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Chef du Parti Libéral du Québec

Philippe Couillard
réécrit l'histoire de la tolérance au Québec

  Faux

 
 

Affirmation du 7 novembre 2013:

« À propos de la Charte des valeurs déposée par le gouvernement du Québec:
C'est un jour malheureux pour le Québec aujourd'hui. C'est un jour de rupture profonde avec notre histoire de plus de 400 ans, une histoire d'ouverture, d'accueil puis d'intégration»

Réponse de JosPublic

Le député d'Outremont tente de réécrire l'histoire pour mal faire paraître le gouvernement dans une joute politique de bas étage. Malheureusement pour lui, l'histoire du Québec ne fut jamais celle d'une terre d'accueil universelle.

Depuis la conquête de la Nouvelle France par les Angleterriens, les juifs et musulmans ne pouvaient immigrer au Canada s'ils n'abdiquaient pas à leur religion.

Malgré le fait que Louis-Joseph Papineau et les députés patriotes furent les premiers au Canada à permettre qu'un député juif Ezekiel Hart puisse siéger à l'Assemblée nationale du Québec. L'intolérance de race, de classe et de religion était bien présente et institutionnalisée au Bas-Canada (Québec) et Haut-Canada. (Ontario et l'ouest)

Louis-Joseph Papineau, devenu président de l'Assemblée en 1815, n'était plus le même homme qui s'était prononcé en faveur de l'exclusion de Hart en 1809. En homme intelligent et éclairé, il n'acceptait plus que les querelles partisanes et les préjugés fassent obstacle à la vie démocratique.

Louis-Joseph Papineau - 1836

Et c'est ainsi que sous la présidence de Louis-Joseph Papineau, l'Assemblée législative du Bas-Canada (le Québec d'alors) adopta, en 1832, le projet de loi qui allait garantir les pleins droits des personnes pratiquant la religion juive. L'Angleterre et ses autres colonies n'accorderont ces droits aux juifs que 25 ans plus tard.

Malgré ce geste d'ouverture de Papineau, l'intolérance religieuse a toujours eu cours au Québec. Sous l'instigation de l'Église catholique romaine, des notaires faisaient inscrire dans les actes de propriétés foncières qu'un juif ne pouvait pas acheter la terre d'un catholique.

Les passeports des nouveaux immigrants polonais étaient gardés par les entreprises pour éviter qu'ils puissent fuir leurs pénibles conditions de travail les rendant esclaves de la compagnie sous peine d'être renvoyés dans leur pays d'origine.

L'Église catholique a manœuvré pour que les immigrants non catholiques n'aient pas accès à ses écoles, obligeant ainsi les immigrants francophones protestants ou musulmans à inscrire leurs enfants dans des écoles ethniques ou dans les Commissions scolaires anglophones. Pour l'histoire de l'éducation au Québec cliquez ici.

Est-ce qu'il faut soulever encore une fois le scandale de l'intégration des enfants amérindiens dans la culture anglo-saxonne ou française par l'enfermement dans des pensionnats ou collèges hors de leur milieu de vie traditionnel?  L'histoire du Québec et du Canada regorge de ce genre de décisions de l'Église catholique romaine et l'équivalent à rebours par les églises protestantes chrétiennes au Québec.

Pensionnats autochtones : 3000 enfants morts

Le pire c'est que les gouvernements successifs ont entériné leur vision antidémocratique, raciste et missionnaire.

Il est impossible d'énumérer le nombre de fois où des éditorialistes et animateurs radiophoniques populistes ont sympathisé avec des travailleurs québécois au chômage criant que les immigrants étaient des voleurs d’emplois, le terme plus exact était "voleur de jobs".

Nous pouvons ajouter que les gouverneurs du Québec ont successivement vu à ce que les immigrants ainsi que les francophones qui ne renonçaient pas à leur religion ne puissent détenir de poste dans la fonction publique jusqu'en 1768. Lorsque le serment du "test" fut abrogé, ce fut l'obligation au bilinguisme pour ceux qui n'étaient pas anglophones qui déterminait la possibilité de travailler pour le gouvernement. Ensuite il a fallu attendre les années 1980 pour l'État établisse un programme qui facilite l'accès à la fonction publique aux immigrants.

Impossible de passer sous silence la difficulté qu'ont encore aujourd'hui les personnes de minorités visibles qui se cherchent un emploi ou un logement!

Quant au bon peuple, à part de traiter de façon méprisante les Italiens de "Wops", les noirs de "Nég", les Polonais de "polocs", les travailleurs immigrants de l'Abitibi de "Fros", et les gens de Terre-Neuve de "Newfies", etc... ils les ont toujours aimés pourvu qu'ils soient plus pauvres qu'eux.

Tous ces bien-pensants à la Couillard qui ne connaissent rien à ce qui se fait "à shop" encore aujourd'hui, ceux qui n'ont jamais pris l'autobus 55 de la rue Saint-Laurent, du boul. René-Lévesque jusqu'à la rue Sauvé à Montréal, peuvent bien avoir une haute estime d'eux-mêmes, puisque qu'ils et elles s'affichent politiquement correcte.

Elvis Gratton
Personnage de film

Il semble bien que leur racisme ou intolérance s'exprime autrement, c'est-à-dire, de ne pas pouvoir tolérer dans leur salle à manger des gens qui n'ont pas les bonnes manières à table que leur classe économique valorise. Ce qui exclut beaucoup de monde.

Pour la tolérance, on repassera. Si le Québec n'est pas pire qu'ailleurs il n'est certainement pas mieux. Une législation comme une charte des droits ou des valeurs, qu'elle soit plus ou moins ouverte ne crée pas un peuple de facto ouvert.

C'est une fiction du bon docteur Couillard.

Choix de photos, mise en page et titrage par : JosPublic
Publication : novembre 2013

 

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