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La lutte aux changements climatiques: La fabrication de Greta Thunberg et la fabrication du consentement
Acte VI (6) : Une décennie de manipulation sociale pour que les grandes entreprises s'approprient la nature et nous la revendent

Présentation en 6 actes par Cory Morningstar journaliste d'enquête

 

Sujets abordés

Greta Thunberg chaperonnée par Greenpeace

Une décennie d’ingénierie sociale stratégique et méthodique

Où est la ligne qui distingue le spectateur de l'auteur
lorsque l'atrocité devient à la fois systémique et politique?

Voir à travers le brouillard du faux écologisme

Les derniers vestiges d’éthique et la captation de la nature par les multinationales

Notes & Références encyclopédiques

 
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Greta Thunberg chaperonnée par Greenpeace

 
 

Lors du Forum économique mondial (WEF) de Davos en janvier 2019, la célébrité de Thunberg a été pleinement utilisée pour donner aux citoyens l’illusion d’un nouveau « capitalisme compassionnel »

C’était particulièrement vrai pour le programme Journée mondiale de l’océan du WEF, où Thunberg a participé à la table ronde « Qu’est-ce qu’un océan en évolution signifie pour nous, nos emplois et nos marchés ? »

Alors que les membres du groupe d’experts (incluant Greta) ont parlé de l’océan comme d’un marché à risque en ces termes: « si nous ne sauvons pas les océans, cela représente une perte de 24 billions de dollars », l’innocence de Thunberg a créé un vernis de légitimité sur cette réification grotesque de la nature.

 

Haley Edwards, journaliste correspondante du Time Magazine; Sharan Burrow, secrétaire général de la Confédération Internationale des Syndicats; Katherine Garrett-Cox, Gulf International Bank; Greta Thunberg, militante climatique.

 

Pendant ce temps, Al Gore siégeait au panel « Agir pour l’océan » où il a été dit que « l’économie de l’océan représenterait entre 3 et 5 % du PIB mondial, avec des actifs évalués à 24 000 milliards de dollars. Comment le monde peut-il puiser dans l’économie océanique tout en la protégeant de l’effondrement environnemental ? »

Il aborda le sujet des grèves climatiques mondiales en tant que signe central de changement et de la nécessité d’attribuer une valeur monétaire à la nature, sans expliquer que cette mobilisation provient de la mise en place d'un plan de mise en marché du geste de Greta Thunberg et financé par ses propres compagnies et groupes environnementaux (ONG) financés par les organisations qu'il a mises sur pied.

Bien sûr, le moment-clé de l’exploitation de Thunberg (et le but même de la construction de son image mondiale) a eu lieu au moment où elle a prononcé ces mots très médiatisés « Notre maison est en feu. Je suis ici pour dire que notre maison est en feu. »

Ces mots reprenaient presque mot pour mot le texte du document de stratégie intitulé « Mener le public en mode d’urgence ».  La stratégie, dont l’auteur est le Climate Mobilization Project (Projet de mobilisation contre le changement climatique), décrit une " mobilisation de type guerre, semblable à l’effort du front intérieur américain pendant la Seconde Guerre mondiale ".  Ce qui a été traité en profondeur dans l'Acte 4 de cette série de textes.

La photo ci-dessus de Thunberg sur le chemin du retour de Davos a été partagée sur les réseaux sociaux le 25 janvier 2019.  La femme qui accompagne Thunberg et qui a partagé la photo n’est pas parente avec Thunberg.  Il s’agit de Jennifer Morgan, directrice exécutive de Greenpeace International.  Et c’est là que toutes les pièces de notre puzzle s’emboîtent enfin.

 

24 janvier 2019, Twitter, New Deal For Nature, Global Shapers, Forum économique mondial, Davos

 

Pendant le rassemblement, alors que la présence de Thunberg était exploitée de multiples façons, notamment pour ajouter à la fois de la légitimité et des allures diplomatiques à la Conférence sur les océans, Jennifer Morgan prenait part à des discussions beaucoup plus discrètes – celles qui étaient axées sur le « New Deal pour la Nature ».

Ceux qui ne connaissent pas bien le fonctionnement et les mécanismes internes du complexe industriel à but non lucratif pourraient se demander pourquoi le directeur exécutif de Greenpeace International est invité à participer à une discussion sur la mise en œuvre des « paiements pour services liés aux écosystèmes » (PSE), à l’échelle mondiale.   C’est-à-dire que des valeurs monétaires sont attribuées à toute la nature, sous couvert de la protection de l’environnement.  En d’autres termes, c’est la financiarisation et la privatisation de toute nature – sur toute la Terre.

Et c’est ici que nous devons prêter attention.

Jennifer Morgan est l’ancienne directrice pour le changement climatique mondial de Third Generation Environmentalism (E3G).

Avant E3G, elle avait dirigé le Programme mondial sur le changement climatique pour le Worldwide Fund for Nature (WWF)

Morgan a travaillé pour le réseau états-unien Climate Action Network (USCAN), le European Business Council for a Sustainable Energy Future et pour le ministère fédéral de l’Environnement, en Allemagne

Elle a été conseillère principale du conseiller en chef de la chancelière allemande, a conseillé l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair et siège au Conseil du développement durable de l’Allemagne.

Jennifer Morgan responsable des politiques climatiques du WWF, accompagnant Andrew Kerr qui présente le rapport du WWF sur le changement climatique et la santé humaine. Lors de la COP-4 de l'UNFCCC, quatrième réunion de la conférence des parties à la convention-cadre de l'ONU sur les changements climatiques à Buenos Aires en Argentine du 2 au 13 novembre 1998  Source

Mais il y a plus important que tous les postes ci-dessus : le rôle de Morgan aux échelons supérieurs du pouvoir via sa position antérieure en tant que directrice mondiale du programme sur le climat et l’énergie au World Resources Institute. [Bio] [Source]

Le Forum économique mondial de 2019, qui présente les publications et les billets de Morgan sur son site Web), n’a pas représenté le premier exemple de l’engagement de Morgan dans le prochain « New Deal pour la Nature ».

Au cours des remarques de clôture du Global Landscapes Forum (Forum sur les paysages mondiaux), le 9 décembre 2018, lors de la COP24, Morgan a souligné qu’en plus de déplacer l’attention mondiale des secteurs du pétrole et des transports vers les terres et les forêts, une coopération supplémentaire était nécessaire pour atteindre un consensus sur le New Deal pour la Nature :

 
«

Nous avons également besoin d’une coopération beaucoup plus efficace pour parvenir à un nouvel accord sur la nature qui sera adopté lors de la prochaine conférence des Parties à la CDB (Convention sur la diversité biologique) en 2020 et qui fixera des lignes directrices décisives en matière de biodiversité pour l’action en faveur du climat.

– Jennifer Morgan, directrice exécutive de Greenpeace International – Remarques de conclusion, Global Landscapes Forum, COP24, 9 décembre 2018

»
 

La vérité est que la carrière de Morgan en tant que chouchou et confidente de l’Establishment est établie depuis longtemps.  Sa persévérance et son habile navigation au sein de la direction interdépendante du complexe industriel à but non lucratif l’ont amenée à cette position précise.

 

4 mai 2013, Jennifer Morgan, Rainer Baake, Lutz Weischer, Carol Browner, World Resources Institute, Flickr

 

Il est essentiel de savoir que le World Resources Institute est l’un des partenaires fondateurs de la Campagne mondiale pour l’action climatique (GCCA) et que la New Climate Economy (Nouvelle économie climatique) – un projet de la Commission mondiale sur l’économie et le climat lancé en 2013 – est également créée par le World Resources Institute.

Ce qu’exprime la New Climate Economy en déclarant que « le passage à une économie à faible émission de carbone et résiliente au changement climatique n’est qu’une partie – potentiellement minime – de la transition économique beaucoup plus large qui est en cours » est ceci : la transformation de la finance mondiale via l’évaluation économique et la rémunération de services environnementaux.

 
«

L’incapacité à fixer le prix de notre capital naturel, dont dépendent notre richesse et notre bien-être, est un grave échec sur le marché mondial des capitaux. D’une valeur de plusieurs billions de dollars en actifs financiers, le marché mondial des capitaux façonne le monde dans lequel nous vivons, et dont nos enfants hériteront.

 – Kitty van der Heijden,
Directrice, World Resources Institute Europe and Africa,
Finance for One Planet, 2016

»
 

Le conseil d’administration qui supervise le World Resources Institute représente les échelons les plus élevés de la classe dirigeante mondialiste.

Nous avions également exposé qu’Helen Mountford est directrice de programme pour le projet New Climate Economy et directrice de l’économie au World Resources Institute. Avant cette nomination, Mountford était directrice adjointe de l’environnement à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Au-delà de ses partenariats de recherche formels, le projet New Climate Economy est aligné sur la Banque mondiale, le Fonds monétaire international, l’Agence internationale de l’énergie, les banques régionales de développement, des agences de l’ONU et l’OCDE.

Helen Mountford

Le World Resources Institute est l’un des principaux cofondateurs de l’appareil d’ingénierie sociale GCCA (TckTckTck), officiellement lancé en 2008. 

Bien avant que les forces d’élite ne déclarent une situation d’urgence climatique dont nous sommes témoins du développement aujourd’hui, les scientifiques et les universitaires avaient déjà reconnu que l’échelle industrielle de notre transformation destructrice et collective de la nature avait pris une telle ampleur, qu’elle menaçait la civilisation industrielle d’effondrement (tout en exploitant et en réduisant la plupart des gens en esclavage au profit de quelques-uns).

Bien sûr, depuis bien plus longtemps, les indigènes avaient compris ce à quoi la conquête effrénée de la nature par les Européens allait mener.

Les marchés ont finalement conquis le monde occidental.  Notre société est maintenant enlisée dans la dette, et la croissance économique n’est pas seulement stagnante, elle est aussi prise dans une spirale descendante.

Aujourd’hui, nous nous trouvons dans une culture tellement déconnectée de la réalité qu’elle considère la croissance économique comme beaucoup plus précieuse que les écosystèmes planétaires qui soutiennent toute vie.

Comme cette série l’a démontré et le démontrera encore dans ce segment de conclusion, la coalition de la GCCA a été conçue, financée et orchestrée par les mêmes entités qui s’apprêtent à débloquer 100 billions de dollars et à mettre en œuvre simultanément la privatisation/financement de la nature via le New Deal pour la Nature (paiements pour services liés aux écosystèmes) qui sera proposé pour accord en 2020.

Le discours d’urgence dont nous sommes témoins aujourd’hui est dû à une peur déclenchée par tout autre chose que l’effondrement de la biosphère planétaire, à savoir l’effondrement du système économique capitaliste.

Le World Resources Institute, le World Wildlife Fund et la New Climate Economy sont aux commandes de la financiarisation de la nature.  La Natural Capital Coalition (Coalition pour le capital naturel) qui représente plus de 300 entreprises parmi les plus puissantes du monde, et qui est engagée auprès de « plusieurs milliers d’autres », est également à la barre.

Le partenaire de recherche de la New Climate Economy, le Stockholm Environment Institute (Institut de l’environnement de Stockholm), a une porte tournante bien huilée entre lui et le WWF.  L’institut a disposé d’un généreux financement de 260 millions de couronnes suédoises en 2017 (environ 28 millions de dollars US) dont près de dix millions de couronnes offerts par la Fondation Bill & Melinda Gates. En passant, nous pouvons ajouter que le Stockholm Environment Institute a fait une présentation lors d’une manifestation sur le climat le 4 mai 2018 (intitulée « Welcome to the Power of Capital », « Bienvenue au pouvoir du capital ») avec Ingmar Rentzhog, PDG de We Don’t Have Time et Malena Ernman, Prix du héros de l’environnement WWF 2017 et mère de Greta Thunberg).

Le 21 novembre 2017, la nomination de Pavan Sukhdev à la présidence de WWF International a été annoncée : « Pavan Sukhdev, ancien directeur de l’Initiative des Nations Unies pour une économie verte, a été nommé président de WWF International ».  Sukhdev, ancien directeur général de la Division des marchés de la Deutsche Bank, avait publié les conclusions de l’étude de l’initiative Economics of Ecosystems and Biodiversity (« Économie des écosystèmes et de la biodiversité », acronyme anglais TEEB) en 2010.  La TEBB était une initiative du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE).  La Natural Capital Coalition s’appelait auparavant « TEEB for Business Coalition » (mot pour mot, la « Coalition de Économie des écosystèmes et de la biodiversité pour le business »).

 
«

Stockholm abrite deux institutions, le Stockholm Resilience Centre et le Stockholm Environment Institute, qui ont fait de nombreuses recherches pour mieux comprendre et appliquer le concept de Capital Naturel à notre façon de gérer les écosystèmes et l’économie.  Johan Rockström, directeur exécutif du Centre de résilience de Stockholm, et un groupe de 28 universitaires ont proposé en 2011 un nouveau schéma du système terrestre que le gouvernement et les organismes de gestion allaient pouvoir utiliser comme outil pour soutenir le développement durable.

– Stockholm : Capital Naturel du Monde, 23 septembre 2014

»
 

Traduction du texte de la photo ci-dessus.  Le futur de toutes les générations à venir repose sur vos épaules.  Ce que vous faites maintenant, nous les enfants ne pourrons le défaire dans le futur.  Alors, s'il vous plait, traitez la crise comme la crise qu'elle est et donnez-nous un futur.  Greta Thunberg, le 28 novembre 2018, Greenpeace Australie-Pacifique. Source Face Book

Le 13 février 2019, Le journal The Guardian a publié un article intitulé ‘La courageuse position des enfants de la grève de l’école pour le climat a notre soutien’ (School Climate Strike Children’s Brave Stand Has Our Support) – « Nous sommes inspirés par le fait que nos enfants, encouragés par les actions nobles de Greta Thunberg et d’autres élèves en grève, font entendre leur voix », disent 224 universitaires.

Parmi ceux qui approuvaient la lettre, on comptait Annemarieke de Bruin, chercheuse, Alison Dyke, Jean McKendree et Corrado Topi, économistes écologiques au Stockholm Environment Institute.

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Une décennie d’ingénierie sociale stratégique et méthodique

 
 

Grâce à la coalition GCCA/ TckTckTck, une décennie d’ingénierie sociale est passée inaperçue.  La Marche pour le Climat du 21 septembre 2014 et les marches mondiales qui allaient suivre telles que les mobilisations Rise Up, les groupes de travail, les rassemblements Power Shift, etc, avaient des objectifs multiples qui ont eu un succès incroyable pour ceux qui en tenaient la barre.

 
«

Les manifestations des citoyens et les actions en justice contre les entreprises, les gouvernements et les particuliers deviendront sans aucun doute un moyen de pression de plus en plus important en renfort de cette approche d’urgence et ont déjà commencé.
– Club de Rome, The Climate Emergency Plan, lancé avec We Don’t Have Time and Global Utmaning, décembre 2018

»
 

Le slogan « Pour tout changer, nous avons besoin de tout le monde » était un signal.  L’indice d’une opération d’ingénierie comportementale dont le but était de créer une fraternité entre les citoyens et les dirigeants des entreprises pour devenir « plus forts, tous ensemble ».

Toute l’attention serait détournée des principaux moteurs du changement climatique: le militarisme, le système économique capitaliste dépendant d’une croissance et d’une exploitation infinies, l’agriculture/l’élevage industriels, etc... tout cela rendu invisible incluant l’Accord du peuple autochtone de Cochabamba mené par des indigènes du monde entier en 2010.

Au lieu de cela, cette énergie serait dirigée vers le discours des « énergies propres » comme solution quasi-unique à nos multiples crises écologiques.  La foi en deux objets allait être suffisante pour rassurer toute une population sur le fait qu’elle n’aurait rien à sacrifier.  Le mode de vie occidental allait pouvoir se poursuivre.  Les panneaux solaires et les éoliennes ont pris l’avant-scène.  La foule a applaudi à tout rompre. 

La fixation sur « l’énergie renouvelable » est devenue un éco-fétiche de la population occidentale, la population-cible.  Ces dix années d’efforts d’ingénierie sociale ont également conduit à une transition de l’écologie vers un véritable anthropocentrisme inconscient. 

En dix ans, «l’écologie » est passée de la protection de la nature à l’exigence d’un déploiement de technologies vertes, à l’échelle industrielle, qui détruisent encore davantage la nature.  

Le monde naturel a perdu toute pertinence, à mesure que le désir de voir des technologies vertes l’a emporté sur celui de protéger l’environnement.  Les éoliennes et les panneaux solaires ont remplacé les images d’arbres et d’insectes comme nouveaux symboles de notre monde naturel.

Le sauvetage de la civilisation industrielle, qui tue toute vie, est devenu plus important que celui des écosystèmes dont toute vie dépend. 

 [Cette foi est d’autant plus déplacée que les éoliennes et les panneaux solaires s’avèrent désastreux pour l’environnement.

Les forêts d’éoliennes nécessaires à une production d’électricité conséquente tuent des oiseaux, des chauve-souris et des insectes utiles en masse. Les panneaux solaires attirent et brûlent les oiseaux et les insectes qui ont le malheur de voler un peu trop près ou pire, de se poser dessus. Les sociétés d’ornithologues sont d’autant plus inquiètes que des espèces menacées d’oiseaux sont touchées.  Article de Forbes en français, NdT]

Ces idéologies se sont lentement installées, jusqu’à ce que les « mouvements » ne soient plus rien d’autre que des groupes de pression pour l’énergie verte.  Nous avons des bénévoles en marche pour le capital à l’échelle mondiale.   Dire qu’Edward Bernays serait impressionné serait un euphémisme. [Edward Bernays (1891−1995), baptisé « père des relations publiques », est le chef de file des propagandistes des USA et probablement du monde entier, NdT].

Telle est la beauté de l’ingénierie sociale et du changement de comportement.  Pour bien comprendre comment nous en sommes arrivés au précipice actuel, nous devons d’abord revenir sur le passé.

En 2009, sur une période de cinq mois, GCCA/TckTckTck et ses partenaires ont enregistré 15,5 millions de noms dans le monde sur leur pétition en ligne pour un « accord équitable, ambitieux et contraignant sur le changement climatique ».  Outre Havas, de nombreuses sociétés de marketing y ont contribué, notamment l’agence de communication et d’affaires publiques Hoggan & Associates, dont Jim Hoggan, cofondateur de DeSmogBlog, est président et fondateur.

La liste de clients d’Hoggan comprend TckTckTck, les Chemins de fer Canadien-Pacifique (CP), Shell et ALCOADeSmogBlog peut bien "critiquer" Shell à l’occasion, mais Hoggan & Associates n’ont aucun problème pour ratisser de l’argent de Shell afin de, selon leurs propres termes, « aider les clients à identifier le cadre optimal et à l’établir dans l’esprit du public ». (Source)

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Où est la ligne qui distingue le spectateur de l'auteur
lorsque l'atrocité devient à la fois systémique et politique?

 
 

En décembre 2009, le gouvernement Morales s'est révélé le plus progressiste de tous les États (en alliance avec l'ALBA, l'AOSIS et le G77) lors de la réunion sur le climat de la COP15 à Copenhague.

Cette union, dirigée par la Bolivie, a poursuivi de manière intense les objectifs scientifiques nécessaires pour éviter au monde l’effondrement écologique.   Ironiquement (et le plus révélateur), ces États progressistes ont fait des pas de géant au delà des vues du mouvement environnemental lui-même.

Evo Morales président de la Bolivie

Le "mouvement" environnemental institutionnalisé a été réuni dans le cadre d'une campagne d'organisation nommée  "TckTckTck", un géant des médias sociaux développé par certaines des sociétés et des responsables marketing les plus puissants du monde. 

L'un des partenaires de TckTckTck (il y a 280 partenaires rendus publics) était le groupe des dirigeants sur le changement climatique composé de sociétés telles que Shell, RBF et Coca-Cola. (Lorsque ces informations ont été révélées et rendues publiques, TckTckTck les a supprimées de son site internet et s'est efforcée de se remettre du cauchemar des relations publiques).  La direction du gouvernement bolivien était si digne et courageuse qu'elle a même fait honte au mouvement plus légitime de la justice climatique.

Pour avoir une idée de ce que les "verts d'entreprise" représentent réellement, considérez ceci: la Bolivie et l'AOSIS ont appelé à un accord pour que la température globale ne dépasse pas une hausse de 1ºC et réduise le CO2 atmosphérique à 300 ppm.

À l'opposé, les ONG "ont exigé" que les températures n'excèdent pas + 2 ° C et "exigé" que les émissions mondiales atteignent leur maximum d'ici 2019 (ce qui signifie que les émissions continueront d'augmenter, comme d'habitude, jusqu'en 2019, date à laquelle nous commencerions un effort pour diminuer).

TckTckTck regroupe plus de 200 partenaires internationaux, dont Avaaz, Conservation International, Greenpeace International, le Fonds mondial pour la nature (et de nombreux autres défenseurs et profiteurs de REDD), ainsi que Climate Action Network International (CAN), qui représente (et parle au nom de ) plus de 700 ONG. (CAN peut aussi faire pression sur les gouvernements pour REDD - une fausse solution qui engendre une nouvelle forme de racisme climatique.)

En ce qui concerne les droits de l'homme, des centaines d'ONG d'entreprise - en faisant campagne pour que le public accepte la température moyenne mondiale s'élevant jusqu'à une limite de 2 ° C sanctionnent ainsi la plupart des espèces de la planète jusqu'à un anéantissement sans précédent.

 
«

... et je dirai ceci à nos collègues de la société civile occidentale - vous avez définitivement pris parti pour un petit groupe d'industriels et leurs représentants, ainsi que pour vos branches représentatives.  Rien de plus que cela. Vous êtes devenu un instrument de vos gouvernements.
                                         
   - Lumumba Di-Aping
                                          Diplomate soudanais

»
 

A propos d'un texte soumis par le Danemark lors de la conférence de Copenhague en décembre 2009 :

 "C'est un texte incroyablement déséquilibré destiné à subvertir, de manière absolue et complète, deux années de négociations. Il ne reconnaît ni les propositions ni la voix des pays en développement"  

Lors d'une réunion de délégués africains à la conférence, il a déclaré: "On nous a demandé de signer un pacte de suicide ... Qu'est-ce que le président américain Obama va dire à ses filles à propos de leurs proches Kényans ?  Il est regrettable qu'après plus de 500 ans d'interaction avec l'Occident, nous, [Africains], soyons encore considérés comme des personnes "jetables" ... Mes bons amis ... nous devons nous rassembler et combattre.

 Lumumba Di-Aping
Diplomate du Soudan

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Voir à travers le brouillard du faux écologisme

 
 

Alnoor Ladha est associé fondateur et responsable de la stratégie chez Purpose.  Grâce à son expertise en matière de changement de comportement, Purpose est surtout connue pour sa campagne sur les Casques blancs en Syrie, une ONG hybride du XXIe siècle au service des États-membres de l’OTAN.  Ladha est membre fondateur et directeur exécutif d’un projet de Purpose, The Rules.  Ladha siège aussi au conseil d’administration de Greenpeace USA où sa directrice exécutive, Annie Leonard, a cofondé Earth Economics (Économie de la Terre).

Alnoor Ladha fondateur de Purpose

Encore une autre institution créée pour aider, encourager et, plus important encore, tirer profit du programme de financiarisation de la nature, qui est maintenant bien engagé, comme le démontre cette série.  L’ONG de Leonard, Earth Economics est membre de l’entité dédiée au désinvestissement CERES, elle-même partenaire du World Business Council for Sustainable Development (Conseil mondial des entreprises pour le développement durable, acronyme anglais WBCSD).  Purpose (branche des relations publiques d’Avaaz) gère la B-Team (co-fondatrice de We Mean Business).  L’adresse officielle de la B-Team est le bureau de Purpose.

Le lien entre la plupart, sinon la totalité de ces ONG, institutions et individus de haut niveau, est la volonté commune de s’emparer des marchés du carbone et/ou la mise en œuvre de paiements pour des services écosystémiques (PSE).

« Depuis les années 1970, plusieurs vagues de privatisation ont balayé le monde. En 2017, le Baromètre de la privatisation a conclu que « la vague massive de privatisations mondiales qui a commencé en 2012 se poursuit sans relâche ». Selon l’expert des droits de l’homme, cette vague a été provoquée non seulement par les gouvernements et le secteur privé, mais aussi par les organisations internationales, en particulier le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale et les Nations Unies. »
Les droits de l’homme menacés par le tsunami des privatisations, Third World Network, 16 novembre 2018

En ce qui concerne le front « Mener le public en mode d’urgence », nous voyons les mêmes groupes qui nous ont amenés à participer à la campagne TckTckTck 2009 pour la COP15 (« un mouvement que les consommateurs, les annonceurs et les médias utiliseraient et exploiteraient ») – qui ont ensuite pu « rassembler les chats » pour la Marche pour le climat organisée en 2014 – et sont maintenant chargés de mobiliser la population pour le crescendo final, nécessitant un nombre encore plus important et sans précédent de gens.  C’est pourquoi nous avons des slogans tels que « Le Sommet pour la survie humaine » : La prochaine vague de protestations contre le changement climatique arrive – Greenpeace et Amnesty International s’unissent pour réclamer une plus grande désobéissance civile. » [25 janvier 2019]

L’ironie ici est que Greenpeace et TckTckTck ont abandonné les citoyens les plus vulnérables du monde en 2009, pendant le mandat de Kumi Naidoo, qui était directeur exécutif des deux organisations.  Aujourd’hui, dix ans plus tard, Naidoo dirige Amnesty International en tant que secrétaire général

En 2011, Amnesty International, en utilisant l’économie comportementale de la haine, a joué un rôle déterminant dans la guerre illégale contre la nation souveraine de Libye – la Libye était le pays le plus prospère d’Afrique sous la direction du révolutionnaire libyen Mouammar Kadhafi.  La Libye est rapidement devenue une nation déchirée par la guerre, enlisée dans un état de chaos permanent, alors que des centaines de milliers de citoyens ont péri (et continuent de mourir à ce jour).

Pourtant, les institutions d’élite et les oligarques qui financent, contrôlent et utilisent Amnesty International comme une arme au service de l’impérialisme et du patriarcat, voudraient vous faire croire qu’ils sont réellement préoccupés par le climat et les droits humains :

 
«

Déclaration de Kumi Naidoo d'AI

Greenpeace International, qui s’est traditionnellement concentrée sur les questions environnementales, et Amnesty International (AI), qui s’est concentrée sur les droits humains, lancent ensemble un Sommet pour la survie humaine pour encourager les manifestations non violentes et autres interventions qui pousseront à une plus grande action contre le changement climatique. 

L’idée du sommet, a dit M. Naidoo, n’est pas de dicter ou d’essayer de coordonner des actions centralisées, mais plutôt d’unir des individus et des organisations afin qu’ils puissent collaborer pour faire avancer le changement. Il a évoqué de nouvelles formes de protestation telles que le mouvement Extinction Rebellion, l’un des nombreux mouvements de désobéissance civile dirigés par des jeunes et axés sur les changements climatiques.

L’initiative a commencé au Royaume-Uni et ouvre maintenant des sections dans le monde entier, y compris aux États-Unis. Naidoo a ajouté que les grandes ONG internationales n’organisent pas cette mobilisation et que ce type de décentralisation devrait être encouragé. »

»
 

Des activistes du mouvement Extinction Rebellion ont pris d'assaut le pont Jacques-Cartier à Montréal causant la fermeture de celui-ci.  En effet, trois militants du groupe écologique Extinction Rébellion Québec ont escaladé la structure afin d'y accrocher des bannières au sommet.  Cependant, il semblerait que les manifestants n'avaient pas dit leur dernier mot, car une deuxième manifestation d'Extinction Rébellion Québec à Montréal a eu lieu mardi en fin d'après-midi et en soirée.  Ce sont donc entre 200 et 300 personnes qui se sont rassemblées à la Place du Canada dans le centre-ville de Montréal où la marche a débuté, causant encore une fois des perturbations pour les automobilistes.  Une vingtaine de manifestants se sont couchés par terre sur René-Lévesque, attendant sagement de se faire arrêter.

Le mensonge c'est que Extinction Rebellions n'est pas un groupe indépendant, mais est imbriqué dans la grande mouvance des ONG capitalistes qui font la job pour Al Gore et ses amis des multinationales. Le voilà le mensonge.

La journaliste d'investigation Cory Morningstar qui a fait la recherche pour ce texte nous dit:  J’avais d’abord eu l’intention d’écrire longuement sur Extinction Rebellion dans ce segment, mais la nécessité de le faire n’est plus pressante. Il suffit de rappeler que l’ONG Climate Mobilization (dont le fondateur est l’auteur de l’article « Conduire le public en mode d’urgence « , avec la collaboration de 350.org, The Leap et plusieurs autres) travaille avec Extinction Rebellion depuis au moins septembre 2018 [6].

Cela révèle pourquoi le groupe Extinction Rebellion a été catapulté en superstar internationale par le journal The Guardian et consorts, alors que les actions beaucoup plus importantes des défenseurs des terres dans le Sud global sont ignorées.

Si cela n’est pas suffisant pour certains lecteurs, il faut noter que 350.org, Avaaz, Friends of the Earth et Greenpeace ont tous dialogué avec les co-fondateurs d’Extinction Rebellion – qui, avec la Climate Mobilization, sont très favorables à cette collaboration.  Entrevue avec les cofondateurs d’ Extinction Rebellion par le fondateur de Climate Mobilization, 6 décembre 2018.

La cofondatrice d’Extinction Rebellion Gail  Bradbrook  « … au début de cette campagne, début octobre, nous avons occupé les bureaux de Greenpeace.  C’était très amical.  On a apporté du gâteau et des fleurs et tout le monde a caché les cornes du diable, parce qu’on voulait que tout reste agréable…

Nous avons des conversations avec des organisations, des conversations avec certaines des plus grandes plateformes en ligne, même avec 350.org.  C’est toujours un équilibre important de savoir comment on entretient une relation avec n’importe quelle ONG pour qu’il n’y ait pas de gros compromis à faire, et de surveiller cet espace sur ce front.  Je pense que je ne devrais pas annoncer à l’avance des choses qui ne sont pas encore convenues avec tout le monde, mais oui, nous parlons avec d’autres organisations.  C’est plus délicat que vous ne le pensez, bien souvent. »

Gail  Bradbrook

Roger Hallam

L’autre co-fondateur, Roger Hallam  « …c’est donc une proposition très sérieuse que nous faisons à certaines des ONG , et je pense que beaucoup de gens dans les ONG le savent aussi.  Je veux dire que beaucoup de gens savent ce qui va arriver et je pense que cela ouvre un espace très intéressant dans la culture progressiste dans les pays où nous sommes.  Pour la première fois depuis une génération ou deux, il s’agit essentiellement de créer un front uni, comme s’il s’agissait de personnes travaillant ensemble sur un programme commun, et j’ai été personnellement très surpris de voir à quel point certaines personnes de Greenpeace, d’Avaaz et de diverses autres organisations ont été ouvertes à l’idée que, oui, nous devons participer en masse à la désobéissance civile et que nous allons manquer de toute autre option pour le futur ».

Les relations des ONG avec Extinction Rebellion expliquent les trois revendications délibérément vagues du « mouvement » un flou qui passe largement inaperçu alors qu’une revendication particulière est aussi claire que la lumière du jour.  Alors que l’impérialisme, le capitalisme et le militarisme – les principaux moteurs de la dévastation écologique et du changement climatique – ne se trouvent nulle part, il y a quelque chose qui est enterré dans le site dans la section Frequently ask question FAQ du mouvement:

 
«

Question : « POURQUOI N’AVEZ-VOUS PAS D’OBJECTIFS PLUS TANGIBLES À ATTEINDRE QUI RENFORCERAIENT VOTRE MORAL A MESURE DE VOS SUCCÈS ? »

Extinction Rebellion : Nous en avons. Nous disons que le gouvernement doit revenir sur les politiques incompatibles avec la reconnaissance de l’urgence climatique – il y a beaucoup à faire dans ce domaine. Par exemple, l’interdiction du fracking et l’abandon des plans d’une troisième piste à Heathrow. Et il doit revenir sur sa décision de comprimer les investissements dans les énergies renouvelables tout en doublant les investissements dans les combustibles fossiles. Un New Deal vert massif est absolument vital, possible et nécessaire. 

»

 

Le fait qu’Extinction Rebellion n’inclut pas le capitalisme, l’impérialisme ou le militarisme qui sont les principaux moteurs de l’assaut écologique contre la Terre, en conjonction avec l’omission d’autres causes structurelles sous-jacentes, a soulevé d’importantes questions : ce véhicule peut-il être utilisé pour construire et organiser une communauté ?

Ici, la question doit être : pourquoi choisirions-nous de prêter notre nom pour renforcer un montage de mise en marché (une marque-"branding") selon qui « un New Deal massif est absolument vital », tout en omettant délibérément le fait que l’arrêt du capitalisme, de l’impérialisme, du militarisme et d’autres formes d’oppression sont tout aussi essentielles ?

C’est pire qu’un oubli.  C’est une honte.  Ce qui est encore plus tragique, c’est que, collectivement, nous avons été conditionnés à un tel point que nous ne sommes même plus conscients de ces hypocrisies flagrantes.

Alors que s’accélère le coup d’État contre l’État souverain du Venezuela dirigé par les États-Unis et le Canada, Extinction Rebellion ne parvient pas à mobiliser ses groupes contre cette ingérence, dont la portée est maintenant internationale.  Non seulement ils ne se mobilisent pas, mais ils n’en parlent pas.  Avec leurs bras ouverts aux ONG impérialistes comme Avaaz et Amnesty International, ils montraient déjà ce qu’ils étaient vraiment avant même leur première action.

De plus, Extinction Rebellion est un autre groupe qui choisit de rester absolument silencieux sur la marchandisation et la réification de la nature – un autre signe symptomatique.

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Les derniers vestiges d’éthique et la captation de la nature par les multinationales

 
 

Cette série a révélé des vérités très laides. C’est notre devoir éthique et moral de partager ces connaissances. Seulement après, quand suffisamment de gens seront informés, le vent tournera en notre faveur. L’ère de la « culpabilisation verte » doit prendre fin. [Trust Nothing – John Steppling]  Elle a été utilisée comme une arme pour s’assurer de notre silence depuis assez longtemps.

C’est 350 – né de la Fondation Rockefeller. C’est Avaaz – un instrument de l’impérialisme – qui trempe jusqu’au cou dans le sang d’hommes, de femmes et d’enfants libyens et syriens tout en faisant campagne pour l’action climatique, et en fabriquant le consentement à des guerres. C’est Greenpeace, selon qui le monde ne devait pas dépasser une augmentation de la température mondiale de 1°C en 1997, pour ensuite accepter une augmentation de 2°C en 2009. C’est Amis de la Terre, qui siège au conseil d’administration de Ceres depuis sa création – et s’était également aligné sur 1°C, en 2001, comme température globale à ne pas dépasser. Il s’agit d’une cabale qui a fait passer – à maintes reprises – les intérêts du capital et des entreprises avant la protection de l’environnement et les droits des indigènes.

Nombre d’entre vous également, et je le dis, et je n’aurais jamais pensé qu’un jour j’accuserais une société civile d’une telle chose. Diviser le G77, ou aider à diviser le G77, est simplement quelque chose qui devrait être laissé aux CIA, aux KGB et autres [pas aux ONG] -Lumba Di-Aping, négociateur en chef du G77, 11 décembre 2009, COP15.

Clive L. Spash, université d’économie de Vienne, Autriche, écrit : « L’Accord de Paris signifie un engagement en faveur d’une croissance industrielle soutenue, de la gestion de risques plutôt que de la prévention et de technologies futures vues comme des bouées de sauvetage. Le souci premier de la communauté internationale est de maintenir le système social et économique actuel. En résultat, on nie que la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre soit incompatible avec le maintien d’une croissance économique. La réalité, c’est que les États nations et les sociétés internationales sont engagés dans une expansion constante et continue de l’exploration, de l’extraction et de la combustion de combustibles fossiles, ainsi que dans la construction d’infrastructures connexes de production et de consommation. Les objectifs et les promesses de l’Accord de Paris n’ont aucun rapport avec la réalité biophysique ou sociale et économique. » Cela ne change rien : l’Accord de Paris pour ne pas tenir compte de la réalité, Globalisations, 2016 Vol. 13, No. 6, 928-933].

 

Traduction du texte ci-dessus: "La conservation (de l'environnement) est déjà perdue lorsqu'elle entre dans le monde de la finance d'entreprise, des banques, des échanges économique et de la valorisation économique de la nature"   - Clive Splash - Environnementaliste et économiste

 
«

Malheureusement, de nombreuses ONG de défense de l’environnement se sont ralliées à ce raisonnement illogique et justifient leur soutien par une volonté de pragmatisme.  Le langage néolibéral est omniprésent dans leurs rapports et recommandations politiques et dans leur adoption du capital naturel, des services écosystémiques, de la compensation carbone et du commerce.  Ces nouveaux pragmatiques de l’environnement croient, sans que rien ne le justifie, que la financiarisation de la nature contribuera à prévenir sa destruction. 

– extrait du document This Changes Nothing : The Paris Agreement to Ignore Reality (Cela ne change rien : L’Accord de Paris pour un déni de réalité) rédigé par Clive L. Spash, WU Vienna University of Economics and Business, Vienne, Autriche

»
 

Thunberg a déclaré à plusieurs reprises que sa grève se poursuivrait « jusqu’à ce que la Suède soit alignée sur l’Accord de Paris ».  Par conséquent, d’après ses propres déclarations, il s’agit là du but et de l’objectif unique et global des grèves, maintenant d’envergure mondiale.  Un Accord de Paris qui ouvre la boîte de Pandore décrite en détail minutieux dans cette série.

Le 21 février 2019, la Commission européenne a été la dernière en date à promouvoir Thunberg : L’adolescente a ouvert un événement de la Commission européenne, devant le président Jean-Claude Juncker, où elle a dit aux politiciens d’arrêter de « balayer les choses déplaisantes sous le tapis, et d’obliger notre génération à faire le ménage ». Là encore, les revendications de Thunberg, au nom des jeunes qui participent aux grèves climatiques, sont exposées :

« Nous voulons que vous suiviez l’accord de Paris et les rapports du GIEC, nous n’avons pas d’autres manifestes ou demandes.  Unissez-vous derrière la science. C’est ce que nous exigeons. » [Vidéo]

Nous avons ici trois acteurs clés de l’hégémonie capitaliste, la Banque mondiale, le Forum économique mondial et la Commission européenne, qui font tous la promotion de Thunberg. Des institutions abritant des individus qui pillent systématiquement la planète en échange de croissance économique, de pouvoir et de profits sont aujourd’hui magiquement censés protéger la planète.

Ce que la population ignore, c’est que ces trois institutions sont toutes les trois partenaires fondatrices du Groupe de travail sur le financement mixte du Climate Finance Partnership.  Le Partenariat pour le financement de la lutte contre le changement climatique a été formé sous la direction du Président français Emmanuel Macron, qui a annoncé ce partenariat le 26 septembre 2018 lors du Sommet One Planet tenu à New York.  Parmi les partenaires figurent les gouvernements de la France et de l’Allemagne.

 

23 février 2019 :  Le président français Macron a reçu la jeune Suédoise Greta Thunberg et une délégation de Youth for Climate, dont Anuna De Wever (deuxième à droite) et Kyra Gantois (première à gauche)

 

Le Climate Finance Partnership a été créé pour faire avancer la Nouvelle Economie Climatique. Les deux sont des véhicules-clés pour débloquer les 100 billions de dollars des fonds de pension, tout en mettant en œuvre simultanément l’évaluation économique et le paiement des services environnementaux (paiements pour les services écosystémiques) cachés dans les objectifs du développement durable. La privatisation de la nature transformera la finance mondiale. Ceux qui sont les principaux responsables de la destruction de la nature seront désignés comme nouveaux « intendants du capital naturel national ».

On ne peut qu’espérer que cette série ait finalement divulgué une fois pour toutes qui et ce que représentent des ONG aussi puissantes : les oligarques, la finance privée et le capital.

Les principales ONG du complexe industriel à but non lucratif doivent être comprises comme l’organisme de lobbying le plus puissant au monde pour les technologies vertes. Cela se fait au détriment de la nature, et non pour la protéger.  Encore une fois, la réalité a été inversée.  C’est pourquoi le complexe industriel à but non lucratif doit être mis hors service – Il suffit que nous lui retirions notre consentement.  Jusqu’à présent, son pouvoir découle de sa fausse prétention à représenter la société civile.  Nous devons dire clairement que ce n’est pas le cas.

Nous avons des limites planétaires dans lesquelles nous devons vivre si nous voulons que la vie sur Terre continue sous une forme ou une autre. Ces limites ne sont pas négociables.  Nous pouvons nous mentir à nous-mêmes autant que nous le voulons, jouer les démiurges, cela ne changera pas la réalité.  Nous pouvons la peindre en vert, nous pouvons partager nos illusions dans des jolies brochures sur papier glacé et les rendre virales sur des écrans dernier cri – la biosphère n’en a rien à foutre.  Si notre société était réellement saine d’esprit, nous reconnaîtrions ces « solutions » comme des illusions – mais malheureusement, ce n’est pas le cas. Déconnectés de la nature – et de plus en plus, déconnectés les uns des autres – nous sommes perdus.

La nature ne négocie pas.

Et c’est la vraie question à laquelle sont confrontés les activistes blancs aujourd’hui.  « Peuvent-ils démolir les institutions qui nous ont tous mis dans le pétrin dans lequel nous sommes depuis des centaines d’années ? » – Black Power de Stokely Carmichael, 1966

Nous pouvons terminer ce sombre article en réfléchissant à ce que l’auteure indienne Arundhati Roy a si bien résumé il y a près de quinze ans, le 16 août 2004 : « C’est l’ONGisation de la résistance. »

Nous pouvons dire que tragiquement, mais sans équivoque, l'ONGisation de la résistance en Occident est un fait accompli.

Les périls du tout-humanitaire par Arundhati Roy

Notes & Références encyclopédiques:

Alors que les membres du groupe d'experts...
 

Ocean Day in Davos

Vidéo en anglais: Que signifie un océan en mutation pour nous, nos emplois et nos marchés.

Intervenants au panel:
Le panel est animé par Haley Edwards, journaliste correspondante du Time Magazine.

- Sharan Burrow, secrétaire général de la Confédération Internationale des Syndicats;
- Katherine Garrett-Cox, Gulf International Bank;
- Greta Thunberg, militante climatique

Discours de: Angel Gurría, secrétaire générale de l'Organisation pour la coopération et le développement  économique (OECD)
- John Kerry, distingué et émérite représentant des affaires globales de l'Université Yale;

Organisé par
Friends Of Ocean Action, 22 janvier 2019

L’océan mondial a une valeur de 24 000 milliards de dollars et génère 2 500 milliards de dollars en biens et services par an, ce qui en fait la septième économie mondiale. Comment pouvons-nous continuer à tirer parti de l'océan face au changement climatique, à la demande croissante de ressources et à la longue liste d'abus que nous infligeons à l'océan mondial?

 

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Il aborda le sujet des grèves climatiques mondiales...
 

« Agir pour l’océan »
Panel en anglais avec Al Gore, Francine Lacqua, Enric Sala, Nina Jensen, Marc Benioff, Michelle Bachelet -

Le débat sur les grèves climatiques mondiales en tant que signe central de changement se passe à environ 30m:10s du déroulement de la vidéo.

On estime que l’économie de la mer représente entre 3% et 5% du PIB mondial, avec des actifs d’une valeur de 24 000 milliards de dollars.  Comment le monde peut-il puiser dans l'économie des océans tout en le protégeant de l'effondrement de l'environnement?

Cette session a été développée en partenariat avec Bloomberg.  On estime que l’économie de la mer représente entre 3% et 5% du PIB mondial, avec des actifs d’une valeur de 24 000 milliards de dollars. Comment le monde peut-il puiser dans l'économie des océans tout en le protégeant de l'effondrement de l'environnement?
Cette session a été développée en partenariat avec Bloomberg.

 

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Edward Bernays (1891-1995), baptisé "père des relations publiques", est le chef de file des propagandistes des États-Unis et probablement du monde entier...
 

La manipulation de l'information, nommée aussi propagande est une invention anglo-saxonne! Un des effets de la propagande anglo-saxonne, est de nous avoir fait oublier que le début de la manipulation médiatique est une invention basée sur les travaux de Freud et développée surtout aux États-Unis.

 Faire oublier les activités de relations publiques et qu'elles sont de la propagande est un coup fumeux. Surtout avoir utilisé le mot "propaganda" et l'avoir imputé à la Russie communiste et ensuite à l'Allemagne nazie. Voilà pourquoi il faut se méfier des agents de relations publiques aussi nommés "communicants" ou "relationnistes" qui accompagnent les politiciens et les gens d'affaires. Les journalistes paresseux qui ne font pas de recherches sur les dossiers qui leurs sont soumis par des "agents de presse" participent à notre désinformation. Il faut rester vigilant et s'abreuver de plusieurs sources d'information pour éviter l'intoxication ou la fabrication de notre opinion par des gens qui ne font que mousser leur intérêt personnel. Ci-joint, vous trouverez un résumé de l'histoire de la propagande ou des Relations publiques.
                                         
- JosPublic

 

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A propos d'un texte soumis....
 

L’Après Convention de Copenhague - Changements climatiques
Sur MétéoPolitique, janvier 2010

Simple rappel, c'est évident que le protocole de Kyoto n’a pas tout faux, sauf qu’il embrasse la notion de «Bourse du carbone», c'est-à-dire que les pollueurs peuvent continuer de polluer avec l’achat de permis d’émissions. Le parlement du Québec, par l’adoption du projet de loi 42, y adhère unanimement et s’acoquine avec une compagnie privée, la Chicago Climate Exchange (CCE) pour créer le Montréal Climate exchange (MCE). Qu'est-ce qui cloche ici? C'est que les bourses du carbone dans le monde sont presque toutes la propriété des grands pollueurs et des banques d'affaires qui nous ont mené à la crise financière et économique que nous vivons présentement

 

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Purpose est surtout connue pour sa campagne des casques blancs...
 

Les Casques blancs sont un hybride d'ONG du 21ème siècle. Analysé par l'ONU - Une vidéo du débat

Une combinaison de soft power (la perception de l'altruisme) et de hard power (actions réelles en dehors du récit traditionnel), du terrorisme, de l'usurpation d'identité, de l'héroïsme fabriqué, de la violence et de la célébrité. Pendant un moment, considérons le calendrier des nouveaux films de super-héros inondant les cinémas. Pour les Américains ayant un fétiche pathologique pour la violence et la célébrité, ces attributs clés constituent un cocktail puissant. Les Casques blancs ont été construits exclusivement pour déstabiliser le gouvernement syrien. Ils appartiennent donc à la HIC. C’est un «gros poisson» et une organisation de héros à la fois réelle et faussement stylisée qui attise l’appétit des masses qui aspirent à une telle histoire, qu’elle soit fictive ou réelle. Changements de comportement: les entreprises de relations publiques telle que Purpose identifient ce désir et l'exploitent au moyen d'une stratégie marketing puissante et manipulatrice du XXIe siècle, appelée «narration narrative».  ONG hybride du XXIe siècle

 

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Greenpeace et TckTckTck ont abandonné les citoyens les plus vulnérables...
 

The Most Important COP Briefing That No One Ever Heard - Truth, Lies, Racism & Omnicide - Sur The Art of Annihilation, le 10 décembre 2012

 

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Amnistie International, en utilisant l'économie comportementale de la haine...
 

La vidéo à propos des mensonges d'Amnistie International dans la guerre contre la Libye.  The Gaddafi Mercenaries and the Division of Africa par The Humanitarian War

 

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la Libye était le pays le plus prospère d'Afrique...
 

Nelson Mandela's Friendship with Gaddafi Irritated the West - Sur The African Exponent, le 5 décembre 2016

 

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Alors que s'accélère le coup d'État contre l'État souverain du Venezuela...
 

Le Canada était impliqué dans une tentative de coup d'État au Venezuela planifiée pour février 2015. Le gouvernement vénézuélien riposte

Le 12 février 2015, un avion de l'agence de sécurité Academi (ex-Blackwater) maquillé en aéronef de l'armée vénézuélienne devait bombarder le palais présidentiel à Caracas et tuer le président Nicolas Maduro. Le Canada devait sécuriser l'aéroport de la capitale. Les comploteurs avaient prévu de placer au pouvoir l’ex-députée María Corina Machado et de la faire immédiatement acclamer par d’anciens présidents latino-américains. Les faits sont maintenant rendus publics et les médiamensonges n'arrivent plus à couvrir l'agression des États-Unis. L'histoire d'un coup d'État manqué.

 

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Arundhati Roy a si bien résumé il y a près de quinze ans...
 

Les périls du tout-humanitaire par Arundhati Roy Écrivaine, auteure du Dieu des petits riens, Gallimard, Paris, 1998 Sur Le Monde diplomatique, Octobre 2004

 

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Source: 

Cory MORNINGSTAR est journaliste d’investigation indépendante, écrivaine et militante écologiste. Elle se concentre sur l’effondrement écologique mondial et l’analyse politique du complexe financier à but non lucratif.  Elle réside au Canada. Ses écrits récents ont été publiés sur Wrong Kind of Green, The Art of Annihilation et Counterpunch.  Ses écrits ont également été publiés par Bolivia Rising and Cambio, une parution officielle de l’État de Bolivie.  Traduction et note d’introduction Corinne Autey-Roussel pour Entelekheia.

Choix de photos, collection de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Mise à jour le 22 octobre 2019

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

   Un autre exemple d'absence de conscience environnementale de Shell

 Les oléoducs canadiens sont toujours aussi dangereux pour l'eau et ceux et celles qui la boivent

Ouverture

Acte 1

Acte 2

Acte 3

Acte 4

Acte 5

La lutte aux changements climatiques: la fabrication de Greta Thunberg et la fabrication du consentement

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