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Projet de Mine d'uranium
La Direction de santé publique de la Côte-Nord met les freins

Alors que le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) reprendra bientôt ses travaux sur les enjeux des mines d'uranium au Québec, un nouveau rapport ( 01 ) de la Direction de la santé publique de la Côte-Nord confirme plusieurs risques et impacts des mines d'uranium à long terme pour la santé et l'environnement. C'est la deuxième fois en moins de six mois qu'une agence de la santé publique du Québec émet des préoccupations concernant les risques et les impacts des mines d'uranium ( 02 ). Pour la première fois, l’agence se range du côté des sceptiques, qu’elle qualifiait pourtant d’«alarmistes». La Suite

Ci-dessus: un morceau de minerai d'uranium

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Après plus de quatre ans d’analyse, la DSP de la Côte-Nord ne recommande pas l’interdiction de cette filière minière, mais émet «de sérieuses réserves» et estime que davantage d’études sont nécessaires. Ce rapport paraît alors même que le Bureau d’enquête publique sur l’environnement (BAPE) enquête actuellement sur la filière.

«Il y a un changement de ton lourd de sens. Il n’y a rien qui me rassure là-dedans, indique la Dre Isabelle Gingras, de l’Association canadienne des médecins pour l’environnement. Avec ces données-là, c’est sûr que je ne voudrais pas vivre à quelques kilomètres d’une mine d’uranium. Je ne veux pas que mes enfants et moi servions de cobayes.» Le rapport met l’accent sur les risques de dispersion des contaminants radioactifs, mais aussi des contaminants chimiques utilisés pour l’extraction du minerai. Ce cocktail dangereux constitue une menace pendant l’exploitation ainsi qu’après la fermeture de la mine, souligne l’agence.

Dre Isabelle Gingras

«Le nombre de contaminants radioactifs et chimiques ainsi que la durée, les coûts et même les accidents rendent le suivi très complexe», insistent les auteurs.

Dr Raynald Cloutier

Évaluation des risques à court et moyen termes, impacts des sites de résidus, acceptabilité sociale, contrôle environnemental, les questions sur ce que représente l'existence d'une mine d'uranium sont nombreuses, mais pas les explications.
«Ce que le rapport dit en gros, c'est qu'on n'a pas les réponses à plusieurs interrogations», lance le président du groupe de travail, le Dr Raynald Cloutier, ex-directeur régional de la santé publique. Le Dr Cloutier recommande donc d'étudier la question beaucoup plus profondément avant de trancher de façon définitive pour ou contre l'uranium au Québec.

Rappelons que le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement mène présentement une audience sur cette industrie.

«Dans ce qui existe présentement sur l'évaluation des risques, tout est en relation avec la grandeur de la zone tampon [distance entre la mine et les habitations], mais la littérature est loin d'être claire sur les dimensions de cette zone», ajoute le médecin, qui demande plus d'études sur ce point précis. «Est-ce qu'il y a des risques pour la santé? On est presque sûrs que c'est oui avec une mine à proximité d'une ville, mais on ne le sait pas vraiment et on ne sait pas non plus à quelle distance doit être la mine pour que ce soit sécuritaire.»

Une meilleure information aux citoyens et un plus grand poids politique de ces derniers face aux entreprises font aussi partie des recommandations du rapport, qui s'inquiète particulièrement des conséquences à long terme des résidus miniers, «contaminés pour plusieurs milliers d'années».

Qui paiera ?

Alors qu’on dénombre actuellement 198 sites miniers abandonnés à travers la province, qu’il revient à l’État de restaurer en pigeant dans les poches des contribuables, la DSP de la Côte-Nord craint que les sites uranifères s’ajoutent à la longue liste, malgré le resserrement des lois et règlements à cet égard.

Les experts émettent en effet «de sérieuses réserves» quant aux capacités de l’État à assurer un suivi environnemental de la mine à long terme. «Par le passé, plusieurs sites ont été abandonnés et laissés aux soins des gouvernements, alors qu’en sera-t-il dans plusieurs milliers d’années?» demande le rapport.

«On a tendance à comparer les mines d’uranium à d’autres types de mines, mais avec ça on a des résidus radioactifs qu’il faut gérer à perpétuité», explique la Dre Gingras, appuyée par Ugo Lapointe, de la Coalition pour que le Québec ait meilleure mine. M. Lapointe précise que, selon les crédits 2014-2015 du ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles, la gestion des sites miniers abandonnés représente actuellement «un gâchis de 1,2 milliard $»

Ugo Lapointe

«

Après quatre ans et demi de travail, le rapport de la Direction de la santé publique de la Côte-Nord n’est pas du tout rassurant et confirme plusieurs des préoccupations des citoyens, des groupes de médecins, des Premières nations et des municipalités face aux impacts des mines d’uranium

                                               - Ugo Lapointe
                                            porte-parole de la Coalition pour que le Québec ait meilleure mine

»

Le rapport en résumé

  • La Direction de la santé publique de la Côte-Nord (DSP-CN) confirme que « la contamination environnementale provenant d’un site d’exploitation uranifère peut s’étendre sur des distances importantes » (p.19);
     

  • L’une des principales préoccupations environnementales est « la dispersion de radionucléides » (p.35) c’est-à-dire des contaminants radioactifs qui représentent « des risques pour la santé » à court et à long terme si les populations humaines et animales y sont exposées;
     

  • La DSP-CN souligne également « la présence de contaminants chimiques », dont les effets toxicologiques potentiels « s’additionnent » aux contaminants radioactifs « pour augmenter les impacts sur la santé » (p.19);
     

  • La DSP-CN émet « de sérieuses réserves » concernant « la durée des suivis environnementaux » et « la capacité d’en mesurer les impacts à long terme » (p.12);
     

  • Il en est de même « pour la gestion des résidus miniers et du déclassement des sites miniers » (p.12) surtout « lorsqu’on considère que ces résidus resteront contaminés pour plusieurs milliers d’années », affirme la DSP-CN;
     

  • Concernant les risques de cancers, le rapport de la DSP-CN reprend les principales conclusions de l’étude de l’INSPQ publiée en avril 2014, à savoir que « les risques pour la santé des mineurs de l’uranium sont bien documentés », avec « une augmentation du risque de cancer du poumon » (p.21, étude INSPQ);
     

  • Pour la leucémie et les malformations génétiques, l’INSPQ « suspecte » une augmentation du risque, mais ne peut conclure avec certitude (p.IV, étude INSPQ);
     

  • La DSP-CN préconise d’ailleurs le principe de précaution et « la poursuite de recherche » (p.18) concernant ces risques encore mal documentés scientifiquement.

 

Tout comme l’étude de l’Institut national de la santé publique (INSPQ), la DSP-CN conclut que « les mines d’uranium, même les plus modernes, ne sont pas à l’abri de défaillances » (p.39) qui pourraient entraîner des impacts majeurs pour l’environnement et les populations environnantes.

 

Échantillons de minerai d'uranium (carottes)

 

Sources: Journal de Montréal/QMI pour Québecor inc.; Coalition pour que le Québec ait meilleur mine

Choix de photos, fusion de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Publication : 25 août 2014

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Notes & Références encyclopédiques:

01

Un nouveau rapport de la Direction de la santé publique de la Côte-Nord - Site de l'Agence de Santé

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02

Voir l'étude de l'Institut national de la santé publique du Québec (INSP) publiée le 25 avril 2014

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