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Guerres: l'emballement des politiciens intempestifs
dénoncé par un général de France

Le Général Antoine MARTINEZ
Général à la retraite de l'Armée de l'Air de France. Spécialiste du Renseignement

 
 
 

 

 

 

Face aux récents développements de la situation sur le terrain en Syrie et à l’emballement de déclarations intempestives et irréfléchies pour certaines, on ne peut que s’indigner de l’égarement et de la perte de réalisme et de responsabilité manifestés par des dirigeants politiques, à la tête de grands pays, guidés par des intérêts tout autres que ceux liés à la nécessaire réduction des tensions dans le monde.

Ce faisant, par leur manque de lucidité, leur incapacité à retenir les leçons pourtant récentes de l’histoire, leur absence de vision globale, voire leur refus d’analyser les conséquences probables de leurs décisions, ils jouent les apprentis-sorciers en favorisant l’émergence d’un conflit beaucoup plus large et en mettant en danger la vie de leurs propres citoyens, en l’occurrence les citoyens européens les plus exposés en 2018.

Le président de la République serait donc bien inspiré d’éviter de répéter l’erreur de son prédécesseur qui, en 2013, plus téméraire que ses homologues américain et britannique, pensait tirer de nombreux bénéfices en frappant la Syrie.

Chacun se souvient de l’épilogue : la France, isolée, était contrainte de renoncer après les défections du Royaume-Uni et des États-Unis dues à l’opposition manifestée par leurs parlements respectifs.  Rien n’indique d’ailleurs, à ce stade, que le même scénario n’est pas en voie de se répéter.  Cette fois, le renoncement aux frappes serait cependant plus contre-productif et désastreux en termes de crédibilité non seulement nationale mais internationale pour le président français qui se rêvait en « leader » de l’Europe.  Il en sortirait affaibli et la France perdrait en influence.  Mais plus les frappes annoncées et sensées être effectives quarante-huit heures après l’incident sont retardées, plus s’installe l’hésitation qui alimente le doute non seulement sur la volonté de les exécuter mais sur leur légitimité.

Cela dit, quelques points doivent être rappelés à tous ces va-t-en guerre, dirigeants politiques, mais également tous ceux de la société civile partisans de l’ingérence et de l’intervention militaire pour des raisons présentées comme humanitaires.

1. L’invasion de l’Irak en 2003 par les États-Unis, décidée unilatéralement, en violation du droit international, sans mandat de l’ONU, en ayant menti à la communauté internationale sur l’existence d’armements de destruction massive, a complètement déstabilisé le pays, créé le chaos et favorisé l’expansion du terrorisme islamique et est à l’origine de la création de l’État islamique;

2. L’action de la France en Libye en 2011 a eu les mêmes conséquences, à savoir la déstabilisation complète du pays.  Cette déstabilisation est à l’origine de l’expansion du terrorisme islamique et surtout, après la création de l’État islamique en juin 2014, de l’attaque sans précédent subie par les peuples européens avec l’invasion migratoire déclenchée à l’été 2015;

3. La décision de déstabiliser la Syrie est l’une des conséquences de ce qu’on a appelé le « printemps arabe ».  Celui-ci est né en décembre 2010 en Tunisie, s’est propagé dans l’ensemble des pays arabo-musulmans et a conduit à l’arrivée au pouvoir des islamistes avec des résultats différents d’un pays à l’autre. 

À ce moment-là, la Syrie représentait le seul pays majoritairement musulman vraiment laïque dans la région.  C’était insupportable pour certains.  Dès le début de l’année 2011, des émissaires de l’Arabie saoudite et de la Turquie exigeaient du président syrien des changements dans sa gouvernance et dans ses orientations politiques pour favoriser les islamistes.  Et c’est son refus qui est à l’origine de la déstabilisation de son pays organisée par ces soutiens des islamistes;

 
«

Pour les armes létales, ce sont nos services qui ont procédé aux livraisons
                                     - François Mitterrand alors président de la France

»
 

4. Dans le chaos organisé en Syrie, la France a armé des islamistes dans le but de faire tomber le régime syrien.  Souvenons-nous : « Al-Nosra fait du bon boulot » (dixit: Laurent Fabius, alors ministre des Affaires étrangères).  Au sein de la coalition conduite par les États-Unis, la France, suivant aveuglément ces derniers, a appliqué par ses bombardements aériens une stratégie visant à maintenir un conflit de bas niveau pour donner l’impression que la coalition combattait l’État islamique, mais en réalité pour affaiblir le président syrien et le faire tomber.

Général Antoine Martinez

C’était l’obsession des présidents français et américain.  Ils ont échoué évitant ainsi qu’après la mainmise des islamistes sur la Syrie, ces derniers s’attaquent à la Jordanie et au Liban ce qui aurait entraîné massacres et exode de millions supplémentaires de réfugiés. 

Depuis l’intervention russe, la situation s’est inversée à l’avantage du président syrien dont les forces armées reprennent progressivement le contrôle du pays.

Les forces syriennes n’ayant eu, objectivement, aucun intérêt à utiliser des armes chimiques, le 7 avril 2018, dans le secteur de la Ghouta libéré à 95 %, on peut raisonnablement accepter l’hypothèse d’une manipulation et, au moins, tout faire pour obtenir la vérité.  C’est pourquoi le président de la République devrait être moins péremptoire dans ses affirmations marquées par le sceau de la certitude et plus prudent dans sa détermination affichée de vouloir punir le président syrien.

Car son affirmation selon laquelle il détiendrait la preuve d’utilisation de gaz par les forces syriennes pourrait être qualifiée de mensonge, qui, s’il se vérifie, porterait atteinte à la fonction qu’il incarne et à sa crédibilité personnelle. 

Il est légitime de se poser la question dans la mesure où même les États-Unis, malgré les déclarations de leur président, semblent désormais moins pressés pour lancer des frappes de représailles.  Le secrétaire d’État à la Défense vient, en effet, de mettre en garde contre une frappe sur la Syrie et a demandé la recherche de « plus de preuves de l’attaque chimique présumée du 7 avril 2018».  Il avait d’ailleurs reconnu, quelques jours plus tôt, n’avoir aucune preuve et s’appuyer sur les seuls témoignages des médias et réseaux sociaux qui rapportaient que « le chlore aurait été utilisé ».  Enfin, il met en garde contre l’escalade qui pourrait conduire vers un « conflit plus large entre la Russie, l’Iran et l’Occident ».

Il y a donc un risque sérieux de provoquer l’irréparable car des frappes sur des objectifs ou des cibles des forces armées syriennes au sein desquels opèrent des Russes ou des Iraniens ne resteront pas sans réponse de la part de la Russie et de l’Iran.

Il faut bien comprendre que dans le rapport de force engagé dans une crise, la gesticulation est un des outils utilisés par la diplomatie et est envisageable lorsque la force militaire qui la seconde est dissuasive. C’est le cas pour les États-Unis.  Mais cette gesticulation, lorsqu’elle repose sur des déclarations comme celles diffusées par les "tweets" du président américain est dangereuse à double titre : elle perd de son crédit (on ne s’adresse pas à la Russie comme à la Corée du Nord), mais d’un autre côté, elle engage son auteur.  On ne peut pas envisager – ce serait inacceptable – que la seule raison d’une frappe sur la Syrie repose sur le refus de perdre la face après des déclarations complètement stupides.

Il est donc urgent que le président de la République qui s’est piégé en s’alignant hâtivement sur les États-Unis, choisissant ainsi le camp de la guerre, revienne à la raison et décide de renoncer à ces frappes, qui, en raison du manque évident de preuves sur l’emploi d’armes chimiques, ne sont pas justifiées.

Il serait, en outre, souhaitable qu’il l’annonce rapidement avant d’être le dernier à le faire, le scénario de 2013 étant en train de se réaliser.  S’être retranché derrière un devoir moral pour motiver ces frappes constitue une aberration et précisément une faute morale et politique.

On ne s’engage pas dans des actions militaires punitives, même et surtout avec des alliés, sans disposer de moyens ou de sources propres pour valider l’information, ce qui permet la prise de décisions de façon indépendante et donc en toute connaissance de cause.

Source:  Blog d’Antoine MARTINEZ Coprésident des Volontaires Pour la France


Commentaire de
- JosPublic

Le Général Antoine Martinez ose contredire les Macron, Trudeau et May. Ces politiciens trainent la population de leurs pays respectif dans la fange amorale et dans tout ce qui est contraire aux valeurs votées dans la charte des Nations Unies (ONU), jusqu'aux documents fondateurs ou constitution de leurs propre pays. 

Il est évident que les présidents et premiers ministres qui, encore aujourd'hui, acceptent de faire partie de l'armée privée états-unienne hors territoire (OTAN), ne liront jamais ce texte.  Nous savons maintenant qu'ils et elles n'écoutent que ceux qui confortent leur vision d'ignorants ennoblis par leurs courtisans.  Le concept de nation doit être ravivé et le respect de la souveraineté des États doit retrouver ses lettres de noblesse.  La recherche de politiciens et politiciennes qui soutiennent ce concept devrait occuper tous ceux et celles qui s'intéressent à l'organisation de la vie en société

Choix de photos, collection de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Mise à jour le 30 mai 2018

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

  Affaire Skripal et accusation britannique. Libre opinion du Général Dominique Delawarde

Assassinat de masse à Nice et la fabrication de la terreur mondiale pour démolir la démocratie

  Fiche: Guerre

Notes & Références encyclopédiques:

Bachar el-Assad
Président de la Syrie

Laurent Fabius
ex-ministre des Affaires étrangères de la France

Emmanuel Macron
Président de France

Theresa May
Première ministre de l'Angleterre

François Mitterrand
ex-président de la France

Barack Obama
Ex-président des États-Unis

Justin Trudeau
Premier ministre du Canada

Donald Trump
Président des États-Unis

 

Notes & Références encyclopédiques:

L'invasion de l'Irak en 2003 par les États-Unis-d'Amérique...

 

35 ans de guerre en IRAK: grâce aux États-Unis-d'Amérique?

L’opération Tempête du désert, initiée par les États-Unis-d'Amérique à la chute du Mur de Berlin, il y a exactement 25 ans, ne s’est jamais terminée.  Elle marque la fin d’un monde bipolaire, celui de la Guerre froide, et le début d’une ère dominée par les seuls États-Unis, qui n’a pris fin que le 30 septembre 2015, avec le retour de l’armée russe sur la scène internationale (opération anti-terroriste en Syrie).   Cette guerre US avait été précédée d’une autre, fomentée par les USA mais réalisée par les seuls Irakiens, contre la Révolution iranienne.   À l’issue de 35 ans de conflits ininterrompus, il apparaît que la domination états-unienne vise d’abord à empêcher le développement des peuples du Proche-Orient et, pour cela, passe par la destruction méthodique de leurs États.

 

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L'action de la France en Libye en 2011...

 

Jean-Paul POUGALA
directeur de l’Institut d’Études Géostratégiques à l'Université de la Diplomatie de Genève

Par l'Onu on bombarde la Libye en notre nom. À l'avant plan, la France et les USA défendent leurs intérêts

Objectif principal: détruire la création des États-Unis-d'Afrique, sont fonds monétaire africain, sa banque de développement africain.

Les États africains doivent quitter les Nations Unies afin de marquer notre réprobation de cette conception du monde basée uniquement sur l’écrasement du plus faible. Qu’est-ce que l’Afrique espère obtenir des Nations Unies sans poser un acte fort pour se faire respecter ?

 

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La décision de déstabiliser la Syrie...

 

Avis au président Barak OBAMA par Les vétérans professionnels du renseignement pour le bon sens. Veteran Intelligence Professionals for Sanity (VIPS)

Avant que le président des États-Unis-d'Amériques s'adresse à ses concitoyens à la télévision, le 10 septembre 2013, il avait reçu l'avis que nous vous présentons. Une douzaine d’anciens militaires américains et d’officiers des renseignements formant le comité de coordination du Veteran Intelligence Professionals for Sanity, rapportent au Président Obama des informations reçues, contredisant la version officiel quant au armes chimiques.

 

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ce que l'on a appelé le "printemps arabe"...

 

Le modèle de la révolution de couleur: le cœur du mécanisme

Les révolutions de couleur sont l’un des plus récents modèles de déstabilisation des États.

Elles permettent aux acteurs externes d’avancer un déni plausible lorsqu’ils sont accusés d’interférer illégalement dans les affaires intérieures d’un État souverain et leur mobilisation massive du « pouvoir populaire » les rend très efficaces aux yeux des médias mondialistes.  En outre, l’agglomération d’un grand nombre de civils protestant contre le gouvernement augmente également la pression exercée sur ce gouvernement et limite ses choix pour faire face efficacement à la déstabilisation en cours.  Toutes les révolutions de couleur suivent de près le même modèle, et la compréhension de la nature de cette tactique appliquée de déstabilisation permettra aux États d’élaborer des contre-mesures appropriées contre elle.

 

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Le printemps arabe est né en décembre 2010 en Tunisie...

 

Révolution en Tunisie? “C’est l’armée qui a chassé Ben Ali du pouvoir, pas la rue”

Dans La Sagesse de l’Espion, paru aux éditions L’Oeil neuf en octobre 2010, Alain Chouet explique ainsi que “C’est ne rien comprendre que d’accuser les services secrets de faire « dans l’illégalité ». Bien sûr, qu’ils font « dans l’illégalité ». Ils ne font même que cela. C’est leur vocation et leur raison d’être

 

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Laurent Fabius aurait dit que le Front Al Nosra faisait du bon boulot...

 

Désintox sur Fabius et le Front Al-Nosra : les vérificateurs ne font pas du « bon boulot »

La vérification des faits est à la mode chez nos journalistes, qui redécouvrent le b.a.-ba de leur métier. Tant mieux. A condition, cependant, que cette pratique ne serve pas de paravent ultime à la manipulation politique. Étude d'un cas exemplaire. 2 mars 2017 par Taïké Eilée

 

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l'utilisation de gaz par les forces syriennes pourrait être qualifiée de mensonge....

 

Syrie: manigances de pays qui ne respecte plus le droit international. Mais pourquoi donc?

Il est devenu évident que ces pays ont perdu leur guerre contre la Syrie

Il ne restait plus qu'à vérifier la capacité des armes de défense de la Russie à répondre...au nouvel armement que la France et les États-Unis voulaient tester peu importe le nombre de civils syriens tués par les 107 missiles lancés. Ce texte principale mène à d'autres textes d'analyses par Craig Murray ex-ambassadeur de la Grande-Bretagne en Ouzbékistan; Dominique Delawarde l'ex-général français à la retraite; Thierry Meyssan analyste géopolitique; Stephen Gowans écrivain et blogueur canadien (Ottawa).

 

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a demandé la recherche de «plus de preuves de l'attaque chimique présumée du 7 avril 2018...

 

Stephen GOWANS
écrivain et chroniqueur canadien basé à Ottawa

Invraisemblance d'un attaque chimique sur les Syriens de Douma

Beaucoup d’ambiguïté entoure la prétendue attaque chimique à Douma dont on dit qu’elle aurait eu lieu en fin de journée samedi, mais quelques points sont clairs.

Premièrement, les rapports sont « non vérifiés » selon The Wall Street Journal  et le ministère britannique des Affaires étrangères et sont « non confirmés » selon le département d’État américain.

En plus, The New York Times a noté qu’il « n’était pas possible de vérifier les rapports de manière indépendante » tandis que The Associated Press ajoutait que « les rapports n’ont pu être vérifiés de manière indépendante ». - Sur MétéoPolitique le 8 avril 2018.

 

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n'écoutent que ceux qui confortent leurs vision d'ignorants...

 

Yanis VAROUFAKIS
Ex-ministre des finances
de Grèce

La grande conspiration mondiale existe-elle vraiment ?

Quand une crise de grande ampleur frappe, il est tentant d'en attribuer la responsabilité à une conspiration de puissants. 

 Immédiatement nous viennent à l'esprit des images de salles de réunion enfumées remplies d'hommes (éventuellement de femmes) rusés, complotant pour en tirer profit aux dépens du bien commun et des faibles.  Mais ces images sont des illusions. 

Pendant et après mon mandat de ministre de Finances de la Grèce, les gens me demandaient: ! « Qu'est-ce que le Fond monétaire International (FMI) attendait de la Grèce ? », «Les personnes qui étaient contre l'allégement de la dette avaient-elles une sorte d'agenda secret ? »« Étaient-elles à la solde de grands groupes ayant intérêt à pilonner les infrastructures de la Grèce - ses aéroports, ses stations balnéaires, ses compagnies de téléphone et ainsi de suite ? »  Ah, si seulement les choses étaient aussi simples..

 

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