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Le plus grand crime environnemental de notre époque
Bornéo:
survivre à la déforestation criminelle

Les barons du bois, bien branchés sur les politiciens de la Malaisie, ont détruit la majeure partie de la forêt tropicale de Bornéo.   Le peuple autochtone Penan lutte pour conserver ce qui reste.   Ce texte de janvier 2015 est mis à jour le 24 avril 2016 et nous apprend que le peuple Penan est non seulement très résilient mais a depuis ajouté quelques victoires à l'ensemble de ses démarches pour se réapproprier ce territoire qui est le sien.  Le fait que la France, en mars 2016, ait ajouté une taxe à la déforestation pour l'importation de l'huile de palme de la Malaisie fut fort utile ainsi que l'apport des fondations de soutien aux autochtones dont le "Fonds Bruno Manser" de Suisse et des simples citoyens et citoyennes qui ont contribué chacun à sa façon à soutenir ce peuple en action dans une situation politiquement difficile. (ici pour la plus récente nouvelle)     - JosPublic

L'ancienne forêt tropicale donne au sol l'allure d'un paysage de plantation aride de palmiers à huile avec ses routes d'accès au Sarawak, un des deux états sur l'île Malaisienne de Bornéo. Plus de 90% de la forêt primaire de Bornéo a été détruite

 

Gordon Brown l'ex-premier ministre britannique a qualifié ainsi la déforestation de Sarawak, une partie de la forêt tropicale sur l'île de Bornéo, en Malaisie:

«

Probablement le plus grand crime environnemental de notre époque
       - Gordon Brown, ex-premier ministre de l'Angleterre

»

Dans son nouveau livre "Money Logging: On the trail of the Asian Timber Mafia," ( Money Logging en francais: sur la piste de la mafia du bois asiatique) ( 01 ).

Lukas Straumann enquête sur ce crime et dirige le fonds Bruno-Manser, qui s'efforce de protéger les forêts tropicales. ( 02 ).

S'exprimant depuis son bureau à Zurich, en Suisse, Straumann décrit le lien entre la corruption et la mauvaise gestion gouvernementale qui ont permis aux barons du bois de la Malaisie de détruire une grande partie de la forêt tropicale du Sarawak et d'exporter ce modèle à d'autres parties du monde.   Il explique comment son organisation s'appuie sur tous les moyens disponibles du GPS jusqu'aux tribunaux pour que les autochtones Penan de Bornéo puissent défendre leur territoire et leur mode de vie.   Il décrit aussi ce que nous pouvons faire pour les aider.

 
 

Entretien avec Lukas Straumann

 
 

Plusieurs lecteurs et lectrices ne sont pas familiers avec le Sarawak.   Accordez-nous une visite virtuelle.

 
 

Le Sarawak est un état de la taille de l'Angleterre, l'un des deux états Malaisiens sur l'île de Bornéo, qui est la troisième plus grande île du monde.   Il contient également une des plus vieilles forêts tropicales sur la terre, qui a déjà recouvert entièrement l'île.   Mais en 2015 il ne reste que 10 pour cent de la forêt primaire. Sarawak est devenu l'un des points chauds de la déforestation mondiale.

 

Les billots s'entassent dans un camp de bois du Sarawak.   L'auteur Lukas Straumann affirme que la corruption et la mauvaise gestion ont permis aux barons du bois de la Malaisie de détruire une grande partie de la forêt tropicale de l'État.

 

Gordon Brown a qualifié la déforestation de Sarawak, d'un des pires crimes environnementaux de l'histoire. Faites-nous un portrait de cette destruction.

 
 

Sarawak est un des lieux possédant une des plus riches biodiversités au monde.   Il fut un temps où les compagnies forestières venaient y faire des coupes sélectives, sortir les arbres les plus vieux et les plus précieux.   Quelques années plus tard, ils revenaient et obtenaient le reste des plus grands arbres.   Il leur arrive de revenir une troisième fois, dès lors, il ne reste plus grand-chose à récolter.
 
Si les communautés autochtones vivant dans la forêt tropicale veulent construire une école pour les enfants, ils ne trouvent plus de bois pour sa construction.   Ils n'ont souvent pas accès à l'eau potable parce que toutes les rivières sont polluées.

Tandis que les barons du bois sont devenus milliardaires, les communautés sont restées très pauvres.   À cause des développeurs il existe maintenant une route dans la forêt, mais les autochtones ont-ils des moyens de transport pour s'en servir ?

La plupart d'entre eux n'en ont pas.

 

L'habitat des Penan disparaît à la vitesse grand V

 

Parlez-nous des Penan et comment leur vie a été affectée par l'exploitation forestière illégale?

 
 

Les Penan orientaux furent parmi les derniers chasseurs-cueilleurs en Asie du Sud-est.   Ils avaient un mode de vie unique, ancien, avec le sagou comme aliment principal.   Ils se souviennent aussi de la chasse au sanglier ou au cerf et de la pêche.

Ils utilisent plus de 1 500 noms de plantes, dont beaucoup ont une utilité dans leur ethnobotanique.


Dans le milieu du 20e siècle, avec l'encouragement de l'ancienne puissance coloniale britannique et les missionnaires chrétiens, ils se sont lentement sédentarisés.   Mais un groupe a décidé qu'il voulait rester nomade et exercer son mode de vie traditionnel.   Aujourd'hui, c'est devenu pratiquement impossible, car une grande partie de leur habitat a été détruite.

Dans ce théâtre, le vilain se nomme Abdul Taib Mahmud, alias Taib.

 

Parlez-nous de lui et de sa famille

 
 

Abdul Taib Mahmud est né en 1936, un des dix enfants d'un artisan.   Il a pu aller à l'école grâce à une bourse de la compagnie pétrolière Shell, parce que Sarawak est aussi un État pétrolier.

Plus tard, avec une autre bourse d'études il s'est rendu en Australie pour étudier le droit. Peu après l'indépendance, il revient à Sarawak et réussit à devenir ministre dans le premier cabinet d'État à l'âge de 27 ans.

Il est resté ministre depuis, ce qui l'a rendu extrêmement riche.   Il a déjà dit publiquement qu'il avait plus d'argent qu'il ne lui serait jamais possible d'en dépenser.

Sa famille est aussi milliardaire, mais nous ne savons pas quelle partie est la sienne et quelle partie est la leur, tant il cache bien sa vie privée.   Nous savons qu'ils ont des participations dans le capital de plus de 400 sociétés d'affaires dans 25 pays, ainsi que des investissements financiers dans des pays occidentaux comme les États-Unis, le Canada, la Grande-Bretagne et l'Australie.

 

Pourriez-vous nous décrire la relation entre l'exploitation forestière et la politique au Sarawak

 
 

Dans les années 1960, un modèle d'économie politique fut développé à Bornéo qui a intimement lié les structures du pouvoir à la déforestation.   Les politiciens utilisaient leur pouvoir pour distribuer des concessions d'exploitation forestière à des gens d'affaires en échange de pots-de-vin.

Ce modèle a été très réussi, parce qu'il leur permettait de garder le pouvoir en faisant financer leurs élections par les grandes compagnies forestières.   Il est donc devenu très difficile pour les contestataires d'avoir accès à autant d'argent pour mener à bien leur campagne électorale.   Aujourd'hui, Taib a perdu le Bureau du premier ministre, mais il est toujours là, comme gouverneur de Sarawak, et sa famille continue à avoir une mainmise sur l'économie de l'État.

Ce modèle, qui reliait la corruption, la destruction de l'environnement et le non-respect des droits des peuples autochtones, avait si bien réussi que les barons du bois de la Malaisie ont cherché à l'exporter.

Tout d'abord, ils ont compris que l'épuisement rapide de la forêt tropicale au Sarawak signifiait qu'ils ne pouvaient pas y faire croître leur commerce indéfiniment.

Abdul Taib Mahmud en conférence de presse

C'était aussi risqué de dépendre d'un despote.   Alors ils sont allés dans d'autres pays, de préférence ceux qui ont une très faible gouvernance, comme le Cambodge après la guerre civile ou en Papouasie Nouvelle-Guinée.   Ils sont également allés en Guyane, en Amérique du Sud et en Afrique de l'Ouest.

Aujourd'hui, ils sont parmi les plus grands fournisseurs à la Chine de bois tropicaux provenant de l'Afrique occidentale.   Donc Sarawak est devenu le terreau pour un modèle qui s'est révélé destructeur non seulement à Bornéo, mais partout où il y a des forêts tropicales.

Une preuve d'actes de corruption de Taib nous a été révélée par une carte mémoire.

 

Pourriez-vous nous décrire ce qui s'est passé et ce que contenait cette carte mémoire

 
 

Un des sonneurs d'alertes que j'ai rencontrés durant mes recherches m'a remis une carte mémoire comportant un dossier secret provenant du "Sarawak's Land and Survey Department".

Des preuves écrites démontraient que de grandes parcelles de terres domaniales avaient été remises par le chef ministre Taib aux membres de sa famille, qui plus tard les revendaient à des prix beaucoup plus élevés.

Cette information fut cruciale, car toutes les transactions de terres domaniales sont parmi les secrets les mieux gardés dans les états comme le Sarawak, où les personnalités politiques font leur argent en privatisant, au profit de leurs familles et de leurs copains, les ressources publiques.

 

Environ 7 000 Penans de Bornéo étaient parmi les derniers chasseurs-cueilleurs en Asie du Sud -Est. Lakei Padeng, fait partie d'environ 300 Penans qui continuent à vivre une vie traditionnelle dans la forêt tropicale. Ici il recueille des pôles pour construire un abri au fond du Gunung Mulu National Park, au Sarawak

 

Dans le chapitre de votre livre «Chalumeaux contre Bulldozers» vous décrivez la résistance des peuples autochtones à la déforestation. Parlez-nous de Harrison Ngau.

 
 

Harrison Ngau est le fondateur de la section Sarawak de Sahabat Alam Malaysi, qui en fait est la section malaisienne des Amis de la Terre.

Il a grandi dans la communauté autochtone et il est devenu un leader emblématique du peuple autochtone de Bornéo, tout d'abord, en tant que militant et plus tard en tant qu'avocat.

Aujourd'hui, il a un cabinet d'avocats de droits fonciers au Sarawak.   Il a reçu le prix Right Livelihood en 1987 pour son engagement à aider le peuple Penan, ce qui est une importante reconnaissance internationale, et il a continué son travail depuis lors.

Une des difficultés pour les peuples autochtones à résister aux bûcherons c'est que, sans une culture écrite, les revendications territoriales sont difficiles à justifier.

 

Parlez-nous du projet de cartographie - et comment l'histoire et la géographie peuvent servir à appuyer des revendications territoriales autochtones

 
 

Le peuple Penan a commencé à cartographier ses revendications territoriales traditionnelles dans les années 1990.

Ils ont été inspirés par les Premières Nations du Canada, qui avaient eu du succès en cartographiant les terres traditionnelles sur lesquelles ils revendiquaient des droits. 

Certains des amis des Penans au Canada leur ont suggéré de commencer par cela.   C'est fondamentalement le même système juridique hérité des britanniques.

Donc ce que nous avons fait au cours des dix dernières années c'est de cartographier systématiquement les forêts traditionnelles des Penans, tout d'abord à partir de leurs souvenirs, puis sur le terrain.

Nous avons formé des équipes de Penans a utilisé des GPS qui permettent non seulement d'enregistrer les utilisations des terres, mais aussi les sites culturels.

Par exemple, les arbres utilisés pour fabriquer des chalumeaux ou des fléchettes empoisonnées.   Ces arbres sont très bien connus.   Certains ont même des noms.

Ils sont ce que vous pouvez qualifier d'arbres culturellement modifiés, car vous pouvez voir qu'ils ont été utilisés pendant des siècles.

Les Penans doivent prouver qu'ils ont occupé et utilisé en permanence leurs terres depuis et avant 1958.

Ci-dessus un arbre utilisé pour fabriquer les fléchettes

Si ces arbres sont une indication importante, nous enregistrons également l'histoire orale et généalogique. Toutes ces informations sont recueillies comme preuve que les Penans ont utilisé ces terres.   Nous sommes très excités parce qu'en mars 2015, pour la première de deux causes devant les tribunaux judiciaires malaisiens, pour les communautés Penans orientales, nous utiliserons ces fichiers. 

 

Un autre héros de l'histoire des Penans est un militant suisse appelé Bruno Manser. Parlez-nous de lui et du mystère de sa disparition.

 
 

Bruno Manser a été ce qu'on pourrait qualifier de militant typique des années 1980.   Ce dernier était à la recherche d'un peuple vivant sans argent et près des conditions de vie de l'origine de l'humanité.   Il a trébuché sur l'existence des Penans dans un livre écrit par un explorateur britannique du Bornéo du Nord au 19e siècle. Bruno a décidé de retrouver ces gens.

Il s'est joint à une expédition d'exploration de grottes et s'est approché d'eux et a demandé s'ils lui permettraient de vivre avec eux durant une certaine période.   Ils étaient heureux d'avoir un étranger intéressé par leur mode vie, et ils l'intégrèrent dans leur quotidien et leur culture. On pourrait dire qu'il s'est retrouvé indigène.

Il s'est tellement bien adapté que les Penans l'ont surnommé Lakei Penan - ce qui signifie "L'homme Penan" - en reconnaissance de son respect pour eux et leur mode de vie.

Il fut aussi un accessoire crucial pour les aider à organiser la résistance contre l'exploitation forestière, mettant en scène des blocus de routes utilisées par l'industrie forestière.

Bruno Manser dans la jungle et plus tard en 1999 en conférencier avant de retourner dans la jungle et disparaître pour toujours

  La petite histoire de sa disparition (en anglais)

 

Une théorie veut qu'il ait été assassiné. Y a-t-il l'ombre d'une vérité dans cette assertion?

 
 

Nous ne le savons tout simplement pas.   Donc je ne peux pas beaucoup spéculer.   Ce que nous savons, c'est qu'en mai 2000, il a disparu dans la jungle de Bornéo.   Aurait-il été assassiné ou a-t-il eu un accident?

Peut-être voulait-il tout simplement disparaître, par contre ses amis Penans n'en savent rien.   Nous ne savons pas.   Rien n'a jamais été trouvé.    Pas même un sac à dos.   C'est donc très difficile à dire.

Nous savons cependant qu'il avait beaucoup d'ennemis chez les "Barons du bois" et les politiciens locaux et qu'il a aussi pris des risques.   Cela on peut le dire.

 

Manifestation Penan - blocage d'une route forestière

 

Quel est le lien entre l'industrie forestière qui bûche pour faire des profits financiers et l'huile de palme ?

 
 

L'huile de palme est aujourd'hui la plus grande menace pour les forêts du monde, particulièrement en Asie du Sud-est, mais de plus en plus dans d'autres parties du monde.   Une fois que les forêts ont été bûchées trois fois, il ne reste plus tellement de bois précieux sur les lieux.   Dès lors, les mêmes entreprises d'exploitation forestière deviennent des entreprises de plantation, diversifiant ainsi leur commerce du bois vers l'huile de palme.
 
Ils ont fréquemment coupé d'importantes étendues de forêts anciennes et commencent à planter des palmiers à l'huile, une culture qui a un rendement très élevé.   L'huile de palme est la matière grasse la plus utilisée au monde.   Elle est également de plus en plus utilisée comme agrocombustible.   Cela nous inquiète beaucoup, car la demande alimentaire est limitée, mais la demande en carburant est pratiquement illimitée.

 

Empreinte de monoculture: la plantation de palmiers à l'huile au Sarawak a décimé la forêt tropicale, les plantes indigènes et les animaux qui nourrissaient les Penans. Straumann explique que l'huile de palme est la principale menace pour les forêts tropicales, non seulement en Asie du Sud-est, mais aussi partout où elles existent.

 

Pourriez-vous nous décrire le rôle des banques multinationales dans la déforestation du Sarawak?

 
 

Les sociétés forestières ont besoin d'accéder aux marchés financiers internationaux, et elles veulent y avoir accès en passant par les plus grandes banques.   Donc des banques multinationales ont un rôle important à jouer en fournissant des fonds de roulement pour les conglomérats du bois comme Samling Global, qui a été cotée à la bourse de Hong Kong en 2007, avec HSBC et Macquarie en Australie agissant comme teneur de livres.   Les banques d'affaires états-uniennes comme Goldman Sachs ( 03 ), ou des banques européennes comme la Deutsche Bank ont également collaboré étroitement avec le régime Taib au Sarawak.

Les documents qui nous ont été divulgués ont montré que l'UBS, une grande banque suisse , avait accepté jusqu'à 90$ millions en paiements illicites liés au commerce du bois à Bornéo.

Nous avons déposé une plainte pénale en Suisse, et ils ont ouvert une enquête criminelle, qui est toujours en cours.

 

Votre livre se termine par un signe d'espoir. Pourriez-vous nous parler du Parc de la paix Penan?

 
 

Le Parc de la paix Penan est un projet unique.   Dix-huit communautés autochtones de Penans ont décidé qu'elles voulaient protéger leur forêt.

Elles ont dit: nous ne pouvons pas attendre que le gouvernement le fasse.

Nous ne voulons pas nous limiter à faire des blocages de routes non plus.

Nous voulons développer notre propre vision sur la façon dont nous pourrions développer le territoire de façon soutenable et durable en utilisant les produits de la forêt, mais aussi l'écotourisme.

Ainsi en 2010, ils ont fondé le parc de la paix Penan.   C'est une des zones les mieux préservées de la forêt tropicale primaire restante au nord du Sarawak.   Les communautés en sont très fières.

Elles demandent maintenant que le gouvernement du Sarawak reconnaisse officiellement le Parc de la paix Penan, permettant ainsi à ces communautés de poursuivre leur mode de vie traditionnel et de contrôler leurs propres ressources naturelles, ce qu'elles avaient toujours fait avant que le gouvernement cède des droits à des promoteurs sans tenir compte de leur présence.

 

Que peuvent faire nos lecteurs pour aider le peuple Penan et d'autres comme eux dans le monde entier ?

 
 

Ils peuvent faire plusieurs choses.   La consommation soutenable est très importante ainsi que le degré de conscience des consommateurs.   Quels produits utilisez-vous?   Utilisez du papier recyclé au lieu du papier de fibre douce.   Essayez d'éviter d'utiliser l'huile de palme et assurez-vous que le bois que vous achetez est produit de façon soutenable et qu'il est certifié par le Forest Stewardship Council.

Pour ceux et celles qui en ont, ils oublient souvent qu'ils sont actionnaires d'une caisse de retraite.   Ils pourraient écrire au gestionnaire ou à la banque qui gère leurs investissements et demander qu'ils favorisent le développement soutenable avec leurs partenaires commerciaux.   L'industrie de la finance a un rôle clé à jouer dans le changement des comportements.   Aujourd'hui, malheureusement, ils ne s'intéressent pas à ces questions.   Ce ne sera que sous la pression des consommateurs qu'ils changeront leur modèle d'affaires.

 

Progrès de la déforestation

Progrès de la déforestation

 
 

Les autochtones de Bornéo gagnent la bataille de la grande usine hydroélectrique
Mars 2016

 
 

 

L’État malais du Sarawak (Malaisie) renonce définitivement à la construction d’une très contestée usine hydroélectrique de 1200 MW sur la rivière Baram et rend les terres expropriées aux communautés autochtones concernées.   C’est ce qu’ont indiqué hier les avocats de l’organisation autochtone malaisienne SAVE RIVERS, après avoir été informés officiellement de la décision par le gouvernement du Sarawak.

Suite à l’abandon du chantier, 26 villages des populations autochtones Kenyah, Kayan et Penan, dont les terres avaient été expropriées pour la construction du bassin de rétention, peuvent à nouveau respirer.   La digue de 150 mètres de haut aurait inondé plus de 400 km2 de forêts tropicales humides et de terres agricoles.   Jusqu’à 20 000 autochtones auraient dû être déplacés.

Le "Fonds Bruno Manser"  (BMF), dont le siège est à Bâle, a joué un rôle central dans le succès des autochtones impliqués.   Au cours des cinq dernières années, il a en effet investi plus de 600 000 francs dans le combat contre le barrage de Baram et accompagné étroitement la campagne.   Le BMF a été de loin le plus grand pourvoyeur de fonds de la résistance autochtone contre le projet pharaonique.

«Avec l’abandon du barrage de Baram, nous avons atteint nos principaux objectifs stratégiques des dernières années, a fait savoir Lukas Straumann, directeur du BMF.   Nous allons désormais nous engager pour un développement durable du bassin du Baram et pour la protection des forêts pluviales restantes.»

«Nous attendons du gouvernement du Sarawak et des entreprises impliquées une nouvelle planification de l’approvisionnement énergétique, qui s’oriente aux besoins de la population et aux objectifs du développement durable, a expliqué Annina Aeberli, responsable des campagnes auprès du "Fonds Bruno Manser".  Les autochtones doivent en particulier pouvoir apporter leurs propres perspectives de développement dans la planification.»

Les organisations de protection de l’environnement et des droits des autochtones dans le monde entier saluent cette décision qui fera date, prise par le gouvernement du Sarawak sous la houlette du Premier ministre Adenan Satem.   Bob Brown, ancien sénateur australien et président des verts, a désigné la campagne du Baram comme étant l’un des plus grands succès mondiaux du mouvement environnemental des dernières années.

  Reportage photo à propos de la drave sur les cours d'eau de Bornéo
Sur Reporterre, le 10 septembre 2016
  Référence historique: En Malaisie, un barrage inutile menace la survie de peuples indigènes
Sur Reporterre, le 21 juin 2014

L’organisation d’autochtones SAVE Rivers a dirigé la résistance locale contre le barrage de Baram

Source: L'entrevue a été réalisée par Simon Worrall pour le National Geographic propriété de Rubert Murdoch; Fonds Bruno Manser

Choix de photos, mise en page, références, titrage et traduction de l'anglais par : JosPublic
Première publication : 21 janvier 2015
Mise à jour le 24 avril 2016

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notes & Références encyclopédiques:

01

 

Money Logging: On the trail of the Asian Timber Mafia,"
( L'argent de la coupe du bois: sur la piste de la Mafia du bois asiatique)

par Lukas Straumann

 
 

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02

 

Lukas Straumann enquête sur ce crime.   Straumann dirige le fonds Bruno-Manser, qui s'efforce de protéger les peuples de la forêt.

 

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03

 

À propos de la banque d'affaires Goldman Sach par Matthew C. Taibbi, journaliste au Rolling Stone magazine - Sur MétéoPolitique en français.

 
 

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