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Le Japon empoisonne lentement et surement la Terre entière comme suite à la catastrophe nucléaire
La fusion nucléaire de Fukushima se poursuit en 2017

La Dr Helen Caldicott nous remet sur les rails en commentant les dernières nouvelles provenant du Japon

Nous savions qu'à terme la pollution se rendrait inéluctablement chez chacun de nous peu importe notre lieu de résidence sur Terre.   À l'époque de l'événement, le dire nous méritait le titre de complotiste.   Pourtant nous savons que la pollution voyage par l'air, par l'eau, mais aussi par la nourriture qui se retrouve aujourd'hui dans un marché mondialisé et des poissons de l'océan Pacifique sont déjà à proscrire de notre régime alimentaire.  

Dr Helen Caldicott

 Les tares politiques de ce dossier résident dans quelques faits:

1-en février 2017, la centrale émet toujours autant de radiations;
2-l'eau contaminée continue de se répandre dans l'océan Pacifique;
3-les statistiques de maladies liées sont triturées par le gouvernement japonais à la solde de l'industrie nucléaire;
4-une législation du nouvel ami de Donald Trump, le premier ministre Shinzo Abe rend criminelle la publication d'information sur le sujet.

Voici dont une indigestion de mauvaises nouvelles pour ceux et celles qui souhaitent que leur progéniture vive dans un environnement sain.   À leur grand dam il n'y aura pas de nouvelle planète où se cacher avant 1 000 ans.   Les plus chanceux ont présentement 70 ans et plus.   Ils n'auront pas à vivre la situation où toute la nourriture sera irradiée et où les barils de déchets nucléaires que l'on cache dans le fond de l'océan arriveront à leur fin de vie utile.   Encore merci aux ingénieux du nucléaire.

                                                                                                       -  JosPublic

 
 
 
 

Des robots cuisent sur place

 
 

Le Dr Helen Caldicott explique les photos prises par les robots des réacteurs nucléaires de Fukushima Daichii : les niveaux de radiation n’ont pas culminé, mais ont continué de répandre des déchets toxiques dans l’Océan Pacifique, mais c’est seulement maintenant que les dégâts ont été photographiés.

Le récent rapport sur des mesures de radiations énormes dans l’Unité 2 de la centrale nucléaire de Fukushima Daichii ne signifie pas qu’il y a un sommet des radiations dans le bâtiment du réacteur.

Tout ce qu’il indique, c’est que, pour la première fois, les Japonais ont été capables de mesurer l’intensité des radiations délivrées par le combustible en fusion, alors que chaque tentative précédente avait été un échec parce que la radiation est tellement intense que les composants du robot ont été fonctionnellement détruits.  La mesure est de 530 sieverts, soit 53 000 rems (Roentgen Equivalent for Man).   La dose à laquelle la moitié de la population exposée mourrait est de 250 à 500 rems, donc c’est une mesure massive.

Les circuits électriques des robots ont été attaqués par les radiations et ces derniers sont hors-service.

Il est fort probable que si le robot avait pu pénétrer plus profondément à l’intérieur de la cavité, la mesure aurait été bien plus grande.

Ces faits illustrent pourquoi il sera à peu près impossible de "démanteler" les unités 1, 2, 3 car nul humain ne pourra jamais être exposé à une radiation aussi intense.   Ce fait signifie que Fukushima Daichi demeure une tache diabolique sur le Japon et sur le monde pour le reste de l’histoire de l’humanité, situé comme il est sur des zones actives de tremblements de terre.

Ce que les photos prises par le robot révèlent, c’est que quelques-uns des soutiens structurels de l’Unité 2 ont été endommagés.   Il est vrai aussi que les quatre bâtiments avaient été structurellement endommagés par le tremblement de terre initial il y a plus de cinq ans et par les explosions d’hydrogène consécutives, aussi s’il y avait un tremblement de terre supérieur à 7 sur l’échelle de Richter, il est très possible qu’une ou plus de ces structures s’effondre, conduisant à une émission massive de radiations si le bâtiment s’effondre sur le coeur en fusion en-dessous.

Mais les Unités 1, 2 et 3 contiennent aussi les piscines de refroidissement avec des barres de combustible extrêmement radioactif - 392 dans l’Unité 1, 615 dans l’Unité 2, 566 dans l’Unité 3 ; si un tremblement de terre venait à faire une brèche dans une piscine, le rayonnement gamma serait tellement intense que le site devrait être évacué définitivement.   Le combustible de l’Unité 4 et des piscines de refroidissement a été enlevé.

 

L'eau irradiée, un problème insoluble pour Tepco.
Déjà des millions de tonnes d'eau irradiée sont entreposées sur le site de Fukushima Daiichi

 
 

Mais il y a plus à craindre

 
 

Le complexe a été construit au bord d’une chaîne de montagnes et des millions de litres s’écoulent quotidiennement sous le complexe, provoquant une liquéfaction partielle de la terre.   Comme cette eau coule par en-dessous sur les réacteurs endommagés, elle est en contact avec les trois coeurs en fusion et devient extrêmement radioactive en continuant sa route vers l’Océan Pacifique proche.

Chaque jour depuis le début de l’accident, 300 ou 400 tonnes d’eau se sont écoulées dans le Pacifique, où de nombreux isotopes – comprenant du cesium 137, 134, strontium 90, tritium, plutonium, americium, et plus de 100 autres - et se concentrent dans la chaîne biologique en augmentant à chaque étape de la chaîne alimentaire - algues, crustacés, petits poissons, gros poissons, puis nous.  Les poissons parcourent des milliers de kilomètres et les thons, les saumons, et d’autres espèces trouvées sur la côte ouest américaine contiennent maintenant quelques-uns de ces éléments radioactifs qui sont sans goût, sans odeur et invisibles.   Entrant dans le corps humain par ingestion, ils se concentrent dans différents organes, irradiant les cellules voisines pour de nombreuses années.  

Le cycle du cancer est lancé par une seule mutation d’un seul gène régulatoire dans une seule cellule, et la durée d’incubation pour le cancer va de 2 à 90 ans.   Aucun cancer ne définit son origine.

 
«

Nous pourrions pêcher du poisson radioactif en Australie, ou le poisson importé pourrait contenir des isotopes radioactifs, mais à moins qu’ils ne soient soigneusement testés nous ne saurons jamais.

»
 

En même temps que l’eau des montagnes qui atteint le Pacifique depuis l’accident, TEPCO a pompé quotidiennement plus de 300 tonnes d’eau de mer sur les réacteurs endommagés pour les refroidir.  Elle est extrêmement radioactive et est re-pompée puis stockée dans 1200 énormes réservoirs éparpillés sur le site de Daichii.  Ces réservoirs ne pourraient supporter un gros tremblement de terre et pourraient se briser, répandant leur contenu dans l’océan.

Réservoirs d'eau contaminée

Même si cela n’arrive pas, TEPCO va bientôt être à court d’espace de stockage et est en train d’essayer de convaincre les pêcheurs locaux que ce serait bien de déverser l’eau dans l’océan.   Le RCF comme les rayons X délivré par ces réservoirs est très élevé - 10 millirems - et présente un danger pour les travailleurs.   Il y a plus de 4 000 travailleurs chaque jour sur le site, beaucoup recrutés par les Yakuzas ( la mafia japonaise ), comprenant des sans-domiciles, drogués et déséquilibrés mentaux.

Il y a un autre problème.   Comme les coeurs en fusion émettent continuellement de l’hydrogène, explosif, TEPCO pompe de l’azote pour diluer les dangers de l’hydrogène.

De vastes surfaces au Japon sont maintenant contaminées, comprenant certaines parties de Tokyo, si radioactives que la poussière des rues mesurant 7 000 becquerels par kilo serait considérée comme bonne à enterrer comme déchet radioactif aux USA.

Comme expliqué précédemment ces éléments radioactifs se concentrent dans la chaîne alimentaire.   La Préfecture de Fukushima a toujours été considérée comme un grenier alimentaire pour le Japon et bien qu'une grande partie du riz, des légumes et des fruits cultivés ici soit radioactive, il y a une grosse pression pour vendre cette nourriture à la fois sur le marché japonais et à l’étranger.

Taiwan a banni la vente de nourriture japonaise, pas l’Australie ni les USA.

 
 

La vérité cachée

 
 

Le Premier Ministre Shinzo Abe a fait récemment adopter une loi selon laquelle tout journaliste disant la vérité sur la situation est passible de 10 ans de prison.  

De plus les médecins disant à leurs patients que leur maladie pourrait être due aux radiations, ne seront plus payés, ainsi il y a un immense silence tant au Japon que dans les médias globaux.

Le premier ministre du Japon Shinzo Abe (à droite) et le ministre des Finances Taro Aso

Le Comité Préfectoral de Santé de Fukushima surveille seulement les cancers de la thyroïde dans la population et en juin 2016, 172 cas de personnes de moins de 18 ans au moment de l’accident ont développé ou sont susceptibles de cancer de la thyroïde ; l’incidence normale dans cette population est de 1 ou 2 cas par million.

Cependant, d’autres cancers et leucémies causés par les radiations ne sont pas documentés de façon courante ainsi que ni les malformations congénitales, qui étaient et sont, répandues dans la population exposée de Tchernobyl.

Argument ultime, ces réacteurs ne seront jamais nettoyés ni démantelés car une telle tâche est humainement impossible.   Donc ils continueront à déverser de l’eau dans le Pacifique jusqu’à la fin des temps et menaceront le Japon et l’hémisphère Nord avec des rejets massifs de radiations s’il y avait de nouveau un gros tremblement de terre.

 

TV : « Cellule de crise », de Paris à Fukushima, les secrets d’une catastrophe

 

Source: Independant Australia. Traduction libre de droits qui peut être reproduite par PapiJef
Texte original en anglais ici:

Choix de photos, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Publication : 22 février 2017

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

  Fukushima et l'inspirante expertise des ingénieurs du nucléaire

  Tous les textes de Michel A. Duguay sur cette partie du site

   Fiche: Nucléaire

  Notes & Références encyclopédiques: 

Qui est Shinzo Abe

 
 

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 Image de fond: Centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi (福島第一原子力発電所