Technip: 245 M$ pour corruption
Le groupe de services pétroliers provisionne 245 millions d'euros pour une procédure judiciaire aux États-Unis

Par AFP et
Le journal Le Figaro
France
Publié le 12 février 2010

PARIS — Le groupe de services pétroliers Technip a annoncé vendredi avoir passé une provision exceptionnelle de 245 millions d'euros dans ses comptes du quatrième trimestre en vue du règlement amiable d'une procédure judiciaire aux États-Unis pour une affaire de corruption.

Le groupe indique dans un communiqué avoir passé un "arrangement" avec la justice américaine dans le cadre d'une procédure pénale concernant TSKJ, une co-entreprise qui opérait au Nigeria, sans plus de précisions.

Le consortium, dont Technip détenait 25% aux côtés de l'américain Halliburton et de deux sociétés italienne et japonaise, était dans le collimateur de la justice américaine pour des faits liés à la corruption, couvrant la période 1994 à 2004.

Cette charge aura un impact sur son bénéfice net 2009, indique Technip qui publie à cette occasion des résultats non audités pour l'année 2009.

Le chiffre d'affaires annuel de Technip est estimé à 6,456 milliards d'euros et le résultat opérationnel courant à 677 millions d'euros.

Le groupe a connu un "bon" quatrième trimestre avec de nouvelles opportunités de marché et une prise de commandes estimée à 1,934 milliard d'euros, portant le carnet de commandes à fin d'année à 8 milliards, selon le groupe.

Technip explique avoir "coopéré" avec le gendarme de la Bourse, la Securities and Exchange Commission (SEC), et le ministère de la Justice américains, "dans le cadre des procédures d'enquête engagées aux États-Unis", pour des faits concernant la joint-venture TSKJ.

Ce paiement, censé permettre "la résolution de toutes les réclamations éventuelles à l'encontre de la société", reflète "les coûts estimés de la résolution, en l'état des discussions en cours", dont Technip précise qu'elles ne sont pas terminées.

L'arrangement envisagé ne prévoit pas de reconnaissance par Technip d'une culpabilité pénale pour son rôle dans la joint-venture TSKJ, assure la société. "Bien que le montant à verser soit significatif, Technip pourra poursuivre son activité normalement" et surtout "tourner la page sur ce problème du passé".

Technip, détenu en partie par le groupe français Elf avant le rachat de ce dernier en 1999 par TotalFina.