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Forage minier dans les lacs et rivières du Québec
Pierre Moreau, ministre du Parti Libéral du Québec a menti aux Québécois
Honte à lui !

« Depuis le mois de juin 2018, Le journal Le Devoir a demandé à plusieurs reprises au ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles (MERN) de préciser si la Loi sur les hydrocarbures autorisera les forages dans les lacs et les rivières du Québec.  C’est finalement vendredi après-midi le 3 août 2018, au moment où se terminaient les 45 jours de consultation sur les projets de règlements de la future législation, que le MERN a répondu à nos questions. (extrait du Devoir) »

Un classique des communications de ceux qui espèrent passer sous le radar des médias, répondre à la limite du temps dévolu, un vendredi après-midi en plein été.  Depuis 2007, maître Pierre Moreau affirme qu'il n'y aura pas de forage dans les lacs et rivières du Québec. Pourtant le nouveau règlement le permet. Alors ses affirmations étaient fausses. Il aurait donc menti. Est-ce que cela fait de lui un menteur?  À vous de juger....

 

L’organisme Eau Secours! s’est dit inquiet de constater que plusieurs cours d’eau pourraient être ouverts aux forages.

 
 
 
   
 

31 octobre 2017

 

Le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Moreau, promet aussi qu’aucun projet d’énergie fossile ne pourra voir le jour s’il ne bénéficie pas de l’« acceptabilité sociale » nécessaire.

« Le gouvernement du Québec n’autorisera jamais l’exploration ou l’exploitation d’hydrocarbures dans les cours d’eau, dans les parcs nationaux, à proximité des garderies, des cours d’école, dans les espaces résidentiels ou au coeur des zones urbaines », a promis le nouveau ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles.

« Je m’adresse à ceux qui font croire le contraire et qui tiennent un discours alarmiste. Il faut cesser de faire peur au monde », a-t-il ajouté.

8 juin 2018

 

Le ministre Moreau avait piqué une sainte colère contre le journal Le Devoir qu’il accusait de colporter des faussetés sur ce dossier :

« Le ministre de l’Énergie assure qu’il ne sera jamais possible de réaliser des forages pétroliers ou gaziers dans des lacs ou des rivières du Québec. »

 « Il n’y aura pas de forages dans les lacs et les rivières »

« Vous dites que je veux ouvrir la porte aux forages dans les cours d’eau. C’est carrément faux »

Le gouvernement a néanmoins publié un projet de règlement dans le but d’encadrer les activités d’exploration et de production « en milieu hydrique », en vertu de la Loi sur les hydrocarbures. Une situation décriée par des groupes écologistes.

3 juin 2018

 

Par courriel, le porte-parole du ministère, Nicolas Bégin, a confirmé que le gouvernement ouvrira la porte aux forages pétroliers et gaziers dans les cours d’eau du Québec.

6 juin 2018

 

Le gouvernement a publié mercredi le 6 juin 2018 en fin de journée, une nouvelle version des projets de règlements qui vont de pair avec la mise en oeuvre de la législation conçue pour baliser l’exploration et l’exploitation d’énergies fossiles au Québec.

20 juin 2018

Le règlement est publié dans la gazette officielle du Québec

 
 

Si on veut un exemple du pourquoi la population devient cynique face à la politique, regardez vers Pierre Moreau
Par Steve E. Fortin, chroniqueur Journal de Québec et Journal de Montréal

 
 

Le 4 aout 2018, le journaliste Alexandre Shields, un spécialiste des questions environnementales, publiait un article qui en a fait sourciller plus d’un.

Digne successeur de Louis-Gilles Francoeur au journal Le Devoir, Shields n’a pas lâché le morceau. Il tenait à faire le suivi sur une promesse faite par le ministre Pierre Moreau; soit celle qu’il serait impossible pour les compagnies pétrolières et gazières de forer dans nos lacs et rivières.

Si vous êtes comme moi, vous pensez que c’est tout simplement indécent de juste songer à permettre les forages dans nos lacs et rivières, que le Québec est riche de ses ressources hydriques, que notre eau devrait être une ressource sacrée et que ceux qui mettraient ce trésor en danger, notamment en le livrant aux compagnies pétrolières et gazières, devraient être disqualifiés de nous gouverner.

C’est probablement pour ça que le journaliste Shields a dû insister en baptême pour avoir des réponses auprès du ministère de Pierre Moreau.

Ce gouvernement « qui sera le plus transparent de l’histoire » tel que le promettait Philippe Couillard en 2014 – quelle farce que celle-là -, s’est employé par tous les moyens afin de ne pas avoir à répondre aux questions du journaliste du Devoir.  Et ce jusqu’à la dernière minute.  Un classique des communications de ceux qui espèrent passer sous le radar, répondre à la limite du temps dévolu, un vendredi après-midi en plein été.

J’imagine qu’on espérait que cette réponse passe inaperçue.

C’est que le 8 juin 2008, le ministre Moreau avait piqué une sainte colère contre Le Devoir qu’il accusait de colporter des faussetés sur ce dossier :

« Le ministre de l’Énergie assure qu’il ne sera jamais possible de réaliser des forages pétroliers ou gaziers dans des lacs ou des rivières du Québec. »   Le gouvernement a néanmoins publié un projet de règlement dans le but d’encadrer les activités d’exploration et de production « en milieu hydrique », en vertu de la Loi sur les hydrocarbures.  Une situation décriée par des groupes écologistes.

« Il n’y aura pas de forages dans les lacs et les rivières », a affirmé le ministre Moreau, en entrevue au Devoir. »

Pierre Moreau mentait.  Effrontément.  Et il espérait passer tout ça en douce, pendant la période estivale. C’est dégueulasse.

Autre angle à cette histoire, Alexandre Shields nous apprend que « plus de 70 % du territoire québécois sous permis d’exploration pétrolière et gazière est contrôlé par des entreprises de l’extérieur du Québec, majoritairement albertaines. Avant le passage de Junex et de Pétrolia à des intérêts albertains, plus de 70 % des permis étaient contrôlés par des entreprises québécoises. En Gaspésie, à peine 7 % des permis sont désormais détenus par des intérêts québécois. Dans les basses-terres du Saint-Laurent, ce taux atteint 27,5 %. »

Que savaient les acquéreurs de Junex et Pétrolia ?  Du moins tout ça est bien inquiétant. Cette question devra être discutée pendant la prochaine campagne électorale.  Une majorité claire de Québécois rejetait la construction de l’oléoduc Énergie Est au nom de la protection de nos cours d’eau.

On devra dès lors inclure cette question aux dossiers sur lesquels les Québécois devront trancher.

Il est impératif de savoir ce qu’en pense la Coalition Avenir Québec (CAQ) de François Legault.  Il y a au sein de son parti des fervents partisans de l’exploitation pétrolière.  En 2016, la CAQ et le Parti Libéral du Québec (PLQ) avaient refusé d’appuyer une motion du Parti québécois (PQ) pour s’opposer à la construction d’Énergie Est.

La CAQ compte parmi son équipe économique, un certain Youri Chassin de l’Institut économique de Montréal, "think tank" (groupe de réflexion) de la droite fiscale radicale.  Et pour comprendre comment ce « candidat vedette » de la CAQ, destiné à un poste de ministre si François Legault est élu, envisage les projets pétroliers, je vous invite à faire l’écoute de ce débat à Bazzo.Tv entre lui et Denis Coderre sur la question d’Énergie Est.

On ne badine pas avec nos ressources.  Cette question est fondamentale.  Dans le passé, la CAQ a penché du côté du PLQ en matière d’exploitation pétrolière.  Cela surprend quelqu’un ?

Que François Legault réponde aux questions.  Oui ou non les forages dans nos lacs et rivières ?

 

On dirait que le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Moreau, reçoit ses ordres du président de l’Association pétrolière et gazière du Québec, Michael Binnion, également président de l’entreprise Questerre cette compagnie albertaine qui semble dirigée par des Norvégiens. Mais attention les photos de disent pas tout

 
 

 31 octobre 2017
Moreau prépare un recul sur le forage en milieu hydrique

 
 

Après avoir ouvert la porte aux forages pétroliers et gaziers dans les lacs et les rivières du Québec, le gouvernement du Québec recule. Le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Moreau, promet aussi qu’aucun projet d’énergie fossile ne pourra voir le jour s’il ne bénéficie pas de l’« acceptabilité sociale » nécessaire.

 

Dans le cadre d’un discours devant les membres de l’Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ), le ministre Moreau a mis la table en vue d’un recul du gouvernement sur certaines dispositions très controversées des projets de règlement sur les forages déposés le mois dernier dans la foulée de l’adoption de la Loi sur les hydrocarbures.

« Le gouvernement du Québec n’autorisera jamais l’exploration ou l’exploitation d’hydrocarbures dans les cours d’eau, dans les parcs nationaux, à proximité des garderies, des cours d’école, dans les espaces résidentiels ou au coeur des zones urbaines », a promis le nouveau ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles.

« Je m’adresse à ceux qui font croire le contraire et qui tiennent un discours alarmiste. Il faut cesser de faire peur au monde », a-t-il ajouté.  Mais pour le moment, les projets de règlement rédigés par son ministère, et qui sont soumis à des consultations jusqu’en décembre, permettraient les forages dans les lacs et les rivières.  Ils permettraient aussi les forages à 175 mètres des secteurs résidentiels, ou encore à 275 mètres des écoles, des garderies et des hôpitaux. Ils ouvrent aussi la porte à des forages à 60 mètres des parcs nationaux.

Les propos du ministre Moreau indiquent donc qu’il a pris note de la controverse soulevée par ces dispositions.  Les municipalités, par exemple, ont clairement fait valoir leur opposition aux projets pétroliers et gaziers près des zones habitées.

Fracturation

« Cela ne veut pas dire qu’on va reprendre l’exercice depuis le début », a-t-il précisé par la suite, lors d’un point de presse, tout en se disant ouvert à « resserrer » les dispositions réglementaires déjà élaborées par le gouvernement.  Le ministre ne compte donc pas retirer purement et simplement les projets de règlement, comme le réclament les groupes environnementaux.

Pierre Moreau ne s’est pas non plus engagé à retirer de la réglementation provinciale la possibilité de mener des forages avec fracturation hydraulique.  Il a toutefois réaffirmé, devant les membres de l’APGQ, que le recours à cette technique était pour ainsi dire impossible à envisager au Québec.

« Il nous apparaît, désormais, difficile de soutenir que l’exploration et l’exploitation par fracturation hydraulique satisfont aux critères d’acceptabilité sociale », a-t-il dit, ajoutant que cette « acceptabilité sociale » serait « le premier critère » pris en considération par le gouvernement.

Cela signifie-t-il que le gouvernement pourrait annuler des permis d’exploration en vigueur dans les basses-terres du Saint-Laurent, puisque les entreprises souhaitent y exploiter essentiellement du gaz de schiste, et par fracturation ?  « Je ne crois pas que ce soit nécessaire d’aller vers un examen en vue de retirer des permis », a répondu le ministre Moreau.  Il a aussi indiqué que la nouvelle législation sur les hydrocarbures permet au ministre de décider, au bout du compte, d’accorder ou non un permis d’exploitation.

Pour le président de l’APGQ, Michael Binnion, la fracturation hydraulique serait toutefois une technique tout à fait « sécuritaire » pour l’exploitation, alors qu’il dit appuyer ses propos sur plusieurs études scientifiques menées sur le sujet. Il a invité le gouvernement à prendre connaissance de ces études.

M. Binnion, président et chef de la direction de l’entreprise Questerre, a d’ailleurs plaidé pour la réalisation d’un projet de forage avec fracturation, dans les basses-terres du Saint-Laurent, afin d’évaluer la sécurité d’une telle technique au Québec.  L’entreprise Questerre détient plusieurs permis dans cette région.  Elle n’est cependant pas la seule. Une douzaine d’entreprises y contrôlent plus de 16 000 km2 de permis.

Besoin d’hydrocarbures

Pierre Moreau a par ailleurs réaffirmé que le gouvernement Couillard est favorable à l’exploitation pétrolière et gazière au Québec, dans le but de nous « enrichir collectivement », mais tout en suivant « une approche réaliste, équilibrée et mesurée, dans le seul intérêt des Québécois ».

« Grâce aux hydrocarbures extraits de notre sous-sol, nous pouvons réduire une partie de notre dépendance aux produits importés », a-t-il fait valoir.  « Je pose la question : pour quelle raison n’utiliserions-nous pas, ici, au Québec, et à notre profit, pour financer le développement des nouvelles énergies vertes, les revenus provenant de toutes nos ressources naturelles ? », a-t-il également souligné, devant des membres de l’industrie.

« S’il y a une acceptabilité sociale pour une exploitation locale, en vue d’une consommation sur le marché domestique, pourquoi est-ce que le gouvernement devrait s’y opposer ? », a-t-il également demandé, en réponse aux questions des journalistes.  « Certaines municipalités sont favorables, parce qu’elles savent que, dans leur cas, il peut y avoir une rentabilité à exploiter nos ressources naturelles. »

Dans le même discours, le ministre a fait valoir que la « transition » énergétique est déjà en cours.  Il a ainsi insisté sur la nécessité de réduire « nos émissions de gaz à effet de serre », mais aussi de diminuer notre consommation de produits pétroliers.

 
 

8 juin 2018

Hydrocarbures: Pierre Moreau assure
 qu’aucun forage ne sera autorisé dans les cours d’eau

 
 

Le ministre de l’Énergie assure qu’il ne sera jamais possible de réaliser des forages pétroliers ou gaziers dans des lacs ou des rivières du Québec.  Le gouvernement a néanmoins publié un projet de règlement dans le but d’encadrer les activités d’exploration et de production « en milieu hydrique », en vertu de la Loi sur les hydrocarbures.  Une situation décriée par des groupes écologistes.

 « Il n’y aura pas de forages dans les lacs et les rivières », a affirmé jeudi, le 7 juin 2018, le ministre Moreau, en entrevue au Devoir.  « Les seules activités qui seront possibles, au-dessus des cours d’eau, ce seront des relevés aériens ou des sondes », a-t-il indiqué.

Selon ce qu’il a ajouté, il ne sera pas possible d’exploiter un gisement de pétrole ou de gaz à partir d’une infrastructure qui serait installée directement à la surface d’un lac ou d’une rivière.

Évoquant l’imposition de « distances séparatrices » importantes entre un cours d’eau et un éventuel forage, Pierre Moreau a soutenu que cela rendrait techniquement et financièrement impossible tout forage sous un cours d’eau.  Le Devoir a donc demandé des précisions à ce sujet au ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles. Jeudi le 7 juin 2018, en fin de journée, les questions étaient toujours sans réponse.

« Vous dites que je veux ouvrir la porte aux forages dans les cours d’eau. C’est carrément faux », a aussi laissé tomber le ministre, en référence aux informations publiées jeudi par Le Devoir.

Milieu hydrique

Le gouvernement a publié mercredi le 6 juin 2018 en fin de journée une nouvelle version des projets de règlements qui vont de pair avec la mise en oeuvre de la législation conçue pour baliser l’exploration et l’exploitation d’énergies fossiles au Québec.

Un de ces projets de règlements, un document de 107 pages, « a pour objet de déterminer les conditions d’octroi et d’exercice des autorisations requises pour les activités d’exploration, de production et de stockage d’hydrocarbures en milieu hydrique, à l’exception du milieu marin […] »

Selon ce qu’on peut lire en introduction de ce même projet de règlement, « toute activité de fracturation dans un puits dont le collet est situé en milieu hydrique » est interdite.  L’interdiction est également valable pour « les voies navigables », soit les 13 cours d’eau énumérés dans le projet de règlement et identifiés comme tels dans la réglementation fédérale, « ainsi qu’à l’intérieur de tout périmètre d’urbanisation et dans une zone additionnelle d’un kilomètre l’entourant ».

En vertu de ces règles, plusieurs cours d’eau du Québec pourraient donc être ouverts à différentes activités liées à l’exploration pétrolière et gazière.  Le projet de règlement précise d’ailleurs de façon très détaillée les règles pour la réalisation, « en milieu hydrique », de levés géophysiques, mais aussi de sondages stratigraphiques, de forages et d’« essais d’extraction d’hydrocarbures ».

Navire et plateforme

Dans le cas d’un forage, par exemple, l’entreprise qui demanderait une autorisation devrait préciser « le port d’attache et l’emplacement de la base terrestre » pour l’entreposage du matériel des travaux, indiquer « la profondeur de l’eau à l’endroit du forage », décrire « la faune aquatique » et « protéger l’intégrité de l’eau souterraine et du milieu hydrique ».

L’entreprise devrait aussi préciser tout mouvement d’une éventuelle « installation flottante », ainsi que les déplacements du personnel « sur le navire ou la plateforme ».  Dans le cas de la « complétion » d’un puits, l’entreprise devrait informer le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles du type et du nom « du navire ou de la plateforme ».

Des règles similaires s’appliqueraient pour les « essais de production », qui peuvent s’étendre sur un maximum de 240 jours et comprendre l’utilisation d’une « torchère », mais aussi pour la « fermeture d’un puits ».  Dans ce cas, le gouvernement exigerait « une carte bathymétrique de la zone où est situé le puits », mais aussi différentes mesures pour sécuriser le puits « en dessous du fond de l’eau ».

Rien sur les eaux souterraines

La nouvelle réglementation ne solutionne toutefois pas la question de la protection des sources d'eau potable souterraines, soulevée notamment par une décision de la Cour supérieure qui, en février 2018, avait donné raison à Ristigouche Sud-Est contre la pétrolière Gastem.

Inquiétudes

L’organisme Eau Secours! s’est dit inquiet de constater que plusieurs cours d’eau pourraient être ouverts aux forages.

« Il est essentiel de rappeler que le Québec possède sur son territoire près de 3,6 millions de lacs, étangs et mares, alors que les ruisseaux et les rivières se comptent par dizaines de milliers. Protéger uniquement treize cours d’eau navigables face aux forages pétroliers et gaziers n’est nettement pas suffisant pour assurer la protection de notre ressource », a fait valoir sa directrice générale, Alice-Anne Simard.

« Effectuer des forages ou exploiter des installations pétrolières en milieu hydrique, souvent en amont de sources d’eau potable, de surface ou souterraine, accroît les risques de contamination. La population devient vulnérable à un accident qui surviendra, tôt ou tard », a fait valoir pour sa part le président de la Fondation Rivières, Alain Saladzius.

 

 
 

4 août 2018
Des forages permis dans les lacs et rivières
Extrait Journal Le Devoir

 
 

Contrairement à ce qu’a affirmé à plusieurs reprises le ministre Pierre Moreau, le gouvernement Couillard a bel et bien décidé d’ouvrir la porte aux forages pétroliers et gaziers dans les cours d’eau du Québec.  Le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles a d’ailleurs élaboré un projet de règlement spécifique pour encadrer l’exploration « en milieu hydrique ».

Depuis le mois de juin 2018, Le Devoir a demandé à plusieurs reprises au ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles (MERN) de préciser si la Loi sur les hydrocarbures autorisera les forages dans les lacs et les rivières du Québec. C’est finalement vendredi après-midi le 3 juin 2018, au moment où se terminaient les 45 jours de consultation sur les projets de règlements de la future législation, que le MERN a répondu à nos questions.

Par courriel, le porte-parole du ministère, Nicolas Bégin, a ainsi confirmé que le gouvernement ouvrira la porte aux forages pétroliers et gaziers dans les cours d’eau du Québec.

« Un titulaire qui souhaiterait réaliser un forage en milieu hydrique devrait, préalablement à la délivrance de l’autorisation par le ministre, soumettre son projet de forage à la Procédure d’évaluation et d’examen des impacts sur l’environnement et respecter l’ensemble des conditions d’exercices établies au Règlement sur les activités en milieu hydrique », a-t-il expliqué.

À l’instar des forages en milieu terrestre, les forages en milieu hydrique seront toutefois interdits « dans les périmètres d’urbanisation et dans une zone additionnelle d’un kilomètre autour de ces derniers », mais aussi « à moins de 100 mètres d’une aire protégée inscrite au Registre des aires protégées ou d’un parc national ».

Exceptions

Le Règlement sur les « activités d’exploration, de production et de stockage d’hydrocarbures en milieu hydrique » prévoit également que 13 cours d’eau considérés comme des « voies navigables » seraient hors d’accès pour les entreprises, dont le fleuve Saint-Laurent, le lac Saint-Jean, le lac Memphrémagog, le canal de Lachine, la rivière Richelieu, la rivière Saint-Maurice et la rivière Saguenay.

En vertu de ces règles, plusieurs cours d’eau du Québec pourraient donc être ouverts à l’exploration.

Le projet de règlement précise d’ailleurs de façon très détaillée les règles pour la réalisation, « en milieu hydrique », de levés géophysiques, mais aussi de sondages stratigraphiques, de forages et d’« essais d’extraction d’hydrocarbures ».

Dans le cas d’un forage, par exemple, l’entreprise qui demanderait une autorisation devrait préciser « le port d’attache et l’emplacement de la base terrestre » pour l’entreposage du matériel des travaux, indiquer « la profondeur de l’eau à l’endroit du forage », décrire « la faune aquatique » et « protéger l’intégrité de l’eau souterraine et du milieu hydrique ».

Forage horizontal

Des règles sont également prévues pour les « essais de production », qui peuvent s’étendre sur un maximum de 240 jours et comprendre l’utilisation d’une « torchère », mais aussi pour la « fermeture d’un puits ».

Dans ce cas, le gouvernement exigerait « une carte bathymétrique de la zone où est situé le puits », mais aussi différentes mesures pour sécuriser le puits « en dessous du fond de l’eau ».

Par ailleurs, a précisé Nicolas Bégin vendredi, une entreprise pourrait être autorisée à réaliser un forage horizontal sous le milieu hydrique.

Dans ce cas, la tête du forage devra être implantée « en milieu terrestre ». Qui plus est, l’entreprise devrait respecter les « distances séparatrices » prévues par réglementation, dont une distance de 300 mètres d’une résidence isolée.

Au moment de publier la deuxième mouture des projets de règlements de la Loi sur les hydrocarbures, en juin, le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Moreau, avait pourtant affirmé à plusieurs reprises qu’il serait impossible de réaliser des forages dans les lacs et les rivières du Québec.

« Vous dites que je veux ouvrir la porte aux forages dans les cours d’eau. C’est carrément faux », avait alors laissé tomber le ministre, en référence aux informations publiées par Le Devoir.  « Il n’y aura pas de forages dans les lacs et les rivières », avait insisté M. Moreau.

« Les seules activités qui seront possibles, au-dessus des cours d’eau, ce seront des relevés aériens ou des sondes », avait-il également affirmé.

Est-ce que le projet de règlement sur l’exploration en milieu hydrique sera retiré ou modifié ?

« Ce projet de règlement ne sera pas retiré étant donné que l’intention du ministre est claire : encadrer de manière stricte les activités d’exploration, de production et de stockage d’hydrocarbures en milieu hydrique. S’il y a des modifications, elles seront connues au moment de l’édiction des règlements », a précisé, vendredi le 3 août 2018, au Devoir l’attachée de presse du ministre Moreau, Catherine Poulin.

La réglementation de la Loi sur les hydrocarbures devrait entrer en vigueur « avant les élections », a-t-elle ajouté.

 

 

Sources: Journal de Québec et Journal de Montréal pour Québecor inc.; Le Devoir pour SPEQ Le Devoir Inc.

Choix de photos, collection de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Mise à jour le 6 août 2018

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

  Le ministre Laurent Lessard a encore menti à la population. La collusion roule plein régime

  Finalement Vincent Marissal, de Québec Solidaire, avoue avoir menti

  Fiche: le vrai du faux

Notes & Références encyclopédiques:

Le gouvernement a néanmoins publié un projet de règlement...

 

Règlements sur les hydrocarbures - Québec propose un encadrement rigoureux afin d'assurer la protection de la population et de l'environnement - Gouvernement du Québec, le 6 août 2018

 

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Le gouvernement a néanmoins publié un projet de règlement...

 

Le texte est en page 2 Règlement sur les activités d'exploration, de production et de stockage d'hydrocarbures en milieu hydrique.

(définition de milieu hydrique: zone constituée par un lac ou un cours d'eau à débit régulier ou intermittent. (Source : TAG, 2015)

Loi sur les hydrocarbures - Gazette Officielle du Québec, le 20 juin 2018

 

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je vous invite à faire l'écoute de ce débat....

 

Le Québec doit-il accepter le projet Énergie Est ?  - Sur Bazzo.Tv (ce site n'indique pas les dates de diffusions!)

 

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