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Le Régime démocratique

Le principal du texte est de
M. Pierre TOUREV
les ajouts sont de
JosPublic

 

Démocratie - Étymologie : du grec dêmos, peuple, et kratos, pouvoir, autorité.

La démocratie repose sur les 3 principes suivants:

  • Débat : échange libre entre personnes afin de prendre des décisions,
     

  • Institution : pour permettre le débat et mettre en œuvre les décisions,
     

  • Justice : afin que l'application des décisions se fasse avec le plus de justice possible.

Analysez tous les régimes en fonction de ces 3 principes et beaucoup de leurs dysfonctionnements vous apparaîtront évidents.

Regardons les régimes qui ne suivent pas les 3 principes de la démocratie:
- anarchie: il n'y a pas d'institution (principe 2)
- dictature: il n'y a pas de lieu de débat (principe 1)
- ultra libéralisme: la justice n'est pas un souci (principe 3)

En théorie, la démocratie est le régime politique dans lequel le pouvoir est détenu ou contrôlé par le peuple (principe de souveraineté), sans qu'il y ait de distinctions dues la naissance, la richesse, la compétence... (principe d'égalité). En règle générale, les démocraties sont indirectes ou représentatives, le pouvoir s'exerçant par l'intermédiaire de représentants désignés lors d'élections au suffrage universel. Dans les faits c'est tout une autre histoire

Les autres principes et fondements de la démocratie :

  • la liberté des individus ;

  • la règle de la majorité ;

  • l'existence d'une "constitution" et d'une juridiction associée;

  • la séparation des pouvoirs (législatif, exécutif et judiciaire) ;

  • la consultation régulière du peuple (élection et référendum) ;

  • la pluralité des partis politiques;

  • l'indépendance de la justice.

La démocratie n'est pas le seul système politique :

  • la monarchie absolue (pouvoir aux mains d'un seul homme) ;

  • l'aristocratie (pouvoir aux mains des meilleurs!) ;

  • l'oligarchie (pouvoir aux mains d'un petit nombre de personnes ou de familles) ;

  • la théocratie (pouvoir aux mains d'une caste religieuse ;

  • l'empire, la dictature et autres régimes totalitaires.

On parle de démocratie économique ou sociale lorsque les droits sociaux, au logement, au travail, à l'éducation... sont garantis.

Démocratie directe


La démocratie directe est l'une des formes premières de la
démocratie dans laquelle le peuple exerce directement le pouvoir politique, alors que dans une démocratie représentative, il l'exerce de manière indirecte.

Dans l'Antiquité et en particulier au VIe siècle avant notre ère, des cités ou des groupes sociaux étaient organisés en démocratie directe.

Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) estime que la démocratie ne peut être que directe en se fondant sur les droits naturels des êtres humains et sur le pacte social qui les unit. Cependant, au XVIIe et au XVIII siècles, de nombreux penseurs considèrent que la démocratie directe n'est applicable que dans de petits pays, avec peu d'habitants et ayant une structure sociale homogène.

Les États démocratiques modernes qui se sont construits à partir de la fin du XVIIIe siècle, sont caractérisés par une démocratie représentative. La seule exception notable est la Suisse, dotée d'une forme originale de démocratie directe.

La démocratie représentative est critiquée sur le fait qu'elle dépossède le peuple
souverain de son pouvoir. La démocratie directe devient alors une alternative. Certains pays ont ainsi intégré des éléments de démocratie directe dans leurs institutions pour que les citoyens soient davantage impliqués dans les décisions politiques.

Exemples d'institutions ou de mécanismes qui relèvent de la démocratie directe ou semi-directe :
  - référendum,
  - assemblées locales,
  - initiatives populaires,
  - pétitions...

Dans le secteur économique, l'autogestion
est une application de la démocratie directe.

Exemples de mouvements ou d'expériences politiques se réclamant de la démocratie directe :

  • la Commune de Paris (1871),

  • les soviets de Russie (1905 et 1917 à 1921),

  • les conseils ouvriers en Allemagne et en Italie (1918-1920),

  • les communautés libertaires espagnoles (1936),

  • les conseils ouvriers hongrois (1956),

  • le mouvement de mai 1968 en France,

  • la révolution iranienne de 1979.

Démocratie participative


Étymologie
: du grec dêmos, peuple, et kratos, pouvoir, autorité et du latin participatio, participer.

La démocratie participative désigne l'ensemble des dispositifs et des procédures qui permettent d'
augmenter l'implication des citoyens dans la vie politique et d'accroître leur rôle dans les prises de décision.

Elle trouve son fondement dans les lacunes de la
démocratie représentative
:

  • parlement non représentatif de la diversité de la société,

  • éloignement des élus du terrain et de la réalité quotidienne,

  • sentiment pour les citoyens de ne pas être compris des politiciens,

  • méfiance envers les hommes politiques,

  • faiblesse des contre-pouvoirs,

  • augmentation de l'abstention...


La démocratie participative s'inspire des concepts qui ont été mis en place à partir des années 1960 dans les nombreuses entreprises afin d'améliorer l'organisation des postes de travail (management participatif).

Par rapport à la démocratie représentative et à la
démocratie directe, la démocratie participative se présente comme un système mixte dans lequel le peuple délègue son pouvoir à des représentants qui proposent et votent des lois, mais conserve cependant le pouvoir de se saisir lui-même de certaines questions.


Les caractéristiques d'une démocratie participative sont :

  • l'extension du droit de vote et de sa fréquence, assortie de l'initiative législative (ex : via des pétitions);

  • la concertation dynamique, sous forme de débats libres, relative à des décisions aussi bien à échelle locale que nationale (exemple : Comités Consultatifs, Conseils de Quartiers...);

  • la mise en place d'un système organisé qui garantit que toutes les idées constructives et nouvelles des citoyens seront examinées de manière efficace.


Un système de démocratie participative sera d'autant plus pérenne que toutes les mesures décidées sont
acceptables par la grande majorité des personnes concernées et vont dans le sens du "bien commun".

Les critiques faites à la démocratie participative portent principalement sur :

  • la notion de démocratie participative qui n'est souvent qu'un simple discours rhétorique, sans réalité concrète, elle est parfois associée au populisme,

  • la représentativité des citoyens participants aux débats,

  • le rôle des conseils et comités qui se limite souvent à l'aspect "consultation", oubliant l'aspect "échanges entre acteurs",

  • la difficulté de savoir si les avis exprimés sont basés sur des considérations objectives ou sur la défense d'intérêts personnels;

  • la difficulté de vérifier la véracité des informations ayant servi à l'argumentation.