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L'oligarchie mondiale en effervescence
Bilderberg, en Catalogne début juin 2010
La Commission trilatérale, en Irlande en mai 2010

Pour les dirigeants du groupe de réflexion de Bilderberg, les deux plus récentes tentatives de créer un gouvernement mondial n'ont pas été fructueuses. La peur de la grippe aviaire et la grippe A H1N1 n'ont pas réussi à créer un ministère de la Santé à l'ONU.

Les participants de Bilderberg voudraient bien que la crise économique parvienne à convaincre de créer un ministère de l'économie mondiale. Quant à la réforme de l'ONU, à ce jour les tentatives des
oligarques pour imposer une « Union Américaine » se sont avérées vaines.

Le but ultime des participants au groupe de Bilderberg demeure inchangé: modifier l'Organisation des Nations-Unies ONU en une seule entité politique, divisée en sous-groupes c'est-à-dire l'Union des Amériques, comprenant Cuba et toutes les îles de l'Atlantique, l'Union de l'Asie-Pacifique, l'Union Européenne et autres en devenir

Sources

American Free Press:

Agence Chine Nouvelle - Xinhua

Global Times

Le Courrier International

Égalité & Réconciliation

Mécanopolis

Le blog de la Science au XXI Siècle

Propos par JosPublic
pour MétéoPolitique.com
 En ligne le 20 avril 2010   

Le 11 avril 2009, dernier jour des négociations de Bonn sur le climat, le Global Times diffuse une dépêche de l'agence de presse "Agence Chine nouvelle - Xinhua" rappelant les objectifs proposés par le négociateur chinois:

i) aboutir à une quantification, pour l'ensemble des pays développés, des diminutions de l'émission de gaz à effet de serre conformes à l'esprit du protocole de Kyoto;

ii) que les pays « développés » apportent leur aide aux pays « en voie de développement » dans les domaines financier et de transfert de technologie.
 

Le réchauffement climatique deviendra-t-il un prétexte pour imposer de telles mesures au nom, notamment, d'une prétendue « urgence écologique » ?

En tout état de cause, l'utilisation de la question du climat par les « élites occidentales » pour imposer une « gouvernance mondiale » sous leur contrôle paraît bien compromise, même si au moment de sa désignation l'actuel président du Conseil Européen, Herman Van Rompuy avait proclamé (01) haut et fort la marche vers une « gouvernance mondiale » par le biais notamment du G20 et de la conférence de Copenhague sur le climat.

Herman Van Rompuy
président du Conseil Européen

 

Mais l'Union Européenne peut-elle donner des leçons au monde, si on pense par exemple à la situation financière catastrophique de la Grèce et, plus globalement, à la ruine économique des pays de l'Europe occidentale générée par trois décennies de délocalisations financières et industrielles ?

C'est en Grèce, que s'était réuni le cercle de Bilderberg il y a un an. Cette année, son hôte semble être un autre État européen en situation critique : l'Espagne et, plus précisément, la localité de Sitges en Catalogne, une petite ville à 20 kilomètres de Barcelone. Comme toujours la réunion se tiendra derrière un mur armé de gardes qui empêcheront les curieux journalistes de s'en approcher. Encore une fois c'est un effort futile pour garder l'événement secret. Une centaine de personnes, dignes représentants et représentantes de la puissante élite financière et politique mondiale participeront aux activités du Groupe de Bilderberg. La réunion se tiendra du 3 au 6 juin 2010 un mois après la Commission Trilatérale dont la réunion est prévue en Irlande à Dublin au Four Seasons Resort du 7 au 9 mai 2010.

Jim Tucker du American Free Press présente ainsi le programme stratégique ou les attentes envisagées par le cercle de Bilderberg:

 - La récession mondiale devrait durer, au moins, encore un an. Les « élites occidentales » devraient en profiter pour tenter d'imposer une gouvernance financière mondiale avec un véritable « Département du Trésor ». L'objectif découle de la dernière réunion du groupe en Grèce le printemps passé, mais les efforts ont été bloqués par les nationalistes européens et américains. Ces derniers refusent de renoncer à la souveraineté de leur pays au profit de l'Organisation des nations-unies. Bien sûr que le mot nationalisme est un sale mot pour les tenants de la mondialisation telle que préconisée par Bilderberg.

Tucker rappelle à ce sujet des propos tenus il y a deux semaines par Nicolas Sarkozy à l'Université de Columbia, réclamant notamment « un nouvel ordre monétaire mondial ». Dans la même intervention, Sarkozy a ouvertement assimilé l'ONU à un « gouvernement mondial ». (02)

- Les Nations Unies devraient devenir un véritable gouvernement mondial, avec les États souverains actuels réduits au statut de simples références géographiques. L'Union Européenne devrait devenir un État à l'échelle continentale, et pareil pour des équivalents dans les autres continents.

Mais Tucker fait remarquer, sur ce dernier point, qu'à ce jour les tentatives des oligarchies pour imposer une « Union Américaine » se sont avérées vaines. Le but ultime des participants au groupe de Bilderberg demeure inchangé: modifier l'Organisation des Nations-Unies en une seule entité politique, divisée-en-sous groupe c'est à dire l'Union des Amériques, comprenant Cuba et toutes les îles de l'Atlantique, l'Union de l'Asie-Pacifique, l'Union Européenne et autres en devenir.

L'Oligarchie européenne adhère aux objectifs de Bilderberg

Les puissances de l'Europe occidentale, qui à ce jour persistent à vouloir donner des leçons au monde, ont-elles réussi leurs propres révolutions bourgeoises ? Tel ne semble pas être le cas, à en juger par le nombre des monarchies qui règnent encore sur des pays « riches » du continent.

Et l'effondrement des économies des pays occidentaux, est-il autre chose que le résultat de plus d'un siècle et demi d'exportation incessante de capitaux ? Des opérations au bénéfice d'intérêts privés, qui se sont soldées notamment par la guerre franco-allemande de 1870, suivie de la
« grande expansion coloniale », de deux guerres mondiales et d'une politique systématique de délocalisations depuis les années 1980.

Les oligarchies « occidentales », qui ont répandu la guerre et ruiné leurs propres pays, paraissent très mal placées pour donner des leçons de
« gestion » au monde entier. A fortiori, pour lui imposer une quelconque « gouvernance » par leurs soins.

Mais après avoir délocalisé capitaux et activités productives, que reste-t-il à vendre d'autre que la « gouvernance », la « gestion », le tant vanté « management », la « haute administration »... ? Les meubles, certes...

Pourtant, pas question d'autocritique ni de changement de politique. Le 9 avril 2010, Le Monde faisait état de cette réponse de Van Rompuy à la question : « Quel est le plus grand danger qui menace l'Europe ? » : « C'est le populisme, qui génère le manque d'engagement européen. En tant que Belge, je suis bien placé pour en parler. Le populisme va à l'encontre du courage politique. (...) Quand je vois l'agenda, les réformes nécessaires, les défis budgétaires, on sera contraint de prendre des mesures impopulaires. On devra le faire, on n'aura pas le choix. » (03)

Juste avant sa nomination à la présidence du Conseil Européen, étant à l'époque Premier ministre belge, Herman Van Rompuy avait exposé sa candidature à un dîner du groupe de Bilderberg : (04)

A la réunion annuelle de la Commission Trilatérale tenue en avril 2009 à Tokyo (05), Edward Gerald Corrigan, ancien président du Federal Reserve Bank of New York (06) et actuellement « managing director » auprès du PDG de la banque d'affaires états-unienne Goldman Sachs, a estimé à la fin de son intervention : "Comme résultat de la crise économique, l'hégémonie états-unienne sur les affaires financières et économiques a été gravement endommagée. Malgré que ce recul temporaire pourra partiellement être récupéré, le recul compliquera davantage les tâches difficiles de renforcer la coordination des politiques mondiales."  (07)

Mais un an plus tard, la débâcle économique des anciennes puissances hégémoniques s'est soldée par la montée des pays de l'Asie destinataires des délocalisations des décennies récentes, alors que la crise sociale faisant suite à la désindustrialisation frappe de plein fouet les populations des pays « occidentaux ».

Le 30 mars 2010, Jacques Delors (08) publiait dans Le Figaro un éditorial intitulé « Pour un renouveau du partenariat euro-américain » : où il réclamait notamment, de la part de l'Europe et des États-Unis, la mise en place d'une « nouvelle doctrine commune pour la maîtrise de la mondialisation » et, en particulier « le renoncement aux doubles démons euro-américains que furent l'illusion des souverainetés nationales d'un côté, l'illusion de l'hégémonie sociale de l'autre ». (09)

En clair, pour le casseur économique et social qu'a été Jacques Delors tout au long de sa carrière politique, la solution est simple. Les  « petits citoyens » doivent payer avec l'existence même de leurs États, et avec les acquis sociaux dont ces États sont encore les garants, la facture de deux siècles d'impérialisme de « leurs élites ». Lesquelles entendent continuer à diriger les affaires, comme si rien n'était. Tel est, si on va au fond des choses, le véritable programme du cercle de Bilderberg.

 Notes:

01

Déclaration télévisée de l'actuel président du Conseil Européen, Herman Van Rompuy

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02

Propos tenus par Nicolas Sarkozy à l'Université de Columbia USA, réclamant notamment « un nouvel ordre monétaire mondial ». Dans la même intervention, Sarkozy a ouvertement assimilé l'ONU à un « gouvernement mondial »

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03

Le 9 avril 2010, le journal Le Monde faisait état de cette réponse du président du Conseil Européen Van Rompuy : à la question : « Quel est le plus grand danger qui menace l'Europe ? »

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04

Van Rompuy se dévoile devant le groupe de Bildergerg

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05

Programme de la réunion annuelle de la Commission Trilatérale tenue en avril 2009 à Tokyo

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06

Federal Reserve Bank of New York

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07

Discours devant la Commission Trilatérale en 2009 à Tokyo.  Edward Gerald Corrigan, ancien président du Federal Reserve Bank of New York et actuellement « managing director » auprès du PDG de la banque d'affaires états-unienne Goldman Sachs,

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08

Qui est Jacques Delors

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09

Nouvelle doctrine commune pour la maîtrise de la mondialisation par Jacques Delors

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