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Pauline Marois déguisée en présidente de chambre de commerce
dans Forum Économique Mondial qui a perdu son âme

Le FEM a vu le jour en 1971, dans la foulée de la décision des États-Unis de Richard Nixon d'abandonner l'étalon-or et, donc, de mettre fin à la convertibilité en or du dollar américain. C'est pour répondre aux inquiétudes que soulevait cette nouveauté dans le système financier international que des universitaires se sont rencontrés pour discuter d'économie mondiale dans le petit village alpin de Davos, en Suisse. Le FEM est donc devenu l'un des premiers rendez-vous de discussion autour des grands enjeux économiques liés à ce qu'on n'appelait pas encore la mondialisation à l'époque.

 
 

Un forum dépassé par sa foire commerciale

 
 

Dans la même mouvance de mondialisation économique, en 1975, à la suite du premier choc pétrolier, le président français Valéry Giscard d'Estaing ( 01 ) tient à Rambouillet le premier Sommet des pays industrialisés auquel participent cinq autres nations dans ce qui devient le G6 auquel le Canada se joindra l'année suivante.

À la différence de ces rencontres du G7 (qui se transforme en G8 lorsque la Russie adhère au groupe en 1998) qui se déroulent entre chefs d'État, le Forum économique mondial ( 02 ) s'est développé au fil des ans en donnant une place toujours plus importante aux dirigeants des grandes sociétés multinationales.

On voulait y entendre les grands industriels partager leur vision du monde, du développement et de la croissance économique et, de plus en plus depuis les années 2000, les entendre exprimer leur volonté à présider une croissance davantage orientée vers la durabili

C'est ainsi que le Forum de Davos est devenu le lieu d'échanges sur le développement économique mondial le plus couru et le plus médiatisé du monde.

Essentiellement, parce qu'il attire, bon an, mal an, un nombre inégalé de grands décideurs économiques.té et vers un partage plus équilibré de la richesse qu'elle peut générer.

Ce sont des PDG des plus importantes multinationales - plus de 1 600 en 2013 - qui côtoient des chefs d'État de 45 pays et plus de 1 000 chercheurs, professeurs et responsables d'organisations humanitaires

Cette année, c'est autour du thème «Le dynamisme de la résilience» ( 03 ) que s'articulent les 260 ateliers du Forum du 23 au 27 janvier 2013.

On s'interroge sur les façons de diriger dans l'adversité, on se demande comment renforcer la résilience sociale et, enfin, comment restaurer le dynamisme économique. Voilà pour les grands enjeux de ces 260 ateliers.

 

Mais pendant quatre jours, Davos devient surtout le lieu de réseautage le plus prestigieux au monde. Après les séminaires savants et les conférences sérieuses à répétition qui ont lieu le jour, tout le gratin de Davos se rencontre le soir pour échanger de façon informelle dans une multitude de réceptions, de fêtes privées et de cocktails.

Ces soirées organisées par des multinationales en besoin de représentation ou par des multimilliardaires en quête de reconnaissance ou des bureaux de consultants et des gouvernements de partout dans le monde visent à créer des liens d'affaires ou à tisser plus serrées des communautés d'intérêts.

C'est ce qui fait l'intérêt de Davos et c'est pourquoi des entreprises canadiennes y font systématiquement leur pèlerinage annuel.

Sur le plan médiatique, le Forum économique mondial de Davos a toutefois perdu de son lustre. La place toujours plus omniprésente qu'y occupent les dirigeants de multinationales a réduit considérablement le nombre d'accréditations pour les journalistes.

De moins en moins de médias peuvent accéder à l'événement, dont la couverture est de plus en relayée par les agences de presse. Une couverture superficielle qui trouve un écho moins grand dans les médias écrits et télévisés.

Le FEM est devenu un business en multipliant les franchises. On a maintenant un Sommet sur les priorités mondiales qui se déroule à Dubaï, un FEM sur l'Inde, un FEM sur l'Amérique latine, un FEM sur l'Afrique, comme on a eu un Forum sur la reconstruction de l'Europe.

À trop vouloir rentabiliser la formule, les organisateurs du FEM en ont fait un événement médiatique suranné, marginalisé par rapport aux autres grandes conférences internationales telles que le G20.
 

Les canadiens à Davos
liste non exhaustive

Bombardier: et son président, Pierre Beaudoin ( 04 ), qui a pris la relève de son père, Laurent, qui a assisté à plus d'une vingtaine de FEM. Il était accompagné de Pierre Alary, chef finance et vice-président sénior;

Groupe BMO;
Caisse de dépôt et placement du Québec;
SNC-Lavalin: qui sont des habitués de l'événement et qui vont sûrement chercher des contacts à corrompre; ( 05 )
Mouvement Desjardins: Monique Leroux, PDG, en est à sa deuxième participation;
RIM: Thorsten Heins PDG, profite sûrement de sa première présence pour vendre son BB-10 qui doit être lancé bientôt;
Université de Toronto:
Adam Anderson professeur associé en psychologie au laboratoire "Affect and Cognition Laboratory (ACLAB)";
Ministère canadien des Affaires extérieures: le ministre John Baird

Fondation Bata Shoe: Sonja Bata;
Aecon Group Inc.: John M. Beck, président et chef de la direction. La maison mère de Tecsult dont il est question à la Commission Charbonneau ( 06 ).

 

Pauline Marois déguisée en présidente de chambre de commerce

 
 

La première ministre a décliné une longue liste d'entreprises et de politiciens qu'elle a rencontrés au Forum économique mondial de Davos. Sa liste d'investissements était plus courte: une entente de principe, qu'elle ne pouvait chiffrer, entre Boeing et la société québécoise RER. ( 08 ) Mais elle se console en constatant qu'elle aurait rassuré les investisseurs.

«Nous avions à l'égard de certaines entreprises des inquiétudes, quant à la fragilité de leurs investissements et leur volonté de continuer de travailler avec le Québec», a-t-elle reconnu sans expliquer pourquoi.

À l'automne 2012, l'opposition soutenait que les hausses d'impôt rétroactives -annulées depuis- et l'incertitude sur les redevances minières effrayaient les investisseurs.

«Mais il s'est avéré dans tous les cas -j'ai vu Alcoa, Tata, ArcelorMittal- que les entreprises sont non seulement intéressées à consolider leurs investissements, mais à continuer à investir au Québec», a poursuivi Mme Marois.

Elle ne croit pas que le retrait de Pétrolia envoie un mauvais message à l'international. Même si elle détenait de Québec un permis de forage exploratoire pour son puits Haldimand 4 à Gaspé, Pétrolia ( 09 ) a dû y suspendre ses activités parce que le conseil municipal a adopté un règlement spécial. «J'aime mieux une attitude comme celle de Pétrolia, et les échanges corrects qu'on a vus entre les différents partenaires, que de laisser se détériorer une situation», pense la première ministre.

Qu'allait-elle offrir aux investisseurs potentiels ?

Marois vante les crédits d'impôt

La première ministre a vanté notamment deux crédits d'impôt annoncés dans le budget d'automne 2012: un congé fiscal de 10 ans pour les investissements de plus de 300 millions de dollars dans la transformation des ressources minières, le commerce en gros et l'hébergement de données informatiques, ainsi que le prolongement jusqu'en 2017 du crédit d'impôt à l'investissement.

Elle mise sur un autre appât, l'hydroélectricité, qui est «plus disponible aujourd'hui». Hydro-Québec sera en effet en surplus jusqu'à au moins 2027. Ces surplus permettent d'attirer les entreprises étrangères en offrant de l'électricité à rabais.

Hydroliennes et effets spéciaux

L'entente avec RER porte sur la recherche pour des hydroliennes, activées par le courant marin.  «Il y a un projet d'expérimentation, de vitrine technologique qui pourrait nous permettre de produire chez nous des appareils fort intéressants pour de l'énergie verte et de l'économie verte. Boeing est le partenaire de cette entreprise. Dans les semaines qui viennent, j'aurai l'occasion de faire état exactement de cette entente de principe et de la contribution qu'apporte le gouvernement», a poursuivi Pauline Marois.

Une nouvelle entente doit aussi être annoncée avec Framestore, une boîte d'effets spéciaux qui a collaboré entre autres à Lincoln et Zero Dark Thirty. Sur son site, l'entreprise dit recruter pour un nouveau bureau à Montréal. ( 10 )

Le régime fiscal avantageux du Québec l'aurait attirée. ( 11 )

«Il y a d'autres projets, a ajouté Mme Marois. Je ne veux pas vous les annoncer maintenant, parce qu'il y a encore du fignolage à faire, des fils à attacher, et parfois ça prend plus d'une semaine à faire cela, ce sont de très gros projets d'investissement

Plan Québec pour l'Afrique

À Davos, Mme Marois a participé à deux ateliers: un sur l'égalité homme-femme dans la haute gestion et un autre sur le développement minier responsable. Québec n'a pas encore présenté sa réforme de la Loi sur les mines. Selon La Presse canadienne, très peu d'étrangers ont assisté à cette présentation.

Le première ministre y a, entre autres, rencontré des dirigeants de 12 entreprises, dont Volvo, Ericsson, Ubisoft, Volvo, Lockheed Martin, Novartis et Merck. Elle s'est aussi entretenue avec le ministre de l'Économie et des Finances de la France, le commissaire au marché intérieur de l'Union européenne, le secrétaire des Finances du Mexique, la commissaire exécutive de la convention des Nations unies sur les changements climatiques ainsi que la présidente de la Rhénanie-Du-Nord, un land allemand de 18 millions d'habitants. «Nous aimerions établir le même type de relations que nous avons avec Munich et la Bavière», indique-t-elle.

Elle a aussi rencontré le président de la Banque africaine de développement, Donald Kaberuka. «Nous travaillons sur une politique africaine au Québec, qu'on rendra publique au début de l'été. L'idée est de favoriser les échanges entre des pays d'Afrique et le Québec, qui veulent avoir accès à des marchés. Il y a aussi un marché intéressant en Afrique qui est en train de se développer.»

 
 

Commentaire de JosPublic

 
 

On me dira qu'il en fut toujours ainsi et je répondrai que j'en ai rien à cirer des vieilles pratiques et qu'avant, il y eut un jour où la démocratie n'existait pas plus que le référendum électronique. Ceci pour dire que je ne trouve pas très sain de voir notre Première ministre Pauline Marois comme John James Charest avant elle, se comporter en Chef de Chambre de commerce.

Il me semble que les affaires de l'État sont multiples et que l'industrie n'en est qu'une parmi tant d'autres. Chaque secteur de la vie des québécois et québécoise crée sa propre richesse et ses emplois, et je pense ici entre autres à la Culture. Pourquoi ne pas laisser Françoise Bertrand s'occuper de ses petits, elle qui n'a que des gros mots pour qualifier le rôle de l'État? Que la Fédération des Chambres de commerce et le Conseil du patronat fassent leur travail.

À moins qu'ils ne veuillent pas de compétition sur leur terrain et conséquemment n'iraient pas inviter d'autres entreprises à venir leur faire concurrence? Si cela est le cas, les chambres de commerce sont donc des syndicats de marchands comme on a des syndicats d'électriciens ou de dentistes. C'est bon à retenir pour s'y référer lors des prochains débats publics.

Quant à Mme Marois à Davos, c'est assez pitoyable de voir une chef d'État se prosterner aux pieds de PDG qui ne sont même pas propriétaires d'entreprises. ( 07 ) Ce ne sont que des fonctionnaires d'entreprises dont les fonds sont publics (bourse). Alors voir ainsi une Première ministre les traiter comme s'ils étaient des rois donne l'image que la démocratie est subordonnée à des gens qui gagnent des sommes royales en effet, mais ce n'est pas une raison pour leur permettre de conditionner les politiques de l'État.

On nous dit qu'ils créeront des emplois, pourtant nous voyons statistiquement année après années que ce sont les petites et moyennes entreprises d'ici qui en créent, pas Bombardier qui délocalise ses opérations au Mexique. Et chaque fois qu'on reçoit les multinationales chez nous, il nous en coûte à même nos taxes plus d'un million de $ par emploi créé.

Nous avons ici la main d'oeuvre qualifiée, l'expertise et les ressources naturelles qu'ils convoitent. C'est à eux de faire leur offre et aux gouvernement par la suite d'évaluer si c'est nécessaire de les aider. Il faut sortir de la spirale du "qui en donnera le plus pour les inviter à venir spolier nos vies et nos ressources".

À force de se prosterner devant eux, ils comprennent que leur colonisation est toujours la bienvenue chez le colon.

Sources: Jean-Philippe Décarie et autres du journal La Presse/Gesca pour Power Corporation of Canada, MétéoPolitique

Choix de photos, fusion de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Publication : 3 mars 2013

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

Forum Économique Mondial
à Davos

Fiche: Gouvernants illégitimes

  Régime démocratique

Notes & Références encyclopédiques:

01
 

À propos de Valéry Giscard d'Estaing fut président de la république de France du 27 mai 1974 au 21 mai 1981 - Sur Wikipedia

 

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02

Qu'est-ce que le Forum économique mondial de Davos ? Sur Wikipédia

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03
 

À propos du thème du Forum 2013:: "Resilient dynamism" ou Dynamic resilience" - Sur La Tribune de Genève

 

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04
 

À propos de Pierre Beaudoin -  aura bientôt besoin de vacances pour dépenser sans compter - Sur MétéoPolitique

 

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05

À propos de SNC/Lavalin et l'éthique des hauts-dirigeants - Sur MétéoPolitique

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06
 

À propos des représentants de AECOM/Tecsult à la Commission Charbonneau - Sur MétéoPolitique

 

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07

Pauline Marois a Davos - Sur le site de la Première ministre

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08

À propos de la société québécoise RER

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09

À propos de Pétrolia au Québec

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10

L'entreprise dit recruter pour un nouveau bureau à Montréal

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11

Le régime fiscal avantageux du Québec

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