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Révolution de couleur
Les < chemises > noires de Hong Kong en 2019

Thomas Hon Wing Polin raconte son séjour d'infiltré chez les < chemises noires >.  À la base des émeutes de Hong Kong, on trouve le même ressort qu’en Ukraine post-Maïdan : une haine ethnique fabriquée de toutes pièces, avec un violent rejet envers les Russes dans un cas, de la sinophobie dans l’autre, et dans un cas comme dans l’autre, savamment attisée par des intérêts étrangers.  Récit d’un Hongkongais infiltré chez les émeutiers.

Chine

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pourquoi tant de jeunes Hongkongais sont-ils si en colère ?  Pourquoi détestent-ils tant la Chine, alors que Hong Kong, sous la souveraineté de Pékin (ou Beijing), est visiblement plus libre et plus démocratique qu’elle ne l’a jamais été sous les Britanniques ?  Qu’est-ce qui rend leurs émeutiers de première ligne si violents, tels des zombies ?  Qu’est-ce qui les motive vraiment ?

Après deux mois de contact sous couverture, j’ai pu sonder la pensée de certains des chemises noires.  Il m’avait été difficile d’être admis dans leurs rangs et d’être accepté.  Mais après avoir crié des slogans avec eux et critiqué le gouvernement, j’ai réussi le test et je suis devenu une chemise noire.  Mais j’ai découvert des choses surprenantes après avoir commencé à comprendre la mentalité des émeutiers.

La plupart des jeunes chemises noires ont l’air modérés, arborant même souvent des sourires innocents. Comment de telles personnes ont-elles pu avoir le courage de pratiquer le dangereux sport d’adultes que sont les émeutes urbaines ?

Il s’avère que les chemises noires ont un grand besoin de reconnaissance.  Sans les émeutes, ils ne se seraient pas rencontrés.  Garçons et filles auraient passé leur adolescence confinés à la maison.  Travaillant de longues heures, leurs parents négligent la communication familiale.  Mais après avoir rejoint le corps des émeutiers, ces jeunes gens ont eu la reconnaissance de leurs « pairs ».

Leur besoin extrême d’approbation n’est pas quelque chose que les dirigeants et oligarques locaux comprennent. Ayant dépassé leur jeunesse, les membres de l’élite pèsent soigneusement les conséquences avant de passer à l’action.

 
 

Quant aux jeunes, ils s’encouragent mutuellement et prennent soin les uns des autres.  Les garçons deviennent rapidement des compagnons d’armes, tandis que garçons et filles deviennent amants.  Certaines jeunes femmes s’offrent librement, surtout à ceux qui combattent vaillamment la police en première ligne.  Des jeunes hommes auparavant timides avec les filles se retrouvent aujourd’hui adoptés, même par des femmes bien nées et aisées qu’ils n’auraient jamais rêvé d’approcher en temps normal.

La célébrité, le sexe et la reconnaissance des pairs sont de puissants stimulants pour des efforts toujours plus héroïques sur le champ de bataille.  Au début de chaque émeute, des groupes de trois à cinq personnes se parlent.  Les membres du noyau dur peuvent bénéficier d’un « traitement médicamenteux ». Les organisateurs distribuent des drogues pour endormir les nerfs, afin de mieux résister aux coups de matraque de la police.

Je les interroge souvent sur leurs objectifs politiques.  Mais à part crier des slogans sur les « cinq revendications » et d’autres questions, ils discutent rarement de sujets politiques.  Cela vaut même pour leurs revendications emblématiques sur le « double suffrage universel » (chef de l’exécutif et du législatif) et « l’anti-extradition vers la Chine »

Au début, j’ai trouvé cela étrange : les chemises noires qui se sacrifient pour des causes politiques sont réticents à discuter de politique.  De fait, leurs conversations se cantonnent le plus souvent à des commentaires racistes contre les nouveaux immigrants et les Chinois du continent.  Par exemple, sur leur comportement censément non civilisé et la façon dont les nouveaux arrivants ont « volé » les ressources locales.

Ce n’est qu’après presque deux mois d’association avec les chemises noires que j’ai compris une deuxième raison de leur émeute. 

Ils veulent être reconnus dans le monde entier.

Ils croient que les habitants de Hong Kong doivent se différencier des Chinois du continent.  Ils sont particulièrement préoccupés par la façon dont le monde voit les Hongkongais. 

Ils ne souhaitent pas être « ravalés » au rang des autres dans un cadre souverain unique. 

Cela peut sembler ridicule, mais le désir d’indépendance de ces jeunes de Hong Kong est motivé par une inquiétude profonde sur le fait de… sauver la face.  Bien sûr, un catalyseur doit être présent pour qu’un explosif se déclenche.  Et le projet de loi d’extradition a fourni la mèche qui a été allumée par des instigateurs, dans les coulisses.

Malheureusement, en faisant grimper les enjeux à ce point, ces jeunes gens désireux de sauver la face ont été encouragés de façon létale par la montée en puissance des médias sociaux.  Facebook est un nid de désinformation et d’incitation à la haine contre le peuple chinois, cela n’y a pas de fin.

Des écrivains sinophobes bien connus répandent inconsciemment de la propagande noire.  Cette génération de jeunes Hongkongais a subi un lavage de cerveau sévère, jusqu’à les rendre nazis.  Des notions comme la compassion et la diversité sont balayées.  Leurs cœurs sont pleins de haine, du genre qui détruit les fondements de la nature humaine.  Si ces jeunes endoctrinés avaient le pouvoir de faire la guerre à la Chine continentale, ils tueraient sans hésiter, comme les agresseurs japonais d’autrefois.

Je suis tombé sur une autre « coïncidence » à propos des émeutiers en chemises noires.  Beaucoup de leurs guerriers de première ligne portent le nom Nguyen.  Il est bien connu qu’il y a des centaines de milliers de Vietnamiens et leurs descendants à Hong Kong.  Anciennement issus du Sud-Vietnam anticommuniste, ils étaient venus à Hong Kong comme réfugiés à la fin des années 1970.

Nguyen est un nom de famille vietnamien des plus courants.  Les premiers à réclamer « l’indépendance de Hong Kong » venaient de leurs rangs.  Ils n’étaient en effet pas chinois.  Avec d’autres détracteurs de la Chine motivés par des considérations politiques, les descendants de ces Sud-vietnamiens immigrés ont aidé à saturer les plates-formes en ligne avec des messages anti-chinois en chinois et en anglais.

Bien sûr, c’est trop demander à leur jeune public de passer du temps à vérifier leurs affirmations.  Ces derniers ont tout simplement pris le train en marche et participé à la fête de la haine contre la Chine.  Ils en sont venus à se considérer comme des Hongkongais et non plus comme des Chinois de Hong Kong.

J’ai compris qu’un des premiers moteurs de guerre ne tient pas aux conflits politiques, mais à la haine de l’autre – raciale ou ethnique.  Hitler a incité les Allemands à haïr les Juifs, puis a pris le pouvoir en Allemagne et a fait la guerre à l’Europe.

Les Japonais avait étiqueté la Chine « l’homme malade de l’Asie de l’Est » pour lancer une guerre d’agression contre le pays.  Des conflits ont également été alimentés en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique par l’incitation à des animosités ethniques. Comprenant cela, les forces anti-chinoises à Hong Kong n’ont cessé de diaboliser et d’inciter les jeunes de la région à la haine contre les Chinois pour servir leurs propres fins politiques.

Mon cœur saigne de plus en plus à chaque paragraphe que j’écris. Les différends politiques peuvent être résolus par la recherche d’un terrain d’entente. Mais la haine ethnique est difficile à éradiquer, car elle est comme un poison qui s’infiltre dans le cerveau. Ce n’est que lorsque la maladie est identifiée que des médicaments appropriés peuvent être prescrits.

J’ai entrevu l’affliction, mais je n’ai aucune idée de ce qu’est le bon médicament. J’espère que nous pourrons travailler ensemble pour trouver un remède à la haine qui infecte nos jeunes, avant qu’il ne soit trop tard. 

 

drogue
 

Violence et drogues

 
 

 Au vu des différentes vidéos postées sur les réseaux sociaux, on ne peut qu’être frappé par l’extrême violence des émeutiers de Hong Kong, qui agissent effectivement « comme des zombies ».  Aucun rapport avec les « black blocs » occidentaux : là-bas, ils portent souvent des armes à feu, manient volontiers les produits incendiaires et selon des observateurs, passent à tabac des touristes chinois, etc.

Cela correspond à l’histoire de Hong Kong, qui est restée pendant toute sa période coloniale une plaque tournante du trafic de drogue mondial.

Vérification faite, il semble que ce soit encore le cas, au moins pour la facilité avec laquelle les résidents peuvent s’en procurer.

Traduction du tweet à droite de l’écran (ici pour voir la vidéo de l'événement):

Même après avoir agressé un Chinois du continent à l’aéroport international de Hong Kong, un manifestant brandissant un drapeau états-unien tentait de réattaquer le blessé sur la civière pendant qu’il était transporté par des brancardiers.

Le degré de violence des protestataires suggère des amphétamines, or effectivement, selon le South China Morning Post, une publication anti-Pékin non suspecte de propagande en faveur de la Chine continentale, la drogue préférée des jeunes hongkongais est la méthamphétamine (crystal meth).

Sa consommation relèverait de l’épidémie.

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Les Britanniques et la « révolution colorée » à Hong Kong

 
 

Depuis le transfert de souveraineté de l’Empire britannique à la République populaire de Chine, Hong Kong est —avec Macao— une des deux Régions administratives spéciales chinoises.

Conformément aux accords de 1997, Beijing (Péking) a installé la démocratie occidentale à Hong Kong qui ne l’avait jamais connue auparavant.  Pour la première fois, le Parlement a été élu par la population.

Cependant, si la rétrocession de Hong Kong à la Chine a marqué une amélioration des conditions de vie de la population, celle-ci est restée culturellement plus britannique que chinoise. Ce qui ne manque pas d’étonner les voyageurs.

Les démonstrations massives actuelles au cri de « Hong Kong n’est pas la Chine ! », doivent d’abord être comprises comme le constat de l’impossibilité culturelle de l’unification chinoise.  Elles sont attisées par le Royaume-Uni et les États-Unis, dont une « diplomate » a rencontré et coaché les leaders des manifestations.

On a vu l’élément à la pointe des protestations, le Mouvement pour l’indépendance de Hong Kong, brandir l’ancien drapeau colonial en pleine conférence de presse.

Le même phénomène avait été observé en Libye et en Syrie où le Conseil national de transition a adopté le drapeau du roi Idriss et l’Armée syrienne libre celui du mandat français.

Traduction du tweet de Chen Weihua à la droite de l'écran:

Ceci est très ambarassant.  Julie Eadeh, une diplomate états-unienne à Hong Kong, est surprise en pleine réunion avec les chefs des manifestations.

Il est difficile d'imagine la réaction des États-Unis si un diplomate chinois rencontrait les chefs d'Occupy Wall Street, Black Lives Matter ou des militants de Stop Trump Movement.

 

Notes & Références encyclopédiques:

on trouve le même ressort qu'en Ukraine post-Maïdan...
 

Qui a tiré dans la foule sur la place Maïdan? De nouvelles révélations quatre ans après.

Trois snipers géorgiens ont dévoilé qui aurait orchestré la fusillade de février 2014 sur la place Maïdan à Kiev. Leur témoignage a été présenté dans un documentaire réalisé par un journaliste italien.

 

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visiblement plus libre et plus démocratique qu'elle ne l'a jamais été sous les Britanniques...
 

 

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Les garçons deviennent rapidement des compagnons d'armes tandis que les garçons et les filles deviennent...
 

 

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leurs revendications emblématiques sur l'anti-extradition vers la Chine...
 

 En quoi consiste ce projet de loi tant décrié ?

Hong Kong a des accords d’extradition existants avec une vingtaine de pays dont les États-Unis et le Canada. 

Le projet de loi (ici dans son intégralité Fugitive Offenders and Mutual Legal Assistance in Criminal Matters Legislation (Amendment) Bill 2019)) vise à élargir ces accords avec d’autres pays et d’autres territoires, dont la Chine et Taiwan.

Comme le système judiciaire en Chine est opaque, les hongkongais sont vent debout contre ce projet.

Est-ce une demande de Pékin ou une initiative de Carrie Lam ?

Tout est parti d’un fait actualité comme explique France Info : En février, un Taïwanais a été accusé d’avoir tué sa femme mais d’avoir fui à Hong Kong pour échapper à la justice.  Il n’a pas pu être extradé vers Taïwan en l’absence d’accord bilatéral entre les deux territoires.  Le gouvernement hongkongais a donc proposé de modifier la loi.

 

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Comme le système judiciaire en Chine est opaque...
 

 

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Ce n'est qu'après presque deux mois d'association avec...
 

 

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ils tueraient sans hésiter, comme les agresseurs japonais d'autrefois...
 

Guerre sino-japonaise (1937-1945)

La seconde guerre sino-japonaise est un conflit militaire qui dura de 1937 à 1945, et débuta à la suite de l'invasion de la partie orientale de la Chine par l’Armée impériale japonaise.

Six ans après l’invasion de la Mandchourie, l’Empire du Japon poursuivait sa politique expansionniste en Chine. Optimistes sur leurs chances de terminer rapidement le conflit, les Japonais allèrent jusqu’à envisager, dans les premières semaines, de gagner la guerre en trois mois : malgré les victoires initiales du Japon, la guerre dura huit ans, l’Empire se trouvant contraint de gérer un territoire très vaste et non stabilisé.

 

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passent à tabac des touristes chinois...
 

Une vidéo sur la violence à Honk Kong.

Selon Ian Stansbury un observateur directeur canadien du G7 Research Group Compliance observateurs

Non seulement les manifestants sont très violents, mais la couverture médiatique n’est pas juste.

 

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il semble que ce soit encore le cas...
 

 

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Le degré de violence des protestataires suggère des amphétamines...
 

La facilité d'accès des jeunes de Hong Kong aux drogues illites (ice, kétamine, marijuana) sonne l’alarme.

Des conseillers parentaux sensibilisent à l’identification des signes d’abus de drogues et éduquent parents et enfants à propos des risques liés à la consommation de drogues illicites. - Sur le South China Morning Post, le 15 juillet 2017.

 

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Les démonstrations massives actuelles au cri de Hong Kong n'est pas la Chine sont attisées par le Royaume-Uni (l'Angleterre, l'Écosse, le Pays de Galles et l'Irlande du Nord.)...
 

Dominic Raab

 

La Chine appelle le Royaume-Uni à cesser d'intervenir dans les affaires de Hong Kong. Le ministère chinois des Affaires étrangères a demandé au Royaume-Uni de cesser immédiatement d'interférer dans les affaires de Hong Kong.

La demande intervient après un appel téléphonique de la part du secrétaire britannique aux Affaires étrangères Dominic Raab à la Cheffe exécutive de Hong Kong - En vidéo sur CGTN Le Journal, le 10 août 2019

 

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Source: Par Thomas Hon Wing Polin
Posté sur
Facebook sous le titre Undercover in Hong Kong : behind the blackshirt lines.
Thomas Hon Wing Polin est un journaliste basé à Hong Kong. Traduction du chinois à l’anglais Thomas Hon Wing Polin, de l’anglais en français Entelekheia et le Réseau Voltaire

Choix de photos, collection de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Mise à jour le 6 septembre 2019

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