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22 juillet 2011
Norvège: réflexion sur le massacre de jeunes militants politiques par un néonazi

 

Source: Moscow Ria Novosti, Investig'Action, JDD, Time World

À partir des textes de base écrit par:  Aslak Sira Myhre, Beau Friedlanderet d'autres textes non signés provenant des sources ci-dessus
Publications:
27, 28, 29 juillet 2011

Mise en page, fusion des textes, choix des photos et commentaires: JosPublic
Publication:
29 juillet 2011

Vendredi 22 juillet 2011, une puissante explosion s'est produite à proximité du siège du gouvernement norvégien à Oslo, faisant huit morts. Quelques heures après cet attentat, un homme déguisé en policier a ouvert le feu dans un camp de jeunes travaillistes situé sur l'île d'Utoeya (banlieue d'Oslo), tuant 68 personnes. ( 15 )

L'avocat Geir Lippestad, interrogé par les journalistes sur l'état de son client: "Il se croit à la guerre. Tout le reste du monde ne le comprend pas", a ajouté l'avocat.

Selon lui, son client visait plus le Parti travailliste norvégien que la population de son pays. L'avocat a souligné que son client "regrette ce qu'il a fait, mais estime qu'il devait le faire".

Anders Behring Breivik, ( 16 )

Behring Breivik, qui reconnaît les faits, "déteste tous ceux qui croient en la démocratie" et a évoqué l'existence de "deux (autres) cellules en Norvège et de plusieurs cellules à l'étranger", a affirmé l'avocat.
Selon la police norvégienne, Anders Behring Breivik, lui a avoué avoir organisé les deux attaques, aurait des liens avec les milieux d'extrême-droite.

Réflexion d'Asiak Sira Myhre
est un écrivain norvégien, directeur de la Maison de Littérature d’Oslo et ex-dirigeant de l’Alliance Électorale Rouge norvégienne.

Comme d’autres habitants d’Oslo, j’ai déambulé dans les rues et les immeubles attaqués. J’ai même visité l’île dans laquelle furent massacrés les jeunes activistes politiques. Je partage le sentiment de peur et de douleur qui frappe mon pays. Mais la question demeure « pourquoi ? ». Car cette violence n’était pas aveugle.

La terreur en Norvège ( 01 ) n’est pas venue d’extrémistes islamistes. Ni de l’extrême gauche, bien que tous deux aient été accusés à plusieurs reprises de constituer une menace interne pour « notre mode de vie ». Jusqu’à aujourd’hui, y compris avec les terribles heures vécues cet après midi du 22 juillet 2011, le peu de terrorisme qu’a connu mon pays est toujours venu de l’extrême droite.

Pendant des décennies, la violence politique dans ce pays a été le privilège exclusif des néonazis et d’autres groupes racistes.

Dans les années ’70, ils ont posé des bombes contre des librairies de gauche et contre une manifestation du Premier Mai. Dans les années ’80, deux néonazis ont été exécutés par leur compères, soupçonnés d’avoir trahi leur groupuscule.

Au cours de ces deux dernières décennies, deux jeunes norvégiens d’origine immigrée sont morts suite à des agressions racistes. Aucune organisation étrangère n’a tué ou blessé des personnes sur le territoire norvégien, à l’exception du Mossad, les services secrets d’Israël, qui a assassiné par erreur un innocent à Lillehammer en 1973. ( 02 )

Pourtant, malgré ces antécédents éloquents, lorsque cet acte terroriste dévastateur nous a frappés, les soupçons se sont immédiatement portés sur le monde musulman. C’était forcément des « djihadistes ». Cela ne pouvait être qu’eux.

On a immédiatement dénoncé une attaque contre la Norvège et contre « notre mode de vie ». Dès que la nouvelle a été connue, des jeunes femmes portant le foulard ou le hijab et d’apparence arabe ont été verbalement agressées dans les rues d’Oslo.

Et c’est « naturel ». Depuis au moins 10 ans, on nous raconte que la terreur vient de l’orient. Qu’un arabe est, par définition, un suspect. Que tous les musulmans sont marqués par l’intégrisme.

Nous voyons régulièrement comment la sécurité aéroportuaire examine les gens de couleur dans des pièces spéciales. Il y a des débats infinis sur les limites de « notre » tolérance.

Dans la mesure où le monde musulman s’est transformé en « l’Autre », nous avons commencé à penser que ce qui distingue « eux » de « nous », c’est la capacité de tuer des civils de sang froid.

Il y a également, il faut le dire, une autre raison pour laquelle tout le monde s’attendait à ce qu’Al-Qaïda ( 03 ) soit derrière l’attentat. La Norvège participe à la guerre en Afghanistan depuis dix ans, depuis quelque temps nous intervenons également en Irak et nous larguons en ce moment des bombes sur Tripoli ( 04 ). Quand on participe depuis si longtemps à des guerres à l’étranger, il peut arriver un moment où cette guerre vient vous rendre visite à domicile.

Mais il y a plus. Alors que nous savons tout cela, la guerre fut à peine mentionnée quand nous avons souffert de l’attaque terroriste. Notre première réponse frisait l’irrationalité ; cela devait être « eux », parce qu’ils sont ce qu’ils sont. Moi je craignais que la guerre que nous livrons à l’étranger pouvait arriver un jour en Norvège. Que se passerait-il alors dans notre société ? Qu’arriverait-il avec notre tolérance, dans nos débats publics et, surtout, avec nos immigrés et leurs enfants nés en Norvège ?

Mais ce ne fut pas ainsi. Une fois de plus, le cœur des ténèbres se trouve au plus profond de nous-mêmes. Le terroriste est un homme blanc nordique.

Ce n’est pas un musulman mais bien un islamophobe.

Dès que les choses ont été clarifiées, la boucherie est subitement devenue l’œuvre d’un fou. On a cessé de la voir comme une attaque contre notre société. 

La rhétorique et les titres des journaux ont tout de suite changé. Plus personne ne parle de « guerre ». On parle d’un « terroriste », au singulier et non plus au pluriel. Un individu particulier, et non un groupe indéfini facilement généralisable afin d’inclure des sympathisants ou quiconque entrant dans les préjugés fantaisistes et arbitraires, si commodes lorsqu’il s’agit de musulmans.

Cet acte terrible est maintenant officiellement une tragédie nationale. La question est : les choses auraient-elles été identiques si l’auteur avait été un fou, certes, mais un fou musulman ?

Je suis, moi aussi, convaincu que l’assassin est fou. Pour chasser et exécuter des adolescents sur une île pendant une heure, il faut vraiment être cinglé. Mais, de même que dans le cas du 11 septembre 2001 ( 05 ) ou dans le cas des bombes dans le métro de Londres, il s’agit d’une folie au service d’une cause, une cause tout aussi clinique que politique.

Quiconque a consulté les pages Web de groupes racistes, ou suivi les débats en ligne sur les sites internet des journaux norvégiens se sera rendu compte de la furie et de la rage avec laquelle se diffuse l’islamophobie, la haine vénéneuse avec laquelle des auteurs anonymes crachent contre les « idiots utiles » progressistes et antiracistes et contre toute la gauche politique. Le terroriste du 22 juillet 2011 participait à ces débats. Il a été un membre actif d’un des deux grands partis politiques norvégiens, le parti populiste de droite « Parti du Progrès Norvégien » ( 06 ). Il l’a quitté en 2006 pour rejoindre la communauté des groupes anti-musulmans sur internet.

Quand le monde croyait que le massacre était l’œuvre du terrorisme islamiste international, tous les hommes d’État, d’Obama jusqu’à Cameron ( 07 ), ont déclaré qu’ils étaient aux côtés de la Norvège dans leur lutte commune contre le terrorisme. Et maintenant, en quoi consiste la lutte commune ? Tous les dirigeants occidentaux ont le même problème à l’intérieur de leurs frontières. Vont-ils livrer avec la même vigueur une guerre contre la montée de l’extrémisme de droite, contre l’islamophobie et contre le racisme ?

Quelques heures après l’explosion de la bombe, le premier ministre norvégien, Jens Stoltenberg ( 08 ), a déclaré que notre réponse à l’attaque devait être plus de démocratie et plus d’ouverture. Si l’on compare avec la réponse de Bush ( 09 ) face aux attaques du 11 septembre 2001, il y aurait des raisons de se sentir orgueilleux.

Mais après la plus terrible expérience qu’ait connue la Norvège depuis la Seconde guerre mondiale, j’aimerais que l’on aille plus loin. Il est nécessaire de s’appuyer sur cet événement tragique afin de lancer une offensive contre l’intolérance, le racisme et la haine, qui sont en croissance, non seulement en Norvège et en Scandinavie, mais dans toute l’Europe également.

Note d'Italie: Le parlementaire européen Mario Borghezio a avoué partager "certaines idées" exprimées par le terroriste Anders Breivik, auteur du double attentat qui a fait 76 morts en Norvège, rapporte jeudi la chaîne British Broadcasting Company BBC d'Angleterre. "Certaines de ses idées sont bonnes, mis à part la violence. Certaines sont même excellentes", a estimé le député évoquant le texte de quelque 1 500 pages écrit par Breivik.

Mario Borghezio est membre du parti italien nationaliste la Ligue du Nord ( 17 ).

Il a ajouté soutenir le Norvégien dans "son opposition à l'Islam" et dans ses reproches à l'Europe qui aurait selon Breivik "capitulé au lieu de combattre l'islamisation".

La sortie du parlementaire a suscité de vives critiques au sein du parlement européen ainsi que des appels à sa démission.

Mario Borghezio ( 10 )


Commentaire de
JosPublic

Attention, n'allez pas croire que le Québec n'a pas emprunté cette route de la droite politique qui forge tout doucement ces bombes humaines qui viendrons exploser à la face des Québécois. Je parle du futur, car c'est inévitable puisque nous n'avons rien appris des massacres québécois. Nous n'avons rien règlementé pour éviter les dérapages de ceux qui nourrissent la pensée de gens en manque de reconnaissance, de respect et d'amour. Au moment où j'écris ces lignes les médias québécois se radicalisent de plus en plus à droite de l'échiquier politique. Les chroniqueurs poussent de plus en plus loin leurs commentaires défaitistes, scabreux, dévalorisants et déresponsabilisants pour ceux qui les gobent.

Pas au Québec dites-vous?

Ben voyons qui étaient le Corporal Lortie - tueur de masse québécois
(12), Marc Lépine -tueur de masse québécois (11), Kimveer Gill - tueur de masse québécois ( 13 ), sinon des gens nourris à la haine des autres, des différents, de ceux qui semblaient leur enlever quelques chose, incapables de dire quoi mais qui sentent dans le discours qu'on leur sert qu'ils sont des imbéciles qui se laissent fourrer par l'Etat, qui se laisse taxer de plus en plus, qui se font voler leurs jobs par des immigrants ( et là nommez l'origine selon les vagues d'immigrants).

Caporal Denis Lortie

Pas fou du tout, ils ont choisi des armes, ils ont laissé des testaments écrits, tous ont choisi des lieux, s'assurant que leur pensée serait comprise immédiatement, l'Assemblée nationale pour un soldat, Polytechnique pour l'étudiant frustré que les femmes le dépasse, Dawson pour la classe sociale qui le faisait c...

Dans tous les cas, les médias ont rapidement dit qu'ils étaient fous... pas qu'ils avaient été intoxiqués par cette droite politique justificatrice de ses méfaits ne prenant jamais ses responsabilités. À ce sujet, lire l'éditorial débilitante d'André Pratte dans le journal La Presse, il fait exactement cela. Il ne veut surtout pas que l'on remonte à lui pour assumer sa part de responsabilité ( 14 )

Lorsque le député italien affirme sa foi libertarienne ( 22 ), il faut se référer aux arguments de la Ligue du Nord de l'Italie, du Réseau liberté du Québec (20), du Tea Party états-unien ( 21 ) des lépénistes de France ( 24 ) et des réformistes conservateurs ( 23 ), car vous y trouverez l'essence du discours retrouvé dans les 1 500 pages écrites par Anders Breivike. À cette auge vous pouvez ajouter le discours de Maxime Bernier, député ministre réformiste du Parti conservateur du Canada ( 19 ).

J'arrête ici car bientôt je ferai le tour de la question. En attendant regardez les vidéos ou des extraits radio à propos de la radio-poubelle du Québec que je vous présente ci-dessous ( 25 )

Anders Behring Breivik
décrit par lui-même


(source Time World: By Beau Friedlander Sunday, July 24, 2011 Traduction de l'anglais par JosPublic)

Quand j'avais environ 16-17 ans, j'ai rejoint l'organisation de jeunesse du Parti progressiste [FPU], qui était anti-immigration et pro-libre-marché. Tous les journalistes du pays considéraient les membres du parti comme des racistes à cause de la plate-forme anti-immigration. Le Parti du Progrès a été soumis aux attaques constantes de toutes les organisations des médias, des ONG et de tous les autres partis politiques. Les membres du parti ont été traités de racistes et de nazis, et étaient généralement étiquetés «porcs fascistes». Le Parti du Progrès a fait appel à moi parce que j'avais vu l'hypocrisie de la société, et je savais qu'il était le seul parti qui s'opposait au e multiculturalisme.

Vers 2000, j'ai réalisé que la lutte démocratique contre l'islamisation de l'Europe, et le multiculturalisme européen, a été perdue. Il n'est simplement pas possible de rivaliser avec des régimes démocratiques qui importent des millions d'électeurs. Quarante ans de dialogue avec les marxistes culturels/multiculturalistes avaient fini comme un désastre. Ça prendrait maintenant seulement 50 à 70 ans avant que nous, Européens, soyons la minorité. J'ai donc décidé d'explorer d'autres formes d'opposition. Mais le plus gros problème était alors qu'il n'y avait pas d'options pour moi du tout. Il n'y avait pas de force armée connue culturellement conservatrice, ou chrétienne, ou anti-djihad

25  Extraits d'émissions de radio ou portraits d'animateurs prônant la liberté individuelle sans vision de partage en société, la haine de l'Etat et de tout ce qui ne ressemble pas à leur ethnicité ou classe sociale. Il faut cependant savoir que tous ces animateurs de Radio-Poubelle du Québec sont des hommes de la droite politique recevant des salaires entre 200 000 $ à 500 000 $ par années. Dans certains cas, comme celui de Jeff Filion, au temps de ses grosses cote d'écoute, un fabriquant d'automobile japonaise qui annonçait durant son émission alla jusqu'a lui offrir un un voyage à Hawaii toutes dépenses payées camouflé sous le titre de convention des meilleurs vendeurs ou promoteurs de la marque. Pour les autres, y aurait-il aussi d'autres bénéfices en plus du mirobolant salaire? Difficile à dire puisque en général c'est un monde assez secret

Les fous du cash

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Notes & Références:

01

À propos de la Norvège

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02

Qu'est-ce que l'affaire Lillehammer en 1973 ?

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03

Qu'est-ce que Al-Qaïda ?

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04

Qu'est-ce que Tripoli ?

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05

Qu'ont-été les Événements catastrophiques du 11 septembre 2011 ?

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06

Qu'est-ce que le Parti du progrès norvégien ?

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07

Qui sont Obama et Cameron ?

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08

Qui est Jens Stoltenberg ?

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09

Qui est George Bush ?

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10

Qui est Mario Borghezio ?

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11

Qui est Marc Lépine, tueur de masse québécois ?

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12

Qui est le caporal Denis Lortie ?

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13

Qui est Kimveer Gill ?

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14

Éditorial d'un apologiste de la droite québécoise et faisant partie des "Lucides" du conservateur Lucien Bouchard. André Pratte La presse du 20 juillet 2011: Quel dérapage ?

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15

Chronologie des meurtres sur l'île d'Utoeya à Oslo en Norvège

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16

Qui est Anders Behring Breivik ?

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17

Qu'est-ce que la Ligue du Nord ?

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19

Qui est Maxime Bernier ?

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20

Qu'est-ce que le Réseau Liberté du Québec ?

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21

Qu'est-ce que le parti Tea Party états-unien ?

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22 

Qu'est-ce qu'être Libertarien ?

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23

Que sont les réformistes conservateurs canadiens ?

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24

Que sont les lépénistes ?

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Pour aller plus loin dans la documentation...