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Chez Bombardier la magie d'Alain Bellemare:
obtenir 17 millions$ suite à un congédiement pour incompétence

Au cours de son règne de cinq ans, force est de constater que monsieur Bellemare ne s’est pas avéré le « sauveur » qu’on attendait lorsqu’il a remplacé Pierre Beaudoin à titre de président et chef de la direction de la multinationale contrôlée par sa famille, les Beaudoin-Bombardier.   Il suffit de suivre le titre de Bombardier en Bourse pour se rendre compte à quel point son bilan déçoit les investisseurs et les analystes.                                                                              - Michel Girard, chroniqueur financier

Analyses et Opinions

 
 
 

Lors de la nomination d’Alain Bellemare le 13 février 2015, l’action de Bombardier valait 2,63 $.  En janvier 2020, le titre s’échangeait autour de 1,20 $ pièce, soit moins de la moitié de sa valeur d’il y a cinq ans. 

La valeur de Bombardier en Bourse est actuellement inférieure à 3 milliards de dollars.  Eh oui !  c’est moins que les 3,3 milliards de dollars qu’on a collectivement investis en 2015 lors de l’opération de survie de la multinationale des Beaudoin-Bombardier. 

Alors que le gouvernement du Dr Philippe Couillard, par l’entremise d’Investissement Québec, injectait 1,3 milliard de dollars dans la C Series, la Caisse de dépôt et placement (CDPQ), elle, investissait 2 milliards de dollars dans Bombardier Transport

Le hic ?  Comme on ne détient aujourd’hui qu’une parcelle de 16,36 % de la C Series (devenue l’A220) et que 30 % de Bombardier Transport, notre investissement initial de 3,3 milliards de dollars dans la survie de Bombardier semble précaire.  Du point de vue boursier, à tout le moins. 

 

Mais, lui, il a de la « chance »... 

Lui et ses collègues de la haute direction ont eu la « chance » de liquider des gros blocs d’actions à plus de 4 $ pièce (fin septembre / début octobre 2018), soit juste avant la succession de mauvaises nouvelles qui ont eu pour conséquences de faire plonger l’action de Bombardier à l’automne 2018. 

Quel pif !  

À lui seul, Alain Bellemare a encaissé un profit de 10,5 millions de dollars lors de cette opération de vente massive d’actions acquises par levée d’options. 

L’avenir 

Malgré les décevants résultats financiers 2019 qu'il a dévoilés, Bellemare n’en continue pas moins de faire croire aux actionnaires et investisseurs que des jours meilleurs s’annoncent pour Bombardier. 

« Conformément au plan de cinq ans et à la suite d’un examen approfondi d’options stratégiques, Bombardier continue à étudier activement des options visant à renforcer son bilan et à créer de la valeur pour ses actionnaires.  Depuis que nous avons lancé notre plan de redressement, dit-il, nous avons réglé la question de nos actifs aéronautiques non performants, achevé notre cycle d’investissements massifs et placé l’entreprise sur une solide trajectoire de croissance interne et de marges accrues, tout en gérant avec prudence nos liquidités et notre lourd fardeau d’endettement. » 

Décroissance 

Bombardier va boucler disait-il l’année 2019 avec un volume d’affaires de 15,8 milliards US $, soit 4,3 G$ US de moins qu’en 2014, dernière année du règne de Pierre Beaudoin, lequel avait remplacé son père (Laurent) en juin 2008 à titre de président et chef de la direction. 

Pierre Beaudoin

Après cinq années profitables, de 2009 à 2013, Pierre Beaudoin avait enregistré en 2014 une année financière dans le rouge (perte nette de 1,25 G US $), à cause notamment des coûts exorbitants du développement de la C Series. 

Pour redresser les finances et requinquer la multinationale, Pierre Beaudoin a dû céder son poste de PDG à Alain Bellemare. 

Le grand fait d’armes du nouveau PDG Bellemare : nous faire investir 3,3 G$ dans la survie de Bombardier. 

Depuis, il a fait, entre autres, le gros ménage dans la division Aviation, en cédant gratuitement à Airbus le contrôle (50,06 %) de la C Series. 

Sous le règne de Bellemare, la division Aviation a vu son volume d’affaires fondre de 3 milliards $ US et la division Transport a vu le sien baisser de 1,3 milliard US. 

Chose certaine, la décroissance de Bombardier ne s’est pas avérée payante jusqu’à maintenant !

 

 

Les cancres sont récompensés

Mis à la porte de Bombardier en mars 2020, Alain Bellemare a quitté la direction de la multinationale québécoise avec plus de 17 M$.  

En vertu d’un «arrangement» conclu avec Bombardier, le dirigeant a reçu une indemnité de départ de près de 10 M$, révèle un document rendu public vendredi après-midi le 15 mai 2020.       

Il aura aussi droit à un «paiement spécial» de 4,9 M$ pour avoir négocié la vente de la division ferroviaire de Bombardier à la française Alstom pour plus de 10 G$.  Le versement de cette somme est conditionnel à la conclusion de la transaction, prévue l’an prochain.       

De plus, M. Bellemare empochera environ 2,7 M$ pour les unités d’actions qu’il avait accumulées pendant son mandat de cinq ans à la tête de Bombardier.  L’entreprise soutient qu’en raison de sa contre-performance en Bourse, la valeur de ces titres a été divisée par 10 «par rapport à ce qui avait été déclaré» dans les documents réglementaires des années antérieures.        

Bombardier a remercié Alain Bellemare au début mars 2020.   C’est Éric Martel, ancien PDG d’Hydro-Québec, qui lui a succédé un mois plus tard.       

Près de 11 millions $ en 2019  

En 2019, M. Bellemare a reçu une rémunération de près de 10,8 M$.  Cette somme comprend le salaire de base de 1,5 M$,  7,4 M$ en attributions d’actions et d’options ainsi que 1,8 M$ en paiements divers.       

En 2018, la rémunération du patron le mieux payé au Québec avait atteint 13,8 M$.      

 Le nouveau PDG touchera moins  

M. Martel aura droit à une rémunération nettement inférieure.  Bombardier prévoit lui verser 6,7 M$ en 2020, soit 52% de moins que ce qu’Alain Bellemare a reçu en 2018.  

La «trajectoire stratégique de l’entreprise», c’est-à-dire son recentrage sur l’aviation d’affaires, et «sa situation actuelle» expliquent la baisse, a précisé Bombardier. 

Alors qu’elle songe à cogner à la porte des gouvernements, Bombardier s’expose−t−elle encore à une pluie de critiques lui reprochant de vivre aux crochets de l’État si elle obtient une aide afin de traverser les turbulences provoquées par la COVID−19?

Peut−être moins cette fois−ci, estiment des observateurs, qui ont quand même des questions.

«Dans ce cas−ci, on ne peut pas directement blâmer l’entreprise pour la pandémie, a estimé le président−directeur du conseil d’administration de l’Institut sur la gouvernance d’organisations privées et publiques (IGOPP), Yvan Allaire, au cours d’un entretien téléphonique. Ce n’est pas le résultat de mauvaises décisions de sa part.» 

Yvan Allaire

Bombardier met à pied temporairement 70 % de ses employés au Canada

Le 24 mars 2020, le géant canadien de l’aéronautique et du ferroviaire met en congé temporaire sans solde 12 400 employés à partir de minuit.  Une mesure jugée nécessaire par les dirigeants de l’entreprise suite aux annonces faites par les gouvernements de l’Ontario et du Québec pour réduire la propagation du coronavirus. 

Les personnes touchées travaillent dans les installations canadiennes de Bombardier, dont près de
11 000 dans la division de l’aéronautique.  Ce qui inclut du personnel de bureau à son siège social de Montréal dont les tâches sont jugées non essentielles à court terme. 

Bombardier, qui a vu pratiquement toutes ses usines se retrouver en quarantaine forcée, a puisé quelque 1,6 milliard $ US dans ses liquidités au premier trimestre — une cadence qui devrait se maintenir jusqu’à la fin juin environ — puisqu’elle a été dans l’incapacité de livrer certains avions et que les commandes ont été moins importantes.  Elle a également affiché une perte nette de 200 millions $ US. 

L’entreprise a tenu à spécifier, par voie de communiqué, que sa haute direction ne sera pas rémunérée durant cette période, une mesure qui s’applique aussi à son chef. Pour le reste de l’année 2020, le chef du conseil d’administration et ses membres renoncent à leur rémunération. 

Ce sont les employés des usines de Mirabel, ville Saint-Laurent, Dorval, Pointe-Claire et de La Pocatière au Québec qui seront principalement touchés. 

Pierre Beaudoin, président du conseil d’administration, a ajouté ceci:

 
«

En plus des mesures annoncées aujourd’hui, Bombardier réduit l’ensemble de ses dépenses discrétionnaires, continue de travailler à la clôture des transactions annoncées précédemment et prendra des mesures supplémentaires pour accroître ses liquidités.
                                            -  Pierre Beaudoin

»
 

Cela a incité le constructeur d’avions et de trains à révéler la tenue de discussions avec tous les gouvernements — dont celui du Québec — où il est présent. Au besoin, il aimerait par exemple pouvoir compter sur une forme de financement pour des avions construits mais qui n’ont pas été livrés à des clients.

En conférence téléphonique, jeudi, le président et chef de la direction de Bombardier, Éric Martel, qui a pris la relève d’Alain Bellemare le 6 avril, a expliqué que l’aide serait «temporaire». 

«La dynamique n’est pas la même qu’il y a cinq ans puisque l’entreprise n’est pas la seule à éprouver des difficultés, a estimé l’expert en gouvernance et professeur à l’Université Concordia Michel Magnan.   Mais en matière de gouvernance, la compagnie est toujours contrôlée par la famille Beaudoin−Bombardier.  Cela a été un irritant dans le passé et continuera à attirer l’attention.»

Michel Magnan

 Quand même des questions

D’un autre côté, plusieurs autres compagnies auront besoin d’une aide gouvernementale afin de traverser la crise, a−t−il ajouté, en donnant l’exemple du détaillant Aldo, qui vient de se placer à l’abri de ses créanciers.

«Pourquoi une entreprise plutôt qu’une autre?  Cela peut placer les gouvernements sur un terrain glissant», a fait remarquer M. Magnan. 

Selon le professeur à l’Université Concordia, un président comme Éric Martel, qui a passé cinq ans chez Hydro−Québec avant de rentrer au bercail, constitue un atout pour la compagnie, puisque ce dernier a appris les rouages de l’appareil gouvernemental lors de son passage à la tête de la société d’État. 

Éric Martel

Bombardier avait été plongée dans une vive controverse en 2017 en raison des émoluments de M. Bellemare et des autres membres de la haute direction, qui s’étaient notamment partagés des primes totalisant près de 7 millions $ US même si l’entreprise avait procédé à des milliers de mises à pied l’année précédente en plus d’obtenir 1,3 milliard $ de l’État québécois pour sauver la C Series.

Afin de mieux faire passer la pilule, l’aide devrait être remboursable, selon MM. Magnan et Allaire.  De plus, le président−directeur de l’ IGOPP croit qu’il ne devrait pas y avoir de primes octroyées aux cadres si les résultats ne sont pas au rendez−vous et que l’on réduit l’effectif.

Des remises

De 1986 à 2009, Bombardier affirme avoir reçu des prêts totalisant 596 millions $ de la part du Québec, de l’Ontario et du gouvernement fédéral pour le développement de différents programmes d’appareils. Avec les intérêts, 760 millions $ ont été remis, affirme−t−elle. La société a également obtenu 816 millions $ en prêts — dont un de 372,5 millions $ d’Ottawa pour le développement du Global 7500 — en 2009 et 2017.  De cette somme, la société rembourse actuellement l’argent octroyé pour son nouvel avion d’affaires.

Les calculs de la compagnie ne tiennent toutefois pas compte de l’injection de 1,3 milliard $ effectuée par Québec dans le programme C Series, qui a été rebaptisé A220 depuis qu’il est contrôlé par Airbus.

L'indemnité de départ de M. Bellemare est conforme à ses conditions contractuelles divulguées dans les circulaires précédentes, selon Olivier Marcil, un porte-parole de Bombardier.

 

Source:  À partir d'une chronique de Michel Girard sur Argent/Entreprise/Journal de Montréal et de Québec de QMI/Québecor Médias de Québecor Inc. pour Pierre Karl Péladeau; l'agence de presse La Presse Canadienne pour La Presse (Montréal) / The Globe and Mail / Torstar: La Société Canadian Broadcasting Corporation (CBC)/Radio-Canada pour le gouvernement du Canada

Choix de photos, collection de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Mise à jour le 16 mai 2020

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