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Si je vous disais que cet homme ne fait que défendre l'intérêt de son peuple,
est-ce que vous liriez ce texte ou le préjugé l'emporterait ?

Vladimir Poutine en français, Putin en anglais et  Владимир Путин en russe est le président de la Russie

Un titre provocateur car la campagne occidentale anti-Poutine semble avoir atteint ses objectifs.  Depuis une quinzaine d'années, les médias occidentaux publient des reportages fabriqués par la CIA que les agences de presse, principalement Agence France Presse (AFP), Associated Press (AP) et à leur suite Reuters, reprennent pour démoniser le président du pays pointé du doigt par les États-Unis d'Amérique
(É.-U.).  Encore aujourd'hui durant la campagne électorale de février/mars 2018, il est malmené médiatiquement par des agences qui acceptent de l'argent de forces extérieures à la Russie pour le calomnier sur la place publique.

Sa faute: défendre le peuple russe des visées économiques de l'occident sur son pays.  Au Canada, on retrouve les maîtres-queues traditionnels chez la Société CBC/Radio-Canada que nous payons pour nous désinformer, et les autres grands médias toujours de service pour publier des fausses nouvelles ou des interprétations de faits qui donnent dans le loufoque.

  JosPublic n'est pas naïf et sait très bien ce qu'est un politicien et ce qu'il doit faire pour être élu et exercer le pouvoir.  Je ne prétends pas pouvoir contrer les millions$ investis en propagande pour diaboliser celui qui a empêché les États-Unis et le Canada d'achever la destruction économique de la Russie.  Il faut se souvenir qu'après la chute de l'URSS l'ONU livrait de la nourriture à la population de Saint-Pétersbourg.  Mais il y a une limite à réduire la concurrence économique en dénigrant des personnes pour qu'ils soit plus facile d'en faire de la chair à nos canons.  

Heureusement, pour équilibrer la couverture médiatique, j'ai trouvé un texte d'une professeure chercheuse universitaire états-unienne ayant vécu 30 ans en Russie. Donc elle a vécu sous le gouvernement soviétique et sous l'actuel gouvernement.  Elle nous fait part de ses expériences personnelles quant à Vladimir Vladimorivich Poutine 

Elle a écrit la base de son texte en 2014 et l'a révisé depuis pour publier un livre et pour des conférences qu'elle donne sur son expérience de la politique russe.  J'imagine que pour certains et certaines ce ne sera pas facile, mais je vous invite à mettre de côté pour quelques instants l'image que vous vous êtes faite d'un président pas tout à fait comme les autres.  J'aimerais bien que d'autres aient sa culture et ses qualités.  À la fin du texte, je vous présente deux vidéos d'une interaction presque sans filet entre le peuple russe et son président et avec les journalistes internationaux.

 
 

Comprendre la Russie et cesser de démoniser Poutine
Par Sharon TENNISON

 
 

 

Alors que la situation en Ukraine s’est aggravée, une désinformation et un battage inadmissibles sont quasi-quotidiennement déversés sur la Russie et sur Vladimir Poutine.  Les journalistes et les experts des médias doivent à présent parcourir l’Internet et sonder les dictionnaires pour produire de nouvelles épithètes diaboliques leur permettant de continuer à décrire leurs deux souffre-douleurs.

Partout où je fais des présentations, à travers l’Amérique, la première chose que l’on me demande, durant la séance des questions, c’est toujours, de façon assez sinistre : « Qu’en est-il de Poutine ? »

Il est temps pour moi de partager les réflexions qui suivent :  Il arrive à Poutine, évidemment, de commettre des fautes et de faire des erreurs.  Malgré cela, d'après mon expérience avec lui sur une période de plusieurs années, Poutine est probablement un homme droit, fiable et extrêmement inventif.

Cela m'a été confirmé par des gens en qui j’ai confiance, incluant des représentants du gouvernement états-unien qui ont travaillé en étroite collaboration avec lui.

Le président de la Russie est un penseur à long terme et un planificateur qui a fait ses preuves en tant qu’excellent analyste et stratégiste.  C’est un chef de file qui peut discrètement travailler pour atteindre ses objectifs sous des montages d’accusations et de mythes qui l’ont régulièrement dépeint depuis qu’il est devenu le deuxième président de la Fédération de Russie.

Je me suis tenue à l'écart, observant sans rien dire comment Poutine était diabolisé de façon croissante depuis les années 2000; c'est avec mon ordinateur que je réfléchissais, notant mes pensées et mes préoccupations, dont j'espérais en fin de compte parvenir à faire un livre (lequel fut finalement publié en 2011).  Le livre explique mes observations de façon plus approfondie que dans cet article.

Comme d'autres qui ont pu avoir une expérience directe avec cet homme que l'on connaît peu, je me suis efforcée, mais en vain, d'éviter d'être étiquetée comme une «apologiste de Poutine».

Si quelqu'un s'avise de rester seulement neutre à son sujet, il sera considéré comme "mou à l'égard de Poutine" par les experts et les citoyens, qu'ils appartiennent à la nouvelle meute médiatique ou qu'ils soient seulement des gens ordinaires, prenant leur informations sur CNN, Fox, MSNBC et Sun News au Canada.

Je ne prétends par être une experte, simplement une chef de projets d’un organisme non gouvernemental que j’ai fondé et qui a opéré en Russie soviétique URSS et en Fédération de Russie actuelle.  J’y ai vécu durant les 30 dernières années, mais durant cette période, j’ai eu plus de contacts directs, sur le terrain avec des russes de toutes les couches sociales et ce dans 11 fuseaux horaires différents.  Ce qui est plus que tout journaliste de l’Ouest et encore plus que tous détenteur d’une position officielle à Washington.

 

Saint-Pétersbourg: mairie au palais Marienskii

 

Comprendre la différence

 
 

J’ai vécu en Russie assez longtemps pour pouvoir émettre mon opinion sur l’histoire et la culture russes. 

J’ai étudié leur comportement psychologique et leur conditionnement et j’ai compris ce qui marque la différence entre les mentalités états-unienne et russe, et qui complique tellement nos relations politiques avec leurs dirigeants.

Tel qu’avec des personnalités différentes dans une famille ou dans un groupe communautaire ou dans un parti politique municipal, il faut de l’ouverture pour comprendre et faire les compromis nécessaires pour créer une relation d’échange et de travail lorsque les conditionnements culturels sont différents.

À Washington, on s'est notoirement désintéressé de la compréhension de ces différences et de la façon dont il y aurait lieu d'essayer de faire la moitié du chemin vers la Russie.

En plus de mon expérience personnelle avec Poutine,  j’ai eu des discussions avec plusieurs dirigeants et gens d’affaires états-uniens qui ont travaillé des années avec lui – et je crois pouvoir affirmer que personne ne le décrit comme un « intimidateur » ou  «brutal», ou tout autre terme méprisant que l’on retrouve dans les médias occidentaux.

Comme plusieurs d’entre nous qui avons travaillé à Saint-Pétersbourg durant les années 1990, j’ai rencontré Poutine un an avant qu’il ait même rêvé devenir président de la Russie.

Depuis que la campagne de diabolisation a commencé, je suis devenue presque obsédée à force de tenter de comprendre son caractère.  Je crois avoir lu tous les textes importants de ses conférences (incluant les textes complets de ses échanges annuels avec les journalistes et avec la population russe qui durent des heures en ondes).

J’ai tenté de vérifier s’il avait changé pour le pire depuis qu’on l’a élevé au poste de président, ou si c'était un personnage droit qui s'est trouvé en situation d'avoir à jouer un rôle qu'il n'avait jamais prévu, et qui n'aurait à sa disposition que sa seule intelligence pour essayer de faire du mieux qu'il peut face à Washington, et ce dans des circonstances extrêmement difficiles.

Si tel est le cas, et je pense que ça l'est, il a mérité de très bonnes notes pour la performance qu'il a accomplie au cours des 16 dernières années.  Ce n'est pas par hasard que la revue Forbes l’a nommé la personne la plus influente de 2013 remplaçant Barak Obama qui détenait le titre en 2012.

 

 

Ci-dessous je vous présente mon expérience personnelle avec Poutine

 
 

Nous étions en 1992, deux ans après l’implosion du communisme.  C’était à Saint-Pétersbourg.

Ma rencontre avec Poutine

Durant des années, je créais des programmes pour ouvrir les relations entre les États-Unis et l’URSS tout en espérant aider les citoyens soviétiques à dépasser leur propension à suivre les ordres du haut vers le bas.

Un nouveau programme d’activités m’était venu en tête et je m’attendais à devoir obtenir une signature d’approbation des gens de la mairie au Marienskii, un rendez-vous fut fixé.

Je me présentai par une entrée latérale du bâtiment du Marienskii avec mon ami Volodya Shestakov

Nous nous sommes retrouvés dans un petit bureau qui ne payait pas de mine, en face d’un homme svelte à l'apparence plutôt banale en costume marron.

Volodya Shestakov

Il s’enquit des raisons de cette rencontre.  Après avoir sondé la proposition que j'avais soumise, il commença à poser des questions intelligentes.  Après chacune de mes réponses, il passait à la question pertinente suivante.  J’ai commencé à comprendre que cet intervieweur était différent des autres bureaucrates soviétiques dont les conversations sympathiques avec les étrangers avaient toujours comme objectif d’obtenir des pots-de-vin en échange des demandes états-uniennes.  Le Centre d’initiatives citoyennes. s'en tenait au principe de ne jamais, jamais donner de pot-de-vin.

Anatoli Sobtchak, le maire et Vladimir Poutine député maire de Saint-Pétersbourg

Ce bureaucrate était ouvert, curieux, et son comportement restait impersonnel. 

Après plus d’une heure de questions et réponses attentives, il m'expliqua tranquillement qu’il avait tenté de déterminer si la proposition était légale, mais malheureusement elle ne l’était pas. 

Quelques bons mots à propos de la proposition et c’était tout, il nous accompagna poliment à la porte.   

Sur le trottoir, je dis à mon collègue: « Volodya, c'est bien la première fois que nous avons eu affaire à un bureaucrate soviétique qui ne nous a pas demandé à faire un voyage aux États-Unis, ou quelque autre chose qui ait de la valeur en retour de sa signature!»

Je me souviens avoir regardé sa carte d’affaires au soleil et elle disait
                                                                     
– Vladimir Vladimorivitch Poutine.

 

Une séance d’information inattendue

 
 

Deux ans plus tard, en 1994, le consul général des États-Unis, Jack Gosnell, me lança un SOS inattendu à Saint-Pétersbourg.  Quatorze membres du congrès états-unien et le nouvel ambassadeur états-unien pour la Russie, Thomas Pickering étaient en route vers Saint-Pétersbourg pour un voyage de trois jours. Il me demandait de l’aide.

Je me précipitai au consulat et appris que Gosnell voulait que je donne à cette délégation de bon augure, ainsi qu'à l'ambassadeur arrivant, les directives qui leur étaient nécessaires.

J'étais abasourdie, mais il a insisté.  Ils revenaient de Moscou et étaient furieux de constater comment l’argent états-unien était gaspillé là-bas.  Gosnell voulait leur faire entendre des bonnes nouvelles à propos de l’organisme non gouvernemental « The Center for Citizen Initiatives» et ses programmes qui affichaient de bons résultats.

Durant les 24 heures suivantes, avec Gosnell, nous avons aussi organisé des visites de "domicile" dans les petits appartements d'une douzaine de chefs d'entreprise russes, à l'intention des dignitaires qui arrivaient. Les gens du Département d'État de Saint-Pétersbourg étaient atterrés, car on n'avait jamais procédé de la sorte auparavant, mais c'est Jack qui avait la main haute en l'occurrence. 

C’est seulement en 2000, que j’ai appris que Gosnell avait eu trois ans d’interaction avec Vladimir Poutine durant les années 1990 lorsque ce dernier se présenta au poste de député maire de la ville sous Anatoly Sobchak.  

 

Le tournant du millénaire et de la Russie

 
 

Le 31 décembre 1999, sans préavis, le président Boris Yeltsin annonça au monde qu’à partir du lendemain il libérait son bureau et laissait la Russie entre les mains de l’inconnu Vladimir Poutine.  En entendant la nouvelle, je me suis dit que ce n’était certainement pas le gars dont je me souvenais – il ne pourra pas mener la Russie, pensais-je.

Le lendemain le magazine New York Time publiait un texte sur le sujet et incluait une photo.

Le 31 décembre 1999, Boris Eltsine transmet la Constitution à Vladimir Vladimorivich Poutine dans le bureau présidentiel du Kremlin

Oui c’était bien le même Poutine que j’avais rencontré il y a des années.

J’étais choquée et consternée, disant aux amis « que c’était un désastre pour la Russie, que j’avais passé du temps avec ce gars et qu’il était trop introverti et intelligent – il ne serait pas capable de s’identifier aux masses russes. »

De plus, j’ajoutais en désespoir de cause : « Pour que la Russie, qui est à genoux, se relève, il lui faut deux choses : 1) Les jeunes oligarques arrogants doivent être retirés de la circulation de force par le Kremlin, et 2) il faut trouver une façon d'enlever leurs fiefs aux patrons des régions (les gouverneurs), et ce dans les 89 régions de la Russie.»

Pour moi c’était clair que l’homme à l’habit marron n’aurait jamais l’instinct ni le courage d’attaquer ces deux défis primordiaux qui attendaient la Russie.

 

Les oligarques s’inquiètent

 
 

Le départ de Boris Eltsine - Борис Ельцин du Kremlin en 1999

Presque immédiatement Poutine a inquiété les oligarques.

En février 2000 une question lui a été posée à leur sujet : il a clarifié la question et sa réponse :  «Quelle doit être la relation avec ceux que l'on appelle oligarques ?  La même qu’avec n'importe qui d'autre.  La même qu’avec le propriétaire d’une petite boulangerie ou d'une boutique de cordonnier», dit-il.    C’était le premier signal que les magnats des affaires ne seraient plus en mesure de faire fi des réglementations gouvernementales ou de compter sur un accès privilégié au Kremlin.

Cela a aussi énervé les capitalistes de l’Ouest.  Après tout, ces oligarques étaient des gens d’affaires prospères et intouchables – de bons capitalistes - et peu importait qu'ils eussent obtenu leurs entreprises illégalement et que leurs profits fussent mis à l'abri dans des banques ou paradis fiscaux à l'étranger.

Quatre mois plus tard, Poutine a convoqué une rencontre avec les oligarques et leur a proposé une entente : ils pourraient garder leurs entreprises de l'ère soviétique, productrices de richesse quoique illégalement acquises, et ils ne seraient pas nationalisés... si leurs impôts sur le revenu étaient acquittés et s'ils restaient, à titre personnel, en dehors de la sphère politique.

Ce fut la première des «solutions élégantes» de Poutine aux défis presque impossibles auxquels la nouvelle Russie devait faire face.  Mais l’entente plaça Poutine en porte-à faux avec les médias états-uniens et des officiels états-uniens qui commencèrent alors à défendre les oligarques, et en particulier Mikhail Khodorkovsky.

Ce dernier devint une figure hautement politique, ne paya pas ses impôts, et avant d'être arrêté et emprisonné, était en pourparlers avec Exxon Mobil en vue de vendre à celle-ci la majeure partie de la plus grande compagnie pétrolière privée de Russie, Yukos Oil.  Ce fut un coup dur pour l’oligarchie dirigeante du pays (ceux que l'on nomme les atlantistes, des russes qui se veulent états-uniens) et les médias états-uniens s’emparèrent du sujet faisant de Khodorkovsky un martyre (il l’est toujours aujourd’hui).

 

Les criminels de Yeltsin

 
 

En mars 2000, j’arrive à Saint-Pétersbourg.  Amie et conseillère depuis 1983, une psychologue russe me rendit visite pour m’accueillir.  

Ma première question fut: «Lena que penses-tu de votre nouveau président ? »  Elle rit et répliqua : «Volidia ? J’ai été à l’école avec lui! »  

Elle se mit à me décrire Poutine en tant que jeune venant d’une famille pauvre. Il était calme, paisible, amateur d’arts martiaux, qui protégeait les jeunes qui se faisaient intimider sur les terrains de jeux.  

Elle se rappelait de lui en tant que jeune patriote qui postula au KGB (équivalent de la CIA aux États-Unis et du Service canadien du renseignement de sécurité SCRS au Canada), prématurément après avoir obtenu son diplôme du secondaire: «ils l’ont refusé en lui disait d’aller se faire éduquer»

Il a fait ses études en droit, a re-postulé et été accepté.  

J’ai dû grimacer devant ce témoignage car Lena me dit :

La famille Poutine en 1985

Vladimir Poutine est ceinture noire de judo qu'il pratique régulièrement

« Sharon à cette époque nous admirions le KGB et croyions que ceux qui y travaillaient étaient des patriotes et qu’ils assuraient la sécurité du pays. Il était alors naturel pour Volodya de choisir cette carrière ». 

Mon autre question fut : « Mais que crois-tu qu’il fera avec les criminels de Yeltsin au Kremlin? » 

Tout en mettant son chapeau de psychiatre, elle réfléchit à la question et répondit que si laissé à ses comportements normaux, Poutine les observerait durant une certaine période pour être sûr de ce qui se passe, ensuite il leur enverrait un signal pour qu’ils sachent qu’il les observe.  S’ils ne réagissaient pas, il s’adresserait à eux personnellement, et si le comportement ne changeait pas, certains passeraient du temps en prison.  

Je l’ai félicitée par courriel lorsque ses prédictions commencèrent à s’avérer en temps réel.

 

Durant les années 2000

 
 

Durant la première année de sa présidence, les représentants des États-Unis commencèrent à suspecter qu’il agirait contrairement à leur éthique d’affaires et donc aux intérêts USA – tous ses gestes furent questionnés par les médias états-uniens.

Je ne comprenais pas pourquoi et je les compilais sur mon ordinateur et en parlais aux abonnés.es de ma lettre de diffusion.

Durant la même période, de nombreux anciens du CIC de Saint-Pétersbourg ont été interrogés afin de déterminer comment fonctionnait le programme PAP (Production enhancement of business.)   Comment il se développait et comment ce programme de formation pouvait présenter l’expérience états-unienne la plus utile aux dirigeants de nouvelles petites entreprises russes.

La plupart croyait que le programme de formation avait été très important, au point de changer la vie de ses participants.  Finalement, chacun fut questionné à savoir : « que pensez-vous de votre nouveau président? ».  Aucun ne répondit défavorablement, même si à cette époque les entrepreneurs détestaient les bureaucrates.  La plupart répondit de la même façon : « Poutine a enregistré mon entreprise il y a des années de cela. ». Question suivante : « Alors ça vous a coûté combien? ».

Tous répondirent : « Poutine ne nous a rien demandé ». L’un d’eux a même ajouté qu’il s’était présenté au bureau de Poutine parce que les autres qui enregistraient les entreprises à Marienskii, « s’enrichissaient sur leur cul ».   En d’autres mots, Poutine s’était gagné une réputation d’honnêteté, de loyauté et de franchise.

 

Relations États-Unis - Russie

 
 

Le consul général des États-Unis, Jack Gosnell, avait côtoyé Poutine lorsque ce dernier était député-maire de Saint-Pétersbourg.  Les deux avaient créé une organisation conjointe pour faire la promotion des relations entre les deux pays.  Gosnell disait que Poutine était toujours direct, courtois et serviable.

Lorsque Lyudmila, l’épouse de Poutine, eut un grave accident d’auto, Gosnell prit l’initiative de fournir un avion et l’inscription à un hôpital de Finlande pour la faire soigner.

Lorsque qu'il en informa Poutine, il rapporte que Poutine était submergé de gratitude pour l’offre généreuse, mais expliqua qu’il ne pouvait pas accepter cette faveur, que Lyudmila devrait retrouver la santé dans un hôpital russe.   Elle s’en sortit bien même si les soins hospitaliers étaient reconnus comme déficients dans les années 1990.

En juin 2113 après 30 années de mariage, Poutine et Lyudmila ont annoncé qu’ils allaient divorcer. Devant les caméras de télévision, Poutine a commenté : « C’est une décision que nous avons prise ensemble : nous nous voyons peu, chacun a sa vie. »  Luydmila a, elle, reconnu qu’elle n’aimait pas être au centre de l’attention et a précisé que Poutine était totalement immergé dans son travail. (extrait de la BBC 2013)

Vladimir Poutine et Lyudmila

Un dirigeant  officiel du Center for Strategic and international Studies avec qui j’étais amie dans les années 2000, avait en 1990 travaillé près de Poutine à la mise sur pied de projets conjoints.  Il soutînt n’avoir jamais eu d’entente qui aurait pu soulever la moindre controverse, qu’il le respectait et estimait  que sa réputation dans les médias états-uniens était imméritée.

En fait, l’ami ferma la porte de son bureau au CSIS lorsqu’il commença à parler de Poutine. Je crois que ses commentaires positifs n’auraient pas été acceptables pour d’autres représentants états-uniens.  Un autre représentant états-unien me rapportait avoir travaillé directement avec Poutine et que jamais il n’avait senti une pression ou un glissement vers la corruption.  Il n’avait remarqué qu’un comportement respectable et collaborateur.

En 2013 j’ai eu deux rencontres avec des officiels du Département d’État états-unien.  Lors du premier je me suis sentie autorisée à poser cette question qui me turlupinait depuis longtemps : «quand Poutine est-il devenu inacceptable pour Washington et pourquoi?»

Sans hésitation, la réponse fut que : « les couteaux étaient tirés» dès qu’il fut annoncé qu’il serait le prochain président.  Il semble que le seul élément négatif fut son ancien statut d’officier du KGB.  Cela aurait eu un gros impact sur sa réputation.

Lorsque j’ai répliqué que Bush-père avait antérieurement dirigé la CIA, la réponse fut que Bush était notre homme, c’est ce qui faisait la différence.

Lors d’une deuxième rencontre avec un officier du département d’État avec qui je venais de participer à une entrevue à la radio russe, le sujet de Poutine est venu sur le tapis et je dis : «Vous seriez peut-être intéressé de savoir que j’ai colligé les expériences d’un grand nombre de personnes depuis des années et elles me disent toutes qu’ils ou elles n’ont jamais eu d’expérience négative avec Poutine et qu’il n’y avait aucune preuve évidente aux rumeurs de pots-de-vin à son égard

Il me répondit fermement que personne n’a jamais été en mesure de présenter une seule charge de corruption contre ou impliquant Poutine.

 

La diabolisation et la réalité

 
 

 

Depuis 2001 jusqu’à aujourd’hui, j’ai observé les portraits négatifs dressés par les médias américains, certains vont jusqu’à le comparer à Hitler, et laissent entendre qu’il aurait ordonné des meurtres et des empoisonnements.  Pourtant encore personne n’a pu présenter le moindre élément concret de ces allégations.

Durant cette période, j’ai voyagé à travers la Russie à maintes reprises à tous les ans, et j’ai constaté que le pays changeait sous la garde de Poutine.

Les impôts et taxes furent diminués comme l’inflation et des lois furent lentement mises en place.   Les écoles et hôpitaux commencèrent à s’améliorer. De petites entreprises fleurissaient et l’agriculture montrait des signes d’amélioration et les magasins faisaient le plein de produits alimentaires. 

Les contrôles sur l’alcool furent raffermis, fumer devint illégal dans les édifices et les statistiques de durée de vie commençaient à s’améliorer.

Quartier des affaires à Moscou

Des autoroutes étaient construites dans tout le pays et de nouveaux rails et trains modernes firent leur apparition dans les lieux les plus éloignés des capitales, même l’industrie bancaire devenait fiable. La Russie commençait à devenir un pays décent  - certainement pas comme les russes en rêvaient à long terme, mais s’améliorait exponentiellement pour la première fois de mémoire de russe.

En plus de Saint-Pétersbourg et Moscou, en septembre 2013 je me suis rendue dans les montagnes de l’Oural et ai passé du temps à Ekaterinbourg, Tcheliabinsk et Perm. Nous avons voyagé par auto et train – les champs et la forêt semblaient en santé et les petites villes et villages devenaient coquets suite à des rénovations.

 

La ville de Perm, située dans les montagnes de l'Oural

Aujourd’hui les russes ressemblent beaucoup aux américains, ce qui fait du sens puisqu’ils reçoivent les mêmes vêtements faits en Chine.

Les vieux logements dans les tours en béton de Khrouchtchev font place à des complexes multi-étages de jolies habitations privées.  Des gratte-ciel occupent les centres d’affaires des villes.  Des hôtels raffinés et de très bons restaurants deviennent monnaie courante et le russe ordinaire peut maintenant fréquenter ces endroits.  Des résidences privées, duplex et triplex apparaissent dans les villes de Russie même loin de Moscou.

Nous avons visité un nouveau musée, des édifices municipaux et un immense marché d’alimentation. Les rues sont en bonne condition, les autoroutes ont été repavées,  les routes sont maintenant bien indiquées et les stations services ressemblent à celles qui longent les autoroutes américaines.

En janvier 2014 je me suis rendue à Novossibirsk en Sibérie où j’ai pu voir de nouvelles constructions.  Les rues étaient navigables grâce à un bon éclairage, aux équipements de déneigement modernes et des nouveaux feux de circulation comprenant des compteurs de secondes pour aviser des changements. 

C’est étourdissant de constater les progrès que la Russie a faits depuis les derniers 15 ans, c’est-à-dire depuis qu’un homme inconnu, sans expérience a été catapulté à la présidence d’une Russie croupissante, appauvrie et défaite.

 

Comprendre l’incompréhension

 
 

Alors pourquoi nos élus.es états-uniens et les médias avilissent et démonisent Poutine et la Russie?  Pour paraphraser Shakespeare, dans Lady MacBeth, ne protestent-ils pas trop ?

Les psychologues nous disent que souvent les personnes projettent sur les autres ce qu’elles ne veulent pas affronter en elles-mêmes. D’autres portent nos coins d’ombres et nous refusons d’en prendre la responsabilité.  Nous octroyons aux autres les mêmes traits qui nous horrifieraient si nous les reconnaissions en nous-mêmes.

Se pourrait-il que cela s’applique aussi aux nations?  Est-ce pour cela que nous imputons constamment des fautes à Poutine et à la Russie?

  • Se pourrait-il que nous projetions sur Poutine nos propres péchés et ceux de nos dirigeants?

  • Se pourrait-il que nous condamnions la corruption en Russie pour pouvoir ignorer la nôtre si présente dans notre monde corporatif ?

  • Se pourrait-il que nous condamnions la situation des droits humains et de genre, pour ne pas faire face à ce que nous n’avons pas résolu chez nous?

  • Se pourrait-il que nous accusions la Russie de « reconstruire l’URSS » parce que nous voulons demeurer l'hégémonie qui domine le monde?

  • Se pourrait-il que nous reprochions une attitude nationaliste à la Russie, parce que c’est cela que nous sommes devenus et ne voulons pas y faire face ?

  • Se pourrait-il que nous projetions une attitude belliciste sur la Russie, parce que c’est ce que nous avons fait au cours de plusieurs administrations ?

  • Se pourrait-il que nous accusions la Russie de se mêler des élections états-uniennes parce que nous le faisons nous-mêmes envers d’autres pays?

Que nous soyons capables ou non de répondre à ces questions avec un semblant de certitude, je suis sûre d’une chose : 99% de ce qui est vomi sur la réputation de Poutine dans les médias grand public l’est par des gens qui n’ont jamais eu de contact avec lui. 

Ils écrivent des textes basés sur le ouï-dire, des rumeurs et de la fabrication d’histoires, ou ils nous lisent des textes écrits par d’autres sur des téléscripteurs.

C’est ainsi que nous recevons nos nouvelles, n’est-ce pas! 

Avant d’écrire, un code d’éthique pourtant bien connu devrait s’appliquer : est-ce la vérité? est-ce juste? est-ce que cela aide à construire de l’amitié et de la bonne entente et est-ce que cela bénéficiera à tous les concernés. 

Il me semble que si les dirigeants de notre nation s’engageaient à utiliser les quatre principes ci-dessus en relations internationales, le monde se comporterait complètement différemment et les personnes sur cette planète vivraient dans de meilleures conditions qu’elles ne le font aujourd’hui.

 

La session annuelle de questions-réponses de la population russe à Vladimir Poutine. 
Attention la traduction en français commence à 6 minutes 37 secondes

 

Grande conférence de presse annuelle
Diffusée en direct le 14 décembre 2017. Le président russe tient sa traditionnelle conférence de presse de fin d'année. Il s'agit de sa première apparition publique depuis l'annonce de sa candidature à un quatrième mandat à la présidentielle de mars 2018
Le Son et la traduction en français commence à 10 minutes 27 seconde d'une présentation de plus de trois-heures

 

Source: Sharon Tennison a dirigé pendant plus de vingt ans un Organisme non gouvernemental financé par la philanthropie, des fondations états-uniennes, USAID, le Département d’État des États-Unis-d’Amérique. L’objectif était de redéfinir d’anciens programmes et de concevoir de nouveaux programmes d’évaluation des relations Russie/États-Unis.. Elle adapta une partie du Plan Marshall des années 40 et 50, créa le Production Enhancement Program (PEP) pour les entrepreneurs russes, le plus gros programme de formation entre les États-Unis et la Russie.  Les programmes qu’elle dirigeait se sont asséchés de subventions lors de la crise financière de 2008. Depuis le genre de groupe qu'elle dirigeait est considéré par la Russie comme une intrusion étrangère dans la politique russe. Une des conséquences directe de l'attitude états-unienne aux objectifs du nouveau gouvernement russe.  Tennison dirige toujours un programme pour les orphelinats en Russie, elle est présidente et fondatrice du Center for Citizen Initiatives, elle est membre du Rotary Club de Palo Alto en Californie et autrice de The Power of Impossible Ideas: Ordinary Citizens’ Extraordinary Efforts to Avert International Crisis.  L’autrice peut être rejointe au courriel : sharon@ccisf.org.    Ce texte est paru en anglais initialement sur ConsortiumNews.com.

Choix de photos et de texte, mise en page, références, titrage et traduction de l'anglais par : JosPublic
Mise à jour le le 20 février 2018

Vladimir Poutine interrogé par l'agence de presse Bloomberg - La grande entrevue de septembre 2016

Comment les États-Unis fabriquent des opposants à la direction des pays dont ils convoitent les richesses: en exemple "l’opposant russe Alexei Navalny"

  Fiche: Guerre, révolution, espionnage et crimes contre l'humanité

  Notes & Références encyclopédiques:

 

 

Notes & Références encyclopédiques:

agences qui acceptent de l'argent de forces extérieures à la Russie...

 

 

Russie: une vidéo homophobe pour appeler à voter Poutine payée par des opposants inconnus. La principale piste mènerait vers l'Ukraine et des opposants à Poutine. À cause des sujets invoqués d'autres spéculent qu'il s'agit d'une campagne de George Soros pour causer le bordel durant les élections à la présidence russe - Sur La Presse, le 19 février 2018.

Il est à noter que le texte provient de l'agence France Presse qui tient à dire que Alexeï Navalny, un agent de la CIA aurait été le candidat no 1.  Ce qui en soit est une fausse nouvelle.  Voir ici sur MétéoPolitique

 

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publier des fausses nouvelles ou des interprétations de faits qui donnent dans le loufoque....

 



Fausse nouvelle de la mosquée : de lourdes conséquences à craindre - Sur émission radio Medium Large animée par Catherine Perrin. Société CBC/Radio-Canada, le 15 décembre 2017

 

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contrer les millions$ investis en propagande...

 

Représentants.tes de l'OTAN

Le Centre d’information et de documentation de l’OTAN en Ukraine célèbre son vingtième anniversaire - Sur OTAN, le 22 mai 2017

 
 

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Devoir obtenir une signature d'approbation des gens de la mairie au Marienskii...

 

 

Le Mariinsky, ou palais Marie, fut construit à Saint-Pétersbourg, sur commande du tsar Nicolas Ier, pour sa fille, la grande-duchesse Marie Nikolaïevna, à l’occasion de son mariage ; ancien siège du Soviet de Léningrad, le bâtiment abrite depuis 1994 l’Assemblée législative de Saint-Pétersbourg. - Sur Wikipédia

 

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faisant de Khodorkovsky un martyre...

 

Khodorkovski, l'ancien magnat du pétrole qui voulait rivaliser avec Poutine - Sur Le Monde, le 20 décembre 2013

 

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