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La mondialisation a la cote

Le Devoir
Édition du jeudi 03 mai 2007
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Quoi qu'on en pense, la mondialisation a plutôt bonne cote dans l'opinion publique mondiale. Des améliorations sont néanmoins espérées en matière d'environnement et d'emploi, selon une grande enquête réalisée dans 18 pays représentant 56 % de la population mondiale.

Le degré d'appui le plus élevé est observé dans les économies fortement exportatrices, comme la Chine (87 % d'appuis favorables), la Corée du Sud (86 %) et Israël (82 %). Il s'avère relativement fort aussi dans des pays où la population a la réputation d'être plus critique, comme les États-Unis (60 %), la France (51 %) ou l'Argentine (55 %). Les plus fortes proportions de répondants estimant que la mondialisation est une mauvaise chose pour leur pays se retrouvent cependant aussi parmi les Français (42 %) et les Américains (35 %), suivis par les Philippins (32 %), les Indonésiens (31 %) et les Iraniens (31 %).

«Les résultats du sondage montrent clairement que l'opinion publique, tant dans les pays développés que dans ceux en voie de développement, considère la mondialisation et le commerce international comme des forces globalement positives», a déclaré Christopher Whitney, directeur exécutif au Chicago Council on Global Affairs, l'organisation à l'origine de l'enquête avec le WorldPublicOpinion.org.

Dévoilé la semaine dernière, leur rapport se fonde sur les conclusions de 18 enquêtes d'opinions scientifiques réalisées dans chaque pays par presque autant de maisons de sondages distinctes au cours de l'année 2006. Lors des entrevues en personne ou par téléphone, la mondialisation était principalement définie comme étant l'accroissement des liens entre l'économie nationale et celle des autres pays du monde. Outre les pays déjà cités, on y retrouvait, entre autres, le Mexique, la Pologne, la Russie, l'Australie, l'Inde et même les territoires palestiniens. Le Canada ne faisait pas partie du nombre.

On se montre particulièrement favorable à l'égard de la mondialisation lorsque vient le temps d'en évaluer l'impact sur l'économie nationale. Des 14 pays sondés sur cette question, tous voient une majorité absolue de citoyens dire que cet impact est positif. Là encore, le plus grand nombre de voix discordantes, bien que minoritaires, se retrouvent aux États-Unis (42 %) et en France (34 %) ainsi qu'au Mexique (27 %) et en Inde (27 %). Les opinions sont aussi largement favorables en ce qui a trait au sort des entreprises nationales, des consommateurs ou encore du niveau de vie en général.

Appel à l'imposition de normes minimales

Si l'opposition à la mondialisation se révèle loin d'être aussi forte qu'on a généralement été amené à le croire, «il est tout aussi clair que beaucoup de gens cherchent des moyens d'atténuer ses conséquences sur l'environnement et l'emploi», a précisé Steven Kull, responsable du WorldPublicOpinion.org.

Les citoyens de nombreux pays, particulièrement en France (66 %), aux États-Unis (49 %) et en Corée du Sud (49 %), estiment en effet que ses conséquences sont néfastes pour l'environnement. Les pays sont également partagés en ce qui concerne l'emploi. Une forte majorité d'Américains et de Français pensent que la mondialisation est défavorable à la sécurité et à la création d'emplois. Les Chinois, les Indiens ou encore les Russes pensent le contraire, alors que le coeur des autres balance.

Il est courant, dans les pays industrialisés, d'entendre des voix réclamer l'assujettissement des accords de libre-échange à des normes minimales en matière d'environnement et de travail. On rétorque habituellement que les pays en voie de développement s'y objecteront parce qu'ils y verront une façon détournée de réduire leur avantage comparatif.

L'enquête nous apprend toutefois que l'idée recueille un large appui non seulement au sein de la population des pays riches, mais aussi parmi celle des pays pauvres. Le projet de règles environnementales plus sévères remporte par exemple l'adhésion d'un grand nombre de Chinois (85 %) et d'Indiens (60 %). Celui de normes minimales du travail est appuyé aussi bien aux États-Unis (93 %), en Israël (89 %) et en Pologne (88 %) qu'en Chine (84 %), au Mexique (67 %) et en Inde (56 %).

Les Américains à la défense de l'OMC

Les résultats de l'enquête réservent aussi d'autres surprises, notamment à ceux qui ont suivi le conflit du bois d'oeuvre entre les États-Unis et le Canada et qui ont vu les Américains multiplier les manoeuvres dilatoires pour éviter d'avoir à se plier aux décisions rendues par le tribunal de l'Organisation mondiale du commerce qui leur étaient défavorables.

Les sondeurs ont en effet demandé ce que les gens pensaient des grandes institutions commerciales internationales. La plupart des répondants ont hésité à exiger trop fortement que leur pays se plie aux décisions rendues par l'OMC. Un pays fait toutefois exception, avec presque les trois quarts de sa population s'attendant à ce que son gouvernement se conforme à de tels verdicts. Il s'agit justement des États-Unis.

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1. Voir World Public Opinion - Global Issues 2007, http://www.thechicagocouncil.org/dynamic_page.php?id=61

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