2001

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Vers l'année 2002

L'année 2001 baigne dans le désir des firmes d'ingénieurs conseil et de certaines compagnies de transport d'exporter de l'eau en vrac et de l'eau embouteillée.  Les gouvernements sentent bien la réaction négative des populations non seulement du Québec, mais de tout le Canada.  Un geste irréfléchi pourrait mettre en branle les mécanismes du traité de l'Aléna.

Le gouvernement Landry s'apprête à confirmer le moratoire sur les exportations d'eau imposé en 1999 et interdire définitivement ces exportations, à l'exception des contenants de moins de 20 litres. Avec sa nouvelle réglementation, Québec espère en effet clarifier sa position à l'égard des traités internationaux. Ces derniers interdisent l'exportation d'eau par citerne, sans définir ce qu'est une citerne. Pour sa part le gouvernement du Québec impose un maximum de 20 litres d'eau par contenant. Cette réglementation québécoise pourrait être contestée si d'autres provinces décidaient d'une autre définition.

Pendant que le débat sur le captage des réserves d'eau souterraine s'immisce partout au Québec, une autre situation inquiète la population; la menace de voir les chutes de ses rivières bétonnées par des petits barrages, qui ne sont pas le fruit de la nationalisation de l'électricité et ne seront pas opéré Hydro-Québec. Plus d'un se demande, si la société québécoise doit faire subir à ses cours d'eau et à l'environnement des impacts importants pour l'enrichissement de quelques-uns. Le débat n'est pas nouveau, les premières petites centrales privées ont été permises en 1988, la première étant inaugurée à Sainte-Catherine-d'Alexandrie en Montérégie.

Déjà en 1999, la Coalition soutient, par son Comité rivière, la lutte d'un groupe de citoyens s'opposant à la construction d'un barrage sur leurs chutes: Les AmiEs de la Batiscan. De mois en mois, sur les rives des rivières menacées, des citoyens et citoyennes créent des comités de défense de leur chute.

C'est bien en
2001 que le gouvernement du Parti québécois instaure un nouveau programme de construction de petits barrages privés (en partenariat public-privé) sur les chutes de nos rivières. Face à cette situation, le Comité rivière de la Coalition, formé d'Alain Saladzius, Michel Gauthier, Daniel Green, Jean-François Blain, Nathalie Marcotte et d'André Bouthillier qui planchait déjà sur ce programme initialement promu par le Parti Libéral du Québec, décide de prioriser ce dossier. Sous la gouverne des bénévoles du Comité Rivières une démarche fut entreprise pour regrouper des grands groupes environnementaux du Québec qui s'opposerait à la démarche gouvernemental. Afin de financer la lutte, il fut décidé de faire adopter des rivières par des personnalités connues, ce qui aiderait à collecter des fonds auprès des populations.

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L'Opération Adoptez une rivière"

fut mise en place. Formé de l'UQCN (Nature Québec), Aventure écotourisme Québec, la Fédération québécoise du canoë et du Kayak et La Coalition québécoise pour une gestion responsable de l'eau -Eau Secours!, l'auteur-compositeur Paul Piché accepte d'être le porte-étendard de cette lutte.  Une centaine d'artistes deviennent des parrains et marraines de rivières et endossent le plaidoyer pour des rivières libres. Il s'agit aussi de faire connaître des rivières menacées dont les rives n'accueillent que peu de population.

5 avril 2001. Pendant que Terre-Neuve a de l'eau douce en surplus et se cherche des partenaires pour en exporter, Ottawa de son côté, s'apprête à autoriser l'exportation d'eau aux États-Unis. Le député libéral de Toronto / Danforth, Denis Mills, dévoile aux médias l'intention de son gouvernement de créer un comité des Communes pour étudier la question de l'exportation d'eau en vrac. Pourtant, en 1999 les libéraux avaient promis d'interdire par loi les exportations en vrac et les dérivations d'eau vers les États-Unis. L'époque est trouble et trouble la Coalition qui dénonce cette démarche.

24 mai 2001. Coup d'éclat, le ministre des Ressources naturelles du Québec, Jacques Brassard, et le Premier ministre du Québec Bernard Landry, lancent au mépris de tous les rapports dont celui de la Commission Doyon (sur les petites barrages hydroélectrique privés) et des débats publics tenus depuis 10 ans sur le sujet, un programme de construction de 36 barrages privés sur 24 rivières du Québec. Pour Jean-François Blain, porte-parole du Comité rivières pour la coalition Eau Secours!, le programme annoncé «trahit certains des objectifs fondamentaux visés par la nationalisation de l'électricité» dans les années 60.  

Liste préliminaire de sites hydrauliques du domaine de l'État admissibles à la location par le gouvernement
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29 mai 2001. Un groupe survit grâce au financement de ses membres, mais aussi grâce à l'apport de l'ensemble de la société qui s'implique dans les moments forts de la lutte. Dans le contexte de 2001, les artistes se mobilisent et interviennent pour qu'Eau Secours! trouve les moyens financiers de mener les luttes du moment. Raôul Duguay, Daniel Gadouas, Martin Ferron, Suzanne Jacob, Sylvie Legault, Jacques Michel, Patrick Olafson-Hénault, Geneviève Paris, Marie-Claire, Séguin, Sylvie Tremblay, dans une mise-en-scène d'Hélène Pedneault saluent Tout'l'monde.

Spectacle
"All'Eau Tout'l'monde"

Affiche officielle du spectacle



Annonce dans le quotidien Le Devoir
«Des artistes québécois se mouillent pour l’eau»

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31 mai 2001. Depuis plus de 20 ans qu'il était attendu, de tous les intervenants du domaine de l'eau et d'Eau Secours! depuis son passage à la Commission Beauchamp. Enfin le gouvernement du Québec présente une nouvelle règlementation sur la qualité de l'eau potable avec un faux sentiment d'urgence. Comment parler d'urgence alors que 18 mois se sont écoulés depuis les événements de Walkerton, en Ontario? On se rappellera que 6 personnes sont décédées empoisonnées par de l'eau contaminée au E. Coli, suite à une règlementation laxiste du gouvernement provincial, une privatisation de la gestion et le manque de formation des opérateurs.

Pour nous éviter de vivre la même situation, le Conseil des ministres du Québec promulgue ce nouveau règlement qui a déjà été amputé par le ministre de l'Environnement, André Boisclair. Ce dernier a fait retiré du projet de règlement l'obligation pour tous les propriétaires de puits résidentiels de faire un test chaque année afin de vérifier si des coliformes et des nitrates s'y trouvent, des molécules potentiellement cancérigènes, particulièrement abondantes dans les milieux en surplus de fertilisants agricoles. Cette obligation n'est pas maintenue non plus pour les régions en surplus de fumiers agricoles, les plus à risques. Mais le nouveau règlement permet au ministre de l'Environnement d'exiger des tests dans tous les dossiers à risques, ce qui laisse une certaine marge de manoeuvre à Québec. La nouvelle version enlève par ailleurs aux petits réseaux, qui desservent moins de 20 personnes ou cinq résidences, l'obligation de procéder à la batterie de tests annuels qui devient obligatoire pour tous les autres.

Le nouveau règlement imposera un contrôle annuel de plus d'une centaine de paramètres chimiques aux réseaux d'aqueduc en plus d'abaisser sensiblement les normes sur la turbidité de l'eau, un paramètre qui reflète les concentrations de matières organiques présentes dans l'eau brute. Le traitement au chlore de ces eaux brutes riches en matière organique peut provoquer la formation de trihalométhanes, une molécule potentiellement cancérigène.

Quant au règlement sur le captage des eaux souterraines, il impose désormais les mêmes exigences de qualité pour tous les nouveaux systèmes d'approvisionnement en eau potable, petits ou grands. Le resserrement annoncé du règlement québécois sur l'eau potable améliorera la sécurité des eaux de consommation, mais il y a tellement d'exception que cela devient risible. Pour faire court, soulignons qu'au moment de la révision de ce texte en 2009, plusieurs villes dont Montréal ne rencontrent toujours pas les normes édictées par ce règlement. De plus le coût de cette protection continuera d'augmenter et sera refilé aux citoyens et aux municipalités, parce que Québec "n'améliore pas la protection des réserves d'eau brutes, un domaine où il continue d'accuser un retard important" de déclarer Louise Vandelac, porte-parole d'Eau Secours!

 

26 juin 2001. La Coalition Eau Secours! réagit à l'annonce du gouvernement du Québec de permettre 36 barrages hydroélectriques privés sur les rivières, et publie un Plaidoyer pour des rivières libres. Centrales hydroélectriques privées : le gouvernement dilapide notre patrimoine collectif

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29 juin 2001. Eau Secours! forme un vaste regroupement québécois d'organismes opposés au nouveau programme de centrales hydroélectriques privées.
 

1er juillet 2001. Durant l'année, les chroniqueurs de journaux populaires commencent à se prononcer sur l'initiative d'Eau Secours!:

"Défendre notre butin"
Par
Pierre Bourgault

4 septembre 2001 Lettre au Premier ministre du Québec, Bernard Landry

26 octobre 2001  La population invitée à adopter une rivière

3 novembre 2001. Première session de type "Formation par les pairs" à Charlesbourg et à Montréal pour le Groupe Solidarité Justice de la Congrégation de Notre-Dame. Il s'agit d'ateliers sur la conservation, la tarification, le partage, les femmes et l'eau.

Journée "Vannes ouvertes"

21 novembre 2001. Si la lutte contre les petits barrages hydroélectriques privés sur nos rivières tient la Coalition et ses membres en haleine, les volontés d'exporter de l'eau en vrac fait toujours les manchettes. Un des textes de la Coalition fait l'actualité au journal La Presse et est repris partout en province  « Devrions-nous exporter de l’eau ? »

13 décembre 2001. Premier communiqué de presse d'une longue liste, qui annonce qu'un artiste adopte une rivière. Le premier à s'impliquer sera Robert Brouillette

Le comédien Robert Brouillette parraine la rivière Batiscan

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