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Donald Trump: le populisme et l'enjeu d'un gouvernement mondial

Voici une vision inusitée et décapante d'une lutte mettant en vedette le nouveau président états-unien.   Ce genre d'analyse est de haute voltige mais pleine de sens politique à un niveau où peu de commentateurs osent s'aventurer.   Pour faire ce genre d'analyse, il faut avoir des contacts dans le monde des enjeux géopolitique et suivre les discours des diplomates autant russes, chinois qu'européens pour saisir la nature des enjeux en cause.   Il y a présentement deux factions du capitalisme états-uniens engagées dans une lutte à mort pour obtenir le pouvoir mondial. 

L'un des groupes prône un gouvernement mondial dirigé par des gens d'affaires richissimes quitte à l'obtenir par des guerres incessantes.  Ce groupe est appuyé par l'industrie de l'armement et des grandes fondations (Rockfeller, Sorros, etc.).   L'autre groupe souhaite prendre le pouvoir mondial par le commerce en commençant par reconstruire l'économie états-unienne sans mettre d'importance sur les institutions mondiales.   Ce groupe est appuyé par la direction des grandes multinationales et de tous ceux et celles qui se méfient des effets d'un gouvernement mondial sur leur richesse ou niveau de vie.  Présentement des mouvements se forment partout dans le monde pour appuyer un groupe ou l'autre.  Donald Trump fait partie du deuxième groupe et voici l'analyse qu'en fait Thierry Meyssan.  

Certaines hypothèses sont difficiles à saisir mais après vérification JosPublic les retient comme étant autant d'outils pour mieux comprendre la complexité de la lutte politique et non comme des vérités absolues qui de toute façon ne pourront s'avérer qu'avec le temps. - JosPublic

 

 
 
 

Deux semaines après son investiture, la presse grand public et d'obédience atlantiste,  poursuit son œuvre de désinformation et d’agitation contre le nouveau président états-unien.   Celui-ci et ses premiers collaborateurs multiplient des déclarations et des gestes apparemment contradictoires, de sorte qu’il est difficile de comprendre ce qui se passe à Washington.

 
 

La campagne anti-Trump

La mauvaise foi de la presse grand public et dite atlantiste se vérifie sur chacun de ses quatre thèmes principaux.

 
 

1. Concernant le début du démantèlement de l’Obamacare (20 janvier 2017), force est de constater que, contrairement à ce que prétend la presse atlantiste, les classes défavorisées qui devaient profiter de ce dispositif l’ont massivement boudé.   Cette forme de « sécurité sociale » s’est avérée trop coûteuse et trop directive pour séduire.   Seules les compagnies privées gérant ce système en ont été pleinement satisfaites.

2. Concernant la prolongation du Mur à la frontière mexicaine (23-25 janvier 2017), il n’y a rien de xénophobe là-dedans : le Secure Fence Act a été signé par le président George W. Bush qui en a débuté la construction.   Celle-ci a été poursuivie par le président Barack Obama avec l’appui du gouvernement mexicain de l’époque.  

Au-delà de la rhétorique à la mode sur les « murs » et les « ponts », les dispositifs de frontières renforcées ne fonctionnent que lorsque les autorités des deux côtés s’accordent à les rendre opérationnels. Ils échouent toujours lorsque l’une des parties s’y oppose.   L’intérêt des États-Unis est de contrôler les entrées de migrants, celui du Mexique est de stopper les importations d’armement.   Rien de cela n’a changé.

Cependant, avec l’application du Traité de libre-échange nord-américain (Aléna), des sociétés transnationales ont délocalisé des États-Unis vers le Mexique, non seulement des emplois sans qualification (conformément à la règle marxiste de la « baisse tendancielle du taux de profit »), mais aussi des emplois qualifiés qu’elles font exercer par des ouvriers sous-payés (« dumping social »).

L’apparition de ces emplois à provoqué un fort exode rural, déstructurant la société mexicaine, sur le modèle de ce qui s’est passé au XIXème siècle en Europe.   Les transnationales ont alors abaissé les salaires, plongeant dans la pauvreté une partie de la population mexicaine ; laquelle ne rêve plus que d’être payée correctement aux États-Unis même.   Donald Trump ayant annoncé qu’il allait retirer la signature US de l'ALÉNA, les choses devraient rentrer dans l’ordre dans les années à venir et satisfaire à la fois les Mexicains et les États-uniens.  

3.Concernant l’interruption volontaire de grossesse (IVG) (23 janvier 2017), le président Trump a interdit le versement de subventions fédérales aux associations spécialisées qui reçoivent des fonds de l’étranger.   Ce faisant, il a mis en demeure les associations visées de choisir soit entre leur objet social d’aide aux femmes en détresse, soit d’être payées par George Soros pour manifester contre lui —comme ce fut le cas, le 21 janvier 2017—.   Ce décret n’a donc aucun rapport avec l’IVG, mais avec la prévention d’une « révolution colorée ».

4. Concernant les décrets anti-immigration (25-27 janvier 2017), Donald Trump a annoncé qu’il allait appliquer la loi —héritée de l’ère de Barak Obama—, c’est-à-dire expulser les 11 millions d’étrangers en situation irrégulière.    Il a suspendu les aides fédérales aux villes qui ont annoncé refuser d’appliquer la loi —où trouvera-t-on des femmes de ménage, s’il faut les déclarer ?—.   Il a précisé que parmi ces illégaux, il allait commencer par expulser les 800 000 criminels qui ont fait l’objet de condamnations pénales, aux États-Unis, au Mexique ou ailleurs.

En outre, pour prévenir l’arrivée de terroristes, il a suspendu toutes les autorisations d’immigrer aux États-Unis et a interdit pour trois mois les personnes originaires de pays où il est impossible de vérifier leur identité et leur situation.   Il n’a pas lui-même établi la liste de ces pays, mais a renvoyé à un texte précédent du président Obama.   Par exemple, ici en Syrie, il n’y a plus ni ambassade, ni consulat états-unien.   D’un point de vue de police administrative, il est donc logique de placer les Syriens sur cette liste.

Au demeurant, cela ne peut concerner que des flux minimes de personnes.   En 2015, seuls 145 Syriens ont obtenu la « carte verte » états-unienne.   Conscient des nombreux cas particuliers qui pourraient surgir, le décret présidentiel a donné toute liberté au département d’État et au département de la Sécurité de la Patrie (Homeland Security) pour accorder des dispenses.   Le fait que l’application de ces décrets ait été sabotée par des fonctionnaires opposés au président Trump qui les ont appliqués avec brutalité ne fait de ce dernier ni un raciste, ni un islamophobe.

La campagne conduite par la presse atlantiste contre Donald Trump est donc infondée.   Prétendre qu’il a ouvert une guerre contre les musulmans, évoquer publiquement sa possible destitution, voire son assassinat, ce n’est plus de la mauvaise foi, c’est de la propagande de guerre.

 

 
 

L’objectif de Donald Trump

 
 

Donald Trump fut la première personnalité au monde à contester la version officielle des attentats du 11-Septembre 2001, le jour même à la télévision.   Après avoir rappelé que les ingénieurs ayant construit les Twin Tower travaillaient désormais pour lui, il déclara sur le Canal 9 de New York qu’il était impossible que des avions Boeing aient traversé les tours malgré les structures en acier.   Il poursuivit en constatant qu’il était également impossible que des Boeing aient provoqué l’effondrement des tours.   Il conclut en affirmant qu’il devait y avoir d’autres facteurs alors inconnus.

Depuis cette date, Donald Trump n’a eu de cesse de résister à ceux qui avaient commis ces crimes.   Lors de son discours inaugural, il a souligné qu’il ne s’agissait pas d’un passage de pouvoir entre deux administrations, mais d’une restitution du pouvoir au peuple états-unien qui en avait été privé [depuis 16 ans]

Durant sa campagne électorale, à nouveau durant la période de transition, et depuis sa prise de fonction, il a répété que le système impérial des dernières années n’a pas profité aux États-uniens, mais à une petite clique dont Madame Clinton est la figure emblématique.   Il a déclaré que les États-Unis ne chercheraient plus à être les « premiers », mais les « meilleurs ».   Ses slogans sont : « L’Amérique grande à nouveau » (America great again) et « L’Amérique d’abord » (America first).

Ce virage politique à 180° bouscule un système mis en place durant les 16 dernières années et qui trouve son origine dans la Guerre froide voulue par les seuls États-Unis en 1947.   Ce système a gangréné de nombreuses institutions internationales, telles que l’OTAN (Jens Stoltenberg et le général Curtis Scaparrotti), l’Union européenne (Federica Mogherini), et les Nations unies (Jeffrey Feltman ).

Si Donald Trump y parvient, réussir cet objectif lui demandera des années.

 

 
 

Vers le démantèlement pacifique de l’Empire états-unien

 
 

En deux semaines, beaucoup de choses ont commencé, souvent dans la plus grande discrétion.   Les déclarations tonitruantes du président Trump et de son équipe ont volontairement semé la confusion et lui ont permis de faire confirmer les nominations de ses collaborateurs par un Congrès partiellement hostile.

Comprenons que c’est une guerre à mort qui a commencé à Washington entre deux systèmes.   Laissons donc la presse atlantiste commenter les propos souvent contradictoires et incohérents des uns et des autres, et attachons-nous aux seuls faits.

Avant toutes choses, Donald Trump s’est assuré de contrôler les organes de sécurité.   Ses trois premières nominations (le conseiller de Sécurité nationale Michael Flynn, le secrétaire à la Défense James Mattis et le secrétaire à la Sécurité de la Patrie John Kelly) sont trois généraux qui ont contesté le « gouvernement de continuité » dès 2003.

Puis, il a réformé le Conseil de Sécurité nationale pour en exclure le chef d’état-major interarmées et le directeur de la CIA.

Même si ce dernier décret devrait être amendé, il ne l’est toujours pas.   Notons au passage que nous avions annoncé la volonté de Donald Trump et du général Flynn de supprimer la fonction de directeur du Renseignement national.  

Pourtant celle-ci a été maintenue et Dan Coats y a été nommé.   Il s’avère qu’il s’agissait d’une tactique pour prétendre que la présence du directeur du Renseignement national dans ce Conseil suffisait à justifier l’exclusion du directeur de la CIA.

La substitution du « meilleur » au « premier » conduit à engager un partenariat avec la Russie et la Chine plutôt que de tenter de les écraser.

Pour empêcher cette politique, les amis de Mesdames Clinton et Nuland ont relancé la guerre contre le Donbass, la province russophone de l'Ukraine.  

Les pertes importantes qu’ils ont subies depuis le début ont conduit l’armée ukrainienne à se retirer et à placer les milices paramilitaires nazies en première ligne.   Les combats ont infligé de lourdes pertes civiles aux habitants de la nouvelle République populaire. 

Simultanément, au Proche-Orient, ils sont parvenus à livrer des blindés aux kurdes syriens comme prévu par l’administration Obama.  Pour résoudre le conflit ukrainien, Donald Trump cherche un moyen d’aider à éjecter le président Petro Porochenko.  

Il a donc reçu à la Maison-Blanche le chef de son opposition, Ioulia Tymochenko, avant même d’accepter une communication téléphonique du président Porochenko.

En Syrie et en Irak, Donald Trump a déjà débuté les actions communes avec la Russie, même si son porte-parole le nie.   Le ministère russe de la Défense qui l’avait imprudemment révélé a cessé de communiquer à ce sujet.  

Washington a révélé à l’état-major russe les emplacements des bunkers des jihadistes dans le gouvernorat de Deir ez-Zor.   Ceux-ci ont été détruits cette semaine avec des bombes pénétrantes.

Vis-à-vis de Beijing, le président Trump a mis fin à la participation états-unienne au Traité trans-Pacifique (TPP) ; un traité qui avait été conçu contre la Chine.

   Durant la période de transition, il a reçu la seconde fortune chinoise, Jack Ma (l’homme qui affirme : « Personne ne vous a volé de jobs, vous dépensez trop en guerres »).   On sait que les discussions ont porté sur la possible adhésion de Washington à la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures. (AIIB)   Si tel devait être le cas, les États-Unis accepteraient de coopérer avec la Chine plutôt que de l’entraver.   Ils participeraient à la construction des deux routes de la soie, ce qui rendrait inutiles les guerres du Donbass et de Syrie.

En matière financière, le président Trump a commencé le démantèlement de la loi Dodd-Frank qui avait tenté de résoudre la crise de 2008 en prévenant la faillite brutale de grandes banques (« too big to fail »). Bien que cette loi ait des aspects positifs (elle fait 2 300 pages), elle institue une tutelle du Trésor sur les banques, ce qui freine évidemment leur développement.   Donald Trump s’apprêterait également à restaurer la distinction entre les banques de dépôts et celles d’investissement (Glass-Steagall Act).

Enfin, le nettoyage des institutions internationales a également commencé.   La nouvelle ambassadrice à l’Onu, Nikki Haley, a demandé un audit des 16 missions de « maintien de la paix ».   Elle a fait savoir qu’elle entendait mettre un terme à celles qui paraîtraient inefficaces.  

C’est au regard de la Charte des Nations unies, le cas de toutes sans exception.   En effet, les fondateurs de l’Organisation n’avaient pas prévu ce type de déploiement militaire (aujourd’hui plus de 100 000 hommes) .   L’Onu a été créée pour prévenir ou résoudre des conflits entre États (et jamais intra-étatiques).   Lorsque deux parties concluent un cessez-le-feu, l’Organisation peut déployer des observateurs pour vérifier le respect de cet accord.   Au contraire, les opérations de « maintien de la paix » visent à imposer le respect d’une solution imposée par le Conseil de sécurité et refusée par une des parties au conflit ; c’est en réalité la poursuite du colonialisme.

Dans la pratique, la présence de ces forces ne fait que prolonger le conflit, tandis que leur absence ne change rien à la donne.   Par exemple, les troupes de la Finul déployées à la frontière israélo-libanaise, mais uniquement en territoire libanais, ne préviennent ni une action militaire israélienne, ni une action militaire de la Résistance libanaise, ainsi qu’on l’a déjà plusieurs fois expérimenté.   Elles servent juste à espionner les Libanais pour le compte des Israéliens, donc à faire durer le conflit. 

De même, les troupes de la Fnuod, déployées à la ligne de démarcation du Golan en ont été chassées par Al-Qaïda sans que cela change quoi que ce soit au conflit israélo-syrien.   Mettre fin à ce système, c’est donc revenir à l’esprit et à la lettre de la Charte, renoncer aux privilèges coloniaux, et pacifier le monde.

Derrière les polémiques médiatiques, les manifestations de rues, et les affrontements politiciens, le président Trump maintient son cap.

 

Source: Thierry Meyssan pour Réseau Voltaire

Choix de photos, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Publication : 9 février 2017

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

  Des clefs pour comprendre la politique étrangère de Trump
Par Pierre Dubuc

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  Ceux qui nous gouvernent illégitimement

 
 
 

Notes & Références encyclopédiques:

Satisfaire à la fois les Mexicains et les États-Uniens

 

« Derrière le Mur bi-partisan », par Manlio Dinucci, Traduction Marie-Ange Patrizio, Il Manifesto (Italie), Réseau Voltaire, 28 janvier 2017.

 

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Une restitution du pouvoir au peuple états-unien

 

« Discours d’investiture de Donald Trump », par Donald Trump,Réseau Voltaire, 21 janvier 2017.

 
 

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OTAN

 

En janvier 2015, la chancelière Angela Merkel manifeste pour la tolérance et contre le terrorisme, bras-dessus bras-dessous avec Aiman Mazyek, secrétaire général du Conseil central des musulmans en Allemagne, en réalité un des leaders des Frères musulmans.

« L’Allemagne et l’Onu contre la Syrie », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie), Réseau Voltaire, 28 janvier 2016.

 
 

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Gouvernement de continuité

 

 « Trump : le 11-Septembre, ça suffit ! », par Thierry Meyssan,Réseau Voltaire, 24 janvier 2017.

 
 

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A réformé le Conseil de sécurité

 

Une réunion du Conseil de sécurité nationale présidée par le président Obama.

« Donald Trump dissout l’organisation de l’impérialisme états-unien », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 30 janvier 2017.

 
 

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Renseignement national

 

« La réforme du Renseignement selon le général Flynn », par Thierry Meyssan, Contralínea (Mexique), Réseau Voltaire, 27 novembre 2016.

 

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