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Fatima Houda-Pepin défend sa réputation

La députée de la circonscription provinciale de La Pinière, région de la Montérégie, brise le silence pour répliquer aux députés.es du Parti Libéral du Québec qui ont tenté de ternir sa réputation. Ceux et celles qui se sont confiés à Denis Lessard, un journaliste du Journal La Presse/Gesca, spécialiste des coups fourrés ont démontré qu'ils souhaitaient punir Mme Houda-Pepin d'avoir parlé à voix haute.

 

Fatima Houda-Pepin
Députée provinciale de la circonscription québécoise de La Pinière, région de la Montérégie

Vous trouverez aussi la réaction de sa fille telle qu'écrite sur page "Facebook". Pour les petits politiciens et politiciennes, chaque débat est l'occasion de courtiser l'électorat potentiel. Pour d'autres les questions de fond, comme la laïcité de l'État, passent avant tous ces intérêts de sécurité de carrière et de revenus des uns et des autres.

À vous ici de déterminer qui est qui !
- JosPublic 

 

20 Octobre 2013 - Une fuite orchestré par le gouvernement parle d'une charte des valeurs québécoise pour être débattu par la population en dehors de l'assemblée nationale du Québec

octobre 2013 - Couillard rencontre Houda-Pepin qui lui soumet un brouillon de projet de loi sur lequel est travaille depuis 2011

29 octobre 2013 - Philippe Couillard forme un comité et offre à Madame Houda-Pepin la présidence en autant qu'elle laisse tomber son projet de loi. Elle refuse la présidence mais se met à la disposition du comité

7 novembre 2013 - Dépôt par le Parti Québécois de la « Charte affirmant les valeurs de laïcité et de neutralité religieuse de l'État ainsi que d'égalité entre les femmes et les hommes et encadrant les demandes d'accommodements»

12 Novembre 2013 - Marc Tanguay déclare « On ne peut jouer dans les limitations des libertés, et cette personne qui se fait élire (avec son tchador) aurait tout à fait le droit et la légitimité démocratique d'être assise à l'Assemblée nationale »

14 novembre 2013 - Mme Houda-Pepin publie un texte à la Presse Canadienne

15 novembre 2013 - Moins de 24 heures plus tard, Philippe Couillard désavoue Tanguay et tance Houda-Pepin

16 novembre 2013 -  Denis Lessard publie une chronique presque diffamatoire contre Houda-Pepin

16 novembre 2013 - Tamy Emma Pepin, la fille de Fatima Houda-Pepin réplique publique aux ragots du journal La Presse

17 novembre 2013 - Philippe Couillard fait des déclarations aux journalistes en fermant la porte de plus en plus à la députée de La Pinière

18 novembre 2013 - Réplique de Fatima Houda Pépin: elle veut demeurer au sein du caucus libéral, mais pas à n'importe quel prix. Elle réclame un droit à la dissidence dans le dossier de la neutralité religieuse. Elle rêve même de faire bouger la position officielle du Parti libéral du Québec, lequel refuse jusqu'ici qu'on interdise à qui que ce soit d'arborer un signe religieux.

 
«

La neutralité religieuse de l'État,
c'est un enjeu de société, ce n'est pas un enjeu de parti

                      - Fatima Houda-Pepin

»

 

Philippe Couillard
candidat député québécois dans la circonscription provincial d'Outremont
Chef du Parti Libéral du Québec

 
 

Le voile sur le droit de parole

 
 

Visiblement très irrité par la sortie publique de sa députée de La Pinière, Fatima Houda-Pepin, le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Philippe Couillard, lui a néanmoins donné raison sur la question du port du tchador.

Il lui a toutefois lancé du même coup un avertissement clair de réintégrer les rangs et de ne plus intervenir en dehors des cadres du parti.

Le 14 novembre 2013, Mme Houda-Pepin, la seule députée musulmane à l'Assemblée nationale, a dénoncé avec vigueur dans une lettre à La Presse Canadienne les propos de son collègue, Marc Tanguay, voulant qu'une femme portant le tchador serait la bienvenue comme candidate du parti. Le tchador est un grand voile noir qui recouvre tout le corps et la tête de la femme, mais laisse voir son visage.

Le 15 novembre 2013, moins de 24 heures plus tard, Philippe Couillard a convoqué les médias à une conférence de presse, vendredi matin, au cours de laquelle il a désavoué les propos de M. Tanguay.

«M. Tanguay a fait une communication. Il nous arrive tous qu'on dise des choses de façon un peu différente de la façon dont on aurait voulu les exprimer», a fait valoir le chef libéral.

«En pratique et en réalité, il n'y aura pas de candidate libérale portant le tchador», a-t-il tranché.

Cependant, il a reproché à Mme Houda-Pepin d'avoir posé un geste de rupture avec le parti et le caucus en effectuant une telle sortie et a exigé qu'elle se présente au caucus et s'engage de façon «explicite» à travailler avec celui-ci, notamment sur un projet de loi visant à contrer l'extrémisme et l'intégrisme.

Marc Tanguay
président du Parti Libéral du Québec

Ce que réclame le chef libéral, en d'autres termes, est une profession de foi publique et inconditionnelle de Mme Houda-Pepin envers la position de son parti.«Si elle ne fait pas ce geste-là — et je crois qu'elle le fera — elle se placerait elle-même en situation d'exclusion du caucus», a indiqué le leader libéral, refusant de dire clairement s'il l'écarterait du caucus dans le cas contraire.

Philippe Couillard a cependant été clair sur un point: Mme Houda-Pepin devra suivre la ligne de parti lorsque viendra le temps de voter sur le projet de charte de la laïcité. La députée avait affirmé, au début du mois, que la neutralité de l'État était un enjeu de société et pas un enjeu de parti. Elle avait même laissé entendre qu'elle se prononcerait en son nom en affirmant qu'elle n'avait jamais fait de partisanerie politique avec un dossier aussi important que celui-là.

Son chef a toutefois fermé la porte à double tour à cette possibilité.

«On ne peut pas être député libéral et donner son accord à une discrimination à l'emploi basée sur le port de signes religieux, c'est impossible. C'est clair qu'il y aura un vote de parti là-dessus», a déclaré avec fermeté M. Couillard, tout en reconnaissant que Mme Houda-Pepin avait pu se sentir triplement interpellée par le débat entourant le projet de charte sur la laïcité — à titre de femme, de Québécoise et de musulmane.

Dans son texte, la députée de La Pinière depuis 1994 affirme que le PLQ doit accepter de limiter les droits, même fondamentaux, «quand l'intérêt public l'exige», dans ce cas-ci au nom de l'égalité entre hommes et femmes.

Une question demeure toutefois en suspens: la sortie de Mme Houda-Pepin visait spécifiquement le tchador mais ne faisait aucune mention sur le hijab, ce foulard qui recouvre les cheveux tout en laissant le visage à découvert et qui est très commun dans le paysage public. On ne sait donc toujours pas si la députée de La Pinière est en harmonie avec son parti qui entend permettre le port du hijab tant dans la fonction publique que chez une candidate du PLQ qui voudrait le porter.

Philippe Couillard, lui, croit qu'elle l'est. «Je n'ai pas entendu Mme Houda-Pepin dire le contraire. Attendez qu'elle en parle. Elle a mentionné qu'elle était tout à fait confortable avec les orientations du Parti libéral du Québec. C'est cette question du tchador qui a éveillé chez elle des sentiments que je comprends», a-t-il soutenu.

«

Personnellement,  je vis très mal ce débat devenu partisan, alors que ce n'est pas le cas. La manière dont le débat est engagé, il y a eu des dérives, ça cause des dommages [...] Les seuls gagnants en ce moment, ce sont les intégristes. Eux, leur agenda avance et nous dans la classe politique on est en train de se chicaner sur un foulard.

                                        - Fatima Houda-Pepin

»
 
 

Salir la réputation de la députée

 
 

JosPublic se demande qui a bien pu passer la commande à Denis Lessard, journaliste pour le journal La Presse/Gesca/Power Corporation of Canada, le spécialiste des coups fourrés toujours à l'avantage de la famille Desmarais et du Parti Libéral du Québec. Il fait partie des "chemises noires de la Presse", j'y reviendrai bientôt dans un éditorial. En attendant le 16 novembre 2013, il publie un torchon.

Son sujet: une analyse et une description peu flatteuses du supposé caractère et de l'attitude de Fatima Houda-Pepin, le tout frisant le libelle diffamatoire. Je ne reproduirai pas son texte pour ne pas en rajouter, mais si vous y tenez absolument vous le trouverez ici.

La chronique était méchante au point où Tamy Emma Pepin, la fille de la députée a réagi sur sa page FaceBook en écrivant ceci:

 

16 novembre 2013
Odieuse job de bras
dans La Presse ce matin

Que Denis Lessard s’attaque à ma mère, Fatima Houda-Pepin, pour ses idées, sa position sur le tchador ou sa divergence d’opinion avec le PLQ, go right ahead.

Mais qu’il écrive que ma mère soit veuve (parce que ça pas vraiment rapport au débat d’idées sur la charte), et par le passage, insulte mon père décédé et le fait passer pour un simple chauffeur -- lui qui était agronome, économiste, évaluateur agréé, qui a dirigé de grands projets pour des organisations internationales telles que l’ACDI et la Banque Mondiale et qui a fait le sacrifice de laisser son travail lorsque ma sœur et moi étions petites afin que ma mère puisse se lancer en politique; lui qui a tout donné à ses filles et sa femme, qui nous a autant reconduit ma sœur et moi à l’école, du primaire jusqu’à l’université, et qui est décédé brusquement lorsque j’avais 20 ans, c’est une honte.

Je cite: « Elle est devenue veuve il y a quelques années et ils [ses collègues] se souviennent de l'attention sans partage que lui portait son mari, un agronome à la retraite. Il la véhiculait partout à travers le Québec, dans une grosse Chevrolet Caprice noire, une simili-limousine pour la ministre qu'elle n'est jamais devenue

Et le pire, dans ce torchon de Lessard, c’est que nous n’avons *jamais* eu de Chevrolet Caprice noire. Jamais. Ni ma mère, ni mon père, ni personne. Alors la prochaine fois que Monsieur Lessard fait une commande de dénigrement et décide de publier des attaques personnelles bidons dans son journal, il pourrait au moins avoir la décence, que dis-je, le professionnalisme, de vérifier les faits qu’avancent ses
 « sources ».

Dégoûtant.


Tamy Emma Pepin

 
 
 

« Je ne permettrai pas qu'on s'attaque à mon intégrité»
 
                                          - Fatima Houda-Pepin

 
 

Face aux attaques personnelles qui sont faites à son égard et aux informations erronées véhiculées dans les médias, la députée de La Pinière, Mme Fatima Houda-Pepin se voit dans l'obligation de remettre les pendules à l'heure le 18 novembre 2013.

La députée de La Pinière explique son silence sur la Charte des valeurs québécoises par le fait qu'elle a une divergence avec son chef, monsieur Philippe Couillard, et plus spécifiquement sur une disposition touchant la neutralité religieuse de l'État, contenue dans un projet de loi qu'elle avait  élaboré, dans la sérénité, loin du brouhaha de la Charte des valeurs, en 2011, et qu'elle a actualisé récemment.

Elle souhaitait, avec l'accord de son chef que ce projet de loi soit soumis au caucus libéral pour discussion.

» Je n'endosse pas la Charte des valeurs du gouvernement Marois. J'ai estimé que je pouvais apporter une contribution à ce débat, à l'intérieur de mon parti et de l'Aile parlementaire libérale. À cet effet, j'ai proposé que ce projet de loi soit au moins soumis pour discussion au sein du caucus.

S'il avait été approuvé après modification, il aurait pu être déposé à l'Assemblée nationale avant la date limite du 15 novembre et être appelé pour étude éventuellement. Par respect pour mon chef et mes collègues du caucus et par loyauté envers mon parti, j'ai pris sur moi de garder le silence en choisissant la voie du dialogue, non pas en solitaire mais dans la discrétion.

Or, le 29 octobre 2013, il y a trois semaines, on m'a proposé de laisser tomber le projet de loi et de présider un comité sur l'intégrisme. J'ai refusé de mettre le projet de loi sous le tapis et j'ai accepté cependant, en femme d'équipe, d'agir comme personne ressource pour le nouveau comité qui n'a reçu son mandat du chef monsieur Philippe Couillard que le 13 novembre 2013 (il y a 6 jours). 

Je suis prête à collaborer comme je l'ai toujours fait. Je suis libérale et loyale à mon chef et à mon parti. Je ne veux pas me retrouver dans une situation où on me force à renier soit mes convictions  profondes ou mon attachement au Parti libéral du Québec. 

Je regrette d'être traitée de la sorte pour le simple fait d'avoir souhaité un débat d'idées sur une question aussi complexe et sensible comme la neutralité religieuse de l'État.
», a déclaré la députée Fatima Houda-Pepin.

Madame Houda-Pepin a fait appel, le 15 novembre 2013, sur les ondes de Radio Canada, aux chefs des différents groupes parlementaires afin d'avoir une rencontre au sommet sur la neutralité religieuse de l'État afin de dégager un consensus fort sur les éléments qui les rassemblent.

« Si l'objectif de toute la classe politique est de lutter contre les intégrismes, comment expliquer ce climat suffoquant de partisanerie politique à outrance ? Peut-on travailler ensemble pour l'intérêt commun au lieu de se déchirer sur des foulards au grand bonheur des groupes radicaux qui œuvrent à saper les bases de notre démocratie ? » - a conclu la députée Fatima Houda-Pepin.

Sources: Assemblée nationale du Québec, Agence de presse CNW/Telbec, FaceBook, Ici Radio-Canada pour La Société CBC/Radio-Canada, Agence La Presse Canadienne/Canadian Press Enterprises propriété de CTVglobemedia, Torstar et Power Corporation of Canada

Choix de photos, extraits de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Publication : 18 novembre 2013

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