MétéoPolitique

Moteur de recherche en page d'accueil

 

Retour à : Plan du site -  MétéoPolitique - Santé -  Fiche La Santé est malade! - Éditorial de JosPublic

La santé est malade
Hausse du nombre de médecins millionnaires et la pertinence des actes médicaux

C'est principalement grâce à trois médecins en conflits d'intérêts et le Parti Libéral du Québec un ramassis d'affairistes à l'orée de la psychopathie sociale que les Dr Philippe Couillard, ex-premier ministre, Dr Gaétan Barrette et Dr Yves Bolduc respectivement ex-ministre de la Santé du Québec - que la médecine est devenue une entreprise comme les autres.  Vendre des petits pois en canne et soigner la populace même combat.  Des cabinets de médecins, une ancienne profession libérale, de gens respectés et dédiés disait-on, transformés en société d’affaires comme rêve de tous les exploiteurs patentés en compagnie.

 

 

Que ce soit le syndicat des médecins ou le Collège des médecin du Québec, dans la pratique, ils sont là pour défendre les revenus et le statut social de leurs membres et certainement pas pour protéger la population.  Trop d’histoires, présentées par l'avocat des patients maître Jean-Pierre Ménard, en font la preuve et ne nous dévoilent que la pointe de l’iceberg de la déliquescence

Aujourd'hui pendant une consultation avec notre médecin de famille, le bon docteur prend le téléphone pour régler des détails administratifs de son bureau d’affaires, pendant que nous poirotons assis devant lui, il gère son commerce et facturera ce temps en double à la RAMQ.  Du côté du Ministère de la Santé, il y a une pléthore de médecins qui ne pratiquent plus et une armée de gestionnaires qui protègent la profession et tentent d'implanter le système des lignes de montage de Toyota.  Convaincus et convaincants ils et elles finissent pas influencer les élus sur l'inévitabilité de ce système kafkaïen.

Pas entendu un politicien ni une politicienne parler de l’introduction du salariat sur une plus grande échelle depuis des lustres. Prendre soin pour le profit est une contradiction à régler.       - JosPublic

 
 
 

La Régie de l'Assurance Maladie du Québec se réveille
RAMQ

 

12 décembre 2019, La Régie de l’Assurance Maladie du Québec a publié ses données annuelles.  La Régie a multiplié par six ses inspections auprès des médecins du Québec.  Au lieu de 49, on en a inspecté 293 (sur 20 000 médecins, on est loin de l’acharnement bureaucratique).

Résultat ?  Sur les 293, 147 avaient surfacturé.  Pour un total de 6 millions de dollars.  Ça fait des « erreurs » de 40 000 $ en moyenne par médecin fautif.  Ça ne veut évidemment pas dire qu’un médecin sur deux surfacture : les inspections ciblent les cas douteux.

Ça veut dire, par contre, que dans un système où l’État paie le professionnel à l’acte, acte qui dépend de son jugement, la tentation est grande d’y aller allègrement.

On ne parle même pas ici de décisions discutables sur le plan médical.  On ne parle pas de pertinence.  On parle carrément de factures bidon.

Alors imaginez quand on entre dans la zone grise de la pertinence des actes médicaux à poser.

Hausse du nombre de médecins millionnaires

Le nombre de médecins ayant facturé plus de 1 million de dollars à la RAMQ ne cesse d’augmenter au Québec, révèlent aussi les données obtenues en vertu de la Loi sur l’accès à l’information.  En 2018, leur nombre a atteint 276, soit 66 % de plus qu’en 2014.

De toutes les spécialités, c’est en ophtalmologie que l’on trouve le plus de médecins avec une rémunération excédant le million.

Extrait d’une chronique d’Yves Boisvert publié le 14 décembre 2019.

 

Depuis 2017, le Ministère de la Santé et des Services sociaux
incite les médecins à traiter leurs patients «comme du bétail»
ci-dessous la publicité complète du MSSS parue dans la revue Santé inc.

 
 

Dans cette publicité publiée dans la revue Santé inc. en 2017, qui s’adresse aux médecins du Québec, le MSSS invite ceux-ci à «accélérer le rythme» et à «réorganiser [leur] pratique» pour qu’elle soit «équilibrée» et reflète la composition des groupes d’âges de la population québécoise.  Il précise à cet effet que 70% des patients en attente dans le guichet d’accès à un médecin de famille sont non vulnérables, contre 30% «potentiellement vulnérables»

Sur l’image d’un chronomètre, le MSSS détaille avec précision ce qu’il considère comme la «composition idéale» d’une «patientèle»  basée sur une pratique de 1000 personnes inscrites :

46 patients de plus de 80 ans,
76 de 70-79 ans,
126 de 60-69 ans,
151 de 50-59 ans,
128 de 40-49 ans,
137 de 30-39 ans,
129 de 20-29 ans,
99 de 10-19 ans et
108 de 0-9 ans. 
( " Patientèle ": est un mot inventé, dans le cadre de la langue de bois, pour éviter de dire le client et la clientèle. Le mot patient en usage au Québec évite de montrer que le médecin est devenu un marchand dont nous sommes les clients. )

Aussi le ministère incite-t-il les médecins à voir plus de 20 patients par jour pour une pratique de 36 heures par semaine, une pratique qu’il considère «confortable pour un médecin»

 
«

Le MSSS demande aux médecins de voir 20+ patients par jour de 7,2 heures (qui inclut au moins 1h de dossiers, labos et appels). Complètement irréaliste, sauf pour des rhumes au sans rendez-vous.  On nous demande clairement de traiter nos patients comme du bétail...Normaliser, voire élever au rang d’idéal à atteindre les dérives de la facturation à l’acte c'est-à-dire: voir un maximum de patients en peu de temps et suivre surtout des patients non vulnérables et peu âgés, est une aberration venant du ministère

  -  Dr Vincent Demers

»
 

Ce que réclame le MSSS ne peut, selon lui, «aller de pair avec des soins attentionnés et de qualité, ni avec des soins globaux qui incluent les sphères biologique, psychologique et sociale».   «Surtout dans un contexte où la population vieillit, où les malades chroniques sont en croissance et où le médecin doit faire face de plus en plus à des problèmes de santé mentale, de troubles cognitifs et à des situations sociales complexes», souligne le médecin. 

Le Dr Demers estime qu’au mieux, cette pratique ne fait qu’effleurer les problèmes ou les transfère à d’autres.  «Je ne vois pas comment cela peut être confortable et équilibré, car pour voir autant de patients en si peu de temps, le médecin doit être marathonien et ne pas craindre de commettre des erreurs ou des omissions graves», analyse-t-il.

La Dre Dominique Hotte, coporte-parole du Regroupement des omnipraticiens pour une médecine engagée (ROME): déplorant la pensée «mur-à-mur-one-size-fits-all» du MSSS, elle souligne que «si on veut exactement cette composition idéale de "patientèle", cela suppose que chaque quartier/village/ville a exactement la même répartition démographique d’un bout à l’autre de la province».

Un autre médecin, le Dr Milad Beglari, juge «bête, insultant et paternaliste» le message du MSSS.  Se disant à bout de souffle depuis des semaines «car le système ne nous aide pas à soigner nos patients», le Dr Beglari dit avoir réduit ses heures pour décembre.  «Un soignant brûlé et exaspéré ne servira à personne», explique-t-il. 

 

Yves Boisvert
Chroniqueur

Pertinence, je crie ton nom! Oh, la belle nouvelle cette semaine ! Enfin ! Le Québec aura un « Institut de la pertinence »,
nous dit-on.

Publié le 14 décembre 2019

 

Il était temps que le gouvernement agisse contre l’impertinence.  On en sous-estime les ravages.  Pourtant, elle est partout !  Dans nos écoles, sous le sapin de Noël, dans les conversations, au conseil municipal…  Ne parlons pas des médias sociaux, plus grande manufacture de non-pertinence que le monde ait connue.

On cherche, on cherche la pertinence, on crie son nom, mais elle se fait rare.

C’est donc avec une émotion vive que j’ai appris la création de ce nouvel institut dans des communiqués du Conseil du trésor et de la Fédération des médecins spécialistes du Québec.

Vous me demanderez :  « On n’a pas assez de patentes, groupes de travail, conseils, tables de concertation, observatoires, centres de recherche, collectifs de réflexion, sans en plus créer un “Institut de la pertinence” ? »

Oh, que non !

Ce qu’il y a de révolutionnaire dans cet « Institut de la pertinence », c’est que pour une fois, on ne s’interrogera pas sur la pertinence de ce nouveau machin.  On crée un machin qui va s’interroger sur la pertinence elle-même !

Ça tient du génie.

Comme la pertinence est un sujet très vaste, cet institut ne s’occupera pour l’instant que d’un seul truc : les actes médicaux.

Un nouveau groupe de travail, l’Institut de la pertinence, aura notamment pour mandat d’examiner la pertinence de certains actes médicaux, d’éliminer ceux qui ne sont pas pertinents et d’abolir certaines primes. 

Les actes des médecins spécialistes sont-ils pertinents ?  Les examens qu’ils prescrivent servent-ils à quelque chose ?

Voilà ce que j’appelle des questions qui pertinent à fond.

***

Mais attendez un peu…

On vient de créer un nouvel organisme pour vérifier si les médecins font des actes inutiles ?

Ah bon.

Je croyais naïvement que c’était une faute déontologique d’ordonner un test qui ne sert à rien.

 

N’est-ce pas ce qu’on appelle un acte « intempestif ou contraire aux données actuelles de la science médicale » ?

Y a pas un Collège des médecins pour veiller à ce qu’on ne fasse pas subir des examens pour rien ?

N’ai-je pas aperçu un « Institut canadien d’information sur la santé » ?  Institut qui a produit en 2017 un rapport complet sur les soins non nécessaires au Canada ?  On y disait qu’un million d’actes médicaux inutiles ou non nécessaires sont pratiqués au Canada chaque année…

N’y a-t-il pas aussi un « Institut national d’excellence en santé et services sociaux » dont une des tâches est justement d’établir ce qui est utile et ce qui ne l’est pas ?

Ça commence à faire pas mal de gens à la recherche de la pertinence médicale…

***

J’ajouterai une question encore plus vlimeuse, voire impertinente : c’est pas une sorte de petite fraude à la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) que de facturer une chose inutile ?

Imaginons un garage.  Tu arrives avec ta voiture qui fait tac-a-tac-a-clonque (tac-a-tac-bing, je ne vais pas au garage, mais tac-a-tac-a-clonque, oui).  Le garagiste vous dit : « Oh boy, faut changer les essuie-glaces, la transmission et la serrure de la portière avant gauche. »   Mais dans le fond, il suffisait d’enlever la casserole de votre mère qui est dans le coffre depuis le mois d’octobre.  Ce n’est donc pas super pertinent, ce qu’il vous propose comme traitement.  Peut-être est-il incompétent.  Peut-être est-il trop méticuleux et veut-il couvrir tous les angles.  Peut-être pratique-t-il le garagisme défensif : tout vérifier de peur d’être poursuivi par le client.  Peut-être aussi n’est-il pas très éthique…

Pardon, docteur ?  Vous vous scandalisez d’une comparaison avec un garage ?

***

Ce n’est pas moi qui l’invente, c’est la Fédération des médecins spécialistes qui nous dit qu’on pourra récupérer des sommes colossales en révisant la pertinence des actes médicaux de ses membres.

On parle de 1,6 milliard d’ici 2023, simplement après avoir examiné « la pertinence de certains actes médicaux » afin « d’éliminer ceux qui ne sont pas pertinents et d’abolir certaines primes ».

Wow, ça en fait de l’impertinence, ça !

Et on nous dit que tout cet argent sera redirigé dans le système de santé, et que des infirmières nouvelles descendront du ciel grâce à ça, et que les listes d’attente vont fondre comme des points de suture ou de grosses factures au soleil de la pertinence…

***

On aura compris que ce nouveau machin, cet Institut de la pertinence, sert surtout à ne pas remettre en question les augmentations de traitement des médecins spécialistes négociées par le gouvernement libéral, et décriées par le gouvernement Legault.  M. Legault promettait de sabrer là-dedans à coups d’un milliard par an.  Seul hic, ce qui est signé par l’État est signé, et les médecins spécialistes sont dans une position juridique béton au cas improbable où le gouvernement voudrait jeter cette entente à la poubelle.

Pour préserver les apparences, on a donc créé cet institut bidon, où les médecins, les représentants du gouvernement et deux membres du public discuteront pertinence médicale pour le futur.

Bien hâte de voir les économies qui vont en sortir.

Je choisis quant à moi le camp de l’impertinence : je ne crois pas un mot de cet enfirouâpage institutionnalisé.

 

 

Notes & Références encyclopédiques:

à trois médecins en conflits d'intérêts...
 

Philippe Couillard, au secteur privé
chez PCP-Medisys
- Sur MétéoPoltique, le 16 janvier 2016

 

Retour au texte

à trois médecins en conflits d'intérêts...
 

 

Dr Yves Bolduc, Dr Gaétan Barrette, Dr Philippe Couillard

Bolduc, Barrette et Couillard:
trois médecins pour soigner les conflits d'intérêts qui donnent le mal de coeur
- Sur MétéoPolitique, le 11 juillet 2014

 

Retour au texte

à trois médecins en conflits d'intérêts...
 

Nouvelle analyse: le Dr Yves Bolduc a menti à tout'l'monde  - Sur MétéoPolitique, le 29 juillet 2014

 

Retour au texte

Trop d'histoires, présentées par l'avocat des patients maître...
 

Jean-Pierre Ménard: le patient (pas) ordinaire - Il a passé sa vie à défendre les droits des patients.

Quand un cancer l’a frappé, en 2018, Jean-Pierre Ménard a découvert le « système » de santé de l’intérieur.  Ce patient pas ordinaire n’en a jamais parlé publiquement avant aujourd’hui, par crainte de donner des munitions à ses adversaires, entre autres au procès sur l’aide médicale à mourir. Une cause qu’il a menée – et gagnée – alors qu’il aurait dû être en convalescence.  le 22 septembre 2019

 

Retour au texte

et tentent d'implanter le système des linges de montage de Toyota...
 

 

Une enquête publique réclamée sur la « méthode Toyota » en santé.  Quelque 200 chercheurs et professionnels dénoncent l'approche « industrielle » du gouvernement québécois. 5 décembre 2019

 

Retour au texte

Institut qui a produit en 2017...
 

 

Retour au texte

 

Sources:  Fiducie de soutien à La Presse;  Le Soleil de Médias Capitales pour Martin Cauchon; Archives de meteopolitique.com

Choix de photos, collection de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Mise à jour le 14 décembre 2019

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

  40 ans d'assurance maladie. Victoire sociale irréfutable et inachevée

«On me vole mon assurance santé»
Il faut cesser la privatisation du système de santé pour que notre Assurance collective fonctionne
selon sa conception initiale
 

Fiche La santé est malade!

Retour à : Plan du site -  MétéoPolitique - Santé - La Santé est malade! - Éditorial de JosPublic- Haut de page