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Catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon
La centrale de Daiichi et la grande tricherie des ingénieurs du nucléaire

Devant la situation qui prévaut à Fukushima ( 01 ), il faut être malhonnête pour suggérer que l'industrie nucléaire sait y faire en toute sécurité pour les populations. Depuis le début de la catastrophe, les ingénieurs démontrent leur incompétence devant ce qu'ils auraient dû prévoir, puisqu'ils ont inventé ce monstre. Ils ont présenté leur science comme si elle était aboutie, en minimisant toujours les risques, moins chers que tout autre moyen de production énergétique, tant que l'on ne compte pas la disposition des déchets nucléaires et les coûts sociaux suite à un incident comme à Fukushima. Il faut bien avouer que la chaîne de connaissance de l'école à la pratique est viciée.

La centrale nucléaire de Daiichi va d'avaries en avaries, le tout recouvert d'une telle turpitude politique que c’en est étourdissant. Rien pour enjoliver une profession déjà mal en point au Québec. Après la corruption, voilà l'incompétence et dans le présent cas, il semble qu'elle soit mondiale. Voici trois facettes de cette histoire.

 
 
 

Éditorial par JosPublic

 
 

 Paul-Hus me racontait que du fond de la salle, il les regardait passer l'examen qui prouverait qu'ils seront d'excellents ingénieurs en nucléaire. Ce n'est pas rien.... cela est complexe et dangereux le nucléaire, d'autant plus que c'est le même qui sert pour les bombes que pour produire de l'électricité, très utile d'ailleurs pour faire bouillir l'eau nécessaire à déguster un bon thé chaud.
 
 Il savait que certains étudiants avaient tenté de trouver les réponses de l'examen sur internet et plusieurs s'en servaient durant l'examen, mais pas question d'intervenir. Il voulait surtout éviter les luttes avec son directeur de département... stratégie de carrière bien sûr! ( 08 )

Après tout, il avait bien compris la directive ministérielle qui stipulait d'augmenter le nombre de diplômés.es. Comprenez, cela attire les riches étudiants étrangers et là on loue des logements, on vend de la bouffe, ils ajoutent leur gros pécule d'immigrants temporaires à l'économie locale. Si c'est bon pour eux, c'est bon pour moi se dit mon Paul-Haus. Toc voilà!

Ce n'était pas la première fois que Paul-Hus m'exprimait tout le bien qu'il pensait du détachement que lui procurait son poste d'enseignant d'une matière aussi dangereuse.

Dans un centre d'hébergement temporaire,
les résidents du périmètre radioactif de Fukushima

Il n'était pas obligé de dénombrer les morts, les délogés, et toutes les autres personnes à la vie gâchée comme les 82 000 personnes déplacées de Fukushima.

Ceux qui en plus de soigner leur cancer probable, alimentent les statistiques des établissements de grand savoir. Là où on enseigne l'honneur de faire avancer la science. Chaque expérience négative ou positive nous permet d'améliorer notre sort.. he, bon! Disons, celle de l'humanité.

De toute façon, j'enseigne la théorie, me disait-il. N'ayant jamais travaillé sur un chantier, il n'avait aucune idée de tout ce qui peut aller mal dans l'organisation du travail pour contrer des plans théoriques.

De la mauvaise qualité des équipements, à la pression des sous-traitants qui, dans la course au profit sur les contrats, accélèrent la cadence tout en diminuant le nombre de salariés;

aux gestionnaires qui, sous prétexte d'économie au budget, ne remplaceront pas des pièces usées ou qui diminueront les inventaires selon des règles apprises aux Hautes études commerciales;

aux vendeurs de pièces qui, pour sauvegarder leur marge de profit, offrent du réusiné au lieu des pièces d'origines.

Il y avait chez lui une confortable indifférence aux risques qu'il faisait courir aux autres. Il se sentait bien à enseigner à l'abri de ces velléités quotidiennes. Malgré son attitude, on le consultait souvent sur la sécurité des règles d'opération du nucléaire.

Lorsque ça brassait trop, il préparait pour les "autorités de réglementation" des analyses sécurisantes en évaluant les probabilités d'accident nucléaire. Des pages et des pages de règles de procédures en cas d'accident.

Le tout bien relié dans de gros cahiers à anneaux que les employés.es d'une salle de contrôle d'une centrale nucléaire auront à consulter sur place lors d'un accident....s'ils ne s'enfuient pas sur le coup de la peur.

Pour revenir aux étudiants, il savait bien que malgré un examen réussi nombreux seront ceux et celles qui théoriseront sans vraiment connaître la chose. Au-delà des connaissances, il leur faudra la curiosité, le goût d'approfondir, le risque du terrain, me disait-il, la plupart seront de bons tâcherons qui appliqueront les décisions de leur supérieur hiérarchique. L'important est que le patron sache qu'ils ont fait l'effort de comprendre et qu'ils ont bien répondu aux questions de leurs maîtres. Les universités en seront récompensées par les dons des gens d'affaires à la fondation.

Combien d'anciens étudiants se tiendront debout pour défendre les connaissances qu'ils et elles ont acquises? Combien revendiqueront l'application des règles de sécurité au risque de s'opposer directement aux profits des entreprises ? Difficile à dire.

Au Canada, seulement quelques personnes ont dénoncé des pratiques douteuses de l'industrie, et majoritairement ils et elles n'étaient pas à l'emploi d'une compagnie qui opérait une centrale. ( 07 ) Peur de perdre leur emploi ? D'être mis au ban de la société? Que feront-ils en cas d'un incident nucléaire en Ontario, comme celui de Fukushima au Japon ?

Eh ben, je crois que les confidences de Paul-Hus viennent de me donner la réponse.

Ils feront comme les ingénieurs du Japon. Certains se mortifieront sur la place publique, d'autres profiteront de l'occasion pour se lancer en affaires saisissant l'occasion de s'enrichir en trouvant des logements aux sinistrés. Chacun et chacune avec la conscience ou non, d'avoir une conscience!

Toshiso Kosako

Effondré et en larmes, Toshiso Kosako, le conseiller du Premier ministre en affaires nucléaires a annoncé sa démission lors d'une conférence de presse émouvante.

Ses préconisations seraient ignorées et la santé de centaines d'écoliers sacrifiée par le relèvement des doses admissibles de radioactivité

Ce conseiller, qui enseigne à l'université de Tokyo, a annoncé sa démission le 1er mai 2011 du poste de conseiller chargé des questions nucléaires auprès du premier ministre japonais, Naoto Kan.

Kosako a expliqué qu'il ne pouvait cautionner les niveaux inappropriés d'exposition limite aux radiations que le gouvernement a fixé pour les écoles élémentaires situées dans la région de la centrale de Fukushima.

c'était le 29 avril 2011 Agence de presse Reuters ( 02 )

 

 

Liste des échecs des ingénieurs à protéger la population japonaise
de leur aventure d'apprentis sorciers nucléaires

 
 

11 mars 2011

À 14 h 46 heure locale, se produit un séisme de magnitude 9, le plus important jamais mesuré au Japon. L'épicentre est situé au large du nord-est du Japon, à 130 km des côtes.

Un tsunami survient cinquante minutes plus tard, qui déferle sur la côte orientale du pays. Construite pour résister à des phénomènes moins importants, la centrale de Fukushima-Daiichi est entièrement dévastée et les systèmes de secours pour le refroidissement du cœur des réacteurs cessent de fonctionner.

Les ingénieurs n'avait pas prévu le coup, malgré le fait qu'il vivent sur une îles à fort impact tellurique...

Test de la glande tyroïde d'une ex-résidente de Fukushima

12 au 14 mars 2011

Des explosions vont toucher successivement les réacteurs 1, 3, puis 2. Les trois autres réacteurs de la centrale étaient à l'arrêt avant le séisme. L'exploitant de la centrale, Tokyo Electric Power (Tepco), confirme une fusion en cours dans les trois premiers réacteurs. L'accident est classé au niveau 7, le plus élevé de l'échelle de gravité.

Les ingénieurs ne savent plus quoi faire car ils ne peuvent s'approcher du lieu contaminé, à moins d'y laisser leur vie. Ils trouveront plus tard des tâcherons pour les remplacer.

Penaud les ingénieurs du nucléaire de Tepco ( 03 )

1er – 6 avril 2011

520 m3 d'eau contaminée, ayant servi au refroidissement du réacteur 2, s'écoulent dans l'océan. Dans les jours suivants, Tepco est autorisé à déverser dans la mer 10 000 tonnes d'eau "légèrement contaminée".

Les ingénieurs ne savent pas comment décontaminer l'eau en si grande quantité, alors ils recommandent de tout balancer à la mer!

Fin juin 2011

Tepco estime stocker plus de 100 000 tonnes d'eau contaminée ayant servi à refroidir les réacteurs. Chaque jour, 500 tonnes d'eau viennent s'y ajouter.

Les ingénieurs sont dépassés par la quantité d'eau à traiter et polluée par la radiation.

Mai 2012

Les séismes qui se multiplient dans la région menacent les installations de fortune mises en place pour refroidir les réacteurs endommagés ou les fragiles systèmes d'injection d'azote destinés à limiter les risques d'explosion d'hydrogène. Elles pourraient aussi provoquer des problèmes au niveau des piscines de barres de combustible, notamment celle du réacteur 4.

Les ingénieurs n'avaient pas prévu d'autres secousses sismiques après la première.

À gauche une tomate irradiées en provenance de Fukushima

12 octobre 2012

Tepco reconnaît pour la première fois avoir minimisé les risques de tsunami par crainte de devoir fermer la centrale pour entreprendre des travaux.

Les ingénieurs propriétaires et autres actionnaires ont choisi le profit avant la sécurité de la population.

Un beau blé d'inde version nucléaire Fukushima

Mi-mars 2013

Un rat cause un court-circuit et entraîne une panne qui paralyse durant près de trente heures une partie des systèmes de refroidissement des piscines de désactivation du combustible usé.

A la mi-avril, le système de refroidissement de la piscine 2 sera de nouveau stoppé quelques heures en raison d'un rongeur.
 

Les ingénieurs n'avaient pas prévu que la vie ne se passe pas dans une salle de conférence et que la biodiversité des animaux qui doivent comme nous survivre influe sur nos propres machinations.

5 et 7 avril 2013

Les premières fuites d'eau radioactive sont repérées dans les réservoirs de stockage 2 et 3, creusés dans le sol. Pour accueillir les 400 tonnes d'eau contaminée produites chaque jour, Tepco a installé des dizaines de citernes et creusé sept réservoirs. L'entreprise espère purifier l'eau et pouvoir ensuite la larguer dans l'océan. Mais deux jours plus tard, elle admet n'avoir "pas suffisamment de citernes solides en construction pour accueillir l'eau des réservoirs souterrains".

Les ingénieurs n'ont pas prévu.....

25 juin 2013

Tepco annonce avoir détecté du tritium (isotope radioactif de l'hydrogène) dans l'océan, à des valeurs inférieures aux limites légales. Cinq jours plus tard, un rayonnement bêta est enregistré au fond d'un puits d'observation des eaux souterraines, signe de la présence de strontium. Le 10 juillet, c'est une brusque montée des taux de césium qui est mesurée dans la nappe phréatique, en bordure de mer.

Les ingénieurs ne savent plus quoi faire pour affronter le strontium et le césium...

18 juillet 2013

Un dégagement de vapeur se produit du côté d'une piscine de stockage de matériel du réacteur numéro 3. Tepco n'en connaît pas l'origine.

Il faudrait lire ici que les ingénieurs spécialisés en nucléaire n'en connaissent pas l'origine.

22 juillet 2013

Tepco revient sur sa théorie selon laquelle l'eau chargée de tritium, de strontium, de césium et autres éléments radioactifs stagnait sous terre. L'opérateur avoue qu'elle atteint l'océan. Il affirme toutefois que l'impact de cette fuite s'avère limité. "Les données sur l'eau de mer ne montrent pas d'augmentation anormale des taux de radioactivité", assure le porte-parole du groupe.

Ici c'est de la langue de bois inventée par les ingénieurs, déjà ils qualifient des produits dangereux ayant des demie vie de 500 ans pour ne pas dire une vie de 1000 ans.... taux anormal par rapport à normal? Qu'est-ce que c'est que ça ? Il devrait y avoir un taux normal de tritium, stontium, de césium dans la mer sans avoir une centrale nucléaire qui fuit?

7 août 2013

Le gouvernement japonais finit par publier une estimation de la quantité des fuites d'eau radioactive : ce sont 300 tonnes d'eau contaminée qui se déversent chaque jour dans l'océan Pacifique. Tepco les estime, en termes de radioactivité, entre 20 000 milliards et 40 000 milliards de becquerels entre mai 2011 et juillet 2013.

Oups! c'était pas prévu dans mes cours dit l'ingénieux...

9 août 2013

Tepco annonce avoir creusé un puits et commencé à pomper l'eau souterraine contaminée.

Enfin une invention ingénieuse! Un puits...ayoye...toute une invention.

Manifestation quotidiennes devant le siège social de Tepco

20 août 2013

Des flaques d'eau radioactive, dues à l'écoulement d'un réservoir, sont repérées sur le sol de la centrale nucléaire. Tepco tente de pomper ce liquide pour éviter une extension de la contamination du site.

Récupérons quelques flaques sur le sol se disent les ingénieurs, les journalistes oublieront ce qui fuit au quotidien dans la mer.
 

21 août 2013

L'autorité de sécurité nippone qualifie la fuite du réservoir d'"incident grave", de niveau 3 sur l'échelle internationale des événements nucléaires (INES), et non plus comme une "anomalie" de niveau 1 comme elle l'avait jugée dans un premier temps.

Des cadres de Tepco s'excusent devant des représentants de l'arrondissement de Fukushima

C'est la première fois depuis la catastrophe que l'autorité de sûreté diffuse une alerte INES. Quelques jours plus tard, lors d'une visite du ministre de l'économie japonais, Tepco fait part de son intention de consulter des experts étrangers pour traiter la fuite.


Tiens les ingénieurs locaux ne font plus l'affaire....maintenant on traite le problème avec des statistiques et on demande de l'aide à d'autres ingénieurs nucléaires qui n'ont jamais vécu la situation!

31 août 2013

Des niveaux de radioactivité extrêmement élevés sont enregistrés à proximité des réservoirs d'eau contaminée, sans que la cause de cette hausse soit connue. Les niveaux mesurés vont de 70 millisieverts/heure (plus que la limite annuelle admise de 50 millisieverts) à 1 800 millisieverts/heure, soit 36 fois la dose maximum autorisée en un an pour un travailleur de la centrale.

Mais comme le gouvernement a augmenté la dose permise annuellement depuis l'accident... cela signifie que chaque travailleur qui oeuvre là vient de recevoir une confirmation de cancer imminent!

3 septembre 2013

Le gouvernement japonais annonce le déblocage d'un plan d'aide de 359 millions d'euros après la réunion d'une cellule de crise. Une commission ministérielle chargée de l'eau contaminée est créée, et trois grands objectifs sont annoncés : réduire les sources de contamination, empêcher la pollution des eaux souterraines qui passe dans les réacteurs avant de se déverser dans l'océan et construire des digues pour empêcher l'eau de s'écouler dans le Pacifique.

Wow! Deux ans plus tard...un plan et de l'argent pour faire ce que personne ne sait faire devant la situation qui, elle, provient de l'ingénierie du nucléaire. Rien de tout cela ne serait arrivé si le Japon s'était servi de la marée motrice pour produire de l'électricité (puisque c'est une ile en mer) ou des éoliennes ou le soleil. Mais là c'était trop simple pour les ingénieurs du nucléaire. Et comme l'explique ci-bien le professeur Theodore B. Taylor «
L’usage constructif et l’usage destructif de la technologie nucléaire sont étroitement imbriqués». Tant qu'on voudra avoir des bombes nucléaires militaires, il faudra une industrie nucléaire civile pour faire rouler l'économie de la mort.» ( 06 )

20 février 2014

Une nouvelle fuite d'eau contaminée a été constatée sur la partie supérieure d'un des nombreux énormes réservoirs installés à la centrale accidentée de Fukushima, a annoncé jeudi 20 février 2014 l'opérateur, Tokyo Electric Power (Tepco).

Encore le problème d'eau contaminé. Préparons-nous, la seule solution des ingénieurs sera de tout verser à la mer! Tuer la ressource des pêcheurs japonais et des pays limitrophes ce n'est pas grave, eux ils pourront toujours travailler dans d'autres centrales nucléaires. L'impact sur la chaîne alimentaire reviendra hanter leurs enfants, mais ça, c'est trop loin, ils ne seront déjà plus de ce monde.


Voir la dispersion de la radioactivité déjà en cours dans l'océan Pacifique. ( 09 )

 
 

Fukushima: avaries en série et turpitude politique

 
 

Il ne se passe pas une journée sans la découverte de problèmes plus ou moins graves à la centrale Fukushima Daiichi ravagée par le tsunami du 11 mars 2011 ( 04 ). L'accident a entraîné une situation inédite avec quatre réacteurs très endommagés et l'émission de grandes quantités d'éléments radioactifs dans l'air, les sols et les eaux de la région.

Parmi les problèmes immédiats auxquels sont confrontés les autorités Tepco, la gestion de l'eau contaminée, accumulée dans les sous-sols du site et dans un millier de gigantesques réservoirs est un des plus ennuyeux auquel aucune solution pérenne n'a été trouvée jusqu'à présent.

Par ailleurs, un thermomètre de la partie basse de la cuve sous pression du réacteur 2 serait tombé en panne mercredi à la suite d'un court-circuit lors d'une opération de maintenance, a précisé l'agence Kyodo, ce qui n'en laisse qu'un seul fonctionnel sur les 9 présents à l'origine.

Auréolé de la victoire écrasante de son Parti libéral démocrate (PLD, droite) ( 04 ) sur ses adversaires de centre-gauche, il s'était rendu à la centrale trois jours seulement après son arrivée au pouvoir.

Mais cette fois, c'est un Shinzo Abe davantage sous pression qui est revenu sur les lieux de la pire catastrophe nucléaire depuis celle de Tchernobyl en 1986.

Du coup, M. Abe a profité de ce déplacement très médiatisée pour ordonner à l'exploitant, Tokyo Electric Power (TEPCO), de régler une fois pour toutes «le problème de fuites d'eau» contaminée et de «fixer un calendrier».

Car son gouvernement, comme d'ailleurs Tepco qui a très longtemps tardé à reconnaître la gravité de la situation et des rejets massifs d'eau contaminée dans l'océan Pacifique, sont sous le feu des critiques depuis des semaines pour leur gestion de cette crise.

Face à la persistance inquiétante du problème des fuites d'eau contaminée qui se déverse massivement dans l'océan Pacifique voisin, des medias ont encore récemment épinglé le Premier ministre, notamment pour avoir affirmé devant le Comité international olympique (CIO) le 7 septembre que la situation était «sous contrôle».

Venu à Buenos Aires défendre avec succès la candidature de Tokyo pour l'organisation des JO 2020, il avait même assuré que les effets des fuites étaient «bloqués dans les 0,3 km2 du port de la centrale».

Ses déclarations, visiblement faites pour enlever la décision du CIO, avaient choqué nombre de Japonais. Mais pour le Nikkei, premier quotidien économique du pays, les actions entreprises ne sont pas à la hauteur de l'urgence de la situation.

«Le Premier ministre a affirmé devant le CIO que le problème de l'eau à Fukushima était sous contrôle, mais ce ne sont pas des mots d'apparence, ce sont des mesures concrètes qui sont nécessaires», écrivait ce journal il y a quelques jours.

Malgré cela, le Premier ministre a persisté et signé: «Je suis convaincu que les fuites ont été bloquées dans une zone de 0,3 km2 dans l'anse de la centrale, comme je l'ai déclaré à Buenos Aires».

«Et je vais m'employer à contrer les rumeurs qui mettent en doute la sûreté de la centrale de Fukushima», a-t-il martelé.

Deux semaines après la décision de son gouvernement de s'impliquer plus dans cette crise de l'eau contaminée, le premier ministre a donc décidé de se montrer «au front»: en compagnie du patron de TEPCO, Naomi Hirose, et revêtu d'une combinaison de protection blanche à son nom, il a passé environ deux heures sur le site où il a notamment rencontré des ouvriers chargés de surveiller les centaines de réservoirs d'eau radioactive disséminés sur le complexe.

Shinzo Abe un premier ministre du Japon pro-nucléaire. À droit de la photo avec le casque de protection rouge

«L'avenir du Japon repose sur vous. Le gouvernement va avancer et prendre des mesures concrètes», a-t-il déclaré à une douzaine de travailleurs.

Il s'est également fait présenter un système de décontamination appelé ALPS, dispositif pas encore totalement opérationnel mais censé filtrer la plupart des éléments radioactifs de l'eau (hormis le césium qui en est extrait en amont par un autre engin et le tritium).

De son côté, l'autorité indépendante de régulation nucléaire a débuté une étude sur la teneur en césium des fonds marins dans une zone de 1000 kilomètres carrés au large de la centrale, sur une bande côtière de 20 kilomètres de large et 50 kilomètres du nord au sud le long de la centrale.

«Nous n'avons laissé s'écouler vers l'océan que l'eau que nous avons jugée faiblement radioactive», a expliqué lors d'une conférence de presse le principal porte-parole de Tokyo Electric Power (TEPCO), Masayuki Ono.

De fortes précipitations tombées durant deux jours ont entraîné «une rapide montée du niveau d'eau» dans les différentes zones du complexe atomique où sont installés des réservoirs de stockage de liquide hautement radioactif.

Ces zones sont entourées d'un muret. Pour que cette eau ne stagne pas trop longtemps au contact de réservoirs et d'un sol potentiellement contaminés, Tokyo Electric Power (TEPCO) a expliqué avoir décidé, après avoir mesuré les niveaux de rayonnement bêta de cette eau, d'en relâcher une partie, là où la teneur en strontium 90 ne dépassait pas 30 becquerels par litre. Des vannes ont donc été ouvertes et l'eau est probablement descendue jusqu'à l'océan Pacifique voisin.

Là où le niveau de strontium 90 et autres éléments à rayonnement bêta était supérieur à 30 becquerels/litre, l'eau accumulée a en partie été pompée et transvasée dans des réservoirs.

La compagnie a toutefois été critiquée dans les médias japonais pour avoir pris la décision de rejeter de l'eau en mer sans mesurer le niveau d'autres éléments radioactifs, en l'occurrence ceux émettant des rayons gamma, comme les césium 134 et 137.

«Nous n'avons pas jugé nécessaire de mesurer le niveau de césium radioactif, car l'eau stockée dans les réservoirs au pied desquels s'est accumulée la pluie est en grande partie débarrassée de césium», a assuré TEPCO qui a reconnu avoir choisi le moyen d'agir au plus vite.

Plus de 1000 réservoirs installés en différents lieux de la centrale stockent des centaines de milliers de tonnes d'eau, et les sous-sols des bâtiments sont engorgés, une partie s'écoulant en mer au rythme de 300 tonnes par jour.

La compagnie, qui se bat contre cette abondance quasi ingérable d'eau, a mis en place de nouvelles patrouilles de surveillance après s'être rendue compte il y a quelques semaines qu'un des réservoirs de 1000 tonnes avait laissé s'échapper un tiers de l'eau qu'il enfermait.

D'autres pourraient aussi avoir laissé passer de l'eau ailleurs, comme semblent l'indiquer des niveaux élevés de radioactivité détectés lundi dans l'eau de pluie en divers emplacements.

«Notre volonté est d'améliorer les moyens mis en oeuvre par les patrouilles de surveillance», a assuré M. Ono.

Il a en outre indiqué que pour le moment, en dehors de l'accumulation d'eau de pluie, aucun effet notable du typhon Man-yi (qui a traversé le Japon du sud-ouest au nord-est) n'avait été constaté sur le site.

Sources: Nouvel Observateur pour Claude Perdriel, Agence France-Presse, New York Times pour Arthur Ochs Sulzberger Jr , Paul-Hus est un personnage fictif qui contribue aux éditoriaux de JosPublic

Choix de photos, commentaires, fusion de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Publication : 21 février 2014

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Centrale Daiichi à Fukushima Japon, avant la catastrophe de 2011

 

 

 

 

 

 

Notes & Références encyclopédiques:

01

 

À propos de la préfecture de Fukushima et de la ville de Fukushima - Sur Wikipédia

 

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02

 

Fukushima : démission de l’expert nucléaire du Premier ministre japonais en désaccord avec les décisions gouvernementales - Sur MétéoPolitique

 

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03

 
 
 
 
 
 
 
 

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04

À propos du tsunami du 11 mars 2011 au Japon - Sur Wikipédia

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05

À propos du Parti libéral démocrate du Japon (PLD, droite) - Sur Wikipédia

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06

 
 
 
 
 
 
 
 

Theodore B. Taylor

ex-directeur adjoint de l’Agence de défense nucléaire des États-Unis, physicien concepteur d’armes nucléaires

L’usage constructif et l’usage destructif de la technologie nucléaire sont si étroitement imbriqués que les bénéfices de l’un sont inaccessibles à moins d’accroître considérablement les risques de l’autre.

 
 
 
 
 
 
 
 

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07

 

Le cas de Linda Keen, congédiée par le gouvernement fédéral pour avoir maintenu des règles de sécurité qui ne convenaient pas au régime Harper. - Sur MétéoPolitique

 

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08

Des milliers de tricheurs dans les universités  et Difficile de prendre les tricheurs - Sur Radio-Canada, le 26 février 2014

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09

Ci-dessous : eau irradiée rejetée dans l'océan Pacifique et étendue de la pollution. Les eaux radioactives ont touché la C.-B. deux ans plus tôt que prévu - Sur Radio-Canada

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