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Kinder Morgan: le géant du pétrole qui a emberlificoté
"Ti-Pet" Trudeau, le premier ministre du Canada

Dans un geste désespéré pour conserver le dernier projet d’oléoduc pétrolier vivant, le gouvernement du Canada a décidé d’acheté de Kinder Morgan le "Réseau d'oléoducs Trans Mountain" pour environ 4.5 milliards$.  Les taxes des canadiens vont servir à payer les montants d’argent que la compagnie a déjà dépensés sur le projet d’extension de l’oléoduc qui a une capacité de 300 00 bpd (barils par jour).  L’oléoduc va de la province de l’Alberta à la province de Colombie-Britannique et la proposition d’expansion serait en fait une double ligne qui triplerait sa capacité à 890 000 bpd.

 

 
 

« Non, vous ne passerez pas sur nos terres »

 
 

Le gouvernement de la Colombie-Britannique a juré d’empêcher le passage de l’oléoduc sur son territoire même si le gouvernement canadien soutient le projet.  Déjà l’opposition dans cette province a presque tué le projet… et pourrait même l’achever peu importe le risque pris par le gouvernement fédéral en nationalisant le réseau d’oléoducs. 

Selon la recherche de l’Agence de Presse Reuters, il semble que le Canada se soit fait emberlificoter par Kinder Morgan.  La compagnie pipelinière basée au Texas a structuré la transaction de telle façon qu’elle ne puisse pas perdre, même si le projet sombre dans l’impasse.  

La spécialiste des terminaux pétroliers et des oléoducs a négocié des ententes avec des prêteurs et des producteurs de pétrole afin de se protéger contre une dévaluation massive comme celle qu’a subi sa rivale TransCanada Corp et Enbridge Inc lors d’annulations de projets d’oléoduc, écrit l’Agence Reuters

Ces ententes comprennent l’obligation des producteurs de pétrole de payer même si le projet était bloqué par une quelquonque réglementation.  Aussi, les 26 prêteurs à Kinder Morgan ont accepté, lors de négociations, d’exempter la compagnie d’oléoduc de toute pénalité sur des prêts si le projet était reporté ou empêché par un ou des problèmes politiques.

Tous ces faits facilitèrent la décision de Kinder Morgan de renoncer à réaliser le projet elle-même. Ceci transfère une importante pression sur le gouvernement canadien pour qu’il règle la dispute entre les parties. Le premier ministre Justin Trudeau avait proposé d’indemniser le projet de tout risque, mais face à l’échéance finale du 31 mai 2018, il a décidé d’acheter le tout.

Brian Kessens, directeur de la gestion des investissements chez la firme Tortoise s’exclame : « Kinder Morgan a gagné »

La firme détient des parts dans Kinder Morgan Inc., et il a déclaré à Reuters qu’il était très satisfait « du prix d’achat ».  La direction de Kinder Morgan ne pouvait pas être plus d’accord, vantant le déboursé du Canada à son égard.

Steve Kean le PDG a déclaré : « C’est un grand jour, non seulement pour notre compagnie mais pour le Canada ».

Quant à savoir qui gèrera le projet d’oléoduc sous la propriété du gouvernement, Bill Morneau  le ministre des Finances du Canada espère pouvoir embaucher des gens de chez ….Kinder Morgan.

Les Première nations et les groupes environnementaux ont fustigé Trudeau d’avoir acheté le projet. 

« Nous sommes abasourdis et sous le choc que le gouvernement canadien utilise l’argent des contribuables dans un projet de transport de pétrole si controversé »

Pour sa part le grand chef Stewart Philip, président de l’Union des chefs amérindiens de Colombie-Britannique a dit au Toronto Star: « Nous ne reculerons pas peu importe qui achète ce projet d’oléoduc hors de coût et à la mort certaine ».

Dans un texte cinglant l’environnementaliste Bill McKibben du journal The Guardian, a traité Justin Trudeau de « nouveau PDG du pétrole » ajoutant que le bellâtre, le "bobo" le plus progressiste des chefs de bande du monde se lance dans la marre de l’industrie fossile.

Mais ce ne sont pas que les Amérindiens et environnementalistes qui tirent la salve, elle vient de tout côté. Même le Parti Conservateur du Canada (PCC) a critiqué le gouvernement d’avoir refilé la facture aux contribuables.

Kinder Morgan n’avait payé que 550 millions$ pour l’Oléoduc Trans Mountain en 2007.  Trudeau a décidé de fourcher 3.4 milliards$ pour un système qui a déjà plus d'une décennie d’usure sans aucun plan pour la construction de l’expansion du système.

 

 

« Les dirigeants de Kinder Morgan demandaient l’argent. Ils demandaient une certitude et un chemin pour faire construire le projet».   Le chef du Parti Conservateur du Canada Andrew Scheer dit : « Le premier ministre oblige les payeurs de taxes à défrayer les coûts de cet échec».

Évidemment, ce n’est pas tout le monde qui est contre le projet.  L’industrie du pétrole a bien accueilli la nouvelle tout en mettant en garde que cela ne devrait pas devenir la norme.  « Nous croyons que l’annonce d’aujourd’hui est basée sur des circonstances exceptionnelles » déclare en conférence de presse Tim McMillan le PDG de l’Association Canadienne des producteurs de pétrole (CAPP).  « Nous ne voulons pas nous retrouver une autre fois dans cette situation».

Le premier ministre Justin Trudeau cherchait désespérément à promouvoir le projet.  Il argumentait qu’il manquait de capacité d’exportation car les oléoducs de l’Alberta fonctionnent presque à leur maximum possible.  Les producteurs canadiens perdent environ 15 milliards$ de ventes annuellement à cause de l’incapacité de livrer.   

Il est vrai qu’à ce chapitre, le coût du bouchonnement des oléoducs canadiens continue de plomber les profits de l’industrie du pétrole.  Le Western Canada Select (WCS), un type de pétrole brut lourd résultant d'un ensemble de 19 variétés de bitume issu des sables bitumineux de l'Athabasca a subit un rabais important face au pétrole brut WTI (qui en retour a vu ses rabais s’élargir pour englober le pétrole Brent) par baril cette semaine, plus que 20$ de moins que WTI et près de 30$ de moins que le Brent.  Malgré que certains rabais soient dus aux coûts de transport et à des enjeux liés à la qualité des hydrocarbures.  La différence de prix a explosé durant l'année 2017 pendant que les disponibilités d’écoulement sont disparues de l’Alberta.

Cependant, le problème pour Trudeau réside dans le fait qu’il n’est pas certain que l’achat de l’oléoduc de Kinder Morgan règle les enjeux principaux.

La plan consiste à acheter un système d’oléoduc, de faire disparaître les obstacles politiques et de revendre le tout à une compagnie privée. 

Mais il reste à voir si le gouvernement fédéral pourra « bulldozer » le gouvernement de la Colombie-Britannique et obtenir son assentiment à l’effet de réaliser le projet.

En plus, le gouvernement de Trudeau n’a pas d’acheteur potentiel dans sa mire pour reprendre le projet plus tard.

Dans une déclaration moins qu’optimiste le ministre des Finances Bill Morneau a déclaré que le gouvernement ne veut pas être propriétaire de l’oléoduc sur une grande période de temps, mais il a admis qu’il pourrait en être le propriétaire à moyen terme et il s’est bien retenu d’élaborer sur ce que cela pourrait vouloir dire!

Sa déclaration suggère que l’expansion de l’oléoduc Trans Mountain n’est pas près de se réaliser à court terme.

 
 

Vos taxes vont payer des primes de rétention d'administrateurs

 
 
 

Le 4 juin 2018, le journal La Presse publiait que Kinder Morgan Canada allonge des primes de 1,5 million à deux hauts dirigeants afin de s'assurer qu'ils restent au sein de l'entreprise dans la foulée de la vente de son pipeline Trans Mountain au gouvernement fédéral. 

Dans un document réglementaire daté du 29 mai 2018, la compagnie affirme avoir approuvé les paiements à son président Ian Anderson et à David Safari, vice-président à l'expansion du pipeline Trans Mountain.  Les primes seront versées en parts égales en juillet 2019 et en juillet 2020.

Les versements sont conditionnels au maintien de l'emploi jusqu'à chaque date.

Le document est daté de la journée où le ministre des Finances, Bill Morneau, a annoncé l'acquisition des actifs du pipeline.

Il précise que le gouvernement compte sur le maintien de l'emploi du personnel clé des pipelines pour s'assurer que le projet de 7,4 milliards$ visant à tripler la capacité de l'oléoduc qui relie Edmonton à Burnaby, en Colombie-Britannique, soit mené à terme.

Le document indique également que Kinder Morgan Canada a résilié et remboursé une facilité de crédit renouvelable de 5,5 milliards$ auprès de la Banque Royale.   Ottawa doit fournir des garanties de prêt pour toutes les dépenses réalisées par la compagnie pour le projet d'ici à ce que le pipeline soit vendu.

Kinder Morgan soumettra la transaction au vote de ses actionnaires avant la fin du mois de juillet 2018. S'ils approuvent la vente, celle-ci sera conclue en août ou en septembre de la même année.

La construction du projet devrait être terminée dans environ deux ans et demi.

 
 

L’industrie du pétrole fait un pied de nez à Trudeau

 
 

 

Et pour bien montrer que l’achat du projet moribond et le sauvetage de l’argent des actionnaires de Kinder Morgan ne sauraient influencer les décisions de l’industrie, contrairement aux vœux du premier ministre du Canada, ils demandent encore en 2018 des haussent de leurs capacité de Production.

L'agence de presse AFP expliquait déjà le 13 juin 2017 que les compagnies pétrolières avaient prévu d’augmenter fortement leur production au Canada, véritable pied-de-nez au premier ministre Justin Trudeau qui a promis durant sa campagne électorale, une sortie à terme de l’exploitation des sables bitumineux pour respecter les objectifs environnementaux.

Sixième producteur de pétrole au monde, le Canada prévoit de produire 5,1 millions de barils par jour (mb/j) d’ici 2030, soit 1,2 million de barils de plus que le niveau actuel, a annoncé l’Association canadienne des producteurs pétroliers (ACPP).

Cette production supplémentaire proviendra en totalité de l’exploitation des sables bitumineux (3,7 mb/j en 2030 contre 2,4 mb/j en 2016).

En tout début d’année, le chef du gouvernement avait estimé que le Canada devait «mettre un terme progressivement» à l’exploitation des sables bitumineux dans l’Alberta (ouest).

«Nous devons préparer la transition (énergétique) pour rompre notre dépendance aux énergies fossiles», avait aussi promis Justin Trudeau deux mois après avoir donné son aval à l’augmentation de capacité de deux oléoducs dans l’Ouest du pays.»

Vous aurez compris que c'est du grand cirque ordinaire!

 

Source:  par Nick Cunningham de Oilprice.com et JosPublic de MétéoPolitique.com

Choix de photos et de texte, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Mise à jour le 5 juin 2018

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

TransCanada une «culture de non-conformité» des règles anti fuite de pétrole

  Jean Charest, un lobbyiste pour TransCanada Pipelines et de connivence avec l'ONÉ

  Fiche : Le pétrole

Notes & Références encyclopédiques:

 

Notes & Références encyclopédiques:

qui a emberlificoté "Ti-Pet" Trudeau...

 

Justin Trudeau  le premier ministre du Canada aime porter des bas qui le démarquent de ses pairs.

Comme dans bien des pays, les gens publics sont souvent coiffés de sobriquets.  Dans le monde de la musique c'est courant avec les King, Duke ou Earl ajoutés au nom de l'artiste. Au Québec, en politique, René Lévesque était affectueusement surnommé "Ti-Poil" car il avait peu de cheveux et une mèche rebelle qui était immanquable. 

Le père de Justin Trudeau portait le nom de Pierre-Eliott Trudeau, les trois premières lettres mises ensemble forment le mot "Pet".  Les québécois ont de plus en plus utilisé le sobriquet de Pet Trudeau après que ce premier ministre canadien eut lancé publiquement lors d'une manifestation des grévistes du sous-traitant des postes, la compagnie Lapalme, de "manger d'la marde" (sic).  En 2018, on constate la vacuité du personnage Trudeau fils et son attitude lui mérite maintenant le sobriquet de "Ti-Pet" Trudeau, puisqu'il est à tout point de vue, même dans les insultes, une pâle copie de son père.

 

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La spécialiste des terminaux pétroliers et des oléoducs a négocié des ententes...

 

How Kinder Morgan won a billion-dollar bailout on Canada pipeline.

Comment Kinder Morgan a gagné un milliard$ en sauvetage d'un projet d'oléoduc canadien.

U.S. energy firm Kinder Morgan’s C$4.5 billion sale of an oil pipeline to Canada’s government marked an extraordinary escape from months of fraught negotiations among warring camps of Canadian officials. - Sur Agence de presse Reuters Business News, May 30, 2018

 

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Stewart Philip , le président de l'Union des chefs amérindiens de la Colombie-Britannique à dit au Toronto Star...

 

Justin Trudeau’s $4.5 billion Trans Mountain pipeline purchase met with a storm of criticism – L'achat de l'oléoduc Trans Mountain par Justin Trudeau pour 4.5 milliards$ subit une tempête de critiques. - Sur The Star (Toronto), le 29 mai 2018

 

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Dans un texte cinglant l'environnementaliste...

 

Un texte de
Bill McKibben

 

Say hello to Justin Trudeau, the world's newest oil executive - Dites bonjour à Justin Trudeau le plus récent PDG de l'industrie du pétrole. The Canadian prime minister presents himself as a climate hero. By promising to nationalise the Kinder Morgan pipeline, he reveals his true self - Sur The Guardian, le 30 mai 2018

 

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«Nous ne voulons pas nous retrouver une autre fois dans cette situation»...

 

Trudeau's Pipeline Takeover Is a Bittersweet Win for Oil Sands
La prise de contrôle d'un oléoduc par Trudeau est une victoire mi-figue mi-raisin pour les sables bitumineux. - Par Robert Tuttle and Kevin Orland on Bloomberg, 30 mai 2018

 

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Le gouvernement ne veut pas être propriétaire de l'oléoduc sur une grande période de temps...

 

 

Bill Morneau
Ministre des Finances du Canada en 2018

Trudeau government to buy Kinder Morgan’s Trans Mountain for $4.5-billion - Le gouvernement Trudeau achèterait Trans Mountain de Kinder Morgan pour 4,5 milliars$. - Sur The Globe & Mail le 29 mai 2018

 

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