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Fin du procès italien:  Olivetti et le talc d'amiante assassin

C'était en 2013 et les statistiques démontraient que 20 ex-employés.es de la société Olivetti étaient morts de l'amiantose.   La Justice italienne a ouvert une enquête puisqu'il y avait probablement négligence dans la gestion des fibres d'amiante assassines.   Le 18 juillet 2016 la Justice en première instance a reconnu que les morts et maladies de plusieurs employés de l’entreprise Olivetti provenaient de la présence d'amiante dans l'usine où ils étaient salariés.es.   Parmi les condamnés, un ex-ministre et le président du groupe de presse L’Espresso, Carlo De Benedetti.   Le droit italien autorise deux procédures d'appel et les peines de prison ne deviennent exécutoires qu'une fois ces voies de recours épuisées.  Évidemment les personnes condamnées ont annoncé qu'elles faisaient immédiatement appel du verdict.   On peut affirmer qu'en Europe la tendance judiciaire démontre que l'étau se resserre sur les utilisateurs de l'amiante. 

 
 

Procès italien de l'amiante - Olivetti et l'amiante assassin - Carlo De Benedetti condamné - Corrado Passera condamné par le tribunal de Turin en Italie

Toutes ces personnes «décédées entre 2003 et début 2013 ont travaillé entre la fin des années 70 et le début des années 90 dans des divisions contaminées par des fibres d'amiante» dans une usine d'Ivrea, près de Turin, dans le nord de l'Italie, a précisé le quotidien «La Stampa».
 

L'enquête visait au total plus d'une vingtaine de personnes dont l'ex-patron d'Olivetti, Carlo De Benedetti, son frère Franco ainsi que Corrado Passera, ancien ministre du gouvernement de Mario Monti qui fut administrateur délégué d'Olivetti entre 1992 et 1996.

 

En 2013, M. De Benedetti «attendait avec confiance, dans le respect des travailleurs (décédés, ndlr) et de leurs familles, la fin des enquêtes avec la certitude d'être totalement étranger aux faits contestés», disait-il.  En 2016 il se dit “surpris et très attristé” et a annoncé qu’il ferait appel, comme le rapporte La Repubblica.   La sentence le condamne à cinq ans et deux mois de prison pour homicides et blessures involontaires.

«L'établissement au centre de l'enquête a été construit plusieurs années avant le début de la gestion»
de Benedetti, et pendant toute sa présidence le groupe «a toujours prêté attention à la santé et à la sécurité des travailleurs avec des mesures adaptées aux lois et aux connaissances scientifiques de l'époque».   C'était l'argument utilisé pour contrer le débat négatif dans les médias qu'il ne contrôlait pas.

Trop fier des emplois dans sa ville, le maire d'Ivrea Carlo Della Pepa estimait à l'époque que l'enquête ne remettait pas en cause l'honnêteté des «personnes qui ont fait l'histoire d'Olivetti», ni ne brise le «mythe industriel»!   «Malheureusement, à l'époque, l'amiante était utilisée dans toutes les productions industrielles, les entrepôts étaient bâtis avec de l'éternit» , un matériau de construction à base d'amiante, a-t-il ajouté.

 

Fabrique d'Olivetti à Ivrea en Italie

L'étau se resserre

En juin 2012, un tribunal de Turin a condamné en appel l'entrepreneur suisse Stephan Schmidheiny, ancien propriétaire d'Eternit Suisse et ancien actionnaire important d'Eternit Italie, à 18 ans de prison pour avoir provoqué la mort de près de 3 000 personnes, ouvriers ou riverains d'usines d'amiante d'Eternit en Italie, dans le plus grand procès au monde et premier au pénal sur la fibre tueuse.   La preuve a été faite quant aux dommages à la santé des travailleurs et travailleuses, mais les responsables ont évité la prison grâce à des éléments de la constitution italienne, malgré la preuve accablante au dossier.

Donc la possibilité de réellement faire de la prison n'a probablement jamais accablé Carlo De Benedetti, qui a été président d'Olivetti de 1978 à 1996.   C'est un nom très connu en Italie et ses affaires vont de l'édition, à l'énergie et aux composantes automobiles.

D’après la cour d’Ivrea (près de Turin), le ‘talc assassin’, utilisé dans la fabrication de machines à écrire et de calculatrices peut être à l’origine des maladies et des décès de plusieurs employés de l’entreprise, poursuit le quotidien romain.   Un dossier appelé à connaître de nouveaux épisodes, car de nouveaux cas continuent à l’épaissir.

 
«

Une condamnation pour rire. Il n’ira pas au bagne. Ni aujourd’hui ni jamais, parce qu’il est riche
Titré par le journal Libero, proche de l'ex-premier ministre de l'Italie Berlusconi

»
 

Une “peine exemplaire”
 

Parmi les anciens responsable de l’entreprise condamnés figurent plusieurs grands noms, dont l'ex-ministre Corrado Passera, condamné à un an et onze mois de prison avec sursis.  

 
 

Les victimes et leurs familles satisfaites

"Nous sommes satisfaits par le verdict car la cour a, en substance, suivi le réquisitoire du parquet : les victimes et leurs familles ont obtenu justice", a commenté le magistrat du parquet Laura Longo.

 

Sources: Le Courrier international pour LMPA pour Le Monde libre (LML), holding possédant la majorité du capital du Groupe Le Monde constituée en novembre 2010 il regroupe le trio Pierre Bergé, Xavier Niel et Matthieu Pigasse (BNP) avec le groupe de presse espagnol Prisa; RTBF Belgique est une entreprise d'État au service de la Communauté française de Belgique.

Choix de photos, fusion de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Publication : 26 juillet 2016

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Fiche: Amiante

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Fond d'écran: fibres d'amiante