec sur l'uranium, il n'y en aura pas.

— Nathalie Normandeau

Rappelons que l'entreprise britanno-colombienne Terra Firma Ressources veut déterminer la teneur d'uranium au printemps dans le secteur de Pointe-à-la-Croix.

La ministre des Ressources naturelles explique qu'on est encore loin d'une mine d'uranium à ciel ouvert dans ce secteur. Les deux tiers des concessions minières sont en terrain privé, et il faudra l'accord des propriétaires. Une autre partie des concessions se situe en terre fédérale, destinée aux Autochtones.

« Le coefficient de difficulté pour le promoteur est très, très important. Vous avez la problématique autochtone ou le défi autochtone pour lui et la problématique territoire privé. Alors, ce que je suis en train de vous dire, c'est que ce projet-là, on est loin de voir apparaître une mine sur notre territoire, on est loin de ça », dit la ministre Normandeau.

De leur côté, les opposants à l'exploitation de l'uranium soutiennent que la Loi sur les mines donne presque tous les pouvoirs aux entreprises minières.

La loi serait modifiée

Mardi, Nathalie Normandeau a affirmé que des modifications seront apportées à la Loi sur les mines de façon substantielle. « On réfléchit par exemple à l'idée de soustraire certains territoires municipaux de toute exploration minière pour éviter ce genre [...] de confrontation avec les citoyens. »

Une séance d'information publique aura lieu dans les prochaines semaines en présence de géologues, d'experts de la santé et du nucléaire pour informer la population à la demande du gouvernement.

En réaction aux propos de la ministre, les médecins disent qu'il s'agit d'une demi-victoire parce que Nathalie Normandeau semble vouloir appliquer le principe de précaution.

Du côté de la Coalition stop uranium Baie-des-Chaleurs, on indique que la bataille est encore loin d'être gagnée. L'organisation maintient sa demande de moratoire.

 

 

Industrie uranifère dans la Baie-des-Chaleurs
Dix-huit médecins exigent un moratoire

 

Mise à jour le mardi 1 février 2011 à 12 h 35

 
 

Quatorze médecins de la Baie-des-Chaleurs et quatre du Nouveau-Brunswick demandent à leur tour un moratoire sur l'exploitation de l'uranium au Québec.

Ils se rangent ainsi derrière la Coalition stop uranium Baie-des-Chaleurs, qui veut freiner la venue, ce printemps, d'une entreprise de Vancouver, Terra Firma Ressources, dans le secteur de Pointe-à-la-Croix et d'Escuminac.

Ils soutiennent que les mines d'uranium génèrent d'importantes quantités de résidus miniers radioactifs dont les risques pour l'environnement et la santé des populations durent à perpétuité.

Ce qui bouscule les gens beaucoup sur le plan de la santé publique, c'est que quand une mine ouvre, elle produit des déchets. Ces déchets-là sont très abondants et contiennent un paquet d'autres métaux qui sont toxiques et qui peuvent, eux, être déversés dans les ruisseaux et polluer à ce moment-là la nappe phréatique.

— Philippe Aubin, médecin au CSSS de la Baie-des-Chaleurs et porte-parole du groupe de médecins

Le maire de Pointe-à-la-Croix, Jean-Paul Audi, craint que la recherche d'uranium contamine la source d'eau potable de sa municipalité. Si des travaux d'exploitation ont lieu dans sa municipalité, il souhaite que l'eau soit analysée avant et après ces travaux.

Pas de démissions en vue

Si les médecins sont préoccupés, ils ne menacent pas pour l'instant de démissionner comme ont fait leurs collègues de la Côte-Nord.

« Le projet était avancé peut-être un peu plus qu'ici. Puis aux grands maux les grands moyens, les médecins se sont dit: "On va mettre tout ce qu'on peut dans la balance". De notre côté, ici, je pense que ce projet-là en est probablement plus à ses premiers balbutiements. Puis pour tuer ça dans l'oeuf, ce n'est peut-être pas nécessaire de sortir des moyens aussi extraordinaires », explique Philippe Aubin.

Actuellement, 18 médecins appuient la Coalition stop uranium Baie-des-Chaleurs. D'autres médecins pourraient se joindre à eux, car ils sont une soixantaine à pratiquer dans la région.

 

 

Un nouveau combat pour la Baie des Chaleurs

Publié à 6h00 le jeudi 3 février 2011

 

 

Le projet de construction d'un incinérateur de sols contaminés à Belledune en 2003 avait amené les écologistes gaspésiens et néo-brunswickois à fonder Retour à l'expéditeur, une coalition qui a réussi à bloquer le projet de 25 millions $ de la firme Bennett. La coalition gaspésienne Stop uranium Baie des Chaleurs créée en novembre 2010 voudrait arriver à faire la même chose pour arrêter la recherche et l'exploitation d'uranium dans la région.

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Plus de 300 personnes se sont entassées, le 27 janvier, dans la petite salle du Centre polyvalent des loisirs, à côté de l'école de Pointe-à-la-Croix, pour écouter plusieurs conférenciers, dont le chef micmac de Listuguj, Allison Metallic, dénoncer le projet de recherche d'uranium qui devrait débuter en mai dans la région de Pointe-à-la-Croix. C'est l'organisateur communautaire, Luc Potvin, qui était le maître de cérémonie de la rencontre, déclarée non partisane dès le début de la soirée. Michel Goudreau de Stop uranium Baie des Chaleurs est venu par la suite présenter le diaporama qu'il avait montré une première fois à Campbellton. Plusieurs tableaux commentant la position de la ministre québécoise Nathalie Normandeau et des développements dans le dossier étaient rajoutés à la présentation de l'organisme, disponible sur son site internet (www.stopuraniumbdc.com). Des personnes ayant travaillé dans des mines d'uranium ou d'autres atteintes de maladies reliées aux mines, tel Roger LeBlanc d'Eel River Crossing, ont aussi présenté leur point de vue sur le sujet durant la période des questions.

En fait, des citoyens des deux côtés de la Baie des Chaleurs étaient présents dans la salle. On pouvait y voir plusieurs membres d'Environnement vie. Ceux-ci avaient assisté, il y a deux semaines, au premier exposé de la coalition gaspésienne donné à Campbellton. D'ailleurs, la semaine dernière, ils ont adopté une proposition d'appui à la coalition. Conférencier remarqué prenant la parole après le maire de Pointe-à-la-Croix, Jean-Paul Audy, le chef de Listuguj, Allison Metallic, a prononcé une partie de son discours en micmac. Voyant un parallèle entre le combat mené contre l'incinérateur de sols contaminés à Belledune de Bennett et la recherche d'uranium dans la région, il a soulevé plusieurs fois l'assistance, se méritant une ovation à la fin de son discours. «Il y a quelques années de cela, nous nous regroupions pour arrêter une autre entreprise, dit-il en introduction à son discours.

Nous voulions empêcher la création d'un dépotoir dans notre cour. Ce projet de recherche d'uranium est aussi une autre sorte de dépotoir que l'on veut mettre dans notre cour.» Après quelques mots en micmac, le chef a remercié les maires et personnes présentes affirmant que tous faisaient partie d'une grande famille. «Le combat contre Bennett n'aurait pas été un succès si nous n'avions pas eu l'appui de la population des deux côtés d'une des plus belles régions du monde qu'est la Baie des Chaleurs. Nous voici face à un autre combat. Pas contre le développement, car nous sommes pour le développement de notre région. Mais nous croyons que nous combattons pour ce qui est dans le meilleur intérêt de nos communautés, nos enfants et notre avenir. Nous de la nation micmaque, avons une responsabilité face à notre environnement, face à nos membres et plus spécialement, nous avons une responsabilité face aux sept générations qui nous suivront, a affirmé Allison Metallic. Nous supportons la coalition, les citoyens et les organisations qui veulent empêcher le projet minier d'uranium. Nous allons l'arrêter!»

 

 

 
Mines d'uranium
L'Institut national de santé publique évaluera les risques

SRC

Mise à jour le samedi 5 février 2011 à 11 h 38

 
 

L'Institut national de santé publique du Québec déposera d'ici un an un rapport sur les risques reliés à l'exploitation de mines d'uranium.

Un groupe de travail a été créé à la suite de la controverse soulevée par ce type de projet à Sept-Îles, l'an dernier.

Selon le directeur de la santé publique en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine, la mise à jour des études sur l'exploitation de l'uranium est essentielle. « Les contextes ont beaucoup changé. Les connaissances ont évolué et je crois que c'est une très bonne chose qu'on puisse mobiliser une équipe [...] pour véritablement faire le point sur toute cette littérature scientifique. Je crois que ça va éclairer davantage la population et aussi les décideurs en lien avec ces projets d'exploration », soutient le Dr Christian Bernier.

Le rapport devrait contenir les résultats de simulations réalisées par des experts.