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Le jardin d'Éden du Saint-Laurent

À la hauteur de Sorel, entre Montréal et Trois-Rivières, le Saint-Laurent forme un véritable delta parsemé d’une centaine d’îles avant de s’étendre dans une grande cuvette peu profonde, le lac Saint-Pierre. Les rives marécageuses n’ont aucun relief et sont inondées chaque printemps. Elles ont donc conservé leur état naturel : un éternel paradis pour la sauvagine, pour la reproduction des poissons et pour tous les petits animaux qui y vivent. Le lac Saint-Pierre est presque aussi vaste que l’île de Montréal, mais sa faible profondeur le rend très vulnérable.

Les gouvernements y ont donc aménagé sept zones de conservation. La moitié du territoire est maintenant protégé. Cette biodiversité a aussi attiré l’attention de l'UNESCO qui songe à faire du lac Saint-Pierre une «réserve de la biosphère» car le lac Saint-Pierre abrite 50% de tous les milieux humides du fleuve Saint-Laurent.

L’entrée du lac Saint-Pierre

De nombreux marais bordent cette cuvette peu profonde

Le lac Saint-Pierre abrite la plus importante pêche commerciale en eau douce de tout le Canada. On y capture chaque année plus de mille tonnes d’esturgeon, d’anguille, de barbotte et de perchaude. Le lac Saint-Pierre comporte une multitude d’habitats hétérogènes (marais, rives, eau peu profonde, etc.) qui permettent une grande diversité végétale et animale. De plus, les poissons avaient l’habitude de pondre dans les zones inondées au printemps, allant même dans les champs avoisinants, alors inondés, pour frayer.
 

Mais il n’y a pas eu de crue aux printemps 1999 et 2000, parce que la neige a été rare pendant l’hiver et que l’été a été sec. Avant l’utilisation des brise-glaces, un embâcle de glace se formait au printemps à l’entrée du lac Saint-Pierre, rehaussant le niveau de l’eau de 4 à 5 mètres. Les poissons avaient alors un plus grand territoire pour frayer et surtout plus temps pour que les œufs viennent à maturité avant le retour à la normale du niveau du Saint-Laurent.


Normand Gariépy, qui siège au comité consultatif de la navigation commerciale, affirme que si le niveau d’eau baisse trop, le lac Saint-Pierre deviendra un vaste marais. Côté biologique, il espère que cela n’aura pas trop d’impact. Côté activité humaine, c’est une autre histoire : il sera de plus en plus difficile d’emprunter la voie maritime jusqu’à Montréal.



De nombreuses espèces d’oiseaux trouvent refuge et nourriture dans les marais

Dans le delta de Sorel, la Grande île abrite la plus importante colonie de hérons de toute la planète. En 22 ans, ils se sont multipliés et ils sont près de 5 000, alors qu’il est rare qu’une héronnière abrite plus de 100 oiseaux. Leurs excréments sont tellement acides qu’ils détruisent habituellement leur habitat en quelques années. Cependant, la Grande île semble constituer une exception : les arbres y sont en parfaite santé parce que les inondations printanières lessivent l’île, neutralisant l’acidité des excréments et préservant du même coup la flore locale.

Or, la baisse du niveau du fleuve diminuerait l’effet des crues printanières, condamnant ainsi la héronnière.

La baisse du niveau du fleuve pourrait condamner cette héronnière

Le lac Saint-Pierre abrite la plus importante colonie de hérons de la planète

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