Malgré le rapport du BAPE, auquel je reconnais une certaine audace (celle d’avoir heureusement débordé du mandat restreint), l’industrie va pouvoir sans gêne poursuivre l’essentiel de ses activités. Rien ne l’empêche en effet d’exercer son droit aux « préambules » (tout aussi essentiels) avant de « passer à l’acte ». Au plus, les commissaires auront-il modéré une éjaculation précoce (la « petite vite » qu’on a failli se faire passer). Ce n’est pas rien, j’en conviens, mais non seulement devons nous demeurer vigilants, nous devons nous prémunir EN CONTINUANT D’EXIGER UN MORATOIRE.
Quant à moi, c’est un MORATOIRE D’UNE GÉNÉRATION qui s’impose, rien de moins. Pas seulement pour l’industrie du gaz de shale, mais pour toute la filière des hydrocarbures (petgaz en milieu terrestre et maritime). C’est l’occasion de refaire nos devoirs sur la stratégie énergétique, en y définissant clairement la gestion intégrée du portefeuille de ressources. On a mieux à faire au Québec que de contribuer, en étirant l’élastique, à la pérennité de l’ère révolue du gaspillage d’hydrocarbures bon marché. Compte tenu de l’abondance et de la diversité d’alternatives énergétiques naturelles renouvelables dont nous disposons, la véritable urgence qui s’impose consiste à adjoindre ces apports énergétiques à notre extraordinaire capacité de production hydraulique.
Laisser les réserves fossiles là où elles sont bien en sécurité et reprendre résolument, sur l’autre versant de notre patrimoine, le contrôle collectif du développement d’une filière énergétique renouvelable et doublement avantageuse pour le Québec : « propre » à préserver notre environnement et « propre » à nous enrichir collectivement.