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Un choc pour les pétroleurs
Déversement de pétrole dans l'eau: le Canada est incapable d'intervenir pour éviter le pire

Depuis le 17 juillet 2013, la preuve est faite à l'effet que ni le Canada, les États-Unis, la Colombie-Britannique, ni le Québec ne sont prêts physiquement à faire face à un déversement de pétrole dans les océans Arctique, Pacifique et dans le Golfe du Saint-Laurent, donc, presque toutes les eaux limitrophes aux frontières sont à haut risque. Même les plans et les simulations de déversement présentés par les promoteurs de projets sont trop optimistes.

Mer de Beaufort (Arctique). Exploiter un gisement dans cette région au climat hostile nécessite des précautions particulières afin de protéger les plates-formes des icebergs. Shell a obtenu l'autorisation pour plusieurs puits d'exploration au nord de l'Alaska, eaux limitrophes des États-Unis-d'Amérique

 
 

Ni plan ni étude pour parer à un déversement de pétrole dans le Saint-Laurent

 
 

Non seulement n'y a-t-il pas de plan de mesure d'urgence coordonné dans le golfe Saint-Laurent en cas de déversement pétrolier, mais il n'y a pas non plus d'étude sur le comportement des nappes de pétrole dans des conditions hivernales.

Ce sont là quelques-unes des nombreuses constatations qui se dégagent d'une journée de travail consacrée à l'étude des bonnes pratiques environnementales en milieu marin dans le golfe du Saint-Laurent lors d'Ocean Innovation 2013, qui réunissait à Rimouski 150 scientifiques canadiens et internationaux.

Pourtant, sans même l'arrivée d'une seule plate-forme pétrolière, pas moins de 82 navires de 150 000 tonnes. Un bateau tous les quatre jours remontent le golfe et l'estuaire du Saint-Laurent pour alimenter la raffinerie d'Ultramar à Lévis en plus des 10 000 navires commerciaux qui remontent le chenal du Saint-Laurent.

Il n'y a rien qui a été fait en hiver pour connaître les conséquences d'un déversement pétrolier. Nous avions demandé du financement pour faire une expérience, mais en été, et ça n'avait pas été soutenu, a souligné Gustavo Ferreyra.

Ce dernier est chercheur à l'Institut des sciences de la mer de Rimouski, participant à l'événement le plus important au Canada dans le domaine de l'étude des océans.

Émilien Pelletier, directeur de la Chaire de recherche du Canada en écotoxicologie marine à l'Institut des sciences de la mer, a soulevé le peu de recherche effectué pour mettre au point de nouvelles technologies de récupération du pétrole en milieu marin, surtout en période hivernale.

«Nous sommes encore avec des barricades et des systèmes de pompage. Il n'y a pas presque pas eu de progrès depuis 30 ans dans la récupération du pétrole.

Que ferions-nous s'il y avait un déversement de pétrole en présence de glace qu'il provienne d'un port, d'un pétrolier ou d'une plate-forme? On a pratiquement les mains liées avec les techniques que je connais actuellement.»Urgence en mer

L'horizon est aussi dans le complet brouillard pour ce qui est des mesures d'urgence en mer. En cas d'écoulement pétrolier dans le golfe Saint-Laurent, il n'existe pas de plan coordonné des mesures d'urgence dans les eaux limitrophes avec les cinq provinces canadiennes concernées.

«Comment va s'établir cette coordination? Il faut un seul plan de contingence environnemental pour répondre aux urgences avec l'entreprise qui va faire le travail», a souligné Émilien Pelletier, qui parle plutôt d'une dégradation de la coopération interprovinciale ces dernières années.

 
 

Exercice Canada / États-Unis: un flop

 
 

Inquiets du transport maritime croissant dans l'océan Arctique, le Canada et les États-Unis ont conduit leur première opération conjointe en vue de la construction d'un puits de secours en cas de déversement de pétrole dans le détroit de Béring.

Les 17 et 18 juillet 2013, deux journées de tests des navires et de l'équipement étaient prévues à Port Clarence, une baie protégée états-unienne près du détroit.

La vraie vie a pris de court les planificateurs de secours et colmateurs de fuites de pétrole sur papier, car les conditions météorologiques défavorables ont limité le déploiement de l'équipement à une seule journée, a rapporté le porte-parole de la Garde côtière américaine, l'officier marinier en chef Kip Wadlow.

De pire en pire, lorsqu'un système d'écumage de la Garde côtière américaine a été déployé depuis un navire canadien participant à l'opération, la météo a également empêché la sortie d'un système de remorquage d'urgence par bateau, fourni par l'état de l'Alaska.

Donc s'il y avait eu un puits de pétrole fautif, laissant son pétrole se répandre dans la mer, les garde-côtes n'auraient pu rien faire durant la tempête....

Voilà ce que les politiciens et politiciennes avec leur langue de bois nomment des opérations sécuritaires. Le premier ministre du Canada est un spécialiste de la chose: en répétant que le cadre règlementaire de ceci et cela est suffisant pour assurer la sécurité des canadiens. Ce qui est faux puisque depuis son arrivée au pouvoir il ne cesse de déréglementer ici et là, abolir des postes d'inspecteurs, fermer des laboratoires d'analyse.

Il semble que la Garde côtière et les autorités de l'Alaska (États-Unis) contrairement à leurs vis-a-vis canadiens s'inquiètent de plus en plus de l'augmentation du transport maritime étranger dans le détroit de Béring, qui sépare l'Alaska de la Russie. Des navires pétroliers et des transporteurs de gaz naturel liquéfié empruntent notamment la voie maritime arctique du nord de la Russie pour traverser de l'Europe à l'Asie.

Cette voie passe par le détroit de Béring, dont l'accès peut parfois être obstrué par des glaces ou soumis à des mauvaises conditions météorologiques.

Toutefois, le bas niveau record des glaces rend les voies arctiques plus facilement navigables pour les transporteurs commerciaux, incluant ceux qui n'ont pas des bateaux renforcés contre les glaces.

À gauche le garde côte états-unien Cutter SPAR et à droite le garde-côte canadien Sir Wilfrid-Laurier

 
 

Québec / Terre-Neuve
Old Harry: des simulations de déversement trop optimistes

 
 

Les simulations de déversement d'hydrocarbures que la pétrolière Corridor Resources inc. ( 01 ) a réalisées pour le gisement Old Harry, dans le golfe du Saint-Laurent, sont nettement trop optimistes. Les simulations souffrent d'au moins deux faiblesses majeures, estime Frédéric Cyr, doctorant en océanographie physique à l'Université du Québec à Rimouski (UQÀR), qui a examiné le fin détail de la modélisation en mai 2013.

Situé à mi-chemin entre les Îles-de-la-Madeleine et Terre-Neuve, le gisement potentiel Old Harry est l'objet d'un moratoire dans sa partie québécoise, mais Corridor nourrit des projets de forage à court terme en eaux terre-neuviennes.

L'entreprise a engagé un consultant en environnement, S.L. Ross, pour simuler des déversements par ordinateur. Dans son rapport, la compagnie conclut qu'un déversement à Old Harry ne pourrait pas polluer une superficie de plus de sept à huit kilomètres de diamètre - et ce, même dans le pire des scénarios envisagés, soit une «éruption de surface» qui libérerait 13 000 barils de pétrole par jour pendant un mois.

«Disons que c'est pas très intuitif comme résultat, alors on a essayé de voir ce qu'il y avait là-dedans», a dit M. Cyr, lors d'une présentation au congrès de l'Acfas en mai 2013. Les océanographes de l'UQÀR Daniel Bourgault et Dany Dumont ont également contribué à l'analyse.

Pas réaliste

S.L. Ross, critiquent-ils, a pris pour acquis que le pétrole déversé se mélangerait sur les 30 premiers mètres de la colonne d'eau, ce qui dilue beaucoup les concentrations d'hydrocarbures de la simulation.

Et comme le modèle ignore les concentrations de moins de 0,1 partie par million, l'étendue des dégâts simulés s'en trouve grandement diminuée.

Or il est impossible que les hydrocarbures se mélangent avec l'eau sur 30 mètres, parce qu'ils sont nettement plus légers que l'eau, et donc flottent.

En outre, note M. Cyr, les 30 jours de déversement ont été découpés en périodes de six heures qui, dans la simulation, ne s'additionnaient pas. Le consultant a plutôt fait comme si le «compteur» repartait à zéro après six heures, ce qui n'est pas réaliste.

L'ennui, a déploré le doctorant, c'est que la seule autre simulation est l'oeuvre de la Fondation David-Suzuki, un groupe écologiste, et que celui-ci n'a pas voulu partager le détail de sa modélisation avec les chercheurs.

Alors «les scénarios actuels sont insuffisants [... et] il est trop tôt pour prétendre connaître les impacts d'un déversement», a conclu M. Cyr.

Son collègue Daniel Bourgault, de son côté, a commencé à travailler sur ses propres simulations, mais celles-ci sont encore beaucoup trop préliminaires pour reproduire le comportement du pétrole dans l'eau.

N'empêche, dit-il, que s'il s'avérait que les hydrocarbures d'Old Harry persistaient une quinzaine de jours dans l'eau, ils pourraient atteindre les côtes des Îles-de-la-Madeleine, de Terre-Neuve ou du Cap Breton, selon les courants du moment.

Dans ses simulations, Corridor Resources a présumé que presque tous les hydrocarbures se seraient évaporés en 48 heures. Cependant, d'après un document de la National Academy of Sciences, aux États-Unis, les hydrocarbures les plus légers peuvent s'évaporer «jusqu'à 75 %» en «quelques jours», mais pour le pétrole moyen, l'évaporation ne dépassera pas 40 % - et ce chiffre baisse à 10 % pour les huiles lourdes et les résidus pétroliers.

Les stratégies d'intervention en cas de catastrophe restent encore «déficientes»

Les impacts environnementaux de l'exploration et l'exploitation du pétrole en milieu marin sont encore mal connus, conclut une étude de Genivar commandée par le gouvernement libéral en 2009, et portant sur les secteurs de l'île d'Anticosti, de la Gaspésie et des îles de la Madeleine.

Le rapport relève aussi des lacunes quant aux connaissances des technologies d'exploration et d'exploitation.

L'actuelle capacité d'intervention en cas d'urgence est également déficiente, selon l'étude de la firme Genivar. Le document note qu'il n'existe aucune loi sur les hydrocarbures, ni aucun cadre réglementaire pour guider les activités du secteur. Les spécialistes suggèrent d'ailleurs d'y remédier avant d'aller de l'avant avec des projets d'exploration et d'exploitation des hydrocarbures dans le golfe du Saint-Laurent.

Par ailleurs, l'étude, qui inclut les résultats de consultations effectuées en 2011, souligne que l'acceptabilité sociale d'une éventuelle exploitation des hydrocarbures en milieu marin «n'est pas acquise». L'étude a «clairement fait ressortir des appréhensions profondes», y lit-on.

On recommande de «tenir compte des leçons de l'accident Deepwater Horizon» ( 02 ) dans le golfe du Mexique et d'évaluer les impacts sur l'ensemble du golfe, incluant les industries du tourisme et de la pêche qui en dépendent. Le rapport souligne aussi que la loi sur la qualité de l'environnement n'exige pas encore de certificat d'autorisation pour les levées sismiques, lors des travaux d'exploration.

Limiter les critiques

Le gouvernement péquiste a choisi de rendre publique cette évaluation environnementale stratégique (EES) costaude de 802 pages ( 03 ) sur l'exploration et l'exploitation pétrolière et gazière dans les bassins du golfe Saint-Laurent. Elle devait initialement être déposée l'année dernière.

La ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, ne cache pas son intérêt pour explorer et exploiter un jour le gisement Old Harry, situé sur la frontière maritime entre Québec et Terre-Neuve, à environ 80 kilomètres au large des Îles-de-la-Madeleine.

Pour donner suite à cette étude environnementale, elle a lancé deux comités économiques, sur les retombées et sur le volet technique.

« Si nous décidons d'aller de l'avant dans l'exploitation du pétrole, nous voulons nous assurer d'avoir documenté l'ensemble des impacts environnementaux, de connaître quels sont les moyens de mitigation pour avoir les plus hauts standards qui existent à travers le monde, documenter les impacts sociaux et nous assurer des retombées économiques, pour pouvoir, avec la population, prendre des décisions éclairées sur l'exploitation du pétrole au Québec », a-t-elle dit en entrevue.

«On veut plus d'informations sur les coûts typiques d'exploitation et les revenus que l'État pourrait en retirer», a expliqué la ministre en interview. Ces études resteront forcément incomplètes. La ministre n'a pas encore déposé son projet de loi pour modifier le régime de redevances des hydrocarbures.

«Il faut avancer», dit Mme Ouellet. Elle rappelle que le Québec importe son pétrole, ce qui se solde par un déficit commercial annuel de 14 milliards de dollars. «Et même si on travaille sur l'efficacité énergétique, on aura quand même besoin de pétrole.»   

Pétrole dans le golfe du Saint-Laurent : le Québec est-il prêt? Non!

Christian Simard, porte-parole de la Coalition Saint-Laurent, demande une étude du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE). «C'est important de bien comprendre les conséquences environnementales de l'exploitation, d'un déversement en été ou en hiver et d'évaluer les plans d'intervention. Et il faut aussi ne pas oublier que c'est à la phase de l'exploration que surviennent souvent les pires catastrophes», lance le représentant du groupe d'environnementalistes.

M. Simard préfère compléter son analyse technique de l'ÉES avant d'en tirer des conclusions. Greenpeace réclame aussi «au minimum» un BAPE, et s'inquiète de voir que les comités lancés par la ministre ont une vocation essentiellement économique.   

Mme Ouellet promet qu'il y aura une consultation pour faire suite à cette étude, mais ne s'engage pas pour l'instant à la confier au BAPE.

Au terme de la précédente ÉES, un moratoire permanent avait été décrété pour l'estuaire du Saint-Laurent. Un moratoire est aussi en vigueur dans le golfe, mais il n'est pas permanent.

Terre-Neuve a déjà vendu des permis à Corridor Ressources dans sa portion du gisement. Les travaux d'exploration ont déjà commencé. Québec est rendu moins loin. Le gouvernement péquiste négocie encore avec le fédéral, de qui relèvent les fonds marins, pour adopter des lois miroirs permettant de lancer les forages.

Par ailleurs, il existe encore un litige avec Terre-Neuve pour établir le tracé de la frontière maritime.

Report d'une possible exploitation

L'étude de Genivar contribuera à reporter davantage l'horizon d'une possible exploitation pétrolière dans le golfe du Saint-Laurent, selon Émilien Pelletier, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en écotoxicologie marine à l'Université du Québec à Rimouski.

« C'est inimaginable pour l'instant. Il faut absolument que des mesures de gestion, mais aussi des mesures sur le terrain soient prises. On ne peut absolument pas actuellement songer à un forage, même exploratoire, avant d'avoir progressé du côté des mesures de protection », dit-il, en entrevue à RDI. Un début d'exploitation en 2020, prévu dans de précédents rapports, est impensable selon lui.

« À mon avis, on reporte ça de façon importante, surtout au niveau des connaissances, qui sont insuffisantes sur le golfe, pour comprendre qu'est-ce qui arriverait à une nappe de pétrole », ajoute-t-il.

Les Îles-de-la-Madeleine pour le moratoire

À cause des mises en garde de l'étude environnementale stratégique (ÉES) il faut prolonger le moratoire dans le golfe Saint-Laurent, demandent les Îles-de-la-Madeleine.

L'ÉES examinait les risques liés à l'exploration et l'exploitation de pétrole et gaz dans les bassins du golfe du Saint-Laurent, où se trouve le gisement Old Harry, à 80 kilomètres des Îles-de-la-Madeleine.

Le maire des Îles, Joël Arsenault, n'a pas été rassuré par les constats. Parmi eux: connaissances lacunaires sur la faune et la flore, absence de plan d'intervention en cas de catastrophe, manque de connaissances techniques pour le nettoyage en mer, particulièrement l'hiver, et manque d'acceptabilité sociale. Le rapport réalisé par Genivar donne «raison à l'approche de précaution», affirme M. Arsenault.

«On ne peut jouer à l'apprenti-sorcier», prévient-il.

Comme le recommande le rapport, il réclame une analyse environnementale globale, dans laquelle les cinq provinces canadiennes qui bordent ces bassins mettraient en commun leurs connaissances.

Et pour l'évaluation des possibles retombées économiques, le maire demande qu'on estime l'impact sur les industries du tourisme et des pêcheries, cruciales pour les Madelinots.

 
 

La Garde côtière réagirait mal à une marée noire

 
 

Les aptitudes de la Garde côtière canadienne à surveiller et réagir à une hypothétique marée noire sont insatisfaisantes et reposent sur un système dépassé, désorganisé et qui a grandement besoin d'être remanié, indique-t-on dans des évaluations internes menées par le gouvernement fédéral.

Plusieurs recommandations importantes n'ont toujours pas été mises en œuvre, malgré la pression exercée sur Ottawa pour s'attaquer aux inquiétudes à ce sujet, à l'heure où le trafic maritime des pétroliers risque de s'accroître au large de la côte de la Colombie-Britannique. La Presse canadienne 3 juin

Une version préliminaire d'un rapport de mars 2012 du ministère fédéral des Pêches, dont La Presse Canadienne a obtenu copie en vertu de la Loi sur l'accès à l'information, souligne que les capacités de réaction à un possible déversement national de pétrole sont nettement inférieures à ce que les ministres prétendent.

Les auteurs du rapport mentionnent par ailleurs avoir eu du mal à faire un survol de la situation à l'échelle du pays, puisqu'il n'y a aucune coordination nationale en place, pas plus qu'il n'existe un inventaire pancanadien. Les données recueillies dans les provinces sont parfois regroupées dans des documents papier, et d'autres fois dans des versions électroniques obsolètes.

L'équipement est certes prêt à être utilisé dans 83 % des cas, mais il est bien souvent âgé de 25 ans, voire plus, lorsqu'il n'est pas complètement désuet ou sur le point de le devenir, souligne-t-on dans le document.

Le rapport déplore également que La Garde côtière, malgré son statut d'organisation, n'ait pas défini ce qu'elle considère comme un niveau de réactivité approprié à ce type de situation pour que son mandat soit rempli.

 
 

Déversement de pétrole : la Colombie-Britannique,
serait prise au dépourvu, selon des fonctionnaires

 
 

Des fonctionnaires de la Colombie-Britannique ont personnellement averti la province qu'elle manquerait de ressources en cas de déversement de pétrole provenant d'infrastructures actuelles ou futures, et que même un déversement modéré dépasserait sa capacité de réaction.

Des compressions dans le budget fédéral de 2012 ont poussé Environnement Canada à fermer ses bureaux ayant le mandat de réagir aux déversements à Vancouver et dans d'autres villes, et ont centralisé ses activités au Québec.

Cette décision d'Ottawa rendrait plus difficile la capacité de réagir aux déversements, et Transports Canada et la Garde côtière n'ont pas l'expertise environnementale nécessaire pour les gérer, révèlent des documents obtenus par La Presse Canadienne en vertu de la Loi sur l'accès à l'information.

Les notes ont été rédigées par des fonctionnaires du ministère de l'Environnement dans un dossier préparatoire à l'attention du ministre nommé en juin et par des autorités d'intervention d'urgence, l'an dernier.

Les fonctionnaires du ministère ont notamment émis plusieurs réserves à l'endroit de la ministre Mary Polak, soutenant qu'elle ne disposait pas du personnel et des ressources nécessaires à la prévention, la gestion et la réhabilitation des sites de déversements.

Augmentation du transport du pétrole

Le projet de pipeline d'Enbridge et l'expansion projetée des infrastructures de l'oléoduc de Kinder Morgan pourraient augmenter de plus de 1 000 voyages par année le transport de pétrole sur la côte du Pacifique.

Le dossier préparatoire estime qu'à un débit de 500 000 barils de pétrole brut par jour, un accident de pipeline d'une heure évacuerait 21 000 barils dans la nature de la Colombie-Britannique.

En cas de déversement, le principe pollueur-payeur du gouvernement du Canada stipule que la compagnie responsable doit démarrer les opérations d'intervention et payer pour les dommages et le nettoyage. Les agences gouvernementales (la Garde côtière en cas de déversement marin et l'Office national de l'énergie pour les accidents terrestres) ne gèrent pas physiquement l'incident, mais accompagnent le pollueur.

Le rôle d'Environnement Canada est d'être prêt en tout temps à fournir un avis d'expert scientifique, ce que, selon les documents consultés, il n'est pas en mesure d'offrir.

Plateforme de forage reliée à la terre ferme par un pont dans la mer de Beaufort,
au large de l’Alaska (États-Unis)

 
 

Les pays de l’Arctique se mobilisent en prévision de déversements de pétrole

L'accord du Conseil de l’Arctique vise à anticiper
les dommages provoqués par les déversements de pétrole.

 
 

Les membres des sept pays du Conseil de l'Arctique en réunion en Suède ont signé un accord important. « Aujourd’hui nous signons le deuxième document panarctique juridiquement contraignant de l’histoire du Conseil : l’Accord sur la coopération pour réagir à la pollution pétrolière de la mer en Arctique », a dit le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

L'accord précise les procédures de communication et d'accès pour qu’un cadre d'intervention soit mis en place avant la survenue d’un tel événement.

M. Gustav Lind, haut représentant de l’Arctique pour la Suède qui préside le Conseil, a expliqué que l'accord répondait aux questions concrètes que se posent les intervenants en cas d'urgence : « qui doit parler à qui, ce qu’il faut apporter, comment entrer sur le territoire d’une autre partie », par exemple. En réglant ce type de questions en amont d'une urgence, a ajouté M. Lind, l'accord vise à favoriser une coopération plus efficace entre les États et les organismes qui s'efforcent d’atténuer les effets d’une situation d’urgence présentant un danger pour l’environnement.

C'est aussi une première quant aux engagements de passer en revue la première évaluation de la biodiversité arctique qui ait jamais été faite.

La toute première évaluation de la biodiversité de l'Arctique – englobant la vie sur tous les territoires autour du pôle Nord - sera également présentée au Conseil lors de la réunion de mai 2013

Ce document, que M. Lind a qualifié de « réalisation remarquable » à laquelle 200 scientifiques ont participé, dresse le bilan de la biodiversité arctique. Il décrit également les changements environnementaux qui se manifestent ainsi que « la manière de soutenir et de conserver des écosystèmes en bonne santé et la biodiversité », indispensables à l’homme.

Seul forum diplomatique axé exclusivement sur l'ensemble de la région, le Conseil de l’Arctique a pour mission d’assurer le suivi de l’environnement, des changements climatiques, de la biodiversité, des questions marines.

Les membres du Conseil de l'Arctique regroupent le Canada, le Danemark, les États-Unis, la Finlande, l'Islande, la Norvège, la Russie et la Suède. Environ 4 millions de personnes de ces huit pays peuplent le cercle polaire arctique. Environ 500 000 d'entre elles sont des peuples autochtones, dotés du statut de
« membres permanents » du Conseil de l'Arctique. Six groupes de peuples autochtones jouissent de ce statut, et donc des « droits de consultation approfondie » qu'il confère.

En outre, M. Lind a indiqué que le Conseil se pencherait sur un autre rapport consultatif, consacré celui-là à la résilience des écosystèmes de l’Arctique. Les scientifiques ont clairement établi que l’élévation des températures étaient déjà en train de changer l'environnement de l'Arctique, et cette étude tente de décrire les effets de ces changements sur les diverses formes de vie.

La gestion de l’environnement de l'Arctique est importante, mais le développement économique l’est aussi, a dit M. Lind. Le développement économique qui se produit d'une manière équilibrée sera un autre sujet de discussion pour le Conseil, et la responsabilité sociale des entreprises envers l'environnement fera l’objet d’une attention particulière.

Les entités commerciales présentes dans la région doivent « assumer une responsabilité encore plus grande ». Le Conseil a été créé par un accord conclu en 1996 entre les États pour promouvoir la coopération entre les pays concernés et les peuples autochtones.

La Suède occupait la présidence tournante du Conseil depuis deux ans, et le Canada a pris la relève lors de la dernière réunion.

Sources: Le Soleil-La Presse/Gesca pour Power Corporation of Canada, Le Bureau des programmes d'information internationale (IIP) du département d'État états-unien, l'agence La Presse canadienne, l'agence Associated Press, Ici Radio-Canada pour la Société CBC/Radio-Canada

Choix de photos, fusion de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Publication : 25 octobre 2013

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

Pétrole dans de l'eau

 

Notes & Références encyclopédiques:

01

À propos de Corridor Resources inc. - Sur MétéoPolitique

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02

 
 
 
 
 

À propos de la catastrophe Deepwater Horizon dans le golfe du Mexique.

Les gens du golfe du Mexique, deux ans après la marée noire causée par la pétrolière BP - Sur MétéoPolitique

 
 
 
 
 

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03

 
 
 
 
 
 

La ministre des Ressources naturelles, Mme Martine Ouellet, a rendu public le rapport d’étude final ( 802 pages. Note: long à ouvrir) de l’évaluation environnementale stratégique sur la mise en valeur des hydrocarbures dans les bassins d’Anticosti, des Îles-de-la-Madeleine et de la baie des Chaleurs (EES2) de même que le bilan de la consultation publique tenue en lien avec cette étude. La population est invitée à transmettre ses commentaires sur ces documents. (EES2) SEPTEMBRE 2013 – Q122451

 
 
 
 
 
 

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