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Venezuela: l'église catholique milite contre l'intérêt des pauvres

Le 12 février 2015 marquait le premier anniversaire des actions violentes enclenchées par les forces de l’opposition d’extrême-droite pour déstabiliser et renverser le gouvernement de Nicolas Maduro. Cette opération avait été soigneusement préparée et financée par des fonds venant de Washington et de l’oligarchie nationale. Malheureusement pour eux, le gouvernement a survécu à ces actions « terroristes » et ses principaux instigateurs dans le pays furent arrêtés et incarcérés. Une défaite amère qui donna lieu à l’élaboration d’un nouveau plan, cette fois pour janvier et février 2015. C’est de ce plan qu’il est question dans ce texte.

Le président Maduro dénonçant les pénuries orchestrées contre son gouvernement et les pauvres

 

 

 

Texte par Oscar FORTIN
Politologue et Théologien

Il faut dire que l’ambition du pouvoir, mais surtout pour les richesses qui tombent sous la coupe de ce pouvoir, est persistante et tenace. Depuis que Hugo Chavez a pris le pouvoir, en 1999, suite à des élections tout ce qu’il y a de plus démocratiques, et qu’il dota le pays d’une Constitution, reconnue et acceptée par le peuple, les riches qui dominent le pays (oligarchies nationales), les gens qui entourent les responsables de l'Eglise catholique au Venezuela (la cupule épiscopale) et le gouvernement états-unien ne font qu’un pour mettre un terme à cette aventure d’un peuple à la conquête de son indépendance et du contrôle de ses richesses.

Ce club des forts et des puissants peut compter sur une presse qui couvre le pays et le monde dont les journalistes sont devenus des spécialistes de la manipulation et de la désinformation. Un instrument indispensable pour diaboliser ceux qui doivent l’être et diviniser ceux qui doivent agir. Il faut que l’opinion publique nationale et internationale voie et comprenne que leurs actions de reconquête du pouvoir n’est que pour mieux servir les intérêts de ces pauvres gens soumis à un régime inhumain d’un gouvernement socialiste, marxiste, communiste, etc.

Deux exemples de désinformation: La preuve que de fausses photos venant d'Égypte et du Chili sont utilisées pour démoniser la police vénézuélienne

Les déclarations de l'ensemble des évêques catholiques (l’épiscopat) viendront renforcer le rejet moral de ces idéologies «populistes» qui n’auront été que des échecs là où ils ont voulu prendre racine. À ces déclarations s’ajouteront des millions de dollars pour corrompre, acheter et payer des mercenaires et des volontaires pour créer le désordre et commettre des crimes sous de fausses bannières.

Certains se souviendront du
coup d’État militaire d’avril 2002 ( 01 ) qui nous révéla à visage découvert certains de ces acteurs ainsi que leur projet funeste de remettre le peuple là où il aurait dû toujours rester et pour reprendre, à leur compte, un pourvoir qui n’aurait jamais dû leur échapper.

2 fvérier 2014 Conferencia Episcopal Venezolana

Suite à cette expérience ratée de coup d’État, une alternative de déstabilisation se présenta du côté des dirigeants et syndicats anti-Chavez de l’entreprise nationale du pétrole vénézuélien PDVSA ( 02 ) dont les principaux responsables avaient été nommés par le gouvernement précédent.
Ce fut d’abord
une grève qui s’étendit sur plusieurs mois, affectant ainsi la principale source de revenus du Venezuela, mais sans donner les résultats escomptés.

C’est alors que les opposants idéologiques se tournèrent vers cette disposition de la Constitution qui permet de révoquer par référendum un dirigeant qui n’est pas à la hauteur des fonctions qu’il se doit d’assumer. Ce fut alors la grande mobilisation pour obtenir les signatures nécessaires pour enclencher ce référendum révocatoire contre Chavez (Note Webmestre: ce qui n'existe pas aux États-Unis ni au Canada. Donc les normes démocratiques sont plus élevé au Venezuela). Encore là, aucune chance. Le peuple était avec Hugo Chavez.

Tout au long des années qui vont suivre, le gouvernement Chavez sera harcelé, élection après élection,  par le gouvernement états-unien et une opposition qui n’ont pas l’intention de démordre, peu importent les moyens à utiliser. En février 2014, les activités de sabotages ont fait plus de 60 morts et plus de cent blessés, sans compter les dommages matériels avoisinant les cent millions de dollars.

Cette année, 2015, n’allait pas échapper à ces actions criminelles, toujours présentées par les médias grands public comme des luttes pour la liberté et le respect des droits humains.

Voici en quelques mots le scénario prévu pour janvier et février 2015. 

cardinal Oscar Andres Rodriguez Maradiaga  ( 03 )

Déjà au début de janvier 2015, il y a eu une première déclaration d’un cardinal important de l’Amérique centrale qui occupe également un poste de grande influence au Vatican.

Il s’agit du cardinal Oscar Andres Rodriguez Maradiaga du Honduras qui agit également comme secrétaire du G-9, groupe qui a pour mission de conseiller le pape sur les réformes de la Curie.

Ce n’est donc pas n’importe qui. Or, au début il a parlé du socialisme de Chavez comme d’une idéologie populiste et en voie de s’écrouler. Une semaine plus tard, ce fut au tour de la Conférence épiscopale de dénoncer le socialisme et d’accuser le gouvernement pour les problèmes de distribution des produits de première nécessité.

Sur ce type d’interventions, je vous réfère au texte «l'Episcopat vénézuélien doit se rétracter.» ( 04 )

L'Église catholique du Venezuela alla jusqu'à invoquer une pénurie de vin de messe et d'hosties. L'ajoutant aux loufoques nouvelles des préservatifs à 950 $ la boite de 36 et au manque de papier de toilette. Ce dernier fut retrouvé dans des entrepôts et il était vendu sur le marché noir.

Voilà comment on crée une pénurie artificielle. C'est intolérable de constater que des Églises participent à ce genre d'opération. - JosPublic

Pénurie de vin de messe de d'osties ? Source Journal La Croix

Ce fut comme un signal de départ pour amplifier la rareté des biens de première nécessité en contrôlant leur distribution. Il faut savoir que cette distribution est à 70% sous le contrôle d’entreprises privées. Cette rareté a donné naissance à des files d’attente pouvant durer des heures aux portes des centres de distribution, tout pour exaspérer la population et  la soulever contre le gouvernement, présenté par les médias grand public comme l’unique responsable de cette rareté.

Parlons de la rareté dénoncée par l'Église: En novembre 2013, l’affluence populaire pour acheter « à des prix justes » les produits électroménagers de la chaîne Daka.

Il aura fallu une saisie des biens de la compagnie par le gouvernement pour mettre en lumière les méthodes utilisées pour spéculer, saboter l’économie, ou les deux à la fois.

Monseñor Diego Padrón, presidente de la CEV Caracas 2 avril 2014

Après avoir obtenu plus de 400 millions de dollars publics, de 2004 à 2012, pour importer ces biens à bas prix, Daka pratiquait une surfacturation pouvant aller jusqu’à 1 000 % en les revendant au noir.

Des groupes mobilisés et financés par cette même oligarchie avaient pour mission de faire monter la colère des gens et de les inciter à des actions de sabotages contre les centres de distribution et édifices publics, l’objectif étant de créer le chaos ouvrant la voie à une intervention militaire.

Il faut reconnaître au gouvernement de Nicolas Maduro d’avoir bien saisi la nature de ces évènements et de les avoir affrontés pour ce qu’ils étaient. Les entrepôts gonflés de ces biens essentiels ont été découverts et portés à la connaissance du public. Le gouvernement a pris le contrôle des principaux centres de distribution pour rendre accessibles des tonnes d’aliments et de biens essentiels.

Il a également pris des mesures pour contrer le commerce au noir de ces biens qui se revendaient à haut prix.

Là ne s’arrêtait toutefois pas ce plan de coup d’État. Grâce au service d’intelligence et de jeunes officiers de l’armée, fidèles à la Constitution, le gouvernement a pu démonter, durant la semaine du 9 février 2014, ce qui aurait pu devenir un véritable coup d’État militaire réalisé en concertation avec certains membres de l’armée, ayant choisi la corruption et la trahison.

Ces militaires ont été identifiés
et mis en prison. Leur arrestation a permis au gouvernement d’en savoir plus sur ce plan. L’action militaire devait se dérouler le 12 ou le 13 février 2015, ayant pour objectif principal le bombardement de la Résidence officielle du Président ou de l’endroit où il se trouverait à ce moment, ainsi que la destruction du Centre d’information nationale et internationale de telesur.net., entre autres.

Ces militaires disposaient d’un visa leur donnant accès en tout temps aux États-Unis. Le gouvernement a également mis la main sur la liste des candidats pour former le gouvernement intérimaire, sur les décisions d’annulation de la constitution dans ses éléments essentiels, etc.

Le plan putschiste « Jericho », révélé le 12 février 2015

Ce plan prévoyait notamment le bombardement de centres stratégiques de la capitale par un avion étranger « Tucano », repeint aux couleurs du Venezuela. Le plan impliquait des conspirateurs qui avaient tenté déjà l’opération en mars 2014 ; trois généraux furent arrêtés à l’époque. Les conjurés ont été arrêtés et emprisonnés le 11 et le 12 février 2015 . Les officiers impliqués étaient en contact avec l’ambassade nord-américaine qui leur avait octroyé un visa de sortie, au cas où, et une quantité importante de dollars.

Le général de brigade de l’aviation, Oswaldo Hernández Sánchez, et le député Julio Borges, du parti
« Primero justicia » apparaissent comme les principaux instigateurs, soutenus par un réseau de militaires qui avaient été mis à l’écart, et des civils de l’opposition, dont le maire (Antonio Ledezma, le supposé social-démocrate) de la capitale métropolitaine. Sont impliqués également le lieutenant Henry Javier Salazar Moncada, le capitaine Héctor José Noguera Figueroa (en fuite), et le lieutenant écarté Peter Alexander Moreno Guevara, ainsi que le lieutenant Ricardo José Antich Zapata.

Le « golpe », putch ou coup d'État devait avoir lieu, précisément ce 12 février 2015, après publication d’un manifeste appelant à la constitution d’un gouvernement provisoire.

Pendant que les militaires procéderaient, des manifestations programmées se réaliseraient dans les principaux centres du pays de manière à créer le désordre et à justifier une loi de couvre-feu de la part des nouveaux gouvernants.  En somme, une opération qui emprunte ses bombardements à ceux du Chili d’Allende, qui procède pour la gouvernance sous le modèle du coup d’État militaire de 2002 et qui met à la disposition de la presse nationale et internationale des montages vidéo et des déclarations, créés spécialement pour la circonstance.

C’est sans doute en pensant à ce coup d’État militaire qui était planifié pour le lendemain que Barak Obama glissa cette phrase lors d’une
longue entrevue à Vox: « On est bien obligé de tordre le bras des pays qui ne font pas ce que nous voulons. »

Une phrase qui s’appliquerait bien à un gouvernement vénézuélien renversé par un coup d’État militaire soutenu par Washington.

Malheureusement pour lui et ses alliés oligarchiques et épiscopaux, le Gouvernement de Maduro est toujours là et ces criminels immédiats de cette autre aventure de coup d’État prennent le chemin de la prison.

Ma seule conclusion est celle de dire que les chantres de la démocratie et du néo-libéralisme, de l’humanisme chrétien sont trop souvent, à mon goût, des hypocrites, des menteurs, des manipulateurs qui n’ont pour objectifs que leur prestige et leur pouvoir personnel.

Je suis pour la démocratie, celle qui fait participer le peuple. Je suis pour le néo-libéralisme, soumis aux exigences du bien commun dont l’État est l’ultime responsable. Je suis pour l’humanisme chrétien, celui qui met l’institution ecclésiale au service des Évangiles et qui fait des Évangiles une source d’inspiration pour les peuples.

Maduro à la télévision du Président dénonce la tentative de coup d'État

Source: Oscar Fortin: Libre penseur intéressé par tout ce qui interpelle l'humain dans ses valeurs sociales, politiques, économiques et religieuses. Bien que disposant d'une formation en Science Politique (maîtrise) ainsi qu'en Théologie (maîtrise), il demeure avant tout à l'écoute des évènements et de ce qu'ils lui inspirent.

Choix de photos, édition de texte, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Publication : 15 février 2015

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

 
 

Image de fonds d'écran: le drapeau du Venezuela

Notes & Références encyclopédiques:

01

 

Venezuela: Un peuple à la défense de sa démocratie: un coup d’état militaire qui n’aura duré que 48 heures - Sur Le Grand Soir, le 12 avril 2012

 

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02

 

Entreprise nationale du pétrole vénézuélien PDVSA sauf que l'exploitant a des liens plus que proches avec les États-Unis puisque la direction conteste l'approche du gouvernement. De là à croire qu'il y aurait déstabilisation volontaire par la compagnie?

Création

1910 Bartlesville  Oklahoma

Forme juridique

Entreprise publique

Siège social

Houston  Texas (États-Unis)

Direction

Nelson P. Martinez (PDG)

Activité

Pétrochimie

Effectifs

3,700 (2014)

Site web

www.citgo.com

 

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03

 

Dans une lettre à l'éditeur du Miami Herald (USA) le professeur de droit à l'université d'Havard, Alan Deshowitz, fait le portrait d'un candidat antisémite qui voudrait remplacer le pape démissionnaire. Ayant appris que le cardinal Oscar Andres Rodriguez Maradiaga du Hondara sera un candidat possible, Dershowitz écrit: «Il a blâmé les Juifs pour le scandale sexuel entourant les prêtres catholiques pédophiles. Il a argumenté que les Juifs se sont vengés de l'Église catholique pour ses prises de position critiquant Israël, en manipulant les médias - qu'ils contrôlent - affirme-t-il. Il a ensuite comparé le contrôle des médias par les Juifs avec Hitler, "puisqu'ils sont des protagonistes de ce que je n'hésite pas à qualifier de persécution contre l'Église catholique."  Source «30 Giorni»

 

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04

 

L'épiscopat vénézuélien doit se rétracter. Blogue d'Oscar Fortin, le 22 janvier 2015

 

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05

 
 

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