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Le meilleur programme pour lutter contre la pauvreté ne serait pas l'université
Le mythe de "l'économie du savoir"

Pourquoi Jean Charest se fout-il du fait que 7 000 personnes n'auront plus accès à l'université à cause de la hausse des frais de scolarité? Il faut savoir que les néo-libéraux et conservateurs savent que le marché n'a plus besoin de cette main-d'oeuvre hautement qualifiée. Moins il y aura de candidats et candidates aux portes de l'université, plus les enfants des politiciens.nes, fussent-ils des cancres, avec leur capacité de payer auront de chances d'accéder aux 1 % des plus riches. Deuxième raison à ne pas sous-estimer... il est plus facile de manipuler et contrôler des personnes ayant moins de scolarité.

Comment JosPublic arrive-t-il à cette conclusion? Tout simplement que déjà aux États-Unis seulement 5% de l'économie a recours à des personnes ayant un baccalauréat ou une maîtrise dans leur curriculum. Malgré que l'analyse soit états-unienne elle trouve aussi sa réalité au Canada. Pour le 99 % de la population, la lutte à la pauvreté ne passe pas par l'université mais par la syndicalisation, une éducation générale de qualité et des programmes sociaux.

Ci-dessous l'analyse détaillée -
JosPublic

 
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Extraits de textes écrits par:
André Bouthillier, Alexander Cockburn, ( 01 )  Steven Kent ( 02 ),
Josipa Roksa et Richard Arum 

Sources:
Couterpunch, Daily Finance, MétéoPolitique

 

Choix de photos, mise en page, références, texte, traduction du texte de l'anglais et titrage JosPublic
Publication : 29 avril 2012

Éducation Frais de scolarité Université Ignorance Programme de lutte à la pauvreté - Éducation Frais de scolarité

Système éducatif
Québec basé sur l'âge et ensuite des cycles

Prématernelle 4 ans Maternelle 5 ans

Le cycle primaire est composé de 3 cycles de 2 années, pour une durée de 6 années

Cycle secondaire a cinq niveaux (1 à 5  d'une durée d'un an chacun

Collège (CÉGEP) 2 ou 3 ans. Deux types de programmes. Pré-universitaires et Techniques

Université: 3 cycles Baccalauréat, Maîtrise, Doctorat et autres options

Pour plus de détail

Système éducatif  États-Unis basé sur l'âge et ensuite des cycles

Nursery entre 3 et 5 ans

Elementary, Grade school ou Kindergarten. Entre 5 et 11 ans

Middle school ou Junior high school entre 11 et 14 ans

High school entre 14 et 18 ans

Community college Programmes de formation professionnelle

Junior college 2 ans ou college de 4 ans ou University, cycles de 2, 3, 4 ans et autres options

Pour plus de détails

Seulement 25% de tous les états-uniens vont au collège et 16 % de ceux-là font vraiment l'effort d'apprendre quoi que ce soit. Bienvenue aux États-Unis-d'Amérique dans une nation d'esclaves.

Au 21e siècle, le président états-unien Barak Hussein Obama ( 03 ), lors de son discours de l'état de l'Union de 2010, au moment même où des millions d'écoliers du secondaire à travers le pays étaient embarqués dans le rituel annuel de choisir le collège avec à la traîne leurs parents, regards hagards devant les frais éventuels, il déclara: 

«

Le meilleur programme contre la pauvreté
  serait une éducation de première classe
  
-  Barak Obama

»

L'image de l'étudiant studieux émanant des salles de lectures vers des emplois bien payés, demandant des habiletés et compétences dans tous les arts pouvant refaire la grandeur des États-Unis - surpassant les plus brillants et connaissants Chinois, Japonais, Indiens, Koréens du sud et Allemands, à la fine pointe d'une économie coupe-gorge de haute technologie de demain. Oubliez cela!

Première douche d'eau froide sur ce noble discours du président
L'attitude des étudiants et étudiantes

Commençons avec la matière première de cet épique combat de la connaissance. Pour ce faire, il faut lire Josipa Roksa et Richard Arum, qui publiaient récemment Academically Adrift: Les limites de l'apprentissage sur les campus des collèges. ( 04 )

Les deux professseurs-chercheurs ont suivi plus de 2 300 étudiants dans 29 universités sélectionnées pour représenter la gamme des 2 000 institutions qui offrent des programmes de 4 ans, excluant de ce fait les collèges juniors qui offrent des programmes plus courts ( 05 )

Quelques perles sorties de la recherche sur le comportement des étudiants et étudiantes:

  • 32 %, lors d'un semestre moyen, ont choisi un cours qui leur demandait plus de 40 pages de lecture par semaine;

  • La moitié n'a pris aucun cours dans lequel on exigeait plus de 20 pages d'écriture pour la durée complète du cours;

  • 35 % ont passé cinq heures ou moins par semaine à étudier en solitaire;

  • 16% ont investi moins de 30 heures par semaine de leur temps pour réussir leurs études et ont été «académiquement engagés», écrivent les auteurs;

  • Après deux années de collège, 45 % ont montré des gains importants dans l'apprentissage;

  • Après quatre ans, 36 % ont montré peu de changement. Et ceux et celles qui ont passé 50 % moins de temps à étudier comparativement aux étudiants d'il y a quelques décennies sont ceux et celles qui n'ont présenté que des gains de connaissance très modestes;

  • Ceux et celles qui se sont spécialisés dans les domaines des arts libéraux traditionnels comme la philosophie, l'histoire et l'anglais ont démontré des «gains significativement plus élevés en pensée critique, complexité des raisonnement et écriture au fil du temps que ceux des autres domaines d'étude.» ...Mais bien sûr, ce sont les cours et les professeurs les plus impitoyablement rationalisés ou dé-financés des campus.

Un des auteurs de l'étude, Richard Arum, explique que les conseils d'administration des collèges, (comme dans les universités québécoises)  transfèrent des sommes colossales à leurs présidents, entraîneurs athlétiques et aux hauts fonctionnaires administratifs. Ils appliquent une politique de rétention de la clientèle, s'efforçant de ne pas bannir les étudiants et étudiantes qui évitent de faire tout travail académique mesurable.

Pour eux l'éducation est un commerce, tout simplement.

Comme l'affirme Arum, «les étudiants sont beaucoup plus susceptibles d'abandonner l'école lorsqu'ils et elles ne sont pas socialement engagés, et les collèges et universités considèrent que les étudiants n'y sont pas obligés puisqu'ils et elles se sont des consommateurs et des clients. Ceci dit: malheureusement, il n'y a aucune preuve à l'effet que les étudiants souhaitent être exposés à un programme scolaire plus rigoureux

Deuxième douche d'eau froide
Il y a peu de demande pour des personnes universifiées

La réalité statistique démontre que seulement 30% des états-uniens de plus de 25 ans ont un diplôme de baccalauréat.

Jack Metzgar, professeur émérite de sciences humaines à l'Université Roosevelt de Chicago, a produit une documentation très utile à la réflexion dans «Perspectives de la classe ouvrière.»

Comme au Canada et au Québec, le ministère du travail états-unien compile des chiffres et enquête sur les emplois existants et ceux qui viendront.

Les enquêtes permettent de savoir quel domaine risque une pénurie de main-d'oeuvre. Les politiciens attentifs à la qualité de vie des citoyens, ceux et celles dont la vision politique dépasse leur réélection, s'occupent de suivre l'évolution du marché de l'emploi.

Jack Metzgar ( 07 )

Ils et elles utilisent ces données pour ouvrir des programmes ciblés de formation professionnelle et ainsi soutenir l'économie en s'assurant qu'il y aura une main d'oeuvre formée pour les besoins des entreprises ou de l'État. Comme la formation ne se fait pas instantanément il est fort utile pour tous d'anticiper comment se comportera le marché du travail dans l'avenir.

Le Bureau des statistiques du travail états-unien ( 08 ), est l'outil idéal pour faire le point et voir venir. Il rapporte qu'en 2010 seulement 20% des emplois nécessitaient un baccalauréat, pendant que 26% des emplois ne nécessitaient même pas un diplôme du secondaire, et qu'un autre 43% demandaient seulement un diplôme du secondaire ou l'équivalent.

Notez bien qu'ainsi, le dernier 69% de la population qui n'a pas fréquenté l'université n'a donc pas de dette scolaire; un avantage non négligeable pour la classe moyenne dans la gouverne de leur vie. Alors que généralement 31 % d'universitaires a une chaîne aux pieds, leur dette étudiante emprisonné entre les mains des banques. On parle ici de milliards de US$

Même une personne sans le sou serait en meilleure posture qu'un ancien étudiant ou étudiante. Car l'IRS aux États-Unis, Revenu Canada ou Revenu Québec vous fera une "offre de compromis" sur les montants que vous lui devez. Aux États-Unis pour soulager une peu la population au prise avec crise économique systémique que vit la population, l'organisme a allégé le processus de remboursement des impôts, mais pas des dettes universitaires.

Si vous êtes un étudiant ou une étudiante, partout en Amérique, vous aurez peu de chance de vous sortir de la classe moyenne avec un passif si lourd à traîner. Les banques ne font pas de quartiers, elles obligent de plus en plus à la faillite personnelle si vous êtes dans l'incapacité de rembourser le prêt étudiant. Elles sont dans vos poches jusqu'à la dernière cenne du prêt, majoré des intérêts qui vous ont été extorqués.

Ce sera pire en 2020

Le Bureau of Labor Statistics of USA estime que d'ici 2020, la majorité écrasante des emplois exigeront seulement un diplôme d'études secondaires ou moins, et que près des 3/4 des « offres d'emploi en raison de la croissance et du remplacement de la main d'oeuvre nécessaire », au cours des prochaines 10 années vaudront un salaire moyen de 35 000 $ (
34,608 $ canadiens) par année, alors que 30% de ces emplois ne payeront qu'une moyenne de 20 000 $ (19,775 $ canadiens) par année (en dollars de 2010).

Comme Metzgar le fait remarquer « en mettant ces chiffres côte à côte, il est difficile de ne pas conclure que les États-uniens sont sur-éduqués pour les emplois qu'ils ont et qu'ils vont avoir. Il est difficile d'imaginer pourquoi quelqu'un serait tenté de se qualifier sur notre marché de l'emploi, dit-il. Dire que certains osent nommer notre économie, une "Économie du savoir". En d'autres termes des millions d'états-uniens sont surqualifiés, au service des banques pour rembourser leur dette d'études et assurer au mieux la rentabilité des brasseries pour leur loisirs.»

Au Canada, la situation n'est guère meilleure depuis une vingtaine années.

Des grandes firmes et des groupes étatiques tels qu'Hydro-Québec, la ville de Montréal et même l'université du Québec à Montréal appliquent une politique de contrôle, et bloquent l'embauche de personnes surqualifiées en faisant une évaluation des compétences requises poste par poste de travail.

Les raisons invoquées et inavouables publiquement, par le groupe très discret des "Directeurs des ressources humaines des entreprises montréalaises" se limitent à quelques éléments. Selon leur évaluation, la personne surqualifiée s'ennuie lors de l'exécution de tâches qui sont trop faciles pour elle. Dès lors elle conteste la hiérarchie, dénonce les cadres qu'elle croit moins qualifiés qu'elle-même. Elle tente de faire réévaluer le poste qu'elle occupe en fonction de ses propres qualifications et non de celles reliées à l'emploi, évidemment lorsqu'il existe de tels mécanismes de réévaluation comme à l'UQÀM et Hydro-Québec. Finalement, la personne déçue risque de se mettre à militer syndicalement; un geste répréhensible pour le bureau des ressources humaines voire odieux, puisque c'est alimenter l'ennemi en talents.

L'«économie du savoir» aux États-Unis a maintenant besoin de plus de 6 millions de personnes ayant une maîtrise ou un doctorat, et un autre 1,3 million nécessaire pour 2020.

Bien que cela représente moins de 5% de l'ensemble de l'économie

Même si nous élargissons la définition pour inclure les emplois requérant des études postsecondaires telles que les formations professionnels, l'«économie du savoir» représente actuellement, et pour une décennie, moins que le 1/3 de tous les emplois disponibles.

C'est beaucoup. Aujourd'hui, cela correspond à environ 44 millions d'emplois. Si vous travaillez et vivez parmi ce 1/3, principalement dans la frange sociale la plus aisée et spécialisée, l'éducation peut vous apparaître comme réponse à tout.

En effet, le Bureau of Labor Statistics états-unien affirme qu'un doctorat devrait valoir 30 000 $ (29,670 $ canadiens) annuellement de plus qu'un diplôme du cycle secondaire. Au Québec, on a entendu cela de la bouche de plusieurs banquiers. Mais la majorité de l'économie états-unienne et canadienne ne fonctionne pas ainsi.

Toujours selon l'organisme, les trois plus grandes catégories professionnelles représentent plus d'un tiers de la population active en 2010, soit (49 millions d'emplois), et ces mêmes catégories contribueront de façon importante aux nouveaux emplois projetés pour l'année 2020. Ce sont:

Titres d'emplois

Salaire moyen en $ États-unien

Salaire moyen en $ canadien

Commis de bureau et autres postes de soutien administratif

30 710 $

30 378 $

Ventes et activités connexes

24 370 $

24,107 $

Préparation et service des aliments et activités connexes

18 770 $

18,566 $

Autres professions censées fournir le plus grand nombre de nouveaux emplois dans la prochaine décennie :

Travailleurs en garderies

19 300 $

19,089 $

Aides de soins personnels

19 640 $

19,423 $

Aides à domicile

20 560 $

20,333 $

Préposés à l'entretien et au nettoyage

22 210 $

21,968 $

Assistants d'enseignant

23 330 $

23,077 $

Ouvrier hors de la construction

23 460 $

23,206 $

Gardes de sécurité

23 920 $

23,665 $

Ouvrier de la construction

29 280 $

28,963 $

Comme l'écrit Metzgar, «en tant qu'individu, obtenez un baccalauréat ou vous êtes condamné à travailler dur pour un salaire qui ne fournira pas un niveau de vie décent pour une famille. Et ce qui est encore plus choquant vous n'obtiendrez pas un meilleur salaire même avec un baccalauréat, mais sans lui, vos chances sont minces et seront de plus en plus minces de l'obteni

Voici donc ses recommandations :

«

   ...comme société, le meilleur programme de lutte contre la pauvreté ne peut pas être éventuellement « une éducation de première classe» (signifiant l'université) lorsque plus des deux tiers de nos emplois n'exigent rien qui ressemble à ça... Nous devons cesser de nous illusionner à l'effet qu'une bonne éducation individuelle puisse jamais se substituer à l'action collective organisée en politique, en milieu de travail et dans la rue - ce qui s'avère de plus en plus nécessaire pour inverser l'avenir prévisible qui sera, lui, de plus en plus misérable

»

Lutte à la pauvreté par le salaire minimum?

Alors, quel est le meilleur programme de lutte contre la pauvreté ? Des salaires plus élevés pour les emplois actuels qui produisent présentement des revenus tellement faibles qu'il est impossible de survivre décemment.

L'actuel salaire minimum états-unien varie entre 7,25$ et 8,67 $ de l'heure. Pour 40 heures de travail cela représente une somme de 346,80$...Après avoir payé le logement qui est différent en moyenne d'une ville à l'autre, d'une province à l'autre, comment manger et s'habiller avec un tel revenu?

Prenons le cas du Québec avec son salaire minimum de 9,90 $ au 1er mai 2012, multiplié par 40 heures de travail pour une salaire hebdomadaire de 396 $. Comment se sortir de la misère avec un loyer moyen pour l'ensemble du Québec, en octobre 2011, de 665$ par mois. Dans l'agglomération de Trois-Rivières, il est de 525$. À Montréal un tout petit 700$ par mois, au Saguenay et Sherbrooke on parle de 533$ et 562 $ respectivement.

Sortons notre calculette et voyons ce qui reste pour la bouffe, l'habillement, le chauffage, le transport et l'éducation des enfants, quant à déconner ajoutons les frais de scolarité à l'université...?

Le salaire minimum en Ontario est actuellement, en argent états-unien, de 10,33 $ de l'heure et de 9,38 $ au Québec, alors qu'en France il est désormais à 13 $ l'heure. L'Australie a récemment élevé son salaire minimum à plus de 16 $ l'heure et a néanmoins un taux de chômage de seulement 5 % .

Différents salaires minimum

Lieu

De l'heure, en argent états-unien

De l'heure, en argent du pays

États-Unis d'Amérique

7,25 à 8,67 $ USD

 

Ontario, Canada

10,33 $

10,25$ CAD ( 10 )

Québec, Canada

9,38 $

9,90 $ CAD ( 10 )

France

13$

9,22 $ EUR ( 11 )

Australie

16 $

15 $ AUD ( 12 )

De temps en temps des cadres supérieurs de
Wal-Mart appellent à une hausse du salaire minimum puisque; selon un ancien PDG Lee Scott
( 14 ), «nos clients n'ont tout simplement pas l'argent pour acheter les biens de première nécessité sans être obligés d'attendre les soldes».

Ron Unz, ( 15 )

Comme l'a écrit récemment Ron Unz l'éditeur de The American Conservatives - qui favorise une grosse hausse du salaire minimum, «Le salaire minimum représente une de ces questions politiques qui intéresse intensivement un vaste éventail d'électeurs ordinaires et qui n'est surpassé que par l'équivalent d'absence d'intérêt parmi les élites politiques qui pourraient permettre cette réforme»

Par exemple, en 1996, après des années de tentatives infructueuses pour attirer le soutien des politiciens de Californie, des militants syndicaux mécontents dirigés par la sénatrice Hilda Solis, présentement Secrétaire du travail sous le président Obama, ont ramassé les fonds pour pouvoir proposer lors d'un référendum une hausse de 35% du salaire minimum de l'État. Une fois que les sondeurs républicains eurent testé la question auprès des électeurs, ils ont découvert que le soutien à la hausse était tellement vaste et profond que le référendum ne pouvait être battu.

 Hilda Solis ( 16 )

Ils ont donc conseillé à leur clients d'affaires d'éviter toute tentative pour le faire, ce qui permit à la mesure de passer soutenue par une vague de fond, face à presque aucune opposition organisée.

«Par la suite, les promoteurs du libre marché qui avaient prédit la catastrophe économique si le salaire minimum augmentait furent confondus de constater une flambée à la hausse de l'économie de l'État
».

Valorisation de l'ignorance
Une tendance lourde appuyée par les médias

Rick Santorum, candidat à la présidence des États-Unis pour le Parti Républicain a lancé une boutade à propos d'aller au collège ou à l'université.

«

Le président Obama dit qu'il veut que tout le monde en Amérique puisse aller à l'Université. Quel Snob!

»
 

Rick Santorum ( 06 )

Dite devant un parterre de gouverneurs républicains écroulés de rire, cette boutade n'est peut-être pas sérieuse. Mais véhiculé par les médias à une masse de gens non instruits qui la comprendront au premier niveau; cela peut ajouter au poids du préjugé contre l'éducation.

 Il faut savoir que le candidat prône la commercialisation de l'éducation, soit l'augmentation du nombre de gens sans éducation universitaire, ce qui réduit les taxes de ceux qui en paient et libère le chemin pour les fils et filles à papa, cancres ou pas.

Le snobisme décrié par Santorium cité ci-dessus, ressemble comme deux gouttes d'eau à ce qui se dit au Québec.
Les politiciens de la droite politique, autant Jean Charest que François Legault ne s'y trompent pas, ils surfent sur la valorisation de l'ignorance comme moyen de rapetisser le rôle de l'État.

Tout candidat républicain aux États-Unis ou Conservateur/Libéral au Canada s'engageant sérieusement à augmenter le salaire minimum à 16 $, entrerait au grand galop au parlement, à moins - et là c'est à peu près sûr - qu'il soit abattu, médiatiquement par les commentateurs politiques libertaires, comme Limbaugh, Beck ou Martineau au Québec. ( 13 )

Des "leaders d'opinions" dans des régions comme la Beauce, le Saguenay, Bellechasse et Québec sont les champions de ce discours réducteur. Ignorants et fiers de l'être, nos modèles, disent-ils, ne sont pas des universitaires, mais des chanteurs de Hard Rock anglophones, des joueurs de hockey millionnaires, conducteurs de vroum vroum de toutes classes et notre pensée politique s'éclate à la radio poubelle de CHOI-FM (Radio X) ( 09 ). Comme disait un des animateurs de cette radio "Dans l'cul l'orchestre symphonique qui draine nos taxes".

Denis Gravel
Radio X Choi FM

Le père de la radio-poubelle de Québec: André Arthur

Stéphane Dupont
Radio X Choi FM

Malheureusement le débat sur l'éducation ne revendique rien de ludique et se présente bien aridement à la population dont 40% est analphabète fonctionnelle. De plus, ceux qui en parlent le plus proviennent du 1/3 des gens qui sont allés à l'Université, qui ont un bon emploi et un revenu décent.


Commentaire de
JosPublic

Comment se fait-il qu'ils ont encore bonne presse ces ignorants et ignorantes. Oops! j'oubliais les médias appartiennent à leur classe économique... Toujours le 1% n'est-ce pas!

Sur l'ensemble de la présentation ci haut, la situation ne devrait pas être très différente au Canada et au Québec puisque notre économie est imbriquée à celle des États-Unis. Il est vrai que du côté du salaire minimum nous sommes mieux pourvus que les États-Uniens, mais ce n'est que sur le plan statistique.

Pour qui a vécu dans le milieu du travail non syndiqué, nous savons que cette norme est loin d'être appliquée universellement. Déjà, la loi prévoit des salaires minimums différents pour les cueilleurs de petits fruits, pour l'aide-domestique, etc.

Souvent comme dans la restauration, les personnes signent le chèque de paie et le redonnent à l'employeur, ne gardant que les pourboires. Dans d'autres industries, on constate que toute plainte salariale est automatiquement accompagnée d'un congédiement.

D'ailleurs la très grande majorité des plaintes gagnées par les travailleurs et travailleuses à la Commission des normes du travail ( 17 ) ne s'accompagne pas d'un retour au travail. Dans certains secteurs comme la couture, il existe des listes noires de personnes contestataires, listes tenues par le patronat et qui empêchent l'embauche de toute personne qui a fait une plainte contre un employeur.

Finalement revenons à l'argument des 30 000$ de plus pour une personne universifiée: c'est un mensonge éhonté, véhiculé par les banquiers qui trouvent chez les étudiants.es une clientèle facile à traire, sans risque puisque le gouvernement garantit les prêts.

Il y a plusieurs très bonnes raisons d'aller à l'université, parce qu'on est passionné par un sujet, pour enlever ses oeillères ou connaître le monde par la science et tenter de répondre aux grandes questions qui assaillent l'humain de toutes époques.

Aller à l'université pour s'assurer d'un avenir avec de meilleures conditions de vie est complètement obsolète, non pertinent. C'est miser sur la loto avec la croyance de pouvoir parvenir dans la classe du 1% des riches. Trop souvent c'est de l'argent jeté par les fenêtres. Les arguments et les chiffres que nous venons de lire nous prouvent que les études universitaires ne viennent pas avec une garantie de succès économique.

Tout programme pour combattre la pauvreté ne devrait pas passer par l'éducation universitaire, c'est un faux débat. Il faudra une jour sortir les chiffres pour le Québec, je parie que ce sera un calque des états-unis.

Pour le 99 % de la population, l'accès à une plus grande culture passe par l'université. Mais pas la lutte à la pauvreté passe par la syndicalisation, une éducation générale de qualité et des programmes sociaux universels.

n Frais de scolarité Université Ignorance Programme de lutte à la pauvreté - Éducation Frais de

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Notes & Références encyclopédiques:

01

 

Qui est Alexander Cockburn ?

 
 

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02

Qui est Steven Kent ?

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03

Qui est Barak Hussein Obama ?

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04

 

Qui sont Josipa Roksa  et Richard Arum ? Ils publiaient récemment Dérive académique: Les limites de l'apprentissage sur les campus des collèges. “Academically Adrift: Limited Learning on College Campuses

 

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05

 

Un "community college" est un établissement public d'enseignement supérieur. Ces collèges sont caractérisés par un programme d'une durée de deux ans, qui mène à un diplôme associé ou à un transfert vers un collège dont le programme est de quatre ans. Le programme d'études prépare généralement les étudiants et étudiantes à l'entrée directe dans une profession. En raison de ses faibles frais de scolarité, l'établissement a des exigences d'admission relativement faciles. Les collèges communautaires ont été une force importante après la deuxième guerre mondiale dans l'ouverture aux possibilités d'éducation aux États-Unis. Ils sont également appelés collèges juniors.

 

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06

Qui est Rick Santorum ?

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07

 

Qui est Jack Metzgar ? Professeur de science sociale (Humanités) à la retraite. Il enseigna à l'Université Roosevelt à Chicago, où il est toujours au coeur de l'équipe du Chicago Center for Working-Class Studies. Ses recherches analysent les politiques du travail, la culture et le discours politique de la classe ouvrière.

 

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08

Qu'est-ce que le Bureau of Labor Statistics BLS ?

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09

Qu'est-ce qu'une radio poubelle ?

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10

Salaire minimum en Ontario et au Québec

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11

Salaire minimum en France

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12

Salaire minimum en Australie

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13

Qu'est-ce que la politique libertaire ?

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14
 

Qui est Lee Scott ?

 
 

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15

Qui est Ron Unz ?

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16

Qui est Hilda Solis ?

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17

Qu'est-ce que la Commission des normes du travail du Québec ?

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