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Enfin, la gratuité pour les examens d'imagerie médicale?

Plusieurs grandes organisations de médecins regroupées sous le parapluie de Médecins québécois pour un régime public (MQRP) ont réclamé du gouvernement du Québec qu'il assure la couverture publique de l'imagerie médicale.

Présentement, l'imagerie médicale n'est couverte par le régime public qu'à l'hôpital, où les listes d'attente sont très longues, alors que la plupart des examens comme l'échographie, la tomodensitométrie ou la résonance magnétique, par exemple, doivent être payés par le patient lorsqu'ils sont réalisés à l'extérieur des établissements, en clinique privée.

Cette pratique représente une exception à la Loi sur l'assurance-maladie, à laquelle les experts souhaitent que l'on mette fin afin d'améliorer l'accès à cette activité jugée médicalement essentielle et le gouvernement est d'accord pour couvrir les frais.

 

Les médecins rappellent que plusieurs examens comme les échographies et les résonances magnétiques sont payés par les patients lorsqu'ils sont réalisés à l'extérieur de l'hôpital. Ils estiment que la gratuité contribuerait à améliorer le système de santé puisqu'un retard dans le traitement des pathologies peut engendrer des augmentations de coûts.

 

 Alain Vadeboncoeur, le président de
Médecins québécois pour le régime public

 Gaétan Barrette, président de la FMSQ

Dr Dominique Deschênes, présidente du Collège québécois des médecins de famille

Dr Réjean Hébert, ministre de la Santé

« C'est d'abord une question d'équité », avance le président de Médecins québécois pour le régime public (MQRP), Alain Vadeboncoeur.

Dr Vadeboncoeur estime que le Québec est suffisamment bien pourvu en radiologistes, en technologues et en équipement pour permettre une telle mesure. Seule une meilleure intégration des ressources sera nécessaire, selon MQRP.

Les représentants du MQRP, ainsi que ceux de l'Association médicale du Québec et ceux du Collège, ont fait valoir que la situation du Québec constitue une exception au Canada.

Selon eux, une meilleure intégration des ressources en radiologistes, en technologues et en équipement devrait permettre de diminuer l'attente.

«Nous croyons que la couverture publique de l'ensemble de l'imagerie est non seulement souhaitable, mais aisément réalisable et relativement peu coûteuse, surtout en regard de ses impacts positifs structurants sur le système de santé», a ajouté le président du MQRP, le docteur Alain Vadeboncoeur.

La Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) soutient la position de MQRP, tout en précisant qu'elle ne fait que reprendre ce qu'elle défend elle-même depuis plusieurs années.

« La décision, la pertinence et la volonté de déterminer ce que contient le panier de services publics offerts à la population appartiennent exclusivement à l'État, qui a eu, a et aura toujours le loisir de faire ses choix législatifs », poursuit le président de la FMSQ, Gaétan Barrette.

« Il appartient au gouvernement de décider; par la suite, nous négocions en fonction de ce que le gouvernement a adopté comme législation. Il n'y a rien d'autre à dire. »

«On parle d'équité sociale», a indiqué la présidente du Collège québécois des médecins de famille (CQMF), la docteure Dominique Deschênes.

«Actuellement, il y a un système à deux vitesses au Québec en radiologie. On trouve que ce n'est pas acceptable. Nous croyons que les patients doivent avoir accès selon leurs besoins de santé et non selon leurs moyens de payer cette imagerie», a-t-elle ajouté.

Interrogé à ce sujet à Québec, le ministre de la Santé, Réjean Hébert, s'est montré ouvert mais prudent, invoquant le coût d'une éventuelle couverture.

«Il faut donner un accès à tous les citoyens du Québec à l'imagerie», a d'abord reconnu le ministre Hébert. «On commence avec le dossier de l'échographie, que nous examinons de plus près et pour lequel nous aurons des décisions (bientôt). Le reste sera examiné en temps et lieu, selon la capacité de payer de l'État», a-t-il averti.

Québec ne s'y oppose pas

Dans une entrevue à Radio-Canada, Réjean Hébert, ministre de la Santé et des Services sociaux, s'est dit ouvert à l'idée d'une couverture publique de tous les examens d'imagerie médicale.

Le ministre estime qu'il faut « commencer par l'échographie, où les travaux sont assez avancés ». « D'ici fin 2013, on devrait être en mesure de faire des annonces », a ajouté Réjean Hébert.

Pour le ministre de la Santé, « assurer un meilleur accès dans un délai raisonnable aux patients, c'est faire de la bonne pratique médicale. »

Les radiologistes contre la gratuité

Seule l'Association des radiologistes du Québec (ARQ) s'oppose à la couverture universelle des examens par imagerie médicale. Elle estime qu'il est faux de prétendre que la gratuité des examens entraînerait une plus grande accessibilité. Prétendre qu'il y a une capacité significative inutilisée en cabinet et que des radiologistes s'y tournent les pouces démontre une ignorance flagrante de la pratique de la radiologie, indique son président, le docteur Frédéric Desjardins, par voie de communiqué.

L'affluence nouvelle de patients en cabinets fera-t-elle travailler plus des radiologistes qui travaillent déjà à temps plein?»

Le Syndicat, dont plusieurs membres exploitent des entreprises privées d'imagerie médicale, estime qu'on ne peut faire fi des coûts additionnels qu'engendrerait l'ajout de services assurés, coûts qu'il évalue à environ 100 millions $ par année.

Les revenus de certains médecins spécialistes peuvent surprendre. Les radiologistes, qui sont les médecins québécois les mieux payés, ont une rémunération annuelle moyenne de 527 000 $, en plus des honoraires qu'ils facturent en cabinet pour des actes non couverts par la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ).

Le président de l'Association des radiologistes du Québec, Frédéric Desjardins, estime qu'une trentaine de radiologues facturent chacun plus de 1 million de dollars par année au système de santé. Cela s'expliquerait, selon lui, par un gain de productivité dû à l'informatisation qui leur permet de traiter un plus grand nombre de patients.

« Si l'État veut augmenter l'accessibilité en imagerie, nous proposons d'investir cet argent dans le réseau public pour le rendre plus productif et faire plus d'examens avec les ressources en place, poursuit M. Desjardins. Déjà, il faut maximiser l'utilisation des équipements en place dans les centres hospitaliers, souvent limitée en raison d'un sous-financement chronique. »

L'Association reconnaît les problèmes d'accessibilité à l'imagerie, particulièrement dans la région de Montréal, mais elle ne croit pas que la gratuité constitue une solution miracle.

«

Les patients doivent avoir accès aux examens selon leurs besoins de santé et non leurs moyens. L'exception pour l'imagerie hors hôpital n'a donc aucune raison d'être
                                               — Alain Vadebonceur

»

Sources: La Presse Canadienne/Canadian Press Enterprises propriété de CTVglobemedia, Torstar et Power Corporation of Canada, Ici Radio-Canada pour la Société CBC/Radio-Canada, The Huffington Post pour AOL Canada Inc., le MQRP Médecins québécois pour le régime public

Choix de photos, fusion de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Publication : 17 octobre 2013

 

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