Retou r à :   Plan du site - Entrée de M étéoPolitique - Environnement - Fiche: Mines - Résidus miniers

Lacune de gouvernance dans l'industrie minière
Mount Polley:
gouvernance dangereuse par les dirigeants de la minière Imperial Metals

En 2014, à grand renfort de publicité dans les médias, l'industrie minière fait la promotion de ses valeurs éthiques, de son acceptation des valeurs intrinsèques au développement durable promues par l'ONU et finalement se targue de sa bonne gouvernance. Ces valeurs supposément partagées par les conseils d'administration de l'industrie minière sont-elles réelles ou n’est-ce qu'un messages publicitaire. Le bris d'une digue du bassin de décantation contenant les eaux usées de la mine d'or et de cuivre Mount Polley en Colombie-Britannique mérite d'être analysé pour confronter ce que les minières disent d' elles-mêmes et ce qu'elles font réellement sur le terrain. De plus, nous familiariser avec cet événement nous permettra de mieux comprendre comment les compagnies gèrent leurs mines au Québec et les précautions qu'il nous faut prendre.                                                                                                                                                                                                                                  - JosPublic

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Je ne faisais que suivre les ordres de mes ingénieurs. S'ils ne peuvent pas sécuriser la décharge, je ne le peux certainement pas. C'était tellement mal géré que cela me rendait malade
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Gerald MacBurney, contremaître

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L'état d'urgence a été déclenché le 7 août 2014 dans le district régional de Cariboo, au centre de la Colombie-Britannique, à la suite d’un déversement d’eaux usées provenant de la mine de cuivre et d’or Mount Polley. 

La rupture de la digue du bassin de décantation de 4 km a provoqué le déversement de «10 millions de mètres cubes d’eau et de 4,5 millions de mètres cubes de sable fin dans le lac Polley», avec un écoulement sur le réseau hydrographique local jusqu’à sa confluence avec la rivière Frazer. Le district régional a expliqué que l’état d’urgence lui permettrait d’accéder à des pouvoirs additionnels, qui pourraient s’avérer nécessaires pour «protéger davantage la propriété privée et les infrastructures gouvernementales dans la ville de Likely».

Au total, plusieurs centaines de personnes, ainsi que des animaux, sont affectées par cette pollution. Compte tenu de la toxicité des produits utilisés par la mine, située entre les lacs Polley et Quesnel, il est strictement interdit de consommer, de se baigner ou d’utiliser l’eau du bassin hydrographique en aval du lac Quesnel, a rappelé le district régional.

Les procédés de production d’or et de cuivre de la mine nécessitent l’usage de métaux comme le sélénium, l’arsenic, le plomb, le cadmium ou encore le mercure, autant de produits toxiques qui se retrouvent ensuite dans le bassin de résidus.

Images fde la digue et de la coulée de résidus toxiques dans les premières heures du bris

 

 

Attention désinformation en vue!

 
 

Gouvernements: Les contribuables n’ont pas à payer, dit James Moore

Le ministre fédéral de l’Industrie, James Moore, estime que les contribuables ne devraient pas avoir à payer pour le nettoyage du déversement minier survenu en Colombie-Britannique, mais que c’est plutôt à la minière, Imperial Metals, à payer pour ce désastre écologique. Selon le ministre, l’événement est « terrible » et vient souligner la nécessité de règles et d’activités de surveillance efficaces.

M. Moore estime que des leçons doivent être tirées de ce déversement pour s’assurer que les industries oeuvrant dans le secteur des ressources naturelles fonctionnent de façon responsable.

Cependant le ministre ne dit pas que lui et son gouvernement sont de fervents déréglementeurs et contre tout ce qui peut irriter un compagnie dans sa course au profit vite fait, les québécois l'ont bien constaté dans la catastrophe du train fou à Lac Mégantic ...Alors Bla bla bla!!!!

Glenda Ferris, une environnementaliste qui suit les dossiers miniers depuis des années, nous met en garde contre la désinformation qui va inonder les médias de la part de la compagnie et des amis.es élus.es qu'elle finance autant au provincial qu'au fédéral.

Il faut savoir et ne pas croire tout ce que l'on dira tel que:

Le barrage était bien géré: c'est un barrage avec des digues de terre battue. Il ne doit pas y avoir d'eau sauf l'eau de pluie dans ce genre de barrage. En plus de la pluie, la compagnie y déversait l'eau d'exhaure et le gouvernement était d'accord.

Il aurait dû y avoir un bassin adjacent pour l'eau usée;

Il nous diront qu'ils ont testé l'eau du bassin de décantation et qu'elle n'est pas toxique, qu'il n'y a que de petites quantité de mercure, de cadmium et que tout ira bien:Malgré la décantation il n'y a jamais un nettoyage à 100 %, alors il y aura du cuivre dans le bassin. C'est toxique pour toute la chaîne alimentaire, en commençant par les algues pour finir par les poissons dans nos assiettes;

Ils diront que la fuite est terminée:Pour le moment il est très probable que la toxicité se rende jusqu'au fleuve Fraser. Tout ce bouillie de métal qui s'est répandu n'arrêtera pas d'agir en trois jours. Il y en aura pour des années à se dégrader et se faire délaver et dégrader par la pluie qui emportera les résidus dans les nappes d'eau souterraine, rigoles, ruisseaux et rivières; 

La compagnie affirme que la santé et sécurité de ses employés.es et de ses voisins sont sa première priorité: alors pourquoi ne pas avoir fait un suivi assidu de l'effet de l'eau sur les digues du barrage, pourquoi ne pas avoir réagi aux rapports alarmants qu'elle recevait;
 

La compagnie affirme avoir respecté la réglementation: Ils n'ont pas appliqué les techniques appropriées à ce genre de mine. Les règlements s'appliquant sont le résultat d'années de déréglementation par le gouvernement, du manque d'inspecteurs et d'ingénieurs compétents pour contrer la cupidité des conseils d'administration. Le bris est la résultante de politiciens amis qui disent à l'industrie minière: c'est vous qui savez ce qu'il y a de mieux à faire, alors faites-le. Ensuite c'est la population qui paie pour les dégâts;

Le président exécutif de la compagnie a affirmé qu'il boirait l'eau du bassin de décantation: Si cela avait du sens, les autorités gouvernementales n'auraient pas exigé que l'eau soit mise dans des bassins de décantation. Cependant le gouvernement aurait dû exiger que la firme construise une usine de traitement des eaux usées.

Les tests d'eau de la compagnie montrent que l'eau s'approche du standard de l'eau potable:
Tout dépend à quel endroit ils ont pris les échantillons d'eau. Si c'est en surface cela ne vaut rien. C'est en profondeur qu'il faut prendre les échantillons d'eau pour faire les tests. Quant aux puits artésiens de la population c'est au moins à 100 pieds de profondeur qu'il faut prendre les échantillons d'eau;

Le ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique affirme qu'il n'y aura pas d'impact sur la vie aquatique: Ce qui laisse la spécialiste médusée!: "Les poissons sont beaucoup plus sensible au cuivre que les humains et le cuivre affecte leur reproduction". Pour le moment il y a tout à craindre pour la remontée du saumon rouge ( 06 )

Le gouvernement et la compagnie tentent de minimiser la pollution contenue dans le bassin en employant des mots comme "boue" "sable" "gadoue": Il n'y a qu'une véritable expression pour qualifier ce qu'il y a dans un bassin de mine: des «résidus miniers toxiques».

 
 

Gérald MacBurney

Gérald MacBurney, un ex-contremaître de digue de retenue des résidus de la mine Mount Polley, a passé presqu'une semaine en entrevues avec différents groupes de médias et des enquêteurs du gouvernement provincial.

Tous voulaient savoir pourquoi il avait démissionné de son poste après sept ans chez Imperial Metals. «Tout ce monde intelligent devrait être capable de voir au travers de toute cette affaire et constater qui ment».

Il explique avoir dû se battre constamment, en vain, entres autres pour obtenir le gros camion dont il avait besoin pour ajouter plus de roches au mur de soutènement du bassin de décantation qui risquait de déborder à chaque moment.

Mêmes des ingénieurs de la compagnie avaient attiré l'attention de la direction quant au risque que représentait l'état des lieux.  «Je répète mon histoire à tous les jours, je ne veux plus avoir à le répéter» dit-il au journal The Tyee.

MacBurney soutient que lui et des ingénieurs ont avisé la compagnie que l'eau d'exhaure montait trop haut dans le bassin, et même qu'en mai 2014, il y a eu un débordement. Il affirme que pour les gestionnaires de la compagnie, la sécurité du barrage semblait avoir perdu de l'intérêt face à la volonté d'extraire plus de minerai, et celui-ci commençait à s'accumuler inutilement autour du site.

«

Tout l'monde était enligné sur le puits de la mine» se souvient-il. «Je comprends que nous avons besoin de minerai pour faire fonctionner la mine, mais quand tu commences à voir le minerai s'empiler dans des puits, tu te dis, "Mais qu'est-ce qu'on fait ici?"

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Gérald MacBurney, ex-contremaître

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«Je ne faisais que suivre les ordres de mes ingénieurs. S'ils ne peuvent pas sécuriser la décharge, je ne peux certainement pas. C'était tellement mal géré que cela me rendait malade».

Impérial Metals a fait augmenter la production de la mine de Mount Polley de 23% durant les trois mois avant l'incident. ( 01 )

Il y avait des ingénieurs qui s'inquiétaient

Jack Caldwell est un ingénieur en géotechnique qui tient un site internet à Vancouver.

Ce dernier, après avoir analysé les rapports et les vidéos de l'événement de Mount Polley, suggère fortement qu'il y avait trop d'eau et que ce sont des problèmes d'ingénierie qui sont la cause du bris du barrage de contingentement des eaux usées.

Le chroniqueur écrit ( 02 ) que les affirmations de MacBurney à l'effet que des ingénieurs ont recommandé d'utiliser des roches pour stabiliser la digue, signifient qu'il y avait au moins quelqu'un qui s'inquiétait de la stabilité du barrage. Dans un autre texte sur son site ( 03 ), Caldwell explique qu'il y avait simplement trop d'eau dans le barrage, le coin a cédé donnant naissance au désastre.

Ils disent que personne n'aurait pu prédire ce qui s'est passé, dit-il. «C'est de la foutaise, c'était complètement prévisible selon les faits. C'est simplement que personne n'a eu le courage de parler.» «Le plus triste c'est que si vraiment le barrage de rétention des eaux exhaure a été géré selon les plans et permis, alors ce sont les consultants qui sont à blâmer.»

Pour mieux connaître la firme d'ingénierie qui a fait la conception des plans, sachons que selon Élection Colombie-Britannique, plusieurs filiales de AMEC ont donné 221,010$ au Parti Libéral de la Colombie-Britannique depuis 2000 et rien au Nouveaux démocrates. Donc la compagnie n'est pas neutre.

Déversement: des mises en garde avaient été faites il y a trois ans

Des inquiétudes soulevées dans un rapport trois ans avant la brèche massive du bassin de décantation ont été « fondamentalement ignorées », a affirmé une leader autochtone dont le territoire a été souillé par le désastre.

Bev Sellers, chef de laPremière Nation de Xatsull, aussi connue sous le nom de la bande de Soda Creek, a affirmé que plusieurs membres de la communauté étaient en pleurs lorsqu'ils ont pris connaissance du déversement massif d'eaux contaminées et de résidus miniers dans plusieurs zones d'aménagement.

Bev Sellers a affirmé que des mises en garde dans un rapport de consultants environnementaux en 2011 à propos du bassin, commandité par sa bande, la Première Nation de Williams Lake, et Imperial Metals (TSX:III), n'avaient pas été prises en compte par la compagnie.

Le rapport deBrian Olding, qui gère Brian Olding and Associates, a affirmé que le bassin accumulait de l'eau si rapidement qu'il aurait eu besoin de se libérer d'environ 1,4 million de mètres cubes par année pour maintenir ses niveaux stables.

Une compagnie qui tente de précipiter toutes les démarches

Un autre consultant minier qui veut garder l'anonymat croit qu'Imperial Metals se bat pour ne pas appliquer la pleine mesure des règles de sécurité. Les rapports ignorés à propos des risques de débordement des eaux d'exhaure de Mount Polley, suggèrent que des cadres de la compagnies ont cherché à trop couper dans les coûts de production.

Le consultant évalue que le travail d'agrandissement du bassin de rétention pour maitriser l'augmentation des eaux d'exhaure aurait coûté à peine 3 millions$. Il rappelle l'effondrement d'un mur de soutènement du réservoir en 2007 à la mine Huckleberry, une mine à ciel ouvert pour sortir le cuivre et le molybdène près de Houston en Colombie-Britannique et détenue à 50% par Imperial Metals. Les premières nations de la région avaient exprimé leurs craintes lorsque la mine reçut l'autorisation de libérer ses eaux polluées dans le bassin géographique.

AMEC, la compagnie qui a fait le design et l'investigation géotechnique pour la gestion des résidus miniers à la mine Huckleberry est la même qui a conçu le bassin de rétention à Mount Polley.

Gouvernance dangereuse de la minière Imperial Metals
 

Résidus miniers: la gestion des risque est déficiente

Tourner les coins ronds, culture d'ultra-rationalisation des coûts et comportement à l'avenant, analyse de prise de risque déficiente dénonce un consultant minier.

 
 

Imperial Metals Corporation fait face à de nouveaux examens minutieux de toutes ses mines en Colombie-Britannique. Au même moment de nouvelles sources affirment que la compagnie mère tourne les coins ronds pour sauver de l'argent sur la qualité de deux autres mines, la Red Chris et la mine Huckleberry.

Depuis la rupture de la digue de retenue des résidus toxiques de Polley, des rapports rendus publics révèlent que la compagnie a été avertie des lacunes à la sécurité et des déversements d'eau de sa digue de retenue des rejets toxiques autant par ses employés, leur syndicat, les inspecteurs du gouvernement et des consultants privés.

La situation est tellement dénoncée que le gouvernement de la Colombie-Britannique a annoncé le report de la remise des permis pour l'ouverture d'un autre projet de mine par la même compagnie.
Le projet Red Cris semble être remis jusqu'à ce que des investigations sur la sécurité soient complétées par le conseils amérindien Tahltan Nation vivant à proximité.

En août 2013, les membres de la nation Tahltan ont érigé un barrage humain, près du site de Red Chris a Iskut à 500 kilomètres au Nord-Ouest de Smithers en Colombie-Britannique. Les amérindiens dénonçaient le fait que le bassin de rétention des eaux d'exhaure est fait en terre battue de la même catégorie que celle qui a cédé à la mine de Mount Polley.
La conception est la même et réalisée par AMEC une compagnie de Grande-Bretagne qui assurait l'ingénierie au Mount Polley en 2011 avant que le réservoir de produits toxiques ait été élevé à un niveau supérieur pour accommoder l'excédent de production de déchets toxiques.

Chad Day
Président du comité exécutif de la nation Tahltan

Un consultant minier familier avec le design et les plans de la compagnie Imperial Metals pour le projet de mine Red Chris explique que le problème n'était pas seulement au site du Mount Polley, tout en demandant de ne pas dévoiler son identité vu le risque de ne plus être embauché dans l'industrie.

Au projet de la mine Red Chris, il affirme que la compagnie a rejeté la recommandation d'installer une membrane de protection au fond du bassin de rejet des eaux usées et toxiques pour éviter que la pollution ne se rende dans les nappes phréatiques et également d'autres recommandations de sécurité. Il existe un rapport de recommandations produit en 2013 sur les risques de déversements.

En plus la compagnie a tenté de sauver des investissements lorsqu'il fut question de la conception des logiciels nécessaires au suivi statistique des produits rejetés et des fuites réelles ou potentielles. Finalement les choix exercés donnèrent des outils peu fiables pour le suivi des rejets d'exhaure.

«

Ce genre de comportement démontre un déficit de compréhension des risques et un laxisme dans la prise de décision qui ne peut que produire des effets indésirables sur le site de la mine.
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Consultant minier, anonyme

»

«C'est aussi ce qui manque à Mount Polley» dit-il. «Ils ne veulent pas des statistiques fiables, car dès lors que vous avez un déclencheur, vous devez avoir quelqu'un pour en suivre l'évolution, et ceci leur coûterait beaucoup d'argent».

De plus, ajoute-t-il, «Il y a un modèle qui gouverne toutes leurs décisions: investir le moins possible dans le suivi des eaux toxiques ...ils tentent d'obtenir le moins d'obligations de suivi possibles du permis d'exploitation qui leur serait alloué.» Ce modèle bien sûr est défini par le conseil d'administration, ce sont les règles de gouvernance.

 

À qui la responsabilité?

 
Des minières comme Imperial Metals qui mentent au gouvernement, Bassin de décantation de Mount Polley, Bassin de rétention de Mount Polley, Mount Polley catastrophe écologique,

Le président exécutif de Imperial Metals, Brian Kynoch s'excuse auprès de la population, comme le lui a probablement conseillé son chargé de propagande, mais il n'en pense pas moins que le gouvernement devrait leur faire assez confiance pour leur donner le permis pour un autre projet de mine.

Kynoch affirme que l'eau d'exhaure était près des standards de qualité de l'eau potable ...avec des résidus miniers alcalins, dont le pH se situait à 8,5.

Le ministère de l'environnement testera l'eau avant d'endosser une affirmation aussi troublante.

Le PDG dit ne pas trop s'inquiéter: "nous nous attendons à de bons résultats des tests gouvernementaux, puisque nous répétons que notre eau de rejet rencontrait presque les normes d'eau potable". Il ajoute qu'ils n'ont jamais détecté de mercure dans le bassin de rétention des eaux toxiques et que les niveaux d'arsenic sont plus bas que la limite acceptable pour l'eau potable. "La compagnie teste régulièrement les eaux du bassin et elle n'est pas toxique pour les truites arc-en-ciel" dit-il.

Des personnes touchées par le bris du bassin de rétention

Note du webmestre: à propos des truites, c'est une technique utilisé par les scientifiques. Il s'agit de savoir si les truites arc-en-ciel peuvent survivre dans le milieu aquatique testé.

Mais là attention, il faudrait voir les conditions de tests. Ne sautons pas à la conclusion, comme il le fait, que la truite pourrait presque élever ses petits dans ce miasme minier.

Le ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique demande à toutes les personnes qui prennent leur eau potable des lacs Quesnel, Polley et des ruisseaux Hazeltine et Cariboo de ne pas prendre de douche avec cette eau, ne pas la boire ni laisser le bétail en consommer. «Bouillir l'eau n'aide en rien». Des bouteilles d'eau sont livrées dans la région.

Un PDG au-dessus de ses affaires et un conseil d'administration distrait

Lorsque les médias ont demandé ce qui aurait causé la défaillance du mur de soutien, Kynoch a répondu qu'il ne le savait pas mais qu'il trouvait que c'était à un drôle d'endroit. «Ce n'était pas à la partie la plus haute du barrage où la pression est la plus forte, une défaillance à cet endroit est une anomalie

«Je m'excuse de ce qui est arrivé» dit-il. «Si vous m'aviez demandé il y a deux semaines si cela pouvait arriver, je vous aurais dit non cela ne peut pas arriver. Alors que je sais que pour notre compagnie, cela prendra beaucoup de temps pour regagner la confiance de la communauté.»

JosPublic trouve ses déclaration devant la population digne d'un psychopathe ( 07 ), il a le même comportement que Ed Burkhardt, le président de la MMA, le PDG propriétaire du train qui a explosé à Lac Mégantic ( 08 ) ...sa compagnie souffrira mais la population elle? Ah oui, il s'est excusé, ce sera suffisant!

 

Lobby intensif et retour d'ascenseur
Un des actionnaires principaux de Imperial Metals
est un collecteur de fonds pour le Parti Libéral de la Colombie-Britannique

Murray Edwards (à droite sur la photo) est un milliardaire copropriétaire des Flames de Calgary et un des principaux actionnaires de Imperial Metals et de la mine Mount Polley avec ses 36% d'actions.

Sur la photo il marche avec le commissaire de la ligue nationale de hockey Gary Bettman durant la négociation de 2012.

Edwards a aidé à organiser une levée de fonds à Calgary pour la première ministre Christy Clark en janvier 2013, lorsque la plupart des sondages donnaient le Nouveau Parti Démocratique gagnant lors des prochaines élections.

Il a ramassé la jolie somme d'un million $ pour que Clark puisse continuer son programme de gouvernement "pour l'entreprise libre".

Cette levée de fonds arriva quelques temps après que Clark, dans une allocution devant l'école d'administration publique de l'Université de Calgary en octobre 2012, ait encensé Edwards en tant que "Grand Calgarien" lui signifiant qu'elle était reconnaissante de l'aide qu'il apportait à l'économie de la Colombie britannique. "Une part significative de notre progrès provient de personnes comme Murray Edwards qui sont des investisseurs et des gens installés ici à Calgary"

Edwards est la 18e personne la plus riche au Canada avec une valeur nette à son actif de 2.2 milliards $ selon Forbes. Il est lié à 6 grandes corporations qui ont donné un total de 436 227$ au Parti Libéral de la Colombie-Britannique depuis 2003.

Edwards a parlé avec la Première ministre depuis l'incident de Mount Polley, rien n'a transpiré publiquement de cet entretien. Le gouvernement dit officiellement que la mine est responsable.

Le complexe de la mine de Mount Polley en Colombie-Britannique propriété de Imperial Metals

Mount Polley gouvernance dangereuse, Mount Polley minière Imperial Metals, Mount Polley danger minier, Gestion dangereuse, Absence de respect environnemental
 

Un incident tel qu'à Mount Polley est-il possible au Québec?

La Coalition Pour que le Québec ait meilleure mine craint qu’un incident semblable se produise au Québec si rien n’est fait pour resserrer les règles et renforcer la capacité des ministères responsables de faire les inspections. La Coalition réclame également la mise sur pied de comités de surveillance indépendants pour assurer un suivi serré des sites miniers au Québec. 

300 millions de litres de résidus miniers au Québec depuis 2008

« Le
registre du ministère de l’Environnement révèle qu’il y aurait eu au moins 12 déversements miniers au Québec depuis 2008, totalisant jusqu’à 300 millions de litres de résidus miniers déversés dans les lacs et les rivières situés en aval des sites miniers. ( 04 )

Ugo Lapointe

À notre connaissance, aucune de ces compagnies n’a été pénalisée pour ces déversements. Ça n’a aucun sens, il faut resserrer les règles et pénaliser sévèrement les compagnies fautives.

Mais il faut surtout donner les moyens aux ministères de faire leur travail en arrêtant de couper leur expertise et leur financement
» insiste Ugo Lapointe, porte-parole de la Coalition.
 

Une poignée d’inspecteurs à temps plein pour tout le Québec

La Coalition dénonce le régime « d’auto-surveillance » environnementale qui règne toujours dans les mines au Québec, avec à peine une poignée d’inspecteurs à temps plein pour surveiller des centaines de projets miniers partout au Québec.

« Ce n’est pas en laissant le loup surveiller la bergerie que nous nous assurerons de protéger les moutons. Ça prend davantage d’inspecteurs indépendants. Ça prend aussi des comités de surveillance indépendants, des comités « chien de garde », capables de faire des suivis serrés des sites miniers et de prévenir les pires accidents » ajoute M. Lapointe.

Selon l’Institut de la statistique du Québec, les investissements et la production minière au Québec ont pratiquement triplé entre 2004 et 2013 (augmentation de 200%), alors que les budgets des ministères responsables ont stagné, voire diminué. Le Vérificateur général du Québec a d’ailleurs relevé à trois reprises depuis 2009 de nombreuses failles et lacunes dans les méthodes de suivi et de contrôle des impacts des projets miniers (rapports de 2009, 2011 et 2013).

Renaud LACHANCE
Vérificateur général du Québec en 2009 ( 09 )

En 2013, le Québec comptait 24 mines en opération, plusieurs projets en développement, plus de 400 projets d’exploration et des dizaines de sites miniers abandonnés dont il faut également assurer la surveillance à perpétuité.

Alors qu’on dénombre actuellement 198 sites miniers abandonnés à travers la province, qu’il revient à l’État de restaurer en pigeant dans les poches des contribuables, le Département de Santé Publique (DSP) de la Côte-Nord ( 05 ) craint que les sites uranifères s’ajoutent à la longue liste, malgré le resserrement des lois et règlements à cet égard.

Vague toxique sur le Québec

Le projet de mine de Corporation Royal Nickel (CRN) à Launay présente un haut risque de déversement minier, selon la coalition Québec meilleure mine.

Pour extraire le nickel, la minière devra en effet injecter une quantité phénoménale d’eau et de produits chimiques dans la roche. Elle aura ainsi à gérer et à entreposer pas moins de 120 000 tonnes d’eau contaminée par jour dans d’immenses réservoirs.

Des foreuses au projet Dumont de Royal Nickel, à Launay

C’est six fois plus qu’à Mount Polley, en Colombie-Britannique, où une brèche dans une digue a causé le plus vaste déversement minier de l’histoire du Canada, le 4 août 2014

Si une brèche survenait à Launay, une vague de boue toxique atteindrait la route en 12 minutes et engloutirait les premières maisons en 24 minutes, selon les modélisations de l’entreprise.

Pour assurer la solidité des digues, Pierre-Philippe Dupont, de CRN, explique que des digues en roche plutôt qu’en sable seront érigées et qu’un contrôle quotidien du niveau d’eau sera assuré.

«C’est ce qui était prévu aussi à Mount Polley au début de l’exploitation. Mais, au fil des ans, l’eau est montée», s’inquiète Ugo Lapointe, de Québec meilleur mine.

Un gigantesque projet de mine à ciel ouvert à 800 m des maisons inquiète des médecins

Une mine à ciel ouvert quatre fois plus grosse que celle de Malartic pourrait bien être creusée aux portes d’Amos, en Abitibi-Témiscamingue, à 800 m des habitations, menaçant la santé publique, préviennent médecins et écologistes.

«On ne peut plus tolérer que la santé, la sécurité et l’environnement soient davantage mis à risque», dénonce la Dre Isabelle Gingras, de l’Association canadienne des médecins pour l’environnement. Pour elle, le cas de Malartic, où 70% de la population se dit inquiète pour sa santé et où un citoyen sur deux souhaite déménager à cause de la mine d’or qu’il voisine, devrait servir de leçon.

Dans un rapport rendu public aujourd’hui, la coalition Québec meilleure mine presse l’État de barrer la route au projet de Corporation Royal Nickel (CRN) à Lauray, près d’Amos, et de commander une étude indépendante sur les mines à ciel ouvert.

Dre Isabelle Gingras

CRN attend le feu vert de l’État pour creuser un trou grand comme 8700 terrains de football, dont elle veut extraire du nickel. La plus grande mine à ciel ouvert du pays verrait ainsi le jour à moins d’1 km des premières maisons. Il s’agirait de la seule mine de nickel au monde aussi proche d’une zone résidentielle.

Déjà, la compagnie et l’Agence de la santé ne s’entendent pas sur le nombre de maisons affectées. La première parle de 17 habitations, alors que la seconde en compte 46. Québec meilleure mine prévient que les prévisions de nuisances de l’entreprise «ne tiennent pas la route». La coalition souligne que CRN prévoit émettre de deux à quatre fois moins de poussières reliées au déplacement des camions que la mine de Malartic, alors que ses opérations seront au moins deux fois plus importantes.

Emplois et milliards

Pour Pierre-Philippe Dupont, directeur développement durable de CRN, les retombées économiques et les emplois associés au projet «compensent nettement l’empreinte». «On sent qu’on a un très fort support du milieu», souligne-t-il.

La minière prévoit créer 1300 emplois pendant la phase de construction, puis employer environ 500 travailleurs à la fois tout au long de l’exploitation du gisement qui doit durer 33 ans. Elle prévoit tirer près de 30 milliards $ de revenus bruts de l’exploitation.

Pierre-Philippe Dupont

Voici ce qui reste de la mine Manitou au Québec. Une mine orpheline dont la dépollution territoriale est maintenant à la charge du gouvernement. Un cadeau provenant des règles de gouvernance et du marché de l'industrie minière. Tout pour se faire aimer!

Sources: Ici Radio-Canada pour la Société CBC/Radio-Canada; TheTyee.ca pour Tyee Solutions Society; Agence France Presse; L'agence La Presse Canadienne;  Le Devoir pour SPEQ Le Devoir Inc.; L'Agence QMI et Le journal de Montréal pour Québecor Inc.;  Vancouver Free Press StraightCom

Choix de photos, fusion de textes, mise en page, références, titrage et traduction de l'anglais par : JosPublic
Publication : 28 août 2014

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

Individuellement et collectivement responsables de mauvaise gouvernance

Pierre Lebel
Président du Conseil d'administration. Ex-président exécutif de Impérial de 1986-2003 Récipiendaire du prix de la personne de l'année de l'industrie minière de la Colombie-Britannique en 2012

Brian Kynoch
ing. civil
Président exécutif et membre du Conseil d'administration. Spécialisé en exploration. Aurait une très grande discipline technique

Kelly Findlay cga
Responsable de la gestion des risques, de la gouvernance, des rapports financiers et des finances de la compagnie. Elle porte le titre de vice-présidente finances

Ed Yurkowski
Directeur au Conseil d'administration et chef exécutif de Procon Mining and Tunnelling de Vancouver

Larry Moeller
Directeur en chef et président de Kimball Capital corporation et vice-président d'Edco Financial Holdings, directeur de Magellan Aerospace Corporation, Crocotta Energy, Resorts of the canadian Rockies et Sunwest Aviation

Ted Murano
Directeur au Conseil d'administration. Consultant géologue pour la division Exploration et ex-chef géologue pour Cominco Ltd

Laurie Pare ca
Directeur au Conseil d'administration et président de Bellevue Spur Capital Corporation et trésorier de Edco Financial Holding de Calgary. Ex-partenaire de Price Waterhouse Cooper

Andre Deepwell
ca. Chef des finances et secrétaire de la Corporation

Don Parson
Chef des opérations, ex-cadre de haut niveau chez Homestake Mining co et Westar Mining. Récipiendaire du prix du président de Suncor en reconnaissance de son excellence en productivité et sécurité

Steve Robertson p.go
Vice-président des affaires corporatives. Membre du comité des récompenses de AME BC

Gordon Keevil b.Sc Hons
Vice-président du développement corporatif.

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Notes & Références encyclopédiques:

01

 

Augmentation de la production à la mine Mount Polley pour la période finissant le 30 juin 2014 : communiqué de presse

 

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02

Chronique de Jack Caldwell le 9 août 2014 - Sur I think mining

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03

Chronique de Jack Caldwell le 6 août 2014 - Sur I think mining

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04

 

Le registre du ministère de l’Environnement révèle qu’il y aurait eu au moins 12 déversements miniers au Québec depuis 2008, totalisant jusqu’à 300 millions de litres de résidus miniers déversés dans les lacs et les rivières situés en aval des sites miniers.

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05

 

Dr Raynald Cloutier, DSP

Projet de Mine d'uranium: la Direction de santé publique de la Côte-Nord met les freins

Alors que le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) reprendra bientôt ses travaux sur les enjeux des mines d'uranium au Québec, un nouveau rapport de la Direction de la santé publique de la Côte-Nord confirme plusieurs risques et impacts des mines d'uranium à long terme pour la santé et l'environnement. C'est la deuxième fois en moins de six mois qu'une agence de la santé publique du Québec émet des préoccupations concernant les risques et les impacts des mines d'uranium. Pour la première fois, l’agence se range du côté des sceptiques, qu’elle qualifiait pourtant d’«alarmistes». - Sur MétéoPolitique

 

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À lire aussi Déversement de la mine du mont Polley : la montaison du saumon rouge menacée

 

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Dans le cerveau des méchants - Sur La Presse, le 21 octobre 2008

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Des gens d'affaires cachés sous le voile corporation dont Edward A Burkhardt, un chef d'entreprise normal

Edward A Burkhardt est un chef d'entreprise qui assume le fait qu'une entreprise n'a pas de rôle social à jouer.

D'aucuns peuvent contester la raison d'être de toutes firmes qu'elles se résument à dégager un profit de leurs activités économiques, dans ce cas-ci, des activités ferroviaires. Tout en respectant les lois lorsque c'est "possible", ajouteront la majorité des propriétaires d'entreprises. Depuis sa création, les administrateurs de Montreal Maine & Atlantic railway et de World Railway exercent un lobby constant, soit directement ou par les Chambres de commerce ou le Conseil du Patronat, sur les élus.es pour qu'ils et elles déréglementent le transport ferroviaire. Le gouvernement conservateur du Canada écoute attentivement ses alliés - 17 août 2013

 

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Rapport du Vérificateur général du Québec: laxisme dans les mines

2 avril 2009 - Dans son rapport déposé, M. Lachance estime que les mécanismes de contrôle de l'exploitation minière au Québec sont inexistants - Sur MétéoPolitique

Renaud LACHANCE
Vérificateur général du Québec en 2009

 

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