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Un pas décisif vers la paix en Syrie et au Venezuela

Négociation et formation d'une union nationale patriotique contre l'intervention de pays étrangers. Un pas décisif vers la paix a été franchi simultanément en Syrie et au Venezuela, le 16 septembre 2019.  Les deux nations ne se forcent plus à négocier avec des terroristes, mais leurs gouvernements ont entrepris de construire un nouveau régime en collaboration avec leur opposition patriotique.

 

 
 

Diplomatie et géopolitique apporte la paix à la Syrie et au Venezuela. Les États-Unis prédateur de ressources naturelles devra renoncer à détruire l'État de la Syrie et du Venezuela

L'avenir de la Syrie et du Venezuela se jouent simultanément et parallèlement.  C’est bien normal, car l’origine de ces conflits n’est pas locale, c’est la stratégie des États-Unis de destruction des structures étatiques, d’abord au « Proche-Orient élargi », puis dans le « Bassin des Caraïbes ».   Il s'agit de la doctrine Rumsfeld/Cebrowski  (note de JosPublic: qui est toujours en force au Pentagone, le centre de l'État profond états-uniens et qui est contestée par la Maison Blanche depuis l'arrivée de Donald Trump. )

La situation et les capacités des deux pays sont très différentes, mais leur résistance à l’impérialisme global est identique.  Hugo Chávez (président de 1999 à 2013) a été le porte-voix des peuples de la périphérie face aux ambitions des sociétés transnationales.

Déçu par le Mouvement des non-alignés dont, à la fin de la Guerre froide, certains membres sont devenus des vassaux des États-Unis, il avait songé avec le président Bachar el-Assad à le refonder sur de nouvelles bases : le Mouvement des alliés libres.

 À ceux qui s’interrogeaient sur le temps nécessaire pour mener à bien cette ambition, le président vénézuélien avait répondu en anticipant que son homologue syrien prendrait sa succession sur la scène internationale.  Il avait aussi ajouté, dans le plan quinquennal 2007-2013 qu’il rédigea de sa main, des instructions à toutes les administrations de son pays de soutenir cet allié politique lointain : la Syrie.

La guerre sévit depuis dix-huit ans au Moyen-Orient élargi et depuis huit ans en Syrie. L’Afghanistan, l’Iraq et la Libye sont déjà détruits. Le Yémen est affamé.

Concernant la Syrie, un gouvernement en exil a été reconnu par les États-Unis et une poignée de ses alliés.  Tous les avoirs du pays en Occident ont été saisis. Un gouvernement alternatif a remplacé le gouvernement constitutionnel à la Ligue arabe.  Et les vassaux régionaux des États-Unis se sont placés aux ordres de l’OTAN.

Les prémisses de la guerre sont déjà bien avancées dans le Bassin des Caraïbes, notamment au Nicaragua et à Cuba.   Concernant le Venezuela, un président autoproclamé a été reconnu par les États-Unis et une poignée de ses alliés. 

Tous les avoirs vénézuéliens en Occident ont été saisis.  Un gouvernement alternatif a remplacé le gouvernement constitutionnel à l’Organisation des États américains (OEA).  Et les vassaux régionaux des États-Unis réactivent le Traité interaméricain d’assistance réciproque (Tiar).

La guerre se termine en Syrie parce que la présence militaire russe rend impossible l’envoi de nouvelles troupes contre le pays ; qu'on parle de soldats réguliers états-uniens, de mercenaires officiellement engagés par le Pentagone, ou de jihadistes officieusement engagés par les alliés de l’OTAN. Mais la victoire de l’armée arabe syrienne contre des dizaines de milliers de mercenaires étrangers ne signifie pas la paix.

Celle-ci n’est possible en Syrie comme au Venezuela qu’à la condition de réparer la société, fracturée par la guerre ici ou par sa préparations là.  En Syrie, cela passe par la rédaction, puis l’adoption, d’une nouvelle constitution, comme prévu il y a quatre ans par la résolution 2254.

Identiquement, cela passera au Venezuela par la création d’un régime d’union nationale, associant chávistes et opposition patriotique.  Dans les deux cas, la difficulté consiste à écarter l’opposition mercenaire, rétribuée par les États-Unis ou ses alliés et prête à tout, et à mobiliser l’opposition patriotique, toujours présente dans le pays et soucieuse de préserver la nation.

Avec l’accord du président Trump et malgré l’opposition de généraux du Pentagone et de diplomates du département d’État, la Syrie et le Venezuela ont avancé sur cette voie, le 16 septembre 2019.  Le même jour, l’Iran, la Russie et la Turquie ont annoncé la constitution de la « Commission constitutionnelle syrienne », et le Venezuela a annoncé l’ouverture d’une « Table de dialogue » réunissant représentants du gouvernement et de l’opposition patriotique.

Celle-ci se substitue aux négociations que le gouvernement constitutionnel avait menées à La Barbade, en présence de médiateurs norvégiens, avec les représentants du président autoproclamé, Juan Guaidó ; négociations que celui-ci avait déjà déclarées « épuisées » et qu’il avait lui-même quittées. 

Identiquement, la Commission constitutionnelle syrienne met fin aux négociations que le gouvernement menait depuis des années avec les jihadistes « modérés » sous les auspices de l’ONU.

En Syrie, le principe de l’Union nationale s’est progressivement imposé depuis le début de la guerre.  Le président Assad était parvenu à organiser, en 2014, une élection présidentielle conforme aux standards internationaux des régimes démocratiques.

Mais c’est une nouveauté au Venezuela où tous ne sont pas encore convaincus.  Une tentative précédente d’union, initiée par le pape François, avait échoué.

Cette fois, en quelques heures, les négociateurs sont parvenus à s’accorder sur presque tout ce que prétendait réclamer Juan Guaidó, mais qu’il se refusait en fait à implémenter. 

Les chávistes ont cessé de pratiquer la chaise vide à l’Assemblée nationale ; la Commission électorale est en cours de réforme ; le vice-président de l’Assemblée nationale qui était détenu a été relâché ; etc.

Cette avancée considérable a été rendue publique au départ du conseiller de sécurité nationale des États-Unis.

Hugo Chávez

Bachar el-Assad

Juan Guaidó

Jorge Mario Bergoglio

Donald Trump

John Bolton

Robert O’Brien

Nicolás Maduro

  Le remplacement de John Bolton par Robert O’Brien favorise la tenue d’un nouveau discours à Washington.  

Les deux hommes ont les mêmes références idéologiques, l’« exceptionnalisme états-unien », mais des styles opposés : le premier menaçait de guerre la Terre entière, le second est un négociateur professionnel.

L’Union européenne (UE) et le Groupe de Lima, qui n’ont pas le pragmatisme du président Donald Trump, condamnent ces avancées car les partisans du terrorisme en sont exclus : les jihadistes « modérés » et les guarimberos de Juan Guaidó.

 

Notes & Références encyclopédiques:

c'est la stratégie des États-Unis de destruction des structures étatiques...
 

Diriger dans le chaos
Dans ce genre de guerre, il n'est même pas nécessaire que l'empire gagne. 

Pour l'industrie militaire, la guerre continuelle est un concept commercial bien meilleur.  Vous produisez des «États défaillants» et régnez dans le chaos.  De cette façon, vous vous assurez d’éliminer les rivaux et d’empêcher les concurrents de la superpuissance de prendre pied - lisez: Russie et Chine.  Ainsi l'empire peut utiliser beaucoup moins ses propres forces militaires - vous pouvez sous-traiter la guerre à des entreprises privées et à des armées de mercenaires islamistes et vous assurer que vous aurez toujours accès aux matières premières.  Faire fuir des millions de personnes n’est pas simplement une conséquence de la guerre, mais un objectif en soi.  Cela contribue au chaos sur lequel l’empire peut gouverner et en tirer parti, soit pour détruire les modèles de société européens, soit pour empêcher des pays comme la Syrie de se remettre sur pied.  C’est aussi pourquoi l’empire s’accroche à la Syrie.  L'Occident a perdu la guerre mais refuse de céder parce que les puissances de l'empire ne veulent pas d'une Syrie reconstruite et bien gérée.

Cette carte est extraite d’un Powerpoint de Thomas P. M. Barnett, l’assistant de l’amiral Arthur Cebrowski, lors d’une conférence au Pentagone en 2003.  Elle montre tous les États (zone rosée) qui doivent être détruits. Ce projet n’a rien à voir ni avec la Guerre froide, ni avec l’exploitation des ressources naturelles.  Après le « Moyen-Orient élargi », les stratèges US se préparent à réduire en ruines le « Bassin des Caraïbes ».

Par Pål Steigan blogue Allemagne, le 11 mai 2016

The Pentagon’s New Map, Thomas P. M. Barnett, Putnam Publishing Group, 2004. « Le projet militaire des États-Unis pour le monde », Haïti Liberté (Haïti), Réseau Voltaire, 22 août 2017.

 

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à le refonder sur de nouvelles bases...
 

 

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de son pays de soutenir cet allié lointain: la Syrie...
 

Projet national Simón Bolívar. Premier plan socialiste (PPS) du développement économique et social national (2007/2013), Présidence de la République bolivarienne du Venezuela.

Proyecto Nacional Simón Bolívar. Primer Plan Socialista (PPS) del Desarrollo Económico y Social de la Nación (2007/2013), Presidencia de la República Bolivariana de Venezuela.

 

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La guerre sévit depuis dix-huit ans au Moyen-Orient élargi...
 

La guerre civile yéménite est un conflit qui oppose depuis 2014

principalement les rebelles chiites houthis et, jusqu'en 2017, les forces fidèles à l'ex-président Ali Abdallah Saleh au gouvernement d'Abdrabbo Mansour Hadi, élu en 2012 à la suite de la révolution yéménite et du départ du pouvoir de Saleh. Le conflit s'est internationalisé en mars 2015 avec l'intervention de nombreux pays musulmans menés par l'Arabie saoudite.  - Source Wikipédia France

 

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l'Iran, la Russie et la Turquie ont annoncé la constitution de la Commission constitutionnelle syrienne...
 

Joint Statement by Iran, Russia and Turkey on the International Meeting on Syria, Voltaire Network, 16 September 2019. Sur la photo: H.E. Hassan Rouhani, Recep Tayyip Erdoğan et Vladimir Poutine

 

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l'ouverture d'une "Table de dialogue" réunissant représentants du gouvernement et de l'opposition patriotique...
 

« Venezuela : Mesa Nacional », Red Voltaire, 16 de septiembre de 2019. sur Réseau Voltaire le 16 septembre 2019

 

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Les deux hommes ont les mêmes références idéologiques...
 

L’Onu cassée par l’« exceptionnalisme » états-unien.  Affaiblis par rapport à leurs compétiteurs russe et chinois, les États-Unis retrouvent leurs réflexes historiques.

En matière de relations étrangères, ils abandonnent l’ordre libéral international et reviennent à la doctrine exceptionnaliste.  En remettant en cause leur propre engagement au Conseil de sécurité, ils viennent d’ouvrir la voie à une déconstruction du Droit international et à la fin des Nations unies. Cette évolution, qui surprend les Européens de l’Ouest et les plonge dans le désarroi, avait été anticipée par la Russie et la Chine qui s’y préparaient.  Réseau Voltaire, le 2 avril 2019

 

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Diplomatie et géopolitique apporte la paix à la Syrie et au Venezuela. Les États-Unis prédateur de ressources naturelles devra renoncer à détruire l'État de la Syrie et du Venezuela

Source: Réseau Voltaire

Choix de photos, collection de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Mise à jour le 25 septembre 2019

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

Justin TRUDEAU, Premier ministre et chef du Parti Libéral du Canada

  Le gouvernement canadien complice de terrorisme envers la Syrie

 Un coup d'État est en cours de préparation au Venezuela et on sait par qui

 Fiche: Géopolitique, guerre, révolution, espionnage, crime contre l'humanité

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