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L'UPA se bat contre l'élargissement des bandes protégées sur les rives
La MRC Nicolet-Yamaska crée un précédent en limitant les activités agricoles dans une bande de 10 mètres.

Les Affaires
Actualités, samedi, 6 octobre 2007, p. 8

Des inspectrices à l'oeuvre

 

L'Union des producteurs agricoles (UPA) mène une lutte serrée pour empêcher que des bandes de terre élargies, le long des rivières, soient interdites à l'agriculture.

Cette bataille survient en plein débat sur la responsabilité des agriculteurs dans la prolifération des algues bleues - les cyanobactéries-dans les lacs du Québec.

Martine Messier, première vice-présidente de l'UPA, dit craindre que le gouvernement du Québec autorise les municipalités à décréter des bandes riveraines qui soient trois fois plus larges que la dimension exigée depuis plusieurs décennies par le gouvernement.

 
«

On sait qu'on est coupable de quelque chose.  Et on fait des efforts.  Mais on ne veut pas de nouveaux règlements de type mur à mur    - Martine Messier

»
 

Les groupes écologistes Greenpeace Canada et la Coalition québécoise pour une gestion responsable de l'eau - Eau Secours! réclament des bandes riveraines de 10 mètres, plutôt que l'actuel trois mètres, partout où les rivières sont bordées de fermes.

 

 

Il s'agirait d'une mesure insensée selon Mme Messier, qui estime que les bandes devraient être modulées en fonction de la géographie.  Là où les pentes sont douces et l'érosion moins forte, les bandes riveraines devraient être plus étroites, dit-elle.

Pas de problème, rétorquent les écologistes. "Il y a moyen d'accepter une certaine flexibilité.  Mais à certains endroits, il faudra des bandes de plus de 10 mètres", dit Éric Darier, responsable de la campagne Agriculture chez Greenpeace.

La crainte des agriculteurs s'est matérialisée cet été lorsque Nathalie Normandeau, ministre des Affaires municipales et des Régions, a approuvé le controversé projet de la municipalité régionale de comté (MRC) de Nicolet-Yamaska. Cette MRC a obtenu l'autorisation d'imposer des bandes riveraines de 10 mètres en milieu agricole.

Il s'agit d'un précédent puisque le règlement provincial actuel limite la largeur de la bande riveraine à trois mètres.

Mme Normandeau a expliqué aux Affaires qu'elle avait accordé ce privilège après avoir reçu une deuxième version du règlement de contrôle intérimaire, qui comportait en annexe une analyse scientifique.

La ministre s'est laissée convaincre par le fait que les pentes sont assez prononcées dans cette région, et que le règlement ne touche que 3,4 hectares de terres agricoles.  "Dans ce cas, on a trouvé un équilibre entre l'agriculture et l'environnement", dit-elle.

Au grand dam de l'UPA, la MRC imposera des amendes aux agriculteurs qui cultivent leurs terres à moins de 10 mètres des rivières Bécancour, Nicolet et Saint-François

Nathalie Normandeau
Ministre des Affaires municipales

La MRC sera plus sévère que jamais avec les agriculteurs qui ne respectent pas la bande riveraine de trois mètres le long des autres cours d'eau.

" Le règlement de la bande de 10 mètres constitue un signal. Il y a plus de gains à faire respecter le minimum de 3 mètres par tout le monde ", dit Jean-François Albert, directeur général adjoint et aménagiste de la MRC.

Un règlement pas toujours respecté

Instaurées il y a plus de 20 ans pour réduire l'érosion des sols, les bandes riveraines imposées par le Règlement sur les exploitations agricoles sont essentielles, selon les écologistes, pour réduire le taux de phosphore dans les cours d'eau.

La végétation qui pousse dans ces bandes se nourrit du phosphore provenant du purin de porc ou des champs de céréales.

Le phosphore nuit à la santé des cours d'eau. Et là où le débit est lent ou nul, il engendre les fameuses cyanobactéries (ou algues bleues).

Le problème, c'est que ce sont les MRC qui doivent assurer le respect du règlement édicté par Québec. Or, les agriculteurs pèsent lourd dans la politique municipale, de sorte que les MRC hésitent à sortir le bâton. Ainsi, rien ne laisse croire que ce règlement est respecté à la lettre, selon une demi-douzaine de responsables de l'aménagement de MRC en milieu agricole que nous avons interrogés.

Pour l'instant, aucune autre MRC ne prépare un règlement élargissant la bande riveraine à 10 mètres, mais plusieurs y songent.

En attendant, l'UPA montre les dents. Qui dédommagera les agriculteurs touchés, demande Mme Mercier.

 

Québec adopte le Règlement modifiant le Règlement sur les exploitations agricoles

Communiqué de presse du Ministère de l'Environnement
Canada NewsWire
Mercredi, 28 novembre 2007

 

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