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Jean-Martin Aussant: mise au point
le 8 mai 2016

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Bien que mes convictions et ma passion pour la cause souverainiste soient toujours intactes et que je suive de très près tout ce qui concerne l’avenir du Québec, un retour en politique est exclu à ce moment-ci
                                           - Jean-Martin Aussant

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La semaine qui s’achève a été intense, pour faire usage d’un euphémisme, avec la réception de quelques milliers de messages m’invitant à me lancer dans la course pour la succession de Pierre Karl Péladeau.   À vous qui avez pris le temps de m’écrire, un immense merci du fond du cœur et des excuses à l’avance si les réponses individuelles tardent à venir.

D’abord, bien que mes convictions et ma passion pour la cause souverainiste soient toujours intactes et que je suive de très près tout ce qui concerne l’avenir du Québec, un retour en politique est exclu à ce moment-ci.   En bonne partie pour les mêmes raisons qui m’ont fait prendre une pause politique en 2013 alors que mon fils et ma fille étaient âgés de 2 ans et avaient besoin de ma présence plus que quelques minutes par semaine.   Je n’avais pas d’enfants quand j’ai été élu et leur arrivée a substantiellement changé la donne.   Aujourd’hui, ils n’ont encore que 5 ans et leur besoin d’une double présence parentale demeure entier.

D’autre part, j’ai écrit une lettre ouverte en septembre 2014 qui présentait à mon sens quelques propositions importantes à retrouver chez la prochaine personne qui dirigerait le parti.   Je les crois toujours d’actualité: grand congrès de refondation, instauration d’un rapport d’impôt unique, mise en place de la gratuité scolaire du Centre de la petite enfance CPE au doctorat, réforme urgente du mode de scrutin, etc. (la lettre est ici).

J’ajouterai à cette liste un point implicite, que je n’avais pas mentionné, mais qui demeure évidemment primordial pour une formation qui se dit souverainiste.   Si un parti environnementaliste devrait être capable en tout temps d’expliquer par exemple pourquoi les énergies renouvelables sont préférables au combustible fossile, ou qu’un parti fédéraliste devrait pouvoir démontrer clairement pourquoi selon lui il est préférable que le Québec demeure une simple province, un parti souverainiste devrait avoir en permanence des études mises à jour sur tous les angles imaginables de son projet de pays pour pouvoir bien l’expliquer et bien le défendre face aux adversaires de son idée.  

En d’autres termes, pouvoir expliquer sans hésitation pourquoi il pense que le Québec devrait faire tous ses choix sur les plans économique, fiscal, légal ou environnemental. Quelles seraient les implications sur le plan des relations internationales?   Quelles sont les perspectives quant aux questions reliées à l’armée? Qu’adviendrait-il des frontières d’un Québec souverain?   Ou des relations avec les Premiers Peuples?   What about la communauté historique anglophone?   Autant de questions que la population peut légitimement se poser et auxquelles le vaisseau amiral de la cause souverainiste devrait avoir des réponses mises à jour, et ce, plus récemment qu’en 1995.

Et puis, simplement, revenir à la base de ce que doit être la politique, c’est-à-dire une chose noble et assumée.   Se présenter avec ce qu’on pense être la meilleure idée pour la suite des choses, l’exprimer sans détour et avoir le courage de faire face au choix des électeurs.  

Ajuster son message selon les sondages du moment ou remettre à la population la responsabilité du leadership sur une cause en particulier équivaut à une abdication de ce leadership.   Une telle abdication n’inspirera jamais les Québécois, quelle que soit la cause.   Un expert ne vous demande pas comment vous voulez qu’il fasse son travail quand vous faites appel à ses services.   Si les leaders politiques, tous partis confondus, considèrent qu’ils ne sont pas les experts de leur cause, qu’ils laissent la place à ceux qui veulent le devenir.

J’apprécie beaucoup mes fonctions actuelles au Chantier de l’économie sociale, d’autant plus que je constate chaque jour le formidable potentiel de l’entrepreneuriat collectif de transformer un modèle de développement qui a grand besoin d’être revu.   Le Québec fait d’ailleurs figure de proue dans ce domaine sur la scène mondiale.   Autre raison d’être fiers de ce que nous sommes et de ce que nous avons accompli malgré que nous ne possédions pas encore tous nos moyens.

Mes fonctions actuelles demandent que je demeure neutre sur le plan de la politique partisane, mais je ne cacherai jamais ma préférence pour un Québec souverain.   Je passe donc mon tour cette fois-ci pour un retour à la vie politique, mais comme disait souvent Monsieur Parizeau, l’avenir dure longtemps…

 

 

PS: Le journalisme rigoureux est-il une profession en voie d’extinction?   De grâce, à ceux qui ont écrit ou dit sans la moindre vérification que j’appuyais une personne en particulier, cessez de vous faire manipuler par vos soi-disant «sources sûres» qui doivent bien se frotter les mains quand elles vous voient diffuser leurs fausses informations.

 

Source: Jean-Martin Aussant, message public du 8 mai 2016

Choix de photos, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Publication : 8 mai 2016

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