Retour à : Plan du site - MétéoPolitique - Environnement - Fiche Pétrole - Analyses & Opinions

Spéculation et démocratie
Petrolia Inc.: exploration et exploitation pétrolifère en Gaspésie

Loin d’être la compagnie québécoise autoproclamée que l’on pourrait croire, Pétrolia est, comme toute bonne entreprise cotée en bourse, la propriété de quiconque en possède des parts. L’exemple de Pétrolia nous révèle un état de fait qui, espérons-le, continuera de stimuler la mobilisation citoyenne

 
 

Le paysage

 
 

Contempler un paysage, c’est se laisser dissoudre dans une nature imaginaire, une nature que l’on se représente être porteuse de simplicité et de bonté. Mais contempler un paysage de cette façon peut souvent nous induire en erreur. Le paysage bidimensionnel est une nature dans laquelle on ne rentre jamais, c’est un tableau de la nature duquel nous demeurons de simples et passifs spectateurs.

Pendant que certains se plaisent à regarder la nature, d’autres entretiennent des liens plus actifs avec elle.

Ce n’est que lorsqu’on réussit à se surélever que l’on constate ce qui se cache derrière le paysage ; on découvre alors la santé précaire de cette majestueuse bête dont le pelage semble troué de ponctions forestières virales.

Comme habitant d’une terre-patrie ( 01 ), cela peut laisser perplexe. On en vient naturellement à se demander comment cet état de fait est apparu.

Les compagnies privées qui de tous temps sont venues en Gaspésie pour y profiter de l’abondance naturelle, nous sont-elles aujourd’hui plus redevables qu’avant ?

Y avons-nous accès autrement que par l’emploi et la consommation ?

Sont-elles des structures démocratiques capables de refléter l’esprit populaire, ou sont-elles plus vraisemblablement des structures autoritaires, redevables uniquement à leurs principaux actionnaires ?

Je propose de prendre le cas démangeant de Pétrolia en exemple puisqu’il semble illustrer parfaitement les dangers que nous courrons lorsque la relation entre la terre-matière et la société est gérée par de richissimes spéculateurs et leurs chiens de garde gestionnaires.

Retour aux Sujets abordés

 

Qui est Pétrolia ?

 

Loin d’être la compagnie québécoise autoproclamée que l’on pourrait croire, Pétrolia est, comme toute bonne entreprise cotée en bourse, la propriété de quiconque en possède des parts. Habituellement, tout actionnaire qui possède une portion considérable des parts d’une compagnie a le droit de siéger à son conseil d’administration. Les actionnaires principaux de Pétrolia, outre M. André Proulx son fondateur, sont : Pilatus Energy, Investcan et plus récemment, CD Capital (CD Private Equity Natural Resources Fund).

Allons-y dans l’ordre.

Pilatus Energy est une compagnie d’investissement qui se spécialise dans l’exploitation des hydrocarbures. Elle possède des investissements partout dans le monde, notamment en Afrique de l’Ouest où elle profite de régulations environnementales et ouvrières très laxistes. Le siège social de Pilatus se trouve en Suisse proche du Mont Pilatus duquel la compagnie a tiré son nom ( 02 ).

On mentionne généralement dans la presse québécoise que la compagnie ne possède qu’un seul actionnaire et président, Al Yousef Abbas Ibrahim Yousef, un riche entrepreneur des Émirats Arabes Unis. On mentionne moins souvent le fait que la Suisse, fière de ses politiques fiscales accommodantes, permet la pratique des bearer shares ( 03 ).

Les actions aux porteurs ou bearer shearer sont une ancienne méthode d’achat d’actions déclarée illégale dans bien des pays. Contrairement aux actions normales, l’acheteur de bearer shares ne voit son nom apparaître sur aucun registre officiel. À l’achat des actions, le spéculateur se voit remettre un document officiel qu’il pourra par la suite utiliser comme preuve de propriété.

Pilatus est officiellement reconnue comme une compagnie émettant des bearer shares ( 04 ), ce qui garde ses réels actionnaires dans l’anonymat. M. Al Yousef Abbas Ibrahim Yousef n’est donc pas le seul propriétaire de la compagnie, mais plutôt le seul dont le nom est dévoilé publiquement. En bref, on ne sait pas qui possède Pilatus et cela est un fait qui devrait nous déranger, surtout lorsqu’on sait qui l’a créée.

Loik Le Floch-Prigent, ( 05 )

Au milieu des années 90 débutait en France un vaste procès impliquant la compagnie pétrolière Elf-Aquitaine. Poursuivi par le gouvernement français pour une panoplie de chefs d’accusation, allant de la fraude aux pots-de-vin, le président d’Elf-Aquitaine, M. Loïk Le Floch-Prigent fut incarcéré de manière intermittente jusqu’en 2004. ( 06 )

Il fut à ce moment relâché pour des raisons de santé. En 2005, il fondait Pilatus qui allait reprendre plusieurs des contrats qu’avait manigancés Le Floch-Prigent lors de sa présidence d’Elf-Aquitaine, notamment dans l’Ouest africain. Il est donc juste d’affirmer que Pilatus, un actionnaire principal siégeant au conseil d’administration de Pétrolia, fut la création d’un criminel fraudeur reconnu par la justice française. Le fait que Pilatus fut créée par le Floch-Prigent fraîchement sorti de prison semble indiquer de sa part une certaine absence de scrupules ou du moins de remords ( 07 ).

Investcan energy « est une filiale à 100 pourcent de SCDM Énergie, elle-même filiale à 100 pourcent de SCDM, société française privée et fermée, basée à Paris, dont les deux actionnaires sont Martin et Olivier Bouygues », deux richissimes frères Français.

Les frères Bouygues investissent dans plusieurs compagnies et trusts à travers le monde ( 09 ).

André Proulx PDG de Petrolia
Investcan Energy s'associe à Pétrolia ( 08 )

Le Groupe Bouygues est notamment reconnu pour l’installation de plates-formes de forage pétrolier en mer, ou off-shore. Comme toute grande dynastie, les Bouygues entretiennent des liens de camaraderie avec plusieurs hauts placés politiques. On peut ici parler du cas de Saparmourad Niazov, l’ancien dictateur à vie du Turkménistan et auteur du livre de propagande Ruhnama - Le Livre de l’âme - qui est toujours utilisé dans la majorité des écoles turkmènes pour enseigner l’histoire et la moralité.

Étant un proche des Bouygues, à sa mort, la compagnie Bouygues Construction érigea le mausolée où fut enterré l’ancien autocrate turkmène ( 10 ). Rappelons aussi que le Turkménistan serait supposément assis sur une des plus grosses réserves mondiales de gaz naturel ( 11 ), ce qui incite plusieurs membres de l’oligarchie pétrolière et gazière à vouloir se rapprocher de personnages à la moralité aussi peu reluisante.

Le dernier actionnaire à s’être joint à Pétrolia est CD Private Equity Natural Resources Fund, une propriété de CD Capital. Cette transaction s’est effectuée à la fin du mois de juillet 2011 et faisait en sorte que CD Private Equity Natural Resources Fund possède à l’heure actuelle un peu moins de 20% des actions de Pétrolia ( 12 ).

CD Capital est ce que l’on appelle un hedge fund ( 13 ). Souvent accusés d’avoir volontairement contribué à la crise économique mondiale ayant débutée aux États-Unis en 2008 et se poursuivant toujours à l’heure actuelle, les hedge funds sont des fonds d’investissement qui se spécialisent dans de nouvelles formes de spéculation. Ce sont les hedge funds qui ont développés, entre autres, les derivatives ( 14 ) et le short-selling ( 15 ).

Carmele Daniele, présidente de CD Capital, a même qualifié la crise économique de 2008 – une crise qui a laissé des millions d’individus sans emploi et sans logis – de « crise fantastique » ( 16 ). Pour elle, comme pour d’autres hedge funds, les moments de crise économique représentent des merveilleuses opportunités d’enrichissement. Dans la littérature des cercles de spéculateurs – le magazine Hedge Fund Review par exemple – Carmele Daniele est souvent citée pour sa théorie voulant que les prix des commodités vont aller en augmentant pour au moins les 20 prochaines années ( 17 ).

Carmele Daniele
présidente de CD Capital

Ce qui serait donc une calamité pour la majorité d’entre nous qui allons voir nos dépenses en alimentation et en énergie augmenter continuellement, serait une mine de richesses pour d’autres.

Les riches spéculateurs, avec cette prédiction de Carmele Daniele, espèrent pouvoir, en toute sécurité, investir dans les matières premières en s’assurant une profitabilité croissante pour au moins les 20 prochaines années de crise. Un hedge fund gère et investit l’argent de ses contribuables dont l’identité est parfois dure à déceler, surtout lorsque le hedge fund est enregistré dans un paradis fiscal – les Îles Caïmans – comme c’est le cas pour CD Capital.

 On sait cependant qu’un des plus importants dépositaires de capitaux est M. Lukas Lundin, de Lundin Mining Corporation, une compagnie canadienne qui investit dans pas moins de 35 pays à travers le monde, dans des projets d’extraction et d’exploration minière et pétrolière ( 18 ).

Loin d’être une compagnie exclusivement québécoise de laquelle on pourrait s’attendre qu’elle oeuvre dans les intérêts du peuple québécois, Pétrolia s’avère en fait être la propriété de spéculateurs internationaux. Pétrolia appartient à des membres de l’oligarchie pétrolière mondiale et est vouée à agir dans l’intérêt de cette dernière. Ces spéculateurs investissent en Gaspésie comme ils investissent partout ailleurs, ayant bien loin dans leur arrière-pensée la volonté d’encourager un développement régional conscient de l’environnement et de la communauté. Pour ceux et celles qui voient le monde toujours « d’en haut », étalé sur une carte où les reliefs des paysages s’aplatissent en une uniformité globale, toutes les nuances qui forment habituellement la réalité des localités s’affadissent et les territoires ne deviennent que des contenants de capital.

S’il existe réellement un avantage à encourager un capitalisme nationaliste et patriotique, il doit certainement se trouver dans l’accès facilité aux propriétaires et aux décideurs. Une entreprise enracinée dans son territoire devrait naturellement avoir tendance à être plus soucieuse et de son environnement et de ses concitoyens. Ou du moins si elle ne l’est pas, les citoyens ont plus d’outils et de tribunes pour faire valoir leur désaccord. Cependant, lorsqu’une compagnie comme Pétrolia est possédée majoritairement non seulement par des capitaux étrangers, mais par des cliques de spéculateurs au pedigree peu glorieux, on est en droit de douter de la bonne gestion de nos ressources collectives et de notre capacité d’intervention.

Retour aux Sujets abordés

 
 

Mais où est passé notre vaillant État protecteur ?

 
 

Si ces compagnies privées, ces trusts et ces hedge funds nous sont inaccessibles et que leur curriculum est loin d’être réconfortant, alors sûrement nous pouvons au moins miser sur notre État de droit et son armée d’employés ; nos concitoyens qui travaillent à promouvoir le bien collectif

…Après tout, nous avons nationalisé l’hydro-électricité il n’y a pas si longtemps de cela, n’est-il pas concevable de le faire pour le pétrole et le gaz ?

En fait, nous avions déjà nationalisé les hydrocarbures il y a plus de 40 ans de cela. L’avance récente des compagnies privées dans le domaine des hydrocarbures québécois est la conséquence de la privatisation des hydrocarbures.

La Société québécoise d’initiatives pétrolières (SOQUIP) était l’institution d’État chargée de faire l’exploration et l’exploitation du pétrole et du gaz sur le territoire québécois.

André Caillé
Ex-dirigeant de GazMétropolitain, ex-président d'Hydro-Québec, maintenant chez Junex

Créée en 1969, la SOQUIP a mené plusieurs travaux de prospection et de cueillette de données, et a aussi acquis des parts dans des compagnies gazières (Noverco, Gaz Métro). En 1997, Hydro-Québec et son nouveau président M. André Caillé s’approprient les compagnies gazières gérées par la SOQUIP et en 1998, le gouvernement de Lucien Bouchard met la SOQUIP sous la tutelle de la Société Générale de Financement (SGF). En 1999, la SOQUIP ne figure plus sur les organigrammes de la SGF et étant privée de capitaux, elle se vide de ses employés restant.

On assistera ensuite à la vente des permis d’exploration et d’exploitation par l’État aux compagnies privées – les claims. On assiste à ce moment à la fin de quatre décennies de gestion publique des ressources pétrolières et gazières au Québec ( 19 ).

Jacques Aubert

Jean-Yves Lavoie

Jean Guérin

Bernard Granger

Lucien Bouchard

Il est intéressant de constater le parcours professionnel des acteurs qui furent au volant de cette privatisation ( 20 ). Le président d’Hydro-Québec à l’époque où la SOQUIP fut liquidée, M. André Caillé, est à l’heure actuelle conseiller sénior chez Junex, compagnie pétrolière oeuvrant au Québec.

Cette même compagnie a également embauché un ancien pdg de la SOQUIP comme président : M. Jacques Aubert.

Elle a aussi embauché Jean-Yves Lavoie, ancien ingénieur pour la SOQUIP, qui deviendra à son tour président de la compagnie suite au départ de M. Aubert
( 21 ).

Gastem, une autre compagnie pétrolière, a quant à elle embauché M. Jean Guérin, un ancien président d’Hydro-Québec Pétrole et Gaz. Quant à Pétrolia, elle a engagé comme géologue en chef Bernard Granger de 2006 à 2010 ( 22 ), qui travaillait aussi à Hydro-Québec Pétrole et Gaz.

Finalement, mentionnons le cas de M. Lucien Bouchard, premier ministre du Québec au moment de la liquidation de la SOQUIP, et aussi ancien ministre de l’environnement sous le gouvernement fédéral conservateur de Brian Mulroney.

M. Bouchard est aujourd’hui président de l’Association Pétrolière et Gazière du Québec, un groupe de lobbyistes qui vise à, disons, lubrifier les relations entre le gouvernement du Québec et l’oligarchie pétrolière mondiale ( 23 ).

Sans vouloir tisser des liens potentiellement diffamatoires trop rapidement, il est néanmoins clair que certains acteurs clés de la liquidation de la SOQUIP ont bénéficié monétairement de leurs politiques.

À titre d’exemple, le salaire de M. Lucien Bouchard lui est versé par la pétrolière albertaine Talisman, et selon un article de Jean-François Cloutier, il serait fixé entre 600 et 700$ de l’heure ! ( 24 )

Soit, nous avons perdu une institution publique au profit du capital privé, mais passons, car après tout, Hydro-Québec, bien qu’elle soit toujours une entreprise d’État, ne se gêne pas moins pour mettre sur son conseil d’administration des membres du secteur privé, notamment Michel Plessis-Bélair de Power Corporation ( 25 ). La nationalisation peut parfois paraître comme un geste socialiste, mais bien souvent elle est aussi une façon très efficace pour les classes dominantes de garder le pouvoir centralisé et même de s’alléger de certaines dépenses gênantes ( 26 ).

Dans le récent tollé des gaz de schiste, il fut souligné à plusieurs reprises que la Loi sur les mines du Québec ( 27 ) est mal adaptée pour réglementer l’exploitation des hydrocarbures. Mentionnons quelques points importants qui sont ressortis de cette critique.

Il serait légitime de penser que le Québec est doté d’un cadre légal précis pour réglementer l’industrie des hydrocarbures...

Cependant, il n’existe aucun texte de loi traitant spécifiquement de l’exploitation des hydrocarbures au Québec.

Le gouvernement use donc de la Loi sur les Mines comme loi parapluie pour encadrer autant l’exploitation pétrolière que l’exploitation, disons, de l’uranium, du cuivre, etc.

Ceci cause un problème lorsqu’on remarque que la Loi sur les mines ne contient aucune mention des mots « gaz de schiste », « fracturation hydraulique », etc. Elle s’avère ainsi être très pratique pour les investisseurs puisqu’elle laisse une ouverture légale confortable et accommodante pour les nouvelles formes d’exploitation pétrolière et gazière.

Au Québec, pour obtenir le droit légal d’exploiter des hydrocarbures, une compagnie privée doit d’abord obtenir un « claim ». On pourrait ici espérer que le gouvernement puisse peut-être refuser d’allouer un claim à une compagnie qui possède parmi ses actionnaires principaux des compagnies et des individus au passé troublant. Or il n’en est rien.

Selon le mémoire remis par l’organisme Écojustice à la Commission du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), « l’obtention d’un claim est extrêmement aisée, puisqu’à partir du moment où le formulaire de désignation est rempli correctement et où aucun autre titre minier n’existe sur le terrain convoité, le claim est acquis » ( 28 ). Une fois un gisement découvert, une compagnie peut avoir accès à un bail d’exploitation d’une durée de 20 ans. Pour obtenir le bail, la compagnie n’a qu’à démontrer la rentabilité du gisement. Aucun engagement en matière de décontamination ultérieure des sols n’est exigé
( 29 ).

Outre le fait que la Loi sur les mines présente un cadre législatif très général qui s’applique mal à l’exploitation des hydrocarbures, particulièrement en ce qui concerne les nouvelles technologies d’exploitation de l’industrie pétrolière et gazière, il est important également de clarifier ce que la Loi permet en termes d’expropriation.

Selon l’article 26 de la Loi sur les Mines :

Nul ne peut interdire de rendre difficile l’accès d’un terrain contenant des substances minérales qui font partie du domaine de l’État à celui qui a le droit de le prospecter ou de le jalonner en vertu de la présente section, si ce dernier s’identifie sur demande et, dans le cas du titulaire de permis, s’il exhibe son permis ( 30 )

Si une personne refuse l’accès à un terrain, « le détenteur d’un claim peut avoir recours à l’expropriation en vertu de l’article 36 de la Loi sur l’expropriation ( 31 )» :

Toute expropriation doit être décidée ou, suivant le cas, autorisée préalablement par le gouvernement aux conditions qu’il détermine. Nulle autre autorisation n’est requise, nonobstant toute loi. Il n’est pas non plus nécessaire de remplir les conditions préalables à l’expropriation qui sont prévues par d’autres lois. Le présent article ne s’applique pas à une municipalité, à une communauté métropolitaine, à une régie intermunicipale ou à une commission scolaire ( 32 ).

Retour aux Sujets abordés

 
 

Nationalisation, privatisation et démocratisation

 
 

L’exemple de Pétrolia nous révèle un état de fait qui, espérons-le, continuera de stimuler la mobilisation citoyenne. Le Québec est maintenant séparé en zones d’exploration et d’exploitation, les permis ayant été attribués au grand complet à différentes compagnies pétrolières et gazières. Ces dernières sont entre les mains d’individus et de groupes d’investissement qui nous semblent très éloignés, peu accessibles et très peu enclins à considérer l’aspect socio-environnemental de leurs projets.

L’exemple de Pilatus Energy devrait nous suffire pour que l’on envisage très sérieusement une démocratisation des secteurs industriels. J’utilise volontairement ce mot – démocratisation – pour éviter le débat binaire nationalisation vs privatisation, public vs privé, gauche vs droite. Car l’on peut croire à la nationalisation et tout de même admettre qu’il en existe plusieurs formes. Notre désir essentiel n’étant pas de centraliser la gestion des ressources et de renchérir dans l’hyper-bureaucratisation de la société, nous préférons le terme démocratisation qui reflète mieux notre réelle intention et qui implique une critique à la fois de la privatisation et de la nationalisation dans ce qu’ils ont communément d’anti-démocratique.

La fin justifiera les moyens, mais gardons bien en tête quelle est cette fin : une appropriation citoyenne et ouvrière des moyens de gestion et de production des ressources collectives – hors des mains des spéculateurs et de leurs gestionnaires d’État, et dans les mains du génie citoyen.

Si le secteur privé excelle par sa technologie et son expertise, si le secteur public excelle par ses structures régulatrices et légales, alors c’est que ce sera au secteur citoyen d’exceller par sa conscience.

Retour aux Sujets abordés

Choix de photo et Mise en page : JosPublic
Publication ici le : 15 septembre 2012

Notes & Références:

01

 

L’expression est empruntée
au sociologue français Edgar Morin
 

Retour au texte

02
 

Le Mont Pilatus prend son nom d’une ancienne légende. On disait qu’il y errait le fantôme de Ponce Pilate, le général romain qui a ordonné la crucifixion de Jésus Christ. Pendant longtemps, la montagne était considérée maudite et rares étaient ceux qui osaient s’y aventurer.

 

Retour au texte

03

« Actions au porteur » en Suisse, consulté le 5 août 2011

Retour au texte

04

« Énergie Pilatus Canada Inc » Sur MétéoPolitique, le 5 août 2011

Retour au texte

05

Qu'est-ce que Elf/Aquitaine et qui est Loik Le Floch-Prigent ?

Retour au texte

06

 

ASSOCIATED PRESS. « Les principales dates de l’Affaire Elf », disponible sur http://www.fsa.ulaval.ca/personnel/. consulté le 5 août 2011

 

Retour au texte

07
 

Voir cette entrevue avec Loïk le Floch-Prigent au sujet des gaz de schiste : Il semblerait que les activités illégales de Pilatus se sont renouvelées dernièrement, mais aux États-Unis cette fois. La compagnie pétrolière américaine VAALCO est actuellement en litige avec Pilatus. VAALCO accuse Pilatus, ainsi que sa compagnie soeur Nanes Delorme, d’avoir tenté de prendre le contrôle de la compagnie américaine par des moyens illicites. VAALCO, tout comme Pilatus, convoite les réserves d’hydrocarbures de l’Ouest africain : ils sont donc des compétiteurs. Pour éliminer sa compétition, Pilatus aurait acheté plusieurs actions de VAALCO par l’entremise de Nanes Delorme, une compagnie créée spécifiquement pour l’occasion. Étant devenu un actionnaire principal, Nanes Delorme aurait par la suite envoyé des lettres à plusieurs actionnaires de la pétrolière américaine les incitant à élire de nouveaux membres à leur conseil d’administration, tous sélectionnés par Nanes Delorme et Pilatus. Ces lettres accusaient également le présent conseil d’administration de VAALCO d’incompétence. Pilatus espérait ainsi faire élire ses propres candidats au C.A. de leur compétiteur. Ceci leur aurait permis ou bien de diriger VAALCO dans leurs intérêts ou même de la vendre et d’empocher.

PR NEWSWIRE. « VAALCO Energy Mails Letter to Stockholders », http://meteopolitique.com/aj/01/01..
8 mai 2008

  • GAZ DE SCHISTE PROVENCE. « Loïk le Floch-Prigent : ‘Il faut changer la loi pétrolière en France’ », https://gazdeschistesprovence.wordp..., consulté le 5 août 2011.

  • Pour en savoir plus, consulter la plainte officielle de VAALCO disponible ici : http://www.wikinvest.com/stock/VAAL...)/Filing/DEFA1 Voir aussi :

  • GAGNÉ, Jean-Paul. « Du pétrole à l’Île d’Anticosti ? De grâce calmons-nous ! », Les Affaires, 26 février 2011.

  • Voir aussi : LE HIR, Richard. « Anticosti : les traces de Power Corp sont partout », Vigile, http://www.vigile.net/Anticosti-les... 2011-, paru le 15 février 2011 et consulté le 29 juillet 2011

 

Retour au texte

08

 
 

Retour au texte

09
 

GÉLINAS, Geneviève. « Pétrolia s’associe à des Français », Le Soleil, 23 juillet 2010

 

Retour au texte

10
 
 

LE MONDE. « Le président tukmène, Saparmourad Niazov, est mort », Le Monde.fr, http://www.lemonde.fr/asie-pacifiqu..., consulté le 1er septembre 2011

 
 

Retour au texte

11
 

ROUSSELOT, Hélène. « La bataille pour le gaz turkmène ne fait que commencer », Géopolitique de l’Asie Centrale sur diploweb, http://www.diploweb.com/forum/gazas..., consulté le 1er septembre

 

Retour au texte

12

 
  • CD CAPITAL (UK) LTD. http://www.newswire.ca/en/releases/..., publié le 29 juillet 2011.

  • MARKETWIRE. « Acquisition de 15% du capital-actions de Pétrolia par CD Capital du Royaume-Uni », 3 août 2011

 

Retour au texte

13

Fond d’investissement alternatif

Retour au texte

14

 

Les derivatives sont des promesses d’achats d’actions. C’est-à-dire que quelqu’un peut acheter ou vendre des promesses de transaction. Ceci peut être avantageux quand, à titre d’illustration, un spéculateur (A) achète une promesse d’achat au spéculateur (B) en établissant que l’achat réel de, disons 100 actions, s’effectuera dans précisément un mois. Le spéculateur (A) espérera donc que d’ici ce temps, la valeur de l’action aura augmenté. Également, le spéculateur (A) peut entre temps lui-même vendre ses promesses d’achats à un autre spéculateur.

 

Retour au texte

15

 

Le short-selling est une technique audacieuse tout autant qu’elle peut être crapuleuse aux yeux de certains. Le short-selling fait en sorte qu’un spéculateur peut faire des profits par la perte de valeur d’une action. Ceci renverse la logique habituelle de marché boursier. Pour comprendre comment cela fonctionne, utilisons une autre illustration. Spéculateur (A) emprunte 100 actions valant 10$ chacune au spéculateur (B), lui promettant de lui remettre exactement 100 actions plus tard. Ceci équivaut donc à une valeur de 1000$. Spéculateur (A) commence ensuite à vendre les actions qu’on lui a prêtées. Avec un volume d’action assez important, l’affluence d’action en vente sur le marché entraîne une dévaluation de l’action (selon la loi de l’offre et la demande). Les actions, après que le Spéculateur (A) les ait toutes vendues, valent maintenant 8$ chacune. En vendant toutes les 100 actions à 10$, Spéculateur (A) a obtenu 1000$. Il rachète ainsi pour 1000$ de la même action qui vaut maintenant 8$. Avec 1000$, il peut en acheter 125. Il redonne alors les 100 actions empruntées au Spéculateur (B) et s’en tire avec 25 actions de profit, n’ayant rien eu à dépenser.

 

Retour au texte

16
 
 

THE ENERGY REPORT. « Carmele Daniele : This Fantastic Crisis », The Energy Report 08/20/2009, disponible sur http://seekingalpha.com/instablog/3..., consulté le 1er septembre 2011

 
 

Retour au texte

17
 

HEDGE FUNDS REVIEW. « Unearthing Value early », www.hedgefundsreview.com, juin 2007. Stella HARRINGTON et David WALKER. « An investor’s insight », Commodity Risk, 06/09/07.

 

Retour au texte

18

 
  • HEDGECO.NET. « Launch of CD Private Equity Natural Resources Fund », www.hedgeco.net, 18 septembre 2006.

  • HEDGEWEEK. « CD Capital and PCE Investors launch CD Private Equity Natural Resources fund », disponible sur http://www.hedgeweek.com/2006/09/20..., consulté le 1er septembre 2011.

  • LUNDINGROUP. « Vision, experience, results ». Document promotionnel de la compagnie disponible sur http://www.lundinmining.com/i/pdf/L..., consulté le 1er septembre 2011

 

Retour au texte

19
 

GÉLINAS, Jacques B. « Les demi-vérités de Lucien Bouchard et de Junex », SCFP, http://scfp1751.org/index.php?p=nou..., paru le 14 juin 2011 et consulté le 5 août 2011

 

Retour au texte

20
 

GÉLINAS, Jacques B., « SOQUIP : Triste histoire d’une société d’état dissoute dans l’idéologie corrosive du néolibéralisme », Presse-toi à gauche, http://www.macst-hyacinthe.qc.ca/sc..., paru le 30 novembre 2010 et consulté le 5 août 2011.

 

Retour au texte

21
 

Voir à ce sujet l’article de Bertrand Schepper : « Qui profite des gaz de schiste ? », À bâbord ! – Revue Sociale et Politique, avril/mai 2011

 

Retour au texte

22
 

SHIELDS, Alexandre. « Anticosti : Hydro-Québec aurait cédé un trésor », Le Devoir, 14 février 2011

 

Retour au texte

23
 

COUTIER, Jean-François. « Lucien Bouchard : de négociateur à lobbyiste », Argent Canoe, http://argent.canoe.ca/lca/affaires..., consulté le 6 août 2011

 

Retour au texte

24
 

CLOUTIER, Jean-François. « Lucien Bouchard : 600 à 700$ par heure », Agence QMI, disponible sur http://fr.canoe.ca/infos/quebeccana..., consulté le 1er septembre 2011

 

Retour au texte

25
 

« Administrateurs d’Hydro-Québec », disponible sur http://www.hydroquebec.com/publicat..., consulté le 1er septembre 2011

 

Retour au texte

26

 

Il est intéressant de constater comment l’électrification des foyers lors du vingtième siècle – cheval de bataille de René Lévesque au Québec et de Lénine en URSS – autant qu’elle a été bienvenue par les classes populaires, fut aussi un excellent moyen pour la classe des grands propriétaires de consolider une base de consommateurs pour l’achat de plusieurs commodités nécessitant l’électricité (radio, télévision, réfrigérateurs, laveuses, sécheuses, etc.). Selon la logique du « nationaliser les coûts et privatiser les profits », l’électrification des domiciles devrait nous servir de questionnement quant à la valeur sociale réelle de la nationalisation de type centralisatrice.

 

Retour au texte

27

 L.R.Q., chapitre M-13.1. Le texte intégral est disponible en ligne.

Retour au texte

28
 

William AMOS, Estelle HJERTAAS et Matthew LÉTOURNEAU. « Mémoire d’Écojustice : l’industrie des gaz de schiste au Québec », Clinique de droit environnemental de l’Université d’Ottawa, 11 novembre 2010, p. 11.

 

Retour au texte

29

 

Mentionnons au passage que la compagnie Pétrolia possède des claims dans toute la région du grand Gaspé ; non seulement à Haldimand, mais aussi à York, à Corté-Réal, à Murdochville, jusqu’à l’entrée du Parc National de la Gaspésie, et plus encore. Si on se fie aux documents promotionnels préparés par Pétrolia pour leurs actionnaires présents et potentiels, la compagnie compte bel et bien exploiter tous les gisements disponibles dans la région. Sur le site internet de Pétrolia, toutes les régions du Grand Gaspé sont fichées ; on voit sur les fiches d’information la quantité prévue de pétrole que l’on pense y puiser, la formation géologique du sol, la superficie du claim, etc. Si cette entreprise ne s’avère pas être uniquement une bulle spéculative (voir l’histoire de Bre-X), on n’en serait donc qu’au début.

 

Retour au texte

30

L.R.Q., chapitre M-13.1, article 26.

Retour au texte

31

L.R.Q., chapitre E-24

Retour au texte

32

 L.R.Q., chapitre E-24, article 36.

Retour au texte