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Comment les États-Unis fabriquent des opposants à la direction des pays
dont ils convoitent les richesses: en exemple "l’opposant russe Alexei Navalny"

La presse occidentale met en scène l’opposant russe Alexei Navalny, un bloggeur financé par la Fondation nationale pour la démocratie/ CIA.   Outre qu’il n’a d’audience que parmi les "bobos" de Moscou et de Saint-Pétersbourg, sa visibilité masque la véritable opposition intérieure russe : au sein du Kremlin, de nombreux hauts-fonctionnaires regrettent le temps où ils pouvaient passer leurs week-ends en Occident.

 
 
 
 

Texte par Manlio Dinucci
Traduction Marie-Ange Patrizio

 
 

Médias engagés dans l'art de la guerre

 
 

Un policier défonce la porte de la maison avec un mini bélier, l’autre entre en braquant son pistolet et crible de balles l’homme qui, réveillé en sursaut, a attrapé une batte de base-ball, pendant que d’autres policiers pointent leurs pistolets sur un enfant qui a les mains en l’air : scènes d’ordinaire violence « légale » aux États-Unis, diffusées le 18 mars 2017 avec des images vidéos par le New York Times, qui parle de « sillage de sang » provoqué par ces « perquisitions » effectuées par d’ex-militaires recrutés dans la police, avec les mêmes techniques que les ratissages en Afghanistan ou en Irak.

 

Selon la Cour de l'État du Wisconsin E.-U.: la police n'a pas besoin de mandat d'un juge pour entrer dans une maison lorsqu'il s'agit d'obtenir des preuves d'un crime allégué. 

 

Tout cela, nos grands médias ne nous le montrent pas: ces mêmes médias qui mettent en première page la police russe qui arrête Alexei Navalny à Moscou pour manifestation non autorisée.

« Un affront aux valeurs démocratiques fondamentales »
, d’après le département d’État états-unien qui réclame fermement son relâchement immédiat et celui d’autres personnes arrêtées.  

Federica Mogherini aussi, haute-représentante de la politique étrangère de l’Union Européenne, condamne le gouvernement russe parce qu’il « empêche l’exercice des libertés fondamentales d’expression, d’association et d’assemblée pacifique ».

Tous unis, donc, dans la nouvelle campagne lancée contre la Russie avec les tons typiques de la Guerre froide, en soutien du nouveau paladin des « valeurs démocratiques ».

 

Qui est Alexei Navalny ?

 
 

Alexeï Anatolievitch Navalny, natif de Moscou, avocat et militant politique sans parti politique.

Comme on peut lire dans son profil officiel, il a été formé à l’université états-unienne de Yale en tant que fellow (membre sélectionné ) du « Greenberg World Fellows Program », un programme créé en 2002 pour lequel sont sélectionnés chaque année à l’échelle mondiale à peine 16 personnes avec des caractéristiques propres à en faire des « leaders globaux ».

Ils font partie d’un réseau de « meneurs engagés globalement pour faire du monde un endroit meilleur », composé actuellement de 291 "fellows"-"compagnons" de 87 pays, en contact les uns avec les autres et tous reliés au centre états-unien de Yale.

Navalny est en même temps co-fondateur du mouvement « Alternative démocratique », un des bénéficiaires de la Fondation nationale pour la démocratie (Ned), puissante « fondation privée à but non lucratif » états-unienne qui avec des fonds fournis y compris par le Congrès états-unien finance, ouvertement ou en sous-main, des milliers d’organisations non-gouvernementales dans plus de 90 pays pour « faire avancer la démocratie ».

 
Navalny « démocrate » made in USA
 
 

La Ned, une des succursales de la CIA pour les opérations secrètes, a été et est particulièrement active en Ukraine.  

Elle y a soutenu (selon ce qu’elle écrit) « la Révolution de Maïdan qui a abattu un gouvernement corrompu qui empêchait la démocratie ».  

Avec pour résultat que, avec le putsch de Place Maïdan, a été installé à Kiev un gouvernement encore plus corrompu, dont le caractère démocratique est représenté par les néo-nazis qui y occupent des positions clé.

En Russie, où ont été interdites les activités des « organisations non-gouvernementales indésirables », la Ned n’a pas pour autant cessé sa campagne contre le gouvernement russe, accusé de mener une politique étrangère agressive pour soumettre à sa sphère d’influence tous les états faisant autrefois partie de l’URSS. (note du webmestre: Il faut retenir qu'au États-Unis la même situation existe, sans que ce soit la même loi, puisque l'équipe de Trump risque d'être accusé d'avoir pactisé avec la Russie durant la campagne électoral 2016)

Accusation qui sert de base à la stratégie USA/Otan contre la Russie.  La technique, désormais consolidée, est celle des « révolutions oranges » : s’appuyer sur des cas vrais ou inventés de corruption et sur d’autres causes de mécontentement pour fomenter une rébellion anti-gouvernementale, de façon à affaiblir l’État de l’intérieur pendant que de l’extérieur s’accroit sur lui la pression militaire, politique et économique.

Dans ce cadre s’insère l’activité d’Alexei Navalny, qui s’est spécialisé à Yale comme avocat défenseur des faibles face aux abus des puissants.

Manlio Dinucci : Géographe et géopolitologue. Derniers ouvrages publiés : Laboratorio di geografia, Zanichelli 2014 ; Diario di viaggio (en trois tomes), Zanichelli 2017 ; L’arte della guerra / Annali della strategia Usa/Nato 1990-2016, Zambon 2016
Source: 
Il Manifesto (Italie)

Choix de photos, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Publication :  30 avril 2017

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

Eva Bartlett: une journaliste canadienne démonte en deux minutes les médiamensonges à propos de la guerre à la Syrie

   États-Unis-d'Amérique

  Fiche: Guerre, révolution, espionnage et crimes contre l'humanité

 
 

Notes & Références encyclopédiques:

Leaders globaux

 

M. Navalny a été parrainé pour ce programme par Michael McFaul, ex-ambassadeur des États-Unis à Moscou.

 

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Avancer la démocratie

 

« La NED, vitrine légale de la CIA », par Thierry Meyssan, Оdnako (Russie) , Réseau Voltaire, 6 octobre 2010.

 

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Manifestation en Russie comme au Québec

 

Manifestation à Montréal (Québec-Canada) en 2012

 

Printemps érable au Québec : des groupes sociaux dénoncent la « machine à répression »
3 509 arrestations ont eu lieu dans le cadre des manifestations étudiantes entre le 16 février et le 3 septembre 2012, dont près de 3 000 lors d'arrestations de groupe. Raison invoquée par la police de Montréal (surtout): comme à Moscou, ne pas avoir déposé le trajet de la manifestation. - Sur Société Radio-Canada, le 29 avril 2013

 

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ONG indésirable en Russie

 
 

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