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L'environnement préoccupe les Canadiens
Le réchauffement climatique semble raviver les inquiétudes de la population

La Presse
Environnement, vendredi 16 juin 2006, p. A7
Catégorie :
Société et tendances
Sujet(s) uniforme(s) : Réchauffement de la planète; Politique extérieure et relations internationales
Taille : Moyen, 447 mots

Mont-Tremblant - Les Canadiens se préoccupent à nouveau de l'environnement... après s'en être désintéressés pendant de longues années.

Les résultats inédits de sondages réalisés par la firme Environics depuis 1984 révèlent en effet que l'environnement est aujourd'hui, de l'avis des Canadiens, le deuxième problème en importance au pays. Il suit ainsi, bien que de loin, la santé (8% par rapport à 28%).

Dans le détail, les résultats d'Environics sont frappants car ils permettent de suivre l'évolution pendant 20 ans de l'intérêt pour cet enjeu.

Alors que l'environnement était le plus important des problèmes pour 0,5% de la population, en 1984, c'est le cas aujourd'hui pour 8% des Canadiens... après un sommet de 21% en 1989.

Le graphique décrit en effet une montée spectaculaire d'avril 1984 à janvier 1989, date à laquelle l'inquiétude "environnementale" a atteint son sommet. Si un Canadien sur cinq se disait alors inquiet, cette proportion a ensuite fait une longue et brutale chute jusqu'en avril 1996. Moins de 1% des gens s'en préoccupaient cette année-là.

Après quelques fluctuations jusqu'en mars 2003, le taux a alors commencé à monter, tranquillement. Il atteignait 8% en mars 2006.

"Il faut se rappeler que, à la fin des années 80, on parlait de l'accident de Tchernobyl, des pluies acides, des canicules, a indiqué à La Presse, en marge de la conférence Canada 2020 à Mont-Tremblant, le président d'Environics, Michael Adams. Puis ce sujet est tombé en désuétude, car les Canadiens avaient l'impression que ce problème était tout simplement réglé."

"Il y a 10 ans, les entreprises se sont mises à parler de développement durable, d'environnement, renchérit Steven Guilbeault, de Greenpeace. Elles ont alors donné l'impression qu'elles s'occupaient du problème et les gens ont commencé à s'en désintéresser."

Mais depuis, beaucoup d'eau a coulé de la banquise nordique et l'intérêt pour l'environnement a recommencé à s'accroître. "Les Canadiens voient bien, contrairement à ce qu'ils pensaient, que ça ne va pas", a ajouté M. Guilbeault, en faisant référence aux changements climatiques et à leurs multiples manifestations.

En effet, de 2001 à 2006, le nombre de Canadiens se disant "extrêmement inquiets" est passé de 16 à 31%. Paradoxalement, on constate que la proportion de gens qui se disent "pas vraiment inquiets", voire "pas du tout inquiets", a aussi augmenté, passant de 11 à 15%.

Ces chiffres font d'ailleurs dire à Michael Adams que le gouvernement Harper peut encore se tirer d'affaire dans le dossier de l'environnement. "En tournant le dos au protocole de Kyoto et en élaborant un plan canadien qui semble, à tout le moins, meilleur que le plan du précédent gouvernement, il peut certainement gagner des points", croit-il.

Cela dit, notons que l'appui à Kyoto monte depuis 2002, malgré une légère diminution de 2003 à 2005. De 48%, il est en effet passé à 62% après un sommet de 71%. Ceux qui s'y opposent demeurent autour de 20% depuis quatre ans.

Là où le gouvernement Harper pourrait perdre des plumes, cependant, c'est à cause de son engagement timide dans les négociations internationales. En effet, selon les derniers chiffres disponibles (juillet 2004), les Canadiens souhaitent que leur pays fasse la promotion de la protection de l'environnement à l'étranger dans une proportion de 68%.

C'est le sujet qui obtient le plus haut score après le maintien de la paix et la promotion des droits de la personne.

Illustration du journal : "Il y a 10 ans, les entreprises se sont mises à parler de développement durable, d'environnement. Elles ont alors donné l'impression qu'elles s'occupaient du problème et les gens ont commencé à s'en désintéresser. Mais aujourd'hui, les Canadiens voient bien, contrairement à ce qu'ils pensaient, que ça ne va pas", explique Steven Guilbeault, de Greenpeace, en faisant référence aux changements climatiques et à leurs multiples manifestations.

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