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Des gens d'affaires le coeur sur la main et la main dans le portefeuille de l'État!

Des sièges du conseil d'administration de la fondation du centre hospitalier Charles-LeMoyne, en Montérégie sur la rive-sud de Montréal, occupés par des témoins non volontaire de la commission Charbonneau...! Conflits d'intérêts assurés.

 

Commentaire par
JosPublic

On est 6 millions, faut s'parler

"On est six millions, faut se parler" disait le slogan publicitaire. Nous étions alors bien loin d'imaginer le revers que nous essuyons aujourd'hui. 

Cette phrase éveillait chez le peuple québécois une volonté d'émancipation pour qu'enfin advienne une richesse commune, voire la bonification du bien commun.    

Dans notre naïveté, nous ne pouvions présumer que la classe des gens d'affaires accaparerait, en connivence avec nos politiciens et politiciennes, notre richesse collective. Certains qualifient même cet acoquinement de délit d'initiés, d'usurpation de nos institutions, de braquage de la répartition de richesse et du bien commun.

Les gens mentionnés à droite de votre écran se sont enrichis avec l'accord de certains élus.es, en pillant les biens de l'État, pour ensuite prétendre que ce même État était une nuisance dans l'évolution de l'économie et qu'il faut laisser le secteur privé investir dans le développement des services, notamment dans le domaine de la santé.

Évidemment, dans la mouvance de la privatisation de l'État, les dirigeants élus au gouvernement les ont accommodés en cessant de financer les immobilisations des centres hospitaliers et universitaires.  La gangrène, par l'entremise de fondations et des cueillettes de fonds privés, s’introduisit peu à peu dans la structure pour permettre aux gens fortunés de «donner» tout en déduisant leurs dons de leurs impôts. 

Dans le calcul de ces gens sans doute bien intentionnés, la facture était réexpédiée à l'État ; un entrepreneur au grand coeur investit là où il pourra recevoir lui-même des soins, avec certains privilèges de bon aloi bien sûr.

Son coeur vit dans sa poche. Que penser de ce bon apôtre qui finance, par l'entremise de la fondation de son hôpital, l'achat d'un troisième scanner ?  Qu'a-t-il à foutre de ces personnes de d'autres régions qui en aussi auraient bien besoin! Sa poche ne vit pas au Québec mais dans le nouveau pays de l'argent sans frontière que je nomme l'Argendistant. 

Avec l'esprit des affaires, ces administrateurs bénévoles investissent dans la fondation de leur centre hospitalier, occupent des postes décisionnels, soucieux de connaître les travaux d'immobilisation dans lesquels ils pourraient faire soumissionner leur entreprise. Comme disait le banquier Courville, le bénévolat représente toujours une occasion d'affaires pour nous. En plus, comme ils sont impliqués, soyez assurés que leur nom ne traîne pas longtemps sur les listes d'attentes en cas de maladie. Ils jouissent du même privilège que les chirurgiens, leur personnel infirmier et les membres de leur famille élargie.

Dans le cas du Centre hospitalier Charles-LeMoyne, il y a eu des travaux durant le mandat de ces personnes. JosPublic espère que l'Unité permanent anti-corruption, UPAC, s'intéressera de savoir si ces braves gens n'auraient pas mis la main dans le sac des travaux à réaliser pour la fondation. 

Que voulez-vous, ce que nous apprend la commission Charbonneau nous rend prudents et suspicieux.

D'ici là, constatez vous-même la participation de ces gens bien intentionnés à la fondation du Centre hospitalier Charles-LeMoyne en cliquant ici. Document format Acrobat.

Centre hospitalier Charles-LeMoyne

Je vous invite aussi à lire une analyse de la sociologue Lina Trudel, à propos de l'histoire de cette proximité à travers les années :

L'indépendance de l'État remise en question

Mettre le cap sur la création de la richesse
 et négliger de développer les outils pour la partager

Bernard Poulin, Administrateur de la fondation. Du 1er mars 2003 au 30 août 2012. Il est aussi président du groupe Génie Conseil SM

Paolo Catania, président de la Fondation. Début du mandat le 1er juin 2009 jusqu'au 21 janvier 2012. Il est aussi président du Groupe Catcan

André Fortin, vice-président de la fondation depuis le 14 février 2007 au 30 mai 2012 et président directeur général de Groupe Frank Catania & associés Inc.et d'une trentaine d'entreprises du groupe

Nathalie Boutin, administratrice de la fondation. Fin du mandat le 1er avril 2010. Conjointe de Paolo Catania elle est aussi secrétaire de la Fondation F. Catania

Rosaire Sauriol, administrateur de la fondation. Fin du mandat le 1er juin 2010. Il était vice-président chez Dessau

Marc A Deschamps administrateur de la fondation. Fin du mandat 1er mai 2010. Il était comptable d'Union Montréal, de la Coalition Avenir Québec, de Paolo Catania et associé chez Raymond Chabot Grant Thornton, LLP

Source: Les HospitaLiens

Choix de photos, textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Publication : 9 mai 2013

par  Lina Trudel
Sociologue

Les travaux de la Commission Charbonneau ont permis, jusqu’à maintenant, de dévoiler un grand pan du système de collusion et de corruption mis en place par les entreprises de construction et de génie-conseils, et ce, avec la complicité d’élus.es et de fonctionnaires municipaux. Le système de collusion est loin cependant de se limiter au monde municipal et au milieu de la construction. 

Pour la suite de ce texte...

Conflits d'intérêts fondation Centre hospitalier Charles Lemoyne, Paolo Catania, Marc A Deschamps, Rosaire Sauriol Bernard Poulin Conflits d'intérêts, Centre hospitalier Charles Lemoyne, Paolo Catania Rosaire Sauriol, André Fortin

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