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Les capitalistes sont-ils tous des psychopathes?
Pouvoir et richesse:
affaire de psychopathes ? Tricheurs les riches ?

La psychopathie, vous connaissez? Des personnes sans aucun remords de ce qu'elles font subir de mal aux autres. Si les symptômes sont bien connus. ( 01 ) le diagnostic, lui, se trouve, la plupart du temps, compliqué par le déni du malade, qui refuse de l'admettre. Avant de passer un jugement il est prudent de bien saisir les différentes gravités de la pathologie. JosPublic vous invite à faire toutes les nuances possibles pour ne pas mettre tout le monde dans le même panier.

Pour mieux saisir cette réalité et tenter de répondre à la question en titre, JosPublic vous présente une traduction par Marc Laimé ( 02 ) qui lui décortique un texte brillamment documenté de William Deresiewicz: ( 03 ) « Capitalistes et autres psychopathes » publié dans le New York Time Sunday Reviews. Pour ceux et celles qui naviguent bien en anglais le texte est référencé ici au ( 04 ).

Poussant l'analyse un peu plus loin, Valérie Borde, vulgarisatrice scientifique et le Dr. Dominique Dupagne vérifient si une position sociale élevée dans la société serait associée à des comportements contraires à la morale. 

 
 
 
 
 

Des études sérieuses sur le sujet

 
 
«

Il y a un débat en cours aux États Unis sur les riches : qui sont-ils, quel peut être leur rôle social, sont-ils des bons ou des mauvais ?
                                                                                
- William Deresiewicz

»

L'essai de Deresiewicz se réfère à un écrivain anglais oublié, Bernard Mandeville, établissant que les capitalistes sont de véritables psychopathes. Rafraîchissante lecture au vu de notre actualité du moment…

Robert Hare ( 05 )

S'il fait référence à Mandeville, ce que nous verrons ci-dessous, il cite aussi une étude menée par Robert Hare un canadien, psychologue judiciaire, pour le CFA Institute – dont l'ambition est de moraliser le monde de la finance et de l'investissement. Cette étude soutient qu'au moins 10% des personnes qui travaillent à Wall Street peuvent être caractérisées en tant que psychopathes contre 1% en moyenne dans le reste de la population américaine. Attention les % ici peuvent fluctuer selon que l'on cible Wall Street ou l'industrie des banques.

Par contre Christopher Bayer, ( 05 ) un psychologue qui pratique la thérapie aux courtiers de Wall Street, évalue selon son expérience que le pourcentage devrait être plus élevé. On parle ici de personnes qui ont en général «un manque total d'intérêt et d'empathie pour ce que les autres ressentent et pensent».

Elles sont capables de faire preuve «de beaucoup de charme, de charisme et d'intelligence» et «d'une capacité sans égale à mentir, inventer et manipuler». Une autre étude très sérieuse menée l'an dernier par l'université du Michigan conclut que les riches ont plus tendance à mentir, tricher et violer la loi que les autres. ( 06 )

Christopher Bayer

Décidément, selon ces écrits, la lutte des classes bat son plein aux États-Unis.

La seule chose qui laisse Deresiewicz perplexe dans ces affirmations c’est qu'il existe des gens pour qui elles seraient surprenantes.

Pourtant "Wall Street" c’est le capitalisme absolu, et le capitalisme est fondé sur les mauvais comportements. Cela devrait à peine sembler nouveau.

Pour lui, les scandales récents mêlant des multinationales comme Enron, BP, Goldman, Philip Morris, G.E., Merck, Walmart, News Corp… les manipulations comptables, l'évasion fiscale, les rejets de substances toxiques, les surfacturations, les manipulations des appels d'offre, les dessous de table, les parjures, la destruction des terres, baisser la rémunération de vos ouvriers pour augmenter vos profits, vendre des produits de mauvaise qualité ou à fin prédéterminée, produire des produits dangereux, retarder le paiement des sous-traitants pour les affaiblir … ne sont pas des anomalies: «C'est comme cela que le système fonctionne, vous prenez tout ce que vous pouvez et tentez de jouer les innocents incompétents quand vous êtes pris

Sur le même sujet, ne manquez pas de suivre les péripéties de la Commission Charbonneau sur nos pages ( 07 )

Bernard Mandeville

Revenons à l’écrivain anglais Bernard Mandeville qui l’exprimait il y a presque trois cents ans dans un traité sous forme de poème satirique et philosophique : « La Fable des Abeilles ». Le sous-titre du livre est : « Vices privés, bénéfices publics ».

Un Machiavel ( 08 ) du royaume de l’économie – un homme qui nous a montré comme nous sommes et pas comme nous imagions être – Mandeville a montré que la société commerciale crée de la prospérité en exploitant nos impulsions naturelles : fraude, luxure et orgueil. Par « orgueil » Mandeville voulait dire vanité ; par luxure il voulait dire indulgence sensuelle.

Tout cela crée de la demande comme chaque publicitaire le sait. Mais du côté de l’offre, comme l’on dit maintenant, il y avait de la fraude.

«

All Trades and Places knew some Cheat, / No Calling was without Deceit
Tous les commerces connaissaient des tricheurs / Nulle enquête ne se terminait sans déception
                                                                
           - Bernard Mandeville

»

À partir de la même idée, lire l'opinion du magistrat français Jean DE MAILLARD qui soutient que «La fraude est un rouage essentiel de l'économie» vers...( 09 )

 
 

Hautes écoles commerciales

 
 

J’ai toujours trouvé, affirme Deresiewicz, que la notion de "business school ou Hautes écoles commerciales" était amusante. Quels cours offrent-t-ils ? Voler la veuve et l’orphelin ? Opprimer les pauvres ? Faire les deux ? S’en mettre plein les poches grâce aux fonds publics ?

Il y avait un documentaire, il y a plusieurs années qui s’appelait « L'Entreprise - The Corporation» et qui partait du principe que les entreprises sont des personnes et se demandait quels genres de gens elles étaient. Le film documentaire est disponible à la fin de ce texte.

La réponse était précisément des psychopathes : indifférents aux autres, incapables de culpabilité, exclusivement concernés par leurs intérêts propres

Il existe des entreprises éthiques et des dirigeants éthiques, Mais l’éthique capitaliste est purement facultative, extrinsèque. S’attendre à de la morale dans les marchés, c’est commettre une erreur de classement.

 
 

La religion, la démocratie et le capitalisme

 
 

Les valeurs capitalistes sont contraires aux valeurs chrétiennes.

Comment les plus tapageurs des Chrétiens dans la vie publique peuvent aussi être les partisans les plus belliqueux d’un marché libre et déchaîné constitue un énigme et une affaire à régler avec leurs propres consciences. ( 10 )

Les valeurs capitalistes sont aussi contraires aux valeurs démocratiques.

Comme l’éthique chrétienne, les principes d’un gouvernement républicain nous imposent de prendre en considérations les intérêts des autres. Le capitalisme qui implique la simple recherche du profit nous conduit à penser que tout est « chacun pour soi » !

Beaucoup a été dit, ces derniers temps, sur les « créateurs d’emplois », une notion engendrée par Frank Luntz, le gourou de droite, inspiré par le fantôme d’Aya Rand. ( 11 )

«Les riches mériteraient ainsi notre gratitude et tout ce qu'ils ont et le reste ne constituerait que de la jalousie à nos yeux?

Premièrement si les entrepreneurs sont des créateurs d'emplois, les travailleurs sont des créateurs de richesse…

De plus, la plupart des riches ne sont pas des entreprises, ils sont cadres dirigeants dans des sociétés dont ils ne sont pas propriétaires et existent depuis longtemps, avocats et médecins à succès, sportifs et artistes connus et des gens qui ont tout simplement hérité de leur fortune, ou qui travaillent à Wall Street

Plus important, ni les entrepreneurs ni les riches n’ont le monopole de l’intelligence, de la sueur et du risque. Il y a les scientifiques – et les artistes et les lettrés – qui sont autant doués que n’importe quel entrepreneur, seulement ils sont intéressés par d’autres récompenses.

Une mère célibataire qui travaille et s’implique dans une école publique travaille autant que n’importe quel dirigeant de fonds spéculatifs. Une personne qui contracte un emprunt – ou un prêt pour ses études, ou qui va faire un enfant - sur la base d’un travail qu’elle sait pouvoir perdre à n’importe quel moment - (grâce, peut-être à l’un de ces créateurs d’emplois), prend autant de risques que quelqu’un qui démarre une affaire.

 
 

Le Politique

 
 

Un immense domaine de la politique dépend de ces représentations : qui et quoi allons-nous taxer et combien ; qu’allons-nous dépenser et pour lesquels ? Alors que les « créateurs d’emplois » peuvent constituer une nouvelle expression de l’admiration que les psychopathes d'affaires se portent, cependant ce qu'ils expriment clairement c'est le mépris - n'est-ce pas que : « les Américains pauvres doivent se détester » comme Kurt Vonnegut l’a écrit dans « L’abattoir numéro cinq ». Ainsi, « ils se moquent d’eux-mêmes et glorifient leurs supérieurs ». Notre pire mensonge, ajoute-t-il : « est qu’il est très facile pour tout américain de faire de l’argent ».

Et le mensonge continue. Les pauvres sont paresseux, stupides et malfaisants. Les riches sont excellents, courageux et bons. Ils répandent leurs réussites sur nous tous.

Mandeville croyait que la poursuite individuelle de l’intérêt individuel pouvait contribuer à l’intérêt public, mais, contrairement à Adam Smith, il pensait que cela n’allait pas de soi.

 
 

Alors ? Tricheurs, les riches ?

 
 

Un statut social élevé incite-t-il à adopter des comportements contraires à la morale ou malhonnêtes ? Oui, affirment des chercheurs californiens et canadiens dans une étude intitulée "Higher social class predicts increased unethical behavior" publiée dans la revue PNAS. ( 12 )

Paul K. Piff

Paul K. Piff et ses collègues de l’université de Californie à Berkeley et de l’Université de Toronto se sont livrés à sept petites expériences qui, sans apporter une réponse définitive à cette question, donnent toutefois des résultats troublants.

Comme toutes les études qui constatent un lien statistique, elles ne doivent pas conduire à affirmer un lien de causalité. Les auteurs ne tombent pas dans ce piège. Dans leurs hypothèses, ils privilégient une approche multifactorielle.

La culture des membres des catégories socio-économiques supérieures auraient :
 Une peur moindre des conséquences d’un comportement non éthique;
 Un sentiment de légitimité dans les comportements non éthiques;
 Une moindre empathie envers les problèmes et les besoins des autres;
 Un faible intérêt pour l’opinion des autres à leur égard;
 Une tendance à se concentrer sur l’objectif à atteindre plus que sur la validité des moyens mis en oeuvre

Ces représentations seraient partagées culturellement par les élites. Les leaders sont souvent des gens qui ont reçu une formation les prédisposant à privilégier leur propre intérêt.

Toujours pour les auteurs, l’enseignement de l’économie centrée sur le profit peut conduire à valider l’avidité et la cupidité comme des valeurs positives.

Émile Durkheim

Dr. Dominique Dupagne

Christine Arnothy

Ils soulignent bien sûr, ce sont des chercheurs prudents... qu’il y a des mécènes et des vertueux chez les riches, et admettent l’existence d’une forte association statistique entre criminalité et la pauvreté.

Les auteurs terminent avec un citation d’Émile Durkheim : "La cupidité s’éveille avec l’ascension sociale" (“From the top to the bottom of the ladder, greed is aroused,”).

Selon le Dr. Dominique Dupagne: «L’instinct de domination est présent chez la majorité des mammifères. Il est réfréné en présence de dominants plus forts et se libère face à des congénères plus faibles comme l’a montré Henri Laborit avec ses expériences convaincantes sur les rats. C’est l’équilibre entre notre soumission aux dominants et notre domination des inférieurs qui fonde en grande partie notre structure sociale hiérarchique.»

À mon sens, ces travaux alimentent la théorie qui veut que les instincts de domination restent très puissants et structurants dans le fonctionnement social de l’homme moderne. J’adhère à la vision de Christine Arnothy quand elle écrit "La moralité est faite pour les pauvres. Pour les mieux tenir".

Psychopathes et personnes riches font donc la paire pour construire une société sur le modèle des symptôme de la maladie psychopathique et elle est en bonne voie de réalisation.

 
 

Les psychopathes près de chez vous

 
 

Les psychopathes ne sont pas toujours des tueurs en série. Ils représentent entre 1 et 2 % de la population.

Il peut même s'en trouver un parmi vos collègues de travail.
Gérard Ouimet, psychologue et professeur titulaire au Service de l'enseignement du management à HEC Montréal, dresse le portrait de ce trouble de personnalité, plus fréquent que l'on pense.  

Gérard Ouimet

Gérard Ouimet donne, à HEC Montréal, un cours de psychopathologie au travail. Le professeur décrit le psychopathe comme « le cousin éloigné du narcissique, il éprouve très peu d'émotion envers autrui, comme la compassion. Il utilise l'humain uniquement pour ses fins personnelles.  »

Les résultats à tout prix

En raison de leur personnalité particulière, les psychopathes sont plus attirés par certaines professions. Certains milieux de travail valorisent également le fait d'être prêt à tout pour atteindre le sommet. Ils encouragent les attitudes psychopathiques. «C'est le cas des organisations qui mettent beaucoup de pression pour obtenir des indicateurs de performances plus quantitatifs que qualitatifs, comme le chiffre d'affaires ou les indices boursiers», indique Gérard Ouimet. Dans certaines organisations, jusqu'à 70% de la rémunération est composée de bonis individuels.

Cela attire les psychopathes.

Selon Kevin Dutton, c'est parmi les chefs d'entreprise que l'on retrouve le plus de psychopathes. «Dans un poste semblable, ils modulent la culture de l'entreprise en fonction de leur personnalité et de leur perception du monde, note M. Ouimet. Ils vont donc encourager les comportements psychopathiques: être axé sur les résultats, demeurer insensible, etc. Pour eux, l'essentiel est l'atteinte des résultats, peu importent les individus et les conséquences pour ceux-ci».

  Les psychopathes, expliqués par Gérard Ouimet
Le lundi 4 mars 2013
Radio-Canada Radio Première chaîne

 
 

Ci-dessous: le film documentaire The Corporation (2003)  en anglais seulement
 
 
 

Sources: Blogue Marc LaiméNew York Time sunday reviews, Radio-Canada Nouvelles pour la Société CBC/Radio-Canada, La Presse/Gesca pour Power Corporation of Canada, Magazine l'Actualité pour Rogers communications, Atoute par dr. Dominique Dupagne

Choix de photos, fusion de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Publication : 26 mai 2013

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

  Louis Vachon donne une méchante leçon d'affaires
avec l'argent des actionnaires
Tableau déshonneur   Où va votre argent

 Notes & Références encyclopédiques:

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 Image d'arrière plan: ce sont des chromosomes 

 

Notes & Références encyclopédiques:

01
 

Qu'est-ce qu'un psychopathe ? Un psychopathe n'éprouve aucune culpabilité pour les actes violents qu'il peut accomplir. Il ne ressent pas d'empathie pour autrui. Scott Lilienfeld et Hal Arkowitz - Sur Pour la Science France  et qu'est-ce que la psychopathie - Sur Wikipédia

 

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02
 

À propos de Marc LAIMÉ: journaliste spécialisé dans le domaine de l’eau, a développé une activité de conseil dans le domaine des politiques publiques de l’eau et de l’assainissement auprès des collectivités locales.
Blogue: Les eaux glacées du calcul égoïste

 

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03
 

À propos de William Deresiewicz, essayiste et critique, il est l'auteur de « A Jane Austen Education ». « Capitalistes et autres psychopathes » a été publié par l’International Herald Tribune le 18 mai 2012. - Sur Wikipedia d'Angleterre, en anglais avec traducteur disponible.

 

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04
 

Le texte original en anglais de Dersiewicz est ici sur le New York Time Sunday Reviews

 

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05
 

À propos de Robert Hare, de l'étude par le CFA Institute et à propos de Christopher Bayer

 

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06
 

Paul K. Piffa, Daniel M. Stancatoa, Stéphane Côté, Rodolfo Mendoza-Dentona, and Dacher Keltnera Department of Psychology, University of California, Berkeley, CA 94720; and Rotman School of Management, University of Toronto, Toronto, ON, Canada M5S 3E6 Edited* by Richard E. Nisbett, University of Michigan, Ann Arbor, MI, and approved January 26, 2012 (received for review November 8, 2011)

Extraits - Sept études utilisant des méthodes expérimentales révèlent que les individus de la classe sociale riche se comportent avec moins d'éthique que ceux des classes sociale pauvre. Dans l'étude 1 et 2, les personnes de la haute classe sont plus susceptibles d'enfreindre la loi lorsqu'ils sont au volant d'un véhicule. Dans les études subséquentes des tests en laboratoire démontrent que  les gens de la haute classe prennent plus de décisions non éthiques (étude 3), s'accaparent de biens précieux appartenant aux autres (étude 4), mentent en négociation (étude 5), trichent pour augmenter leurs chances de gagner un prix (étude 6) et soutiennent des comportements non éthiques au travail (étude 7) et tout cela de façon beaucoup plus marquée que chez les gens des classes moyenne et basse. Les statistique médianes montrent que pour les individus de haute classe sociale les tendances non éthiques, se justifient en partie par leur attitude plus favorable envers la cupidité.

 

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07
 

Dans l'ensemble des explications fournies par l'auteur retenons les plus connues: Enron et la corruption chez Wal-Mart: tous les jours une nouvelle rév- ournal Le Monde 11 janvier 2013

Commission Charbonneau: Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction - Sur MétéoPolitique

 

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08
 

À propos du philosophe Machiavel et son oeuvre la plus connue - Le Prince - Sur Wikipédia

 

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09
 

Entretien avec Jean DE MAILLARD: "La fraude est un rouage essentiel de l'économie"

 
 

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10
 

Lloyd Blankfein

Crise financière : Goldman Sachs demande “pardon” Le chef exécutif et les dirigeants de la banque en appellent au Christ pour défendre leurs intérêts

 
 

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11
 

À propos de Frank Luntz, un sondeur, stratégiste du parti Républicain, inspiré par le fantôme d’Ayn Rand, écrivain et polémiste- Sur Wikipédia en anglais avec traducteur

 

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12

 

Higher social class predicts increased unethical behavior Format Acrobat PDF

 

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