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Déversements d’hydrocarbures lors des transbordements entre pétroliers

La situation est bien connue et le silence règne sur ce genre de pollution que des armateurs de pétroliers reconnaissent comme faisant partie intégrante de l’opération.  Même lorsque identifiée ou rapportée par un capitaine de navire, les autorités régionales n’en tiennent pas compte et ne comptabilisent nulle part ce genre d’incidents.  Voilà donc une autre cause de pollution de l'eau en continu.

Vue par satellite d'un pétrolier et les traces de pollution provenant d'un déversement

 

Le 25 janvier 2018, une marée noire de pétrole s’était incrustée sur les plages de Aqqah à Fujairah un haut lieu de tourisme nautique en Émirats arabes unis

Les images satellites ont été fournies par Tanker Trackers”, un site internet indépendant qui détecte, identifie et suit les panaches de pollution pétrolifères sur la mer.  

Samir Madani, le fondateur du site internet « Tanker Trackers » soupçonne que le déversement s’est produit lors d’un transbordement de pétrole de navire à navire.

Ces transbordements sont devenus nécessaires à cause du manque de profondeur du chenail dans certaines parties des golfes d’Oman et Persique.  Alors des petits pétroliers vont à la rencontre d’immenses pétroliers qui transportent du pétrole brut et qui ont besoin d’au moins 22 mètres de profondeur pour circuler, ce qui est impossible dans les golfes de cette région.

Durant ce genre d’opération il faut considérer que le pétrolier géant est beaucoup plus haut que les petits transporteurs et cette différence peut mener, dans une mer agitée, au déversement de pétrole durant l’opération de transbordement.

Par exemple, le 11 janvier 2018, « Tanker Traker » rapporte un autre déversement lors d’un transbordement de pétrole au large de Barash en Iraq.  Selon les photos dévoilées publiquement le panache de pollution s’étendait sur 11 kilomètres et se rapprochait dangereusement du Port de Basrah.  Le Ministère du pétrole d’Irak a reconnu la situation.

Cependant les autorités n’ont démontré aucun signe de préoccupation quant aux causes ou aux effets de l’incident.

Du côté des Émirats Arabes Unis, les autorités se disent frustrées par la fréquence de ces déversements.

En 2005, le port de Fujairah a publié un règlement obligeant les pétroliers à faire du transbordement de pétrole à l’extérieur des eaux du port qui déjà pullule de pétrole sur ses eaux.

La majorité des ancrages pour faire des transbordements de navire à navire se font à des endroits rocheux dans les eaux internationales, ce qui rend encore plus difficile d’identifier et de rendre responsables de pollution ceux qui causent des dommages à la vie aquatique et à l’eau en général.

De plus, la région est un point de transition pour des milliers de navires et aucun pays n’a à ce jour mis des ressources collectives nécessaires pour observer, identifier et poursuivre les responsables des eaux polluées qui finissent par se rendre dans les eaux territoriales des pays maritimes.

Sans « Tanker Trackers », une organisation dont c’est la mission de trouver ces panaches de pollution en utilisant l’imagerie satellite, le silence sur cette pollution en continu favoriserait les armateurs de navires pétroliers.

Maintenant que tous le savent… qui fera quoi et quand ?

Rappelons que:

1 litre d'hydrocarbures pollue 1 million de litres d'eau.  On oublie qu'il ne se crée pas de nouvelle eau sur Terre c'est la même eau depuis toujours

 

Source:  World Maritime News

Choix de photos, collection de textes, mise en page, références et titrage par :JosPublic
Mise à jour le 6 février 2018

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Fiche: Pétrole