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Enfin un lait sans danger pour l'humain et,
comment le liquide est devenu une vache à lait pour une laiterie

En Australie, en Nouvelle-Zélande, en Chine et aux États-Unis on se dispute à propos… du lait.  Les consommateurs qui supportent mal les produits laitiers achètent en masse une boisson qui, d'après eux, ne les incommode pas.   Le journal d'affaires Bloomberg ( 01 ) a tenté de comprendre pourquoi les consommateurs sont fous de ce lait au prix exorbitant et dont les propriétés n'ont pas encore été prouvées scientifiquement. - JosPublic a traduit le texte de Bloomberg et a poussé l'enquête plus loin.

 
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En Australie, en Nouvelle-Zélande, en Chine et aux États-Unis
on se dispute à propos… du lait

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Les consommateurs

 
 

Pour Gillian Fyvie, un soupçon de lait sur ses céréales lui occasionnait généralement des maux d'estomac, des ballonnements et un épaississement de la langue.   Comment a-t-elle pu venir à bout des ces symptômes tout en continuant à boire du lait ?   Ce ne fut pas en buvant du lait au soya, du lait organique ou biologique ou même en achetant du lait sans lactose, mais plutôt en buvant un type de lait de vache qui ne contient qu'une des deux protéines que l'on retrouve généralement dans le lait mis en marché.

En effet, depuis des générations dans la plupart des pays industrialisés les consommateurs de lait subissent de l’inconfort à la digestion pouvant aller jusqu’au développement du diabète.

La A2Milk Co basée à Sydney en Australie offre justement un nouveau lait et acquiert ainsi une grande notoriété internationale. Il s'agit du lait A2 ( 02 )

Les consommateurs de ce nouveau produit vont dans le même sens que Mme Fyvie  «Je l’ai essayé tout en m’attendant à y être allergique,» dit l’infirmière trentenaire résidente d’Inverness, en Écosse.   « Je n'ai pas eu de réaction. Je l'adore. Je vais voir comment en faire de la crème glacée et peut-être même du yaourt».

 

La science des protéines : A1 versus A2

 
 

Toute la différence qu'apportent les nouveaux produits laitiers A2Milk provient de vaches laitières qui ne produisent que le type A2 de bêta-protéine caséine, une protéine importante dans la composition du lait de vache.   Elle représente près d'un tiers de toutes les protéines qu'il contient, alors que la plupart des produits laitiers contiennent à la fois le type A2 et A1.

Pour comprendre comment A2Milk est devenue une sensation dans les allées de produits laitiers des épiceries, il faut revenir environ 5 000 ans en arrière.  

« C'est alors, expliquent les scientifiques, qu'une  mutation génétique survenue en Europe du Nord a fait apparaître la protéine A1 dans le lait de vache qui jusqu'alors ne contenait qu'une protéine A2, » déclare Keith Woodford, un professeur d'agroalimentaire à l'Université Lincoln de la Nouvelle-Zélande et consultant occasionnel pour la firme A2Milk.

Dans le cas de la race Holstein-Friesians, le pilier noir et blanc de la laiterie moderne, elle trouve son origine dans les champs du nord de l'Allemagne et des Pays-Bas.

Elle produit généralement du lait contenant environ 50 % de protéine A1, selon Keith Woodford.

La compagnie A2Milk est le champion de la recherche sur la protéine A1, de ses effets délétères, et promeut l'idée que les gens qui boivent ce lait « se sentent tout simplement mieux » ( 03 ).  Elle affirme qu’un quart des consommateurs des pays de l'Ouest signalent une sorte d'inconfort après avoir bu du lait normal, citant un document de 2010 du Center for U.S. Dairy, un groupe de recherche de l'industrie laitière.

Lorsqu'il s'agit de la Chine, ce chiffre est plus proche de 85 %, selon les sondages de l’entreprise, déclare Andrew Clarke, agent scientifique en chef de A2Milk.   Cela fait de la Chine un marché particulièrement attrayant pour A2Milk, et sa marque Platinium pour les nourrissons.

Une formule pour les bébés dont les ventes ont augmenté de 340% durant la première période de mise en marché pour se situer à 73,9 millions$ de ventes.   Le gestionnaire directeur Goeffrey Babidge vise aussi les États-Unis, qui pourraient dépasser l'Australie en tant que plus grand marché de la compagnie à l'intérieur d'une période de quatre ans.

 

Campagne de peur?

 
 

Un concurrent, Lion Dairy & AMP, détenu par Japon Kirin Holdings Co., a ajouté sur ses étiquettes que le lait naturel contient 2 protéines, dénigrant ainsi les prétentions de A2Milk.

   Theo Spierings, chef de la direction du Groupe Coopérative Fonterra ltée, le plus grand exportateur de produits laitiers, a déclaré dans une interview que A2Milk était simplement un "concept de commercialisation."

De son côté, le PDG de Parmalat dAustralie Craig Garvin souligne que ce genre daffirmation peut être préjudiciable à lindustrie laitière.   

Les campagnes publicitaires alarmistes induisent les consommateurs en erreur.

Les sociétés rivales ont cherché des moyens de ralentir notre croissance a déclaré Geoff Babidge, directeur général de la société, depuis 2010.   « De toute évidence, selon nos observations cela na pas été couronné de succès. » a-t-il déclaré dans une interview le 22 janvier 2016.

 

Le lait du diable... la controverse

 
 

La théorie préconisée par A2Milk et des scientifiques comme Keith Woodford, qui a publié un livre en 2007 sur l'A1 versus l'A2 dans un débat appelé « Démon dans le lait »
( 07 ), c'est que la protéine A1 forme un fragment lors de la digestion, ce qui peut déclencher une inflammation dans l'organisme, entraînant potentiellement le diabète ( 04 ), le syndrome du côlon irritable, l'artériosclérose ( 05 ) de l'eczéma, de la schizophrénie et même l'autisme ( 06 ).

En 2005, une étude publiée dans l'European Journal of Clinical Nutrition n'a trouvé aucune preuve convaincante que la protéine A1 avait un effet négatif sur les êtres humains, et l'Association médicale de l'Australie affirme que la plupart des allégations faites au sujet d'un avantage du A2 sont plutôt anecdotiques et ne reposent pas sur un lot d'éléments de preuves.

« Conceptuellement cela me semble tiré par les cheveux« a déclaré Malcolm Riley, un épidémiologiste en nutrition chez Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation à Adélaïde en Australie.
« Mais le genre d
impacts que lon suggère pour le A1, ou le corollaire de ne pas être affecté par A2, sont si importants qu'il me semble qu'il vaut mieux vérifier.»

 

L'entreprise A2Milk

 
 

Un chercheur scientifique néo-zélandais Corran McLachlan et Howard Paterson, un propriétaire agricole multimillionnaire ont créé l'entreprise A2 Corporation en 2000 et A2Milk en 2003 en Nouvelle-Zélande.   La société a encore son siège social à Auckland, mais est entrée de plein pied sur le marché de la Grande-Bretagne en 2012 et s’est étendue aux États-Unis en 2015.Les ventes de produits laitiers sans A1, comprenant le lait frais, le lait en poudre, de la crème glacée et d'autres produits dérivés ont permis une augmentation de 80 fois les profits dans le premier semestre financier observé par la compagnie.

Ce genre de profits a permis de financer une incursion en Chine dans le secteur des préparations pour nourrissons.   Un marché de 19 milliards$.

Le lait A2Milk a défié la sagesse populaire dans l'industrie laitière, s’accaparant de presque 10% du marché du lait frais en Australie avec un produit qui se vend à environ 2,80$ le litre (2,51$ au Canada) (2$ pour une pinte/ 1,79$ canadien), soit plus du double du prix du lait de marque maison ordinaire.

En janvier 2016, la société a augmenté ses prévisions de bénéfices et revenus et a prédit qu’elle pourra atteindre 126 % d’augmentation représentant 350 millions$ (313 316 293$ argent canadien) pour l'année se terminant le 30 juin 2016.

En Australie, où les produits laitiers A2 sont vendus dans chaque grande chaîne d'épicerie et dans plus de 140 cafés, les actions ont augmenté de 189% et valent 1.635$ l'action depuis qu'ils ont commencé à se transiger à la bourse de Sydney il y a moins d'un an.   De loin la meilleure performance de la Nouvelle-Zélande sur lindex S&NZX P/50 de l'année 2015. A2Milk a surclassé la moyenne des grands producteurs laitiers mondiaux.

Oyvinn Rimer, un chercheur-analyste chez Harbour Asset Management Ltd, à Wellington, qui détient un peu moins de 5 % d'actions de la compagnie A2Milk, déclare qu'« en Australie, A2 est devenu conventionnel...   Les consommateurs sophistiqués achètent ce produit.   Ils croient que cest bon pour eux, et ils sont disposés à payer plus cher pour lobtenir.»

« A2Milk a dépassé les ventes de lait biologique en Australie », a déclaré Michael Harvey, un analyste principal en production laitière chez Rabobank International à Melbourne.   Son expansion a été particulièrement remarquable compte tenu de la réaction concurrentielle d'entreprises laitières établies, a-t-il expliqué.

 
 

Une grande chaîne de distribution

 
 

La société prend son lait états-unien surtout de quatre laiteries, principalement dans le Nebraska, et vend à des magasins appartenant à Whole Foods Market Inc., Sprouts Farmers Market Inc., Albertson Cos, et aussi Kroger Co., la plus grosse chaîne d’épiceries aux États-Unis.

La Fédération nationale des producteurs de lait, le groupe de promotion et lobby des "Fermiers laitiers des États-Unis (U.S Dairy Farmers), accueille « l’innovation dans l'industrie laitière pour s’assurer que le lait de vache satisfasse les besoins des consommateurs,» a déclaré le porte-parole Christopher Galen.

En Australie, A2Milk a été une bénédiction pour Paula et Michael Gray, dont la ferme à Rollands Plains, à environ 400 kilomètres (249 milles) au nord de Sydney, a fourni l'entreprise depuis près de quatre ans.   Cela signifie que chaque bateau-citerne chargé de lait -- et ils vendent presque 2 millions de litres (528 000 gallons) par an -- est vérifié pour s'assurer qu'il ne contient pas de protéine A1.   Des échantillons de tissus prélevés sur chaque vache sont également envoyés à la société pour faire des tests.

Une augmentation du prix du lait n'est qu'un des avantages dont les Grays profitent du fait qu'il fournissent A2Milk.   Leur fils de 8 ans qui souffre d'eczéma a vu sa situation s’améliorer depuis que la famille a commencé à produire, et de boire le produit.   Un autre fils, 10 ans, « subissait des ballonnements et de la diarrhée après avoir consommé du lait normal, mais pas lorsqu'il boit A2,» dit-elle.

« Nous ne buvons que du A2 à la maison, tout droit sorti de notre citerne ».   Pour Paula  « les avantages pour la santé sont certainement là.   Pour certaines personnes, A2 est un véritable soutien dans leur vie »

Source: Journal Bloomberg/Business Week pour Michael Bloomberg

Choix de photos, mise en page, références, titrage et traduction de l'anglais par : JosPublic
Publication : 3 mars 2016

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

 

Notes & Références encyclopédiques:

01

 

How One Dairy Stock Became a Cash Cow - En anglais sur le journal d'affaires Bloomberg

 
 

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02

 

Qu'est-ce que le lait A1 et le lait A2: Par Ane Bodil Søgaard, Karen Østergaard, Troels V. Østergaard - Sur MétéoPolitique

 
 

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03

 

La morphine du lait: l'opium du peuple ?  Par Ane Bodil Søgaard, Karen Østergaard, Troels V. Østergaard - Sur MétéoPolitique

 
 

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04

 

Le lait A1 et le diabète: Par Ane Bodil Søgaard, Karen Østergaard, Troels V. Østergaard - Sur MétéoPolitique

 
 

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05

 

Le lait A1 et l'artériosclérose: Par Ane Bodil Søgaard, Karen Østergaard, Troels V. Østergaard - Sur MétéoPolitique

 
 

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06

 

Le lait A1 et l'autisme: Par Ane Bodil Søgaard, Karen Østergaard, Troels V. Østergaard - Sur MétéoPolitique

 
 

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07

 

Le diable est dans le lait (Devil in the milk)
Keith woodford - Sur MétéoPolitique

 
 

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