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Limitation de la régénération des forêts du Canada
à cause des pratiques des compagnies forestières

L’organisme de protection de la nature Wildlands League affirme que la province de l’Ontario et le Canada sous-estiment l’impact des chemins forestiers et des aires de dépôt des billots sur la capacité des forêts à se régénérer complètement et à absorber du CO2, selon un rapport publié cette semaine. Un porte-parole de l'industrie affirme plutôt que l'étude exagère la gravité de la situation. 

Pour JosPublic lorsqu'une compagnie ou industrie affirme que les scientifiques exagèrent, c'est que le conseiller en propagande les a avisé de ne pas nier l'indéniable, mais de blâmer les auteurs de l'étude de manquer de rigueur. Une stratégie maintenant bien documentée et qui fonctionne de moins en moins. On se souviendra que la province de Québec a déjà subi ce genre de dénigrement de la part de l'industrie lorsque l'auteur-compositeur Richard Desjardins avait présenté un film sur les coupes à blanc et encore pire lorsqu'il est revenu à la charge 10 ans plus tard.  Un député l'avait même traité de "communiste" une insulte datant de plus de 60 ans et démontrant l'ignorance crasse du député.      -   JosPublic

 
 
 

Le Canada sous-déclare la déforestation et les impacts du carbone par la foresterie

 
 

Anna Baggio

Le rapport, intitulé Cicatrices d'exploitation forestière boréale, est le résultat d’une étude de deux ans menée dans le Nord-Ouest de l’Ontario.

Anna Baggio, directrice de la planification de la conservation de Wildlands League, raconte que des membres de l’organisme ont remarqué, en survolant la forêt boréale, des zones dénudées d’arbres qui les ont intrigués.

Nous observions sans cesse un phénomène récurrent dans les zones où il y a eu des coupes forestières.

Ce phénomène était également visible sur les images satellites, explique-t-elle.

Le gouvernement et l’industrie n’arrêtent pas de nous dire que tout va bien, alors nous avons décidé de le mesurer, ajoute Mme Baggio.

 

L'auteur du rapport, Trevor Hesselink, a entre autres utilisé des drones pour mener l'étude . Il est le directeur des politiques et de la recherche pour Wildlands League.

 

Les chercheurs ont examiné 27 aires de coupe, exploitées entre 1989 et 2008, autour du parc provincial Wabakimi, au nord de Thunder Bay, pour mesurer les zones dénudées d’arbres.

 
«

Nous avons constaté que la forêt ne repoussait pas, même après deux ou trois décennies, et que cette tendance était liée au réseau de chemins forestiers.
- Anna Baggio
directrice de la planification de la conservation de Wildlands League 

»
 

Selon le rapport, les zones où la forêt ne se régénère pas constituent entre 10,2 % et 23,7 % de la zone de coupe, avec une moyenne de 14,2 %.

 

Les secteurs utilisés pour empiler les billots avant de les charger sur des camions de transport
forment une importante proportion de ces zones

 

Nous avons été surpris par l’ampleur de ce phénomène, a déclaré Mme Baggio.

Cette proportion est plus élevée que les estimations de l’industrie forestière et du gouvernement ontarien, qui varient de 0 à 7 %.

Lutte contre les changements climatiques

Selon Anna Baggio, le phénomène est une forme de déforestation qui n’est pas prise en compte par la province et le gouvernement fédéral, et qui nuit à la capacité de la forêt boréale de réduire la quantité de carbone dans l’atmosphère.

Elle ajoute qu’il existe des techniques de récolte moins dommageables pour la régénération que celle principalement utilisée en Ontario, qui consiste à les transporter en entier dans la zone de dépôt avant de les ébrancher et de les tronçonner.

Cette technique, dite en arbre entier, laisse une quantité importante de déchets dans les zones de dépôt, alors que la technique dite par tronçonnage laisse les branches éparpillées dans la forêt, ce qui favoriserait la repousse.

La technique d'abattage en arbre entier qui domine l'industrie forestière ontarienne est aussi utilisée dans l'Ouest canadien et au Québec, selon Wildlands League.

Selon les données de son étude, Wildlands League estime qu’environ 21 700 hectares de forêts sont perdus chaque année en raison des cicatrices laissées par la récolte, soit l’équivalent de 40 000 terrains de football.

L’organisme avance que, depuis 30 ans, l’Ontario a pu perdre jusqu'à 650 000 hectares de forêts productives au profit des routes forestières et des aires de dépôts en raison des techniques de coupe.

En résumé

• De nouveaux chiffres montrent qu'environ
 21 700 ha sont déboisés chaque année en Ontario en raison des routes et des débarquements imposés par l'industrie forestière dans la forêt boréale (équivalent à 40 000 terrains de football)

• C'est sept fois plus élevé que le taux de déforestation déclaré par l'industrie forestière pour l'ensemble du Canada, malgré le fait que seulement 17% de l'exploitation forestière au Canada a lieu en Ontario

• Les résultats sapent l’allégation du gouvernement et de l'industrie à l'effet que la «déforestation serait presque nulle» au Canada

• Une immense superficie de forêt productive, 650 000 ha, a été perdue au cours des 30 dernières années en raison de cette infrastructure forestière, équivalant à 10 fois la taille de la ville de Toronto

• D'ici 2030, cette perte de forêt productive dans cette seule province est en voie de coûter à l'atmosphère 41 Mt d'équivalent C02 en éliminant le carbone, soit plus d'un an d'émissions de tous les véhicules de tourisme au Canada

• Cela signifie que le Canada a une dette de carbone croissante due à l'exploitation forestière à blanc et sous-déclare ces impacts sur la scène internationale

Cette superficie équivaut à 10 fois celle de la ville de Toronto, ou à environ 1,5 fois la taille du lac Nipigon.

Toujours selon le rapport, la quantité de CO2 qui ne pourra pas être absorbée d’ici 2030 en raison de cette déforestation ignorée est supérieure au total des émissions annuelles de tous les véhicules de passagers du pays.

 

Les déchets de la récolte et de la transformation des arbres empilés le long des chemins forestiers seraient un des principaux facteurs limitant la régénération de la forêt.

 
«

 Le Canada considère ces zones comme totalement régénérées dans leur modélisation; l’Ontario le fait aussi. On espère qu’ils vont corriger le tir, parce que ça représente une importante perte de forêt productive.

 - Anna Baggio
                                                               directrice de la planification de la conservation
de Wildlands League

»
 

Une étude qui ne serait pas représentative

Le directeur de la foresterie de l'APFC - Association des produits forestiers du Canada, Étienne Bélanger, affirme que le rapport de Wildlands League exagère le problème. Ils surestiment largement l'impact de la foresterie au Canada.  L'APFC est la porte-parole nationale des producteurs de bois, de pâte et de papier.

Il remet notamment en question la méthodologie utilisée par l'organisme. Leur approche de se concentrer sur certains sites qu'ils ont réussi à visiter et puis de l'extrapoler à l'ensemble du pays ne reflète pas très bien la réalité.

Étienne Bélanger et le conseil d'administration

 

Ce chemin forestier se trouve dans la forêt du lac Seul , dans un secteur qui a été exploité en 2008.
Il s'agit d'un des secteurs étudiés où la zone dénudée d'arbres est la moins importante (10,26 %)

 

Il croit que Wildlands League a utilisé les cas les plus graves que les chercheurs ont pu trouver et fait des règles de trois pour appliquer ça à l'ensemble du territoire.

 
«

Un autre biais dans le rapport, c'est qu'en allant sur le terrain en camion, ils n'avaient pas accès aux sites complètement régénérés, car il n'y a plus de route.

- Étienne Bélanger
directeur de la foresterie de l'Association des produits forestiers du Canada

»
 

Il admet que la déforestation reliée à l'exploitation est un enjeu, mais souligne que les techniques de l'industrie ont évolué depuis 30 ans pour assurer la régénération des forêts.

Il affirme que la technique d'abattage en arbre entier est de moins en moins utilisée et que des efforts sont faits pour reboiser les chemins et surveiller la situation de près.

Une nouvelle stratégie en préparation

La porte-parole du ministre John Yakabuski, des Richesses naturelles et des Forêts de l'Ontario, Jolanta Kowalski, affirme dans un courriel envoyé à la société CBC/Radio-Canada que la province demeure un chef de file dans la gestion des forêts.

La publication de Wildlands League coïncide avec celle d’une ébauche du ministère pour une nouvelle stratégie forestière.

Le principal pilier de l’ébauche est la gestion responsable et la durabilité, écrit Mme Kowalski.

John Yakabuski, ministre des Richesses naturelles et des Forêts de l'Ontario

 
«

L’Ontario tient compte de la perte de terres productives dans ses pratiques d’aménagement forestier [...]. Les équipes de planification doivent surveiller les progrès accomplis et rendre des comptes.
- Jolanta Kowalski
propagandiste du ministère des Richesses naturelles et des Forêts

»
 

Mme Kowlaski ajoute qu’entre 2009 et 2013, 731 638 hectares de forêts ont fait l’objet d’une évaluation de l’état de régénération par le ministère et que 91 % ont été classés comme aptes à se développer.

Elle indique aussi que le réseau des chemins forestiers est également utilisé par des entreprises minières et touristiques, ainsi que par des communautés autochtones.

 

Site 701, 16 ans après la coupe à blanc. On voit les cicatrices d’abattage provenant des anciennes routes et places de déchargement du bois. Les marques où de la machinerie lourde tirait les arbres sur le bord de la route sont très apparentes.  Dans les décennies qui suivent la coupe à blanc, l'étude révèle que ces zones restent stériles. Ils sont déboisés. (Photo aérienne de l'OMNRF)

Notes & Références encyclopédiques:

ce genre de dénigrement de l'industrie lorsque l'auteur-compositeur...
 

Richard Desjardins et les paroles de la chanson "La pêche": 

À pêche j'me suis perdu dans des ch'mins d'compagnies. Pus d'arbres à perte de vue. " Belle job! " que j'me sus dit. etc.

 

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et encore pire lorsqu'il est revenu à la charge 10 ans plus tard...
 

Les arbres qui cachent la forêt!
2009/10/27, sur l’Aut’Journal par André Bouthillier

Dix ans après la sortie fracassante du documentaire-choc de Richard Desjardins et Robert Monderie « L’erreur boréale », après la Commission Coulombe, le Sommet sur la forêt, d’innombrables colloques, la consultation sur le Livre vert du gouvernement et plus récemment l’étude du projet de loi 57 en Commission parlementaire, la forêt sera-telle finalement protégée contre le pillage par des conglomérats multinationaux ou gérée pour obtenir un véritable développement régional diversifié et durable?

 

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a entre autres utilisé des drones pour mener l'étude...
 

Logging Scars Trip Report and Project Preview

Posted by Trevor Hesselink on November 8, 2018

 

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Le rapport, intitulé "Cicatrices d'exploitation forestière boréale...

Le résumé, veuillez cliquer ici ICI

Première partie du rapport: une version haute résolution du résumé pour les décideurs cliquez ICI. Notez que c'est 325 Mo.

Deuxième partie du rapport: une version haute résolution des supports techniques, cliquez ICI. ici. Notez que c'est 650 Mo.

 

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Source: Wildlands League; Société Canadian Broadcasting Corporation (CBC)/Radio-Canada pour le gouvernement du Canada

Choix de photos, collection de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Mise à jour le 9 décembre 2019

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