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Renforcement du pouvoir citoyen et des droits sociaux, sanctions envers les États-Unis
Le Canada était impliqué dans une tentative de coup d'État au Venezuela
planifiée pour février 2015. Le gouvernement vénézuélien risposte

Le 12 février 2015, un avion de l'agence de sécurité Academi (ex-Blackwater) maquillé en aéronef de l'armée vénézuélienne devait bombarder le palais présidentiel à Caracas et tuer le président Nicolás Maduro. Le Canada devait sécuriser l'aéroport de la capitale. Les comploteurs avaient prévu de placer au pouvoir l’ex-députée María Corina Machado et de la faire immédiatement acclamer par d’anciens présidents latino-américains. Les faits sont maintenant rendus public et les médiamensonges n'arrivent plus à couvrir l'agression des États-Unis. L'histoire d'un coup d'État manqué.               - JosPublic

 

Les États-Unis contre le Venezuela

En 2002, les États-Unis avaient organisé un coup d’État contre le président élu Hugo Chávez Frias
( 01 )

Le juge Danilo Anderson chargé de l’enquête fut assassiné avec la complicité états-unienne  ( 02 ).

En 2007, ils tentèrent de changer le régime en organisant une « révolution colorée » avec des groupes trotskistes ( 03 ) .

En 2014, ils semblèrent renoncer à leur objectif et soutinrent des groupes anarchistes pour vandaliser et déstabiliser le pays, c’est la Guarimba ( 04 ) 

En 2015, voir le texte principal de ce dossier

Appuis au Venezuela

Michelle Bachelet

La présidente du Chili à déclaré: « Nous n’accepterons jamais personne, que ce soit un individu ou un pays, qui incite à travers des mécanismes violents à renverser un Président légitimement élu », a-t-elle déclaré, dans une nouvelle allusion aux États-Unis. Pour la présidente du Chili, les conflits doivent être résolus par la « voie du dialogue et de la paix », rejetant ainsi les manifestations violentes de l’opposition ( 07 )

Christina Fernandez

La présidente de l’Argentine, a exprimé son rejet des tentatives putschistes et a manifesté son soutien « à la démocratie vénézuélienne », en rappelant que l’actuel pouvoir vénézuélien tire sa légitimité des 18 processus électoraux sur 19 qu’il a remportés lors des 15 dernières années. Elle  a appelé l’opposition vénézuélienne à ne pas abandonner la voie démocratique en soulignant la possibilité d’organiser en 2016 un référendum révocatoire qui permettrait d’organiser des élections présidentielles anticipées en cas de victoire. « Le Venezuela est le seul pays de la région qui dispose de ce système où l’on peut révoquer le Président », a-t-elle souligné. En outre, elle n’a pas manqué de dénoncer les tentatives de déstabilisation orchestrées par les États-Unis en mettant en garde contre les « interventions extérieures et étrangères, car il serait désastreux de permettre que des vents étrangers détruisent un pays frère comme le Venezuela ». La présidente de l’Argentine a également dénoncé « la tentative de coup d’Etat “soft” que l’on essaye d’organiser contre la République bolivarienne du Venezuela ». ( 08 ) 

OEA

7 mars 2014, l'organisation des États américains déclare sa solidarité et le soutien aux institutions démocratiques, au dialogue et à la paix en République bolivarienne du Venezuela. Incite les États d'Amérique au respect du principe de non-intervention dans les affaires internes des États et exprime son engagement envers la défense des institutions démocratiques et l'état de droit.  ( 05 )

UNASUR

L’Union des Nations sud-américaines qui regroupe les 12 pays de la région a décidé de « soutenir les efforts du Gouvernement de la République Bolivarienne du Venezuela pour établir un dialogue » avec tous les secteurs de la société. Dans une évidente allusion aux États-Unis, l’UNASUR a fait part de son « inquiétude face à toute menace contre l’indépendance et la souveraineté de la République Bolivarienne du Venezuela » ( 06 )

 
 
 

Ce médiamensonge qui survit depuis des années

 
 

Difficile d'être plus démocratique; l’actuel pouvoir vénézuélien tire sa légitimité des 18 processus électoraux sur 19 qu’il a remportés lors des 15 dernières années. Rien n'y fait le Venezuela est toujours vu comme un pays non démocratique pour les propriétaires de médias internationaux et ils publient leurs éditoriaux en fonction de cette vision. En réalité ils se battent contre un pays qui a fait de la répartition de la richesse une priorité nationale.

Comme l'a déjà dit le milliardaire Warren Buffet:
" La guerre des classes existe, c'est un fait, mais c'est la mienne, la classe des riches, qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la remporter."

Il a oublié de terminer sa phrase ...si l'ensemble de la classe moyenne reste endormi.

Alors qu’en 1973 il restait des médias occidentaux pour s’émouvoir du coup d’État perpétré au Chili par Pinochet, ceux d’aujourd’hui scandent à l’unisson : “Président du Venezuela, laisse-toi te faire renverser ! C’est pour ton bien ! Renonce à défendre le choix des électeurs ! Renonce à la loi, à la Constitution. Si tu arrêtes un putschiste, nous dénoncerons la répression au Venezuela !”.

Le bulldozer des médias, déjà bien rodé pour créer le personnage de l'ex-président élu Hugo Chavez, a été réactivé pour fabriquer l'image de Nicolás Maduro en tant que tyran qui agite au loin un poing brutal pour mieux écraser des foules fanatisées alors que la voix feutrée de l’opposition de droite ou du porte-parole de la Maison Blanche, photo de face, en plan proche, s’étonne de tant de violence.

John Kerry secrétaire d'État des États-Unis s'inquiète de la violence au Venezuela... qu'il finance, ce qu'il ne dit pas.

Même lors du coup d’État manqué contre Chavez en 2002, jamais on n’avait observé une telle intensité dans le bombardement médiatique pour faire accepter la nécessité d’une intervention extérieure, ou d’un coup d’État, sans attendre les élections.

C’est sans doute l’erreur historique, et suicidaire, de la gauche européenne et des sociaux démocrates des Amériques ne pas avoir démocratisé la propriété des médias, avoir laissé les sociétés d'état médiatiques mimétiser ou copier le style d'information éditorialiste ou propagandiste des grands groupes privés ( 09 ).

Qu’arriverait-il au journaliste d’un grand média qui voudrait parler des 40 000 conseils communaux et de conseils du pouvoir citoyen qui apportent la matière grise à un grand nombre de décisions gouvernementales au Venezuela ?

Nicolás Maduro, président élu du Venezuela

 

Et le Maduro réel ?
Celui qui n'est pas isolé par les téléobjectifs de l’AFP et de Reuters ?

 
 

Le 26 février 2015, lors de la création du nouveau Conseil des personnes handicapées et des personnes âgées ( 10 ), il a approuvé les crédits pour octroyer 300 mille pensions de plus, ce qui élève les bénéficiaires de ce droit à trois millions de citoyen(ne)s.

Il a confirmé l’octroi de 10 000 allocations de santé pour mieux protéger les personnes âgées. Il a félicité les employés de la nouvelle mission sociale “Foyers de la patrie” qui a visité en une fin de semaine 200 communautés populaires, soit 25 mille familles : “Cette méthodologie nous permet d’arriver directement jusqu’aux familles en évitant les mafias des intermédiaires.

Avant d’entamer à travers le territoire un nouveau cycle de “gouvernement de rue” ( 11 ) Nicolás Maduro a rappelé l’idée centrale de sa politique : malgré la guerre économique ( 12 ) et la chute des prix du pétrole, pas d’austérité mais l’approfondissement d’un État social et participatif.

Comme le dit le maire Rodriguez, on nous agresse parce que nous sommes un gouvernement des pauvres. Il n’y a que dans le socialisme que les ressources sont administrées en fonction de celui ou celle qui en a besoin”. Pendant cette assemblée un gros dossier arrive aux mains de Maduro. Anibal, affecté d’une incapacité de l’ouïe, un des porte-parole du nouveau conseil national, prend la parole en langage de signes : “Nous sommes 120 porte-paroles venus des 24 états du pays, nous avons travaillé ensemble sur ces propositions”

C’est pour cela que j’ai créé les conseils de gouvernement populaire, pour que le peuple prenne le pouvoir, pour qu’il assume le pouvoir politique, pour qu’il se convertisse en peuple président” lui répond Nicolás Maduro.

Le 28 février 2015 lors d’une mobilisation populaire contre l’ingérence des États-Unis (photo à droite), le président a poursuivi :

The Wall Street Journal a écrit récemment que l’heure est venue de m’appeler tyran, je réponds : je serais un tyran parce que je ne me laisse pas renverser ? Et si je me laisse renverser, je serais un démocrate ? Le peuple devrait permettre que s’installe un «gouvernement de transition», éliminant la Constitution ? Je ne le permettrai pas et s’il le fallait je me battrai dans la rue avec notre peuple et nos forces armées. Nous voulons construire la paix, la stabilité, la coexistence, la vie en commun. Que ferait le président Obama si un coup d’État était organisé contre son gouvernement ? Celui qui persiste dans ses activités terroristes, putschistes, celui qui agit hors de la Constitution, sera arrêté pour être jugé même si The Wall Street Journal ou le New York Times m’appellent le tyran, ce n‘est pas la tyrannie, non, c’est tout simplement la loi. »

Durant cette marche qui a parcouru les rues de Caracas, Nicolás Maduro a signé un décret indemnisant 74 familles de victimes du “Caracazo” (13)
 

En 1989, après deux jours d’émeutes populaires qui suivirent l’application des mesures néo-libérales exigées par le FMI, le président social-démocrate Carlos Andrés Pérez avait suspendu les garanties constitutionnelles et avait envoyé l’armée “rétablir l’ordre”.

Dimanche 1 mars 2015. Le président Maduro rend hommage aux victimes du massacre du « Caracazo » du 27 février 1989.

En 72 heures, 2 000 à 3 000 personnes furent assassinées. Maduro a rappelé que cette même austérité de choc fait partie du programme que la droite vénézuélienne avait prévu d’appliquer en cas de succès du coup d’État le 12 février 2015 ( 14 ). Jusqu’à l’élection de Hugo Chavez, aucun gouvernement n’avait accepté de reconnaître les fosses communes, les disparitions, et les tortures. Les 74 indemnisations décrétées par Nicolás Maduro s’ajoutent aux 596 accordées à d’autres familles par le gouvernement bolivarien.

 
 

Le détail du coup d'État tel que planifié

 
 

Le président Obama avec son conseiller pour l’Amérique latine, Ricardo Zuñiga ( 15 ), et la conseillère nationale de sécurité, Susan Rice.

Le coup d'État planifié portait le nom « Opération Jéricho » et était supervisé par le Conseil national de sécurité (NSC), sous l’autorité de Ricardo Zuñiga.

Ce « diplomate » est le petit-fils du président homonyme du Parti national du Honduras qui organisa les putschs de 1963 et de 1972 en faveur du général López Arellano. Il dirigea la station de la CIA à La Havane (2009-11) où il recruta des agents et les finança pour former l’opposition à Fidel Castro tout en négociant la reprise des relations diplomatiques avec Cuba (finalement conclue en 2014).

Comme toujours dans ce type d’opération, Washington veille à ne pas paraître impliqué dans les événements qu’il dirige. La CIA agit au travers d’organisations prétendument non-gouvernementales pour organiser les putschistes : la National Endowment for Democracy et ses deux pseudopodes de droite (International Republican Institute) et de gauche (National Democratic Institute), Freddom House, et l’International Center for Non-Profit Law. ( 16 )

En outre, les États-Unis sollicitent toujours leurs alliés pour sous-traiter certaines parties du coup, en l’occurrence au moins l’Allemagne (chargée de la protection des ressortissants de l’Otan durant le coup), le Canada (chargé de contrôler l’aéroport international civil de Caracas), Israël (chargé des assassinats de personnalités chavistes) et le Royaume-uni (chargé de la propagande des putschistes).

Enfin, ils mobilisent leurs réseaux politiques qui se tiennent prêts à reconnaître les putschistes : à Washington le sénateur Marco Rubio, au Chili l’ancien président Sebastián Piñera, en Colombie les anciens présidents Álvaro Uribe Vélez et Andrés Pastrana, au Mexique les anciens présidents Felipe Calderón et Vicente Fox, en Espagne l’ancien président du gouvernement José María Aznar.

La GRC impliquée dans la tentative de coup d’État récemment déjouée au Venezuela
Des preuves révèlent que le Canada et le Royaume-Uni sont impliqués dans la tentative de coup d’État

Diosdado Cabello président de l'Assemblée nationale du Venezuela

Le 13 février 2015 Le président de l’Assemblée nationale du Venezuela, Diosdado Cabello, a présenté à la télévision nationale une preuve supplémentaire qu’une faction d’extrême-droite avait l’intention de renverser le gouvernement bolivarien.

Cabello a présenté les preuves des plans déjoués, y compris une vidéo montrant des membres de l’armée enregistrant un message qui annonçait que l’armée ne reconnaissait plus le gouvernement. La vidéo qui devait être diffusée après les attaques planifiées, a sans doute été tournée par une station au Venezuela ou à Miami. Cabello a également montré un visa étatsunien d’une durée de 10 ans aux mains d’un des comploteurs actuellement aux arrêts, visa obtenu quelques jours avant que le plan soit mis en œuvre.

Le président de l'Assemblée a aussi affirmé que la Royal Canadian Mounted Police/Gendarmerie Royale du Canada, et un membre du corps diplomatique de la Grande Bretagne étaient impliqués dans la recherche d'information sur la capacité de l'aéroport en cas d'urgence.

JosPublic y reviendra avec un texte détaillé sur les opérations canadiennes au Venezuela.

Lors de la présentation télévisée, Cabello a évoqué la récente interview donnée par le président états-unien Barack Obama, dans laquelle celui-ci déclarait que « le leadership états-unien tord parfois les bras des Etats qui ne font pas ce que nous avons besoin qu’ils fassent. »

Selon le renseignement du Venezuela, les ordinateurs saisis aux militaires putschistes ont révélé des cartes des endroits où ils envisageaient de mener des attaques, y compris le palais présidentiel de Miraflores, et le siège de teleSUR à Caracas. Le coup d’État devait avoir lieu exactement un an après les manifestations et les actions violentes dirigées par l’opposition qui ont secoué le pays, entraînant la mort de 43 personnes et des milliards de dommages.

Les dirigeants de l’opposition Leopoldo Lopez, Maria Corina Machado et Antonio Ledezma avaient publié un «plan de transition» qui impliquait la privatisation du pétrole du pays, la déréglementation de l’économie et des accords avec des «institutions financières internationales», y compris le Fonds monétaire international et cela un jour avant la tentative de coup d’État planifiée.

Le gouvernement états-unien se contredit

Après avoir pris des sanctions économiques contre le Venezuela, en 2014, et avoir financé la tentative de coup d'État de février 2015, voilà que les dirigeants états-uniens se drapent dans la pureté démocratique: "jamais nous ne ferions cela", mais en disant qu'elle considère adopter de nouveaux outils pour amener le gouvernement vénézuélien dans de meilleures dispositions à l'égard de leur politique. Leur vraie intention est dévoilée.

Josh Earnest chargé de la propagande de la Maison Blanche

Il est difficile d'admettre publiquement que les dirigeants états-uniens sont en guerre contre la répartition de la richesse que pratique le gouvernement bolivarien. En langage diplomatique ou langue de bois, tous comprennent que leur putsch contre un président dument élu a échoué.

Pour justifier le putsch, la Maison-Blanche avait encouragé de grandes sociétés vénézuéliennes à entreposer plutôt qu’à distribuer des marchandises de première nécessité.

L’idée était de provoquer des files d’attente devant des commerces, puis d’infiltrer des agents dans la foule pour provoquer des émeutes. En réalité, s’il y a bien eu des problèmes d’approvisionnement en janvier-février 2015 et des queues devant des magasins, jamais les Vénézuéliens n’attaquèrent de commerces.

Certains étudiants sont payés pour créer le chaos

Pour renforcer son action économique, le président Obama avait signé, le 18 décembre 2014, une loi imposant de nouvelles sanctions contre le Venezuela et plusieurs de ses dirigeants. Officiellement, il s’agissait de sanctionner les personnalités ayant réprimé les protestations estudiantines. En réalité, depuis le début de l’année, Washington payait un salaire —quatre fois supérieur au revenu moyen— à des gangs pour qu’ils attaquent les forces de l’ordre. Les pseudos-étudiants avaient ainsi tué 43 personnes en quelques mois et semaient la terreur dans les rues de la capitale.

Ancien numéro 2 de l’Isaf en Afghanistan, le général Thomas W. Geary est aujourd’hui chargé du Renseignement au SouthCom

L’action militaire était supervisée par le général Thomas W. Geary, depuis le SouthCom à Miami, et Rebecca Chavez, depuis le Pentagone, et sous-traitée à l’armée privée Academi (ex-Blackwater) ; une société désormais administrée par l’amiral Bobby R. Inman (ancien patron de la NSA) et John Ashcroft (l’ancien Attorney General de l’administration Bush).

Un Super Tucano, immatriculé N314TG, acheté par la firme de Virginie en 2008 pour assassiner Raul Reyes, le n°2 des Farc de Colombie, devait être maquillé en avion de l’armée vénézuélienne.

Il devait bombarder le palais présidentiel de Miraflores et d’autres cibles parmi une douzaine pré-déterminée, comprenant le ministère de la Défense, la direction du Renseignement et la chaîne de télévision de l’ALBA, TeleSur. L’avion étant stationné en Colombie, le QG opérationnel de « Jéricho » avait été installé à l’ambassade des États-Unis à Bogota avec la participation de l’ambassadeur Kevin Whitaker et de son adjoint Benjamin Ziff.

Quelques officiers supérieurs, actifs ou à la retraite, avaient enregistré à l’avance un message à la Nation dans lequel ils annonçaient avoir pris le pouvoir afin de rétablir l’ordre. Il était prévu qu’ils souscrivent au plan de transition, publié le 12 février 2015 au matin par El Nacional et rédigé par le département d’État US. Un nouveau gouvernement aurait été formé, conduit pas l’ancienne députée María Corina Machado.

Quelques cibles des putschistes

María Corina Machado fut la présidente de Súmate, l’association qui organisa et perdit le référendum révocatoire contre Hugo Chávez Frias, en 2004, déjà avec l’argent de la National Endowment for Democracy états-unien et les services du publicitaire français Jacques Séguéla. Malgré sa défaite, elle fut reçue avec les honneurs par le président George W. Bush, dans le Bureau ovale, le 31 mai 2005. Élue représentante de l’État de Miranda en 2011, elle était soudain apparue, le 21 mars 2014 comme chef de la délégation du Panama à l’Organisation des États américains (OEA).

María Corina Machado et George W. Bush, à la Maison Blanche

Elle avait immédiatement été démise de ses fonctions de député pour violation des articles 149 et 191 de la Constitution. Pour faciliter la coordination du coup, María Corina Machado organisa à Caracas, le 26 janvier, un colloque, « Pouvoir citoyen et Démocratie aujourd’hui », auquel participèrent la plupart des personnalités vénézuéliennes et étrangères impliquées.

Pas de chance, le Renseignement militaire vénézuélien surveillait des personnalités soupçonnées d’avoir fomenté un précédent complot visant à assassiner le président Maduro. En mai 2014, le procureur de Caracas avait accusé María Corina Machado, le gouverneur Henrique Salas Römer, l’ancien diplomate Diego Arria, l’avocat Gustavo Tarre Birceño, le banquier Eligio Cedeño et l’homme d’affaire Pedro M. Burelli, mais ils récusèrent les e-mails à charge contre eux, prétendant qu’ils avaient été falsifiés par le Renseignement militaire. Bien sûr, ils étaient tous de mèche.

En pistant ces conspirateurs, le Renseignement militaire découvrit l’« Opération Jéricho ». Dans la nuit du 11 février 2015, les principaux leaders du complot et un agent du Mossad d'Israël étaient arrêtés et la sécurité aérienne renforcée.

D’autres étaient récupérés le 12. Le 20, des aveux obtenus permirent d’arrêter un complice, le maire de Caracas, Antonio Ledezma.

 

Certaines des armes des putschistes

Le président Nicolás Maduro intervenait immédiatement à la télévision pour dénoncer les conspirateurs. Tandis qu’à Washington, la porte-parole du département d’État faisait rire les journalistes qui se souvenaient du coup organisé par Obama au Honduras en 2009 —pour l’Amérique latine—, ou plus récemment de la tentative de coup en Macédoine, en janvier 2015 —pour le reste du monde—, en déclarant : « Ces accusations, comme toutes les précédentes, sont ridicules».

Pour ceux qui pensent, à tort, que les États-Unis ont changé, qu’ils ne sont plus une puissance impérialiste et qu’ils défendent désormais la démocratie dans le monde, l’« Opération Jéricho » est un sujet de réflexion inépuisable.

 

Le Venezuela riposte aux putschistes

 
 

Par ailleurs, le président a annoncé quatre mesures en réponse aux sanctions imposées par les États-Unis en violation du Droit international et dénoncées par l’ensemble des pays latino-américains, ainsi qu’aux 168 déclarations officielles émises par l’administration Obama contre le gouvernement bolivarien de 2014 à 2015:

- L’entrée du territoire vénézuélien est interdite aux fonctionnaires états-uniens complices d’actes terroristes, de violations de droits de l’homme, de crimes de guerre. Parmi ceux-ci l’ex-président George W. Bush, l’ex-vice-président Dick Cheney; l’ex-directeur de la CIA George Tenet, notamment liés au massacre de centaines de milliers d’irakiens sur la base du mensonge des “armes de destruction massive” et à la création de centres de torture, prisons secrètes en Europe, Abu Ghraib, Guantanamo, etc…

- «Interdit aussi d’accorder des visas aux citoyens américains qui ont violé les droits humains et ont bombardé des populations civiles». La décision concerne aussi les congressistes d’extrême droite Bob Menendez, Marco Rubio, Ileana Ross-Lehtinen et Mario Diaz-Balart, proches du réseau terroriste du cubain Posada Carriles qui vit actuellement aux USA sous la protection des autorités.

- Adéquation du nombre de fonctionnaires de l’Ambassade des États-Unis à Caracas. Le gouvernement états-unien y maintient plus de 100 employés alors que seulement 17 fonctionnaires vénézuéliens sont autorisés à travailler à l’ambassade vénézuélienne à Washington. La chancelière Delcy Rodriguez a rappelé que cette faculté de demander l’équilibre du nombre échoit à tout gouvernement en vertu de la Convention de Vienne.

- Réciprocité en matière de visas. “Les citoyens vénézuéliens qui voyagent aux États-Unis doivent payer pour obtenir un visa. A présent, pour rétablir l’égalité de traitement, les états-uniens qui nous visitent, devront obtenir un visa et payer ce que paye un Vénézuélien qui voyage aux États-Unis”.

- “Finies, les réunions des fonctionnaires états-uniens pour conspirer sur notre territoire”. Les responsables de l’ambassade états-unienne à Caracas ont été informés que dorénavant «toute réunion réalisée par eux au Venezuela devra être notifiée et approuvée par le gouvernement du Venezuela« , conformément aux articles 41 et 41.2 de la Convention de Vienne.

Nicolás Maduro a révélé : « nous avons détecté et capturé certains états-uniens engagés dans des activités secrètes, notamment d’espionnage, essayant de recruter des gens dans les villages frontaliers avec la Colombie et sous influence paramilitaire. Dans l’État du Táchira nous avons capturé un pilote d’avion états-unien d’origine latino-américaine, avec toutes sortes de documents. Il est en train de faire des révélations”.

Présentation du 24 février 2015

En concluant son discours, Nicolás Maduro a réaffirmé son respect pour le peuple états-unien ainsi que pour la communauté afro-américaine, hispanique et caribéenne souvent victimes des violations de droits de l’homme de la part de leur propre gouvernement, rappelant que ces mesures ne sont pas prises contre eux, mais contre l’élite qui persiste à s’ériger en policier mondial et à refuser de respecter le principe de souveraineté.

Sources: Télévision Tele Sur pour La nueva Televisión del Sur; Thierry Deronne pour Venezuela infos; et Thierry Meyssan pour le Réseau Voltaire

Choix de photos, fusion de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Publication : 4 mars 2015

  Pour faire parvenir ce texte à d'autres : 

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Aéroport de Caracas, Venezuela                                                                            

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notes & Références encyclopédiques:

01

 

En photo, les responsables de la tentative de putsch de 2002 se réjouissant un peu trop tôt de leur succès. On y voit un homme au collet romain, il s'agit de José Rodriguez Iturbe, un prêtre catholique avec la double nationalité états-unienne / vénézuélienne et membre numéraire de l’Opus Dei.

Il avait été nommé ministre des Relations extérieures.

 « Opération manquée au Venezuela », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 18 mai 2002.

 

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02

 
 
 

« Notre ami Danilo Anderson assassiné à Caracas », « La CIA derrière l’assassinat de Danilo Anderson ? », par Marcelo Larrea, Réseau Voltaire, 19 novembre et 1er décembre 2004.

 “FBI and CIA identified as helping Plan Venezuelan Prosecutor’s Murder”, by Alessandro Parma, Voltaire Network, 11 November 2005.

 
 
 

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03

 
 
 

« Venezuela : conclusion d’une année déterminante », par Romain Migus, Réseau Voltaire, 10 octobre 2008. Voir aussi la réponse de Gene Sharp à nos accusations : « L’Albert Einstein Institution : la non-violence version CIA », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 4 juin 2007.

 
 
 

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04

 
 
 
 

« États-Unis contre Venezuela : la Guerre froide devient chaude », par Nil Nikandrov, Traduction Roger Lagassé, Strategic Culture Foundation (Russie), Réseau Voltaire, 10 mars 2014. « Las “guarimbas” de Venezuela : derecha embozada », por Martín Esparza Flores, Contralínea (México), Red Voltaire , 28 de abril de 2014.

Des manifestants « pacifiques » —et cependant masqués— préparent un cocktail Molotov lors d’affrontements à Caracas, le dimanche 2 mars 2014.

 
 
 
 

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05

 

Declaración del Consejo Permanente de la Organización de los Estados Americanos sobre Venezuela, Red Voltaire, 7 mars 2014.

 

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06

Union des nations sud-américaines, « Resolución », 12 mars 2014.

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07

 

The Associated Press et La Jordana, « Bachelet reitera apoyo a Maduro », 16 mars 2014.

 

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08

 
 
 
 
 
 

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09

 
 
 
 
 
 
 
 

Cas récent d’une émission d’ARTE : Le Venezuela, cartes sur table (L'Humanité) 26 Février 2015 par Guillaume Beaulande, journaliste, collaborateur du Monde diplomatique.

En Europe le gouvernement Tsipras de Grèce montre la voie en rouvrant la télévision publique fermée sur injonction de Bruxelles et en réembauchant tous ses salariés pour que la population jouisse d’un “service public démocratique et pluriel”. Toute révolution citoyenne devrait s’accompagner de la création d’un vaste réseau de médias populaires pour que les citoyens disposent réellement d’informations alternatives.

 
 
 
 
 
 
 
 

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10

 
 

Le Conseil des Peuples originaires réuni au palais présidentiel, octobre 2014.

Sur la nature de ces nouvelles instances de pouvoir citoyen, lire « Démocratisation de l’État, hausse des budgets sociaux

Nicolás Maduro met les bouchées doubles» - Sur Venezuela info, le 31 décembre 2014

 
 

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11

 

Quand les ministres venaient-ils ici dans les vallées du fleuve Tuy ?
– Jamais ! répond l’assemblée.

Sur le gouvernement de rue, lire « Nous t’écoutons Claudia » - Sur Vénézuela Info, le 6 mai 2013

 

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12

 
 

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13

 

« Comment la plupart des journalistes occidentaux ont cessé d’appuyer la démocratie en Amérique Latine » - Sur Venezuela Info, le 16 mars 2014

 

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14

 
 

Lire « L’«accord de transition » Machado-Ledezma-Lopez : ce que révèle et ce qu’occulte le programme de la droite vénézuélienne en cas de succès d’un coup d’Etat - Sur Venezuela info, le 22 février 2015

 
 

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15

 

Honduran Named White House Advisor on Latin America, written by  Marco Cáceres  - On Honduras Weekly

 

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16

 
 
 
 

La CIA agit au travers d’organisations prétendument non-gouvernementales pour organiser les putschistes : la National Endowment for Democracy et ses deux pseudopodes de droite (International Republican Institute) et de gauche (National Democratic Institute), Freddom House, et l’International Center for Non-Profit Law

 
 
 
 

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