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La privatisation de l'eau potable est dans l'air


Nouvelles générales, vendredi, 8 décembre 1995, p. A15

 

 

 

Le responsable du dossier au Comité exécutif, Germain Prégent, ne nie pas la rumeur qui circule

Privatiser ou ne pas privatiser la distribution de l'eau potable à Montréal ?  Telle est la question, mais ce n'est pas demain la veille qu'on saura si l'administration Bourque-Eloyan a fait son lit en cette matière.

«C'est dans l'air, a reconnu hier le responsable du dossier au Comité exécutif, Germain Prégent, mais je ne peux en dire plus. Je ne nie pas les rumeurs, a-t-il ajouté, je dis simplement que je n'ai rien de plus précis à dire.»

M. Prégent a fait cette déclaration devant la Commission de l'administration et des services aux citoyens, chargée par le Conseil municipal d'étudier les crédits budgétaires du Service du génie.

Des pourparlers

Interrogé par les conseillers municipaux Helen Fotopulos (RCM) et Sam Boskey ( CDME), M. Prégent a reconnu qu'il y a peut-être eu des pourparlers.

«Mais je n'ai rien de précis à ajouter qui puisse alimenter la rumeur et les spéculations», a-t-il fait remarquer.

Cela dit, M. Prégent a usé de la même prudence quand on l'a interrogé au sujet de la privatisation éventuelle du laboratoire municipal de la rue de Louvain.

«C'est sûrement des rumeurs, a-t-il déclaré. Il y a peut-être eu des études, mais ça reste des rumeurs.»

N'empêche que la privatisation de la distribution de l'eau potable est à l'étude à l'hôtel de ville de Montréal. Lors de son périple estival en Europe, le maire Bourque a même rencontré les dirigeants de la Lyonnaise des eaux, le puissant groupe français qui contrôle une bonne partie de la distribution de l'eau potable en France.

Évidemment, à l'ordre du jour de cette rencontre, la privatisation de la distribution de l'eau potable à Montréal.  Une affaire, semble-t-il, de 50 millions de dollars par année.

Doré a étudié la question

L'administration municipale précédente, celle du maire Jean Doré, a aussi étudié la question comme elle l'avait fait pour le stationnement et certains services de loisirs. Seul le stationnement a été depuis privatisé.

Le budget du Service du génie n'est que de 42,3 millions en 1996 comparativement à 52,5 millions en début d'année 1995.

Plus tôt cet automne, 108 employés responsables des infrastructures routières sont passés au Service des travaux publics. On a alors amputé 6,9 millions de dollars au budget 1995 du Service du génie.

Pourquoi? a-t-on demandé à M. Prégent hier.  «Pour donner un meilleur service à la population», a-t-il répondu simplement.