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Pas de reconnaissance de l'expertise citoyenne dans le débat sur les hydrocarbures
Pas d'oreilles pour la parole citoyenne !
Le mépris de Mme François Bertrand mérite-t-il le nôtre?

Robert Duchesne analyse le débat en cours sur l'exploration, la production et le transport du pétrole au Québec.   Il nous fait découvrir le mépris de Mme Françoise Bertrand, porte-parole de la Fédération des chambres de commerce du Québec, envers les citoyens.nes qui seraient selon elle des ignorants manipulables à...souhait par des groupuscules.   Avec éloquence, l'auteur fait la démonstration des idées pertinentes et réalisables mises de l'avant par les citoyens, mais peu écoutées par les décideurs. 
                                                                                                  
 - JosPublic

  Québec

 
 
 

Texte par Robert DUCHESNE
Trois-Rivières
Hydrocarbures, citoyens versus promoteurs

 
 

Depuis une dizaine d’années au Québec, dans les dossiers d’exploitation des ressources naturelles et de productions industrielles, particulièrement dans celui des hydrocarbures et, plus globalement, celui de la politique énergétique, les promoteurs industriels et les décideurs politiques se gargarisent avec deux concepts fondamentaux: développement durable et acceptabilité sociale, l’un et l’autre faisant l’objet de controverses incessantes et constituant un terrain de confrontation récurrente entre les élus, les milieux d’affaires et les citoyens.

Cet état de fait m’apparaît totalement improductif, car déconnecté de notre société contemporaine où le citoyen joue un rôle de plus en plus actif grâce notamment aux réseaux modernes de communication et à un niveau d’éducation de plus en plus ouvert sur le monde.  

Force est d’admettre que le constat fait par Jacques Testart en 2003 est l’un des principaux obstacles qui sévit encore en 2016, minant les efforts de conciliation pragmatique des concepts de développement économique, de respect de l’environnement et des droits, et surtout de sécurité et de bien-être collectifs.

Le dossier des hydrocarbures versus les énergies vertes est représentatif de la confrontation entre, d’une part, les élus et les représentants des entreprises et, d’autre part, les principaux intéressés, les citoyens eux-mêmes.

De surcroît, les prises de position de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), par la voix de sa présidente Françoise Bertrand, sont typiques du double discours des promoteurs corporatifs et gouvernementaux afin de contourner la volonté citoyenne lorsque celle-ci ne correspond pas à leurs objectifs de développement.  

À ce sujet, les propos de la présidente Françoise Bertrand publiés dans La Presse ( 2011-06-17 ici ) et cités par Bernard Vachon sont extrêmement significatifs :  

 
«

 …la notion d’acceptabilité sociale ne doit pas être interprétée comme une façon de permettre à une minorité ou à des groupuscules organisés de bloquer des projets industriels.     - Françoise Bertrand

»
 

Le spécialiste en aménagement et développement territorial réplique :

« En plus d’être démagogiques, ces propos trahissent une méconnaissance et la négation du rôle de la participation citoyenne dans le processus décisionnel des grands projets industriels qui concernent la collectivité globale ».  

J’approuve totalement l’analyse de Bernard Vachon.

Bernard Vachon ( 02 )

Peut-on accréditer les propos de la présidente lorsqu’on sait qu’un groupuscule de quelque 70 000 citoyens ont signé la campagne «Vous n’entrerez pas chez nous» refusant l’implantation de milliers de puits de schiste dans la Vallée du Saint-Laurent; qu’un collectif d’environ 170 scientifiques québécois s’oppose à la fracturation du schiste; que des organismes représentant des milliers de citoyens, comme Nature Québec, Coalition Eau Secours!, Fondation David Suzuki, AQLPA, s’y opposent aussi, tout en préconisant de façon concrète la transition réelle vers les énergies renouvelables; que L’Élan global pour un Québec libre des hydrocarbures ( 03 ) regroupe jusqu’à présent plus de 35 000 adhérents dont plusieurs personnalités publiques?

Questionnement : Peut-être la présidente considérait-t-elle aussi les habitants de Gaspé comme un groupuscule nuisant aux projets lorsqu’ils se sont confrontés à Pétrolia à propos du puits Haldimand ( 04 ) et de la protection de leur eau potable.

Partage-t-elle les propos de Gaston Langlais, porte-parole du Regroupement pour l'avancement économique de Gaspé, qui disait que la Ville a eu des pressions des faux écolos qui disaient n'importe quoi! ( 05 ) 

Et qui sait si elle ne considère pas aussi comme des nuisances publiques les 168 habitants de Ristigouche qui ont courageusement tenu tête à Gastem, grâce notamment à la solidarité de dizaines de municipalités québécoises et de leurs milliers d’habitants, afin eux aussi de protéger leur eau potable.  ( 06 )

Par cette conception de l’action citoyenne, la présidente fait montre de la même ignorance et de la même arrogance aussi méprisable que méprisante que l’ex-ministre des ressources naturelles Nathalie Normandeau qui affirmait que le Québec fait face à des groupes de pression s’opposant au progrès à contre-courant.  

La raison d’être et les objectifs des organisations environnementalistes et citoyennes ne sont pas de bloquer le progrès, mais d’en transformer le concept et l’application de façon à la fois réaliste et responsable, c’est-à-dire en le rendant viable pour les générations futures aussi bien qu’actuelles en tenant compte des avancées scientifiques sur le climat et de notre responsabilité concernant l’état de la planète, plutôt que de se référer à la seule notion de profit local à court terme.  

À l’heure de la crise climatique, du Sommet de Paris et de la revendication citoyenne généralisée et rigoureusement référencée par l’actualité et la science, il est plus qu’évident que l’appui aux énergies fossiles est dangereusement passéiste et à contre-courant alors que sont démontrés efficients tous les facteurs pro-énergies renouvelables et pro-économie d’énergie. 

Il est temps que la FCCQ délaisse les schèmes d’affaires de la première moitié du vingtième siècle et s’aligne sur les valeurs et les certitudes les plus probantes de notre époque, dont la disparition progressive mais imminente du recours aux énergies fossiles et l’évidente progression des énergies renouvelables annonciatrice de réalisations concrètes et de profits pour ses membres et ses clients, comme le démontre un rapport mondial d'Accenture et du CDP : « La transition vers les énergies à faibles émissions de carbone pourrait créer jusqu'à 380 milliards d'euros par an de valeur nouvelle pour les opérateurs d'énergie. » ( 07 )   Désormais, la recherche de profits à court terme est indissociable d’une vision et d’un projet à long terme.

Par son appui aux hydrocarbures et son mépris de la population, la FCCQ démontre un manque flagrant de vision et une déconnexion dramatique de la réalité québécoise contemporaine, même si elle prétend contribuer à la qualité de vie et la prospérité des ommunautés et accueillir avec ouverture les grands choix du Québec, avec intégrité et transparence au regard du développement durable. ( 08 )

Qu’en est-il vraiment, sachant que la population s’oppose majoritairement à la fracturation du schiste et au pipeline promus par la FCCQ ?  

En demandant un encadrement rigoureux pour les entreprises, les communautés et les groupes d’opposition, elle voit tout en termes commerciaux et confond entreprises et associations citoyennes, démontrant ainsi sa méconnaissance totale de celles-ci.  

Des règles administratives et législatives spécifiques pour les entreprises sont une nécessité absolue de bon fonctionnement; et les communautés relèvent déjà des lois générales et des réglementations qui leur sont propres.  

Quant aux groupes qu’elle qualifie à tort d’opposition, car ils sont plutôt des groupes de promotion de justice sociale et de développement équitable, ils s’encadrent eux-mêmes dans le respect des lois.   Ces associations, créées par les citoyens pour agir sur des problématiques communautaires qui les concernent directement, ne peuvent être confondues avec les instances administratives commerciales ou gouvernementales ni soumises à leurs règles d’encadrement autres que les lois générales. 

Dans le même sens, un communiqué de la FCCQ révèle sa perception de l’action citoyenne : « Autant l’industrie que les groupes et les coalitions d’opposition, qu’ils soient environnementalistes ou citoyens, doivent faire preuve de transparence sur leur structure et moyen de financement, et en étant inscrits en bonne et due forme au registre des lobbyistes.   Les règles doivent être les mêmes pour tous les joueurs impliqués, » suggère Mme Bertrand.

Le seul objectif des pressions pour classer les organisations citoyennes comme lobbys est d’endiguer leurs ressources et limiter leurs actions.   Pourquoi les règles devraient-elles être les mêmes pour les corporations et entreprises à but lucratif et pour les simples citoyens dont le seul intérêt est le bien-être collectif?   Par ailleurs, on peut être transparent sans être inscrit au registre des lobbyistes et y être inscrit n’est pas une garantie de transparence.

En opposant entreprises et organisations citoyennes comme compétitrices, la présidente dénie la spécificité de celles-ci et le statut des principaux intéressés, les citoyens, à la fois bailleurs de fonds et bénéficiaires des entreprises en tant que clients et payeurs des subventions aux entreprises, membres des communautés au bien et à la prospérité desquelles elle prétend contribuer.

De ce fait, les citoyens devraient être considérés comme des interlocuteurs prioritaires et privilégiés par les pétroleux et gouvernementeux au lieu d’être dénigrés et ignorés par eux.   Par ce genre de discours, la présidente et la FCCQ nous disent : nous voulons votre prospérité, à la condition que vous soyez d’accord avec nos valeurs et approuviez aveuglément nos projets.   Autre intervention de la présidente révélant sa propension à vouloir le contrôle de l’opinion publique plutôt que sa prise en compte.

Dans son discours d’ouverture à la 6e conférence annuelle de l’Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ), elle « a réitéré la nécessité que le gouvernement du Québec s’engage en première ligne pour favoriser l’acceptabilité sociale des projets de développement des hydrocarbures…Le gouvernement du Québec a encore beaucoup de chemin à faire pour favoriser l’acceptabilité sociale des projets. »

D’un point de vue citoyen, l’objectif ne doit pas être de favoriser l’acceptabilité sociale à tout prix, mais de la vérifier et de prendre acte de la volonté citoyenne, en procédant par une diffusion d’informations diversifiées, indépendantes et objectives, par la reconnaissance de l’expertise citoyenne et par la consultation effective des citoyens.   La FCCQ n’a pas à dicter leur conduite ni au gouvernement ni encore moins aux citoyens qu’il est sensé représenter.  

Par ailleurs, concernant Énergie Est, lorsqu’elle base son argumentaire sur le fait que « les besoins des Québécois en hydrocarbures demeurent très importants (pour) plusieurs décennies…dépendance(qui) nous coûte chaque année environ 14 milliards de dollars », la présidente biaise la réalité sachant qu’Énergie Est ne changerait rien aux besoins et aux modes d’approvisionnement pétroliers québécois.

Elle fait ainsi écho à la duperie du président d’Énergie Est, John Soini, qui déclare :

« Les oléoducs demeurent le moyen le plus sécuritaire de transporter le pétrole dont le Québec a besoin chaque jour », comme si l’on ignorait que ce pétrole sera transformé, exporté et utilisé ailleurs. ( 09 )

Même propagande démagogique lorsqu’ils tentent de nous convaincre que le choix se pose entre le pipeline et des milliers de convois pétrolifères.

Le Québec n’a aucune obligation de choisir entre un déversement catastrophique dans nos cours d’eau et un convoi qui lui explose dans la tronche, seulement pour satisfaire la quête d’hypothétiques profits commerciaux pour certaines entreprises et pour enrichir une pétrolière albertaine, lesquelles se foutent absolument de notre avis et de notre intérêt collectif aussi bien que de l’état de la planète, de la crise climatique et des générations futures.   

Le choix n’est pas : pipeline ou convois pétroliers; le choix est : Québec soumis au chantage économique et sociologique de TransCanada et de ses alliés politiques et commerciaux ou Québec libre de décider pour lui-même et de ne pas se rendre complice de cette abomination écologique qu’est l’exploitation du sale pétrole bitumineux.  

La présidente daigne néanmoins faire mention des renouvelables, comme on parle d’un chauffage d’appoint ou d’un second conducteur : « Le développement des filières énergétiques vertes représente aussi une opportunité économique importante… il est judicieux de favoriser… les investissements dans nos ressources renouvelables ».

Judicieux, suggère-t-elle!!! Primordial et incontournable seraient plus appropriés.

Le hic, c’est qu’énergies fossiles et énergies vertes sont devenues fondamentalement inconciliables et seul un contexte de transition peut désormais leur permettre de cohabiter.   Or, les concepts de transition énergétique et de développement durable ne doivent pas servir de prétextes au statu quo et à la quête de profit dans l’aveuglement volontaire et le déni.   Ainsi, lorsque la présidente déclare : « Le gouvernement doit également faire preuve de réalisme et de pragmatisme quant à la vitesse des changements dans les modes de consommation d’énergie… », on devine que sa définition du pragmatisme frôle davantage le statu quo et la relégation aux prochaines générations que la prise en compte de la volonté citoyenne actuelle et de l’urgence d’agir.  

Parlant transition énergétique, rappelons les propos de Denis Hayes, coordonnateur du premier Jour de la Terre (1970), ex-directeur de l’Institut (américain) de recherche sur l’énergie solaire :

« La transition vers un monde sans pétrole est imminente et pourrait être pénible si nous ne la préparons pas maintenant...

La question n’est pas de savoir si nous devons faire cette transition, la seule question est de savoir si elle sera harmonieuse, fondée sur une planification et une préparation judicieuses, ou chaotique et le résultat de crises politiques et économiques de plus en plus graves… ». ( 10 )

C’était en 1977, ses paroles acquièrent aujourd’hui un sens d’urgence incontestable qui concerne toutes les sphères politiques, entrepreneuriales et citoyennes.    

Et parlant développement durable, les propos suivants sont encore plus pertinents maintenant qu’en 2007 : « Les citoyens désabusés ne font pas confiance aux politiciens.   Rien de surprenant, quand les multinationales imposent leurs règles avec la complicité des gouvernements en place.   De grandes institutions non élues…prennent des décisions qui affectent la vie de peuples entiers n’ayant pas leur mot à dire…   Mais qu’est-ce qui légitime le fait que les intérêts financiers des entreprises pèsent plus lourd que les droits des peuples?   À tous ceux qui portent l’étendard du développement durable, nous voulons souligner les dangers insidieux de cette approche…souvent récupérée par les relations publiques des grandes entreprises. »  ( 11 ) 

Un certain Jean Charest affirmait récemment devant la communauté d’affaires de Québec : « …on insiste trop sur les risques…Ce qu’on entend n’est pas le reflet de la réalité. »

L’auteur de l’article ajoute qu’à l’époque où il dirigeait le Québec, M. Charest avait donné son appui au projet Keystone XL également piloté par TransCanada.  

On ne demandera pas aux Charest et Bertrand, pas plus qu’aux maireux Lévesque et Labeaume qui appuient aveuglément Énergie Est, de consulter les sites Convoi citoyen ( 12 ) et Non à une marée noire dans le Saint-Laurent ( 13 ), mais une petite recherche leur permettrait de découvrir ce que donnerait une explosion pipelinesque dans le Saint-Laurent près de Québec ou dans la Saint-Maurice en amont de la prise d’eau potable de Trois-Rivières : pipeline en feu dans une rivière de Moscou. À diffuser sans modération.
( 14 )

Doit-on vraiment faire la liste des centaines d’incidents et de catastrophes provoqués par l’exploitation des hydrocarbures et du gaz de schiste et par le transport pétrolier pour démontrer que le Québec ne peut se permettre de tels risques pour acheminer le pétrole albertain vers l’exportation ou pour enrichir les gazières.

 L'information et l'implication citoyenne

Quelques exemples d'intérêt public connus des citoyens
qui s'informent et fondent leurs actions sur des faits avérés

 
 

Intégrité et transparence

 
 

Les promoteurs industriels, commerciaux et gouvernementaux nous serinent constamment leur mantra de confiance, de vigilance, de consultation, d’acceptabilité sociale, de développement durable, de respect des lois.   La présidente Bertrand nous parle de transparence, de rigueur et de respect des règles convenues dans une société de droit.

Voyons brièvement et partiellement ce qu’il en est pour TransCanada et ses alliés pétroleux.

Pour le Keystone XL américain, trois fois furent mises à jour des collusions et conflits d’intérêt entre TransCanada et les instances chargées d’évaluer et d’approuver le projet.   Comment ne pas supposer que ce genre de magouille a lieu au Québec, alors que depuis le début de la saga des hydrocarbures au Québec, la population assiste à une suite de prévarications inadmissibles!   

C’est aussi TransCanada qui déclarait au Québec que c’est très facile de récupérer le pétrole lourd dans l’eau après avoir admis exactement le contraire devant l’Office national de l’énergie.   

Le 13 février 2016, « Le ministre Heurtel reconnaît que le projet de pipeline Énergie Est devrait être évalué en vertu des dispositions prévues par la Loi sur la qualité de l’environnement.   Mais il a tout de même décidé de lancer l’étude du projet sans s’y conformer, puisque TransCanada refusait de se plier à la réglementation en vigueur au Québec depuis 35 ans. » ( 15 )  Le ministre Heurtel refuse de lancer une étude indépendante sur le transport de pétrole par train, malgré les nombreuses demandes en ce sens. ( 16 )

Sur le site du RVHQ, malgré l’opposition citoyenne : « …le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles a même fait évaluer les besoins de main d’œuvre liés au forage de 3 600 puits de gaz de schiste dans les basses-terres du Saint-Laurent ». ( 17 )

Sur la page Facebook de Martine Ouellet : « Le PLQ refuse d’entendre…les citoyens inquiets du projet de transport de pétrole par train Chaleur Terminals…Pourquoi le PLQ a-t-il refusé un BAPE relativement à ce projet dangereux? » ( 18 )

Cacouna.   Une semaine avant la révélation médiatique de la magouille de son ministère concernant l’approbation des travaux de TransCanada à Cacouna, le ministre Arcand déclarait publiquement : « Faites-nous confiance, nous sommes très vigilants! » 

 
 

Cacouna et clowneries gouvernementales!

 
 

Parlant de Cacouna, si l’on se tapait une bonne rigolade de clowneries gouvernementales!   Le gouvernement fait-il respecter la Loi et la respecte-t-il lui-même?:  « Malgré le fait qu’il ait essuyé uniquement des refus de TransCanada à ses demandes répétées d’un avis scientifique en bonne et due forme, le gouvernement du Québec a d’ailleurs autorisé en août 2014 l’entreprise à mener des forages sous-marins dans le secteur maritime de Cacouna. » ( 19 ) 

On en rajoute une p’tite couche, y a pas de gêne!   Le 21 septembre 2015, le journal Le Devoir rapporte: « …le ministère de l’Environnement du Québec a décidé d’imposer une amende à TransCanada…(qui) n’avait pas demandé l’autorisation… avant de réaliser des levés sismiques en plein coeur de l’habitat critique du béluga… L’entreprise, qui développe un projet de pipeline d’une valeur de 12 milliards de dollars, devra donc payer une amende de 5 000 $ pour avoir enfreint la Loi sur la qualité de l’environnement.   Il s’agit de la sanction minimale prévue...   Avant de décider d’imposer  une sanction pécuniaire de 5 000$...le ministère dit avoir analysé le dossier et obtenu l’avis des experts » (20 )

Les experts du gouvernement ont-ils bien évalué le risque que cette amende extrêmement dissuasive accule TransCanada à la faillite?   Je crois plutôt que les transcanadiens sont morts de rire, 5 000$, c’est à peu près ce que leur coûte un party de bureau de fin d’année!

On remet ça avec une question, d’accord?   Le ministère de l’environnement donnera-t-il une amende aussi mirobolante au ministère des ressources naturelles et à son ministre Pierre Arcand pour avoir toléré et même encouragé cette magouille pétroleuse?  

Et ça fait comme si nous ne les voyions pas! Et ça prétend nous faire la leçon! Et ça ne comprend pas que les citoyens se méfient d’eux et de leur pseudo-transparence!

 
 

Conclusion

 
 

Dans tous les dossiers relatifs à l’environnement et à la dangerosité des technologies, les citoyens sont traités par les promoteurs industriels et politiques comme des crétins ignorants et des interlocuteurs de second ordre.  

Les autorités font des audiences bidon, à peine annoncées et avec des délais et des règles déraisonnables pour des citoyens bénévoles non habitués aux interventions publiques. 

Face à l’action citoyenne, leurs arguments typiques sont : nous les avons mal informés et ils sont trop émotifs, comme si  l’émotion était anormale et incompatible avec la raison face aux Fukushima ( 21 ) et aux Deep Water Horizon ( 22 ).  

À ce sujet, pour bien cerner le cynisme affairiste de la FCCQ, citons  ici un extrait de son mémoire présenté en octobre 2015 à la Communauté Métropolitaine de Montréal (CMM) lors des audiences sur Énergie Est :  « Ce n’est pas parce qu’il y a eu un accident, aussi dramatique soit-il, qu’il faille tout arrêter et pour toujours! »  Après une telle déclaration, on peut légitimement s’inquiéter de la limite catastrophée au-delà de laquelle la présidente Bertrand considère qu’il faille tout arrêter et pour toujours.

Leur élitisme méprisant et démagogique les empêche de reconnaître que les citoyens sont parfaitement capables de s’informer adéquatement, d’analyser judicieusement les faits et de prendre des décisions éclairées, et qu’ils le font justement au point même d’informer le gouvernement plutôt que l’inverse.

Ils n’admettent pas que l’ère est révolue de cette élite politico-industrielle autoproclamée détentrice exclusive de la vérité et grande dispensatrice (infantilisante) de connaissances pour la populace présumée ignare.  

Ils n’admettent pas qu’il n’est pas nécessaire d’être ingénieur ou scientifique pour analyser certaines situations et que le simple bon sens suffit pour comprendre que tous les puits de schiste fuiront un jour et qu’il est insensé de prétendre pouvoir gérer des milliers de tonnes de déchets radioactifs sur des centaines de milliers d’années, qu’il est irresponsable voire même criminel de léguer à nos descendants de telles bombes à retardement, produits de notre fuite en avant collective, n’en déplaise à la présidente de la FCCQ qui, dans le mémoire déjà cité, qualifie les citoyens inquiets de « groupes qui nourrissent des craintes exagérées et qui contribuent à l’immobilisme dont les générations futures ne peuvent faire les frais. » ( 23 )

On en rirait si ces propos n’étaient idéologiquement si ignorants et méprisants!  

 

Plutôt que de persister dans leur jovialisme passéiste, il leur faut devenir futuristes et miser sur le seul véritable progrès possible pour notre époque que sont les énergies renouvelables plutôt que sur la fossilisation du futur énergétique québécois et planétaire.

L’auteur d’une thèse de doctorat datant des années trente et dormant dans une bibliothèque de l’UdeM écrivait au sujet de la pollution industrielle qu’un jour viendrait où nous ne pourrions plus en ajouter dans l’atmosphère et qu’il fallait déjà s’en préoccuper.   S’agissant des gaz à effet de serre, il nous faut impérativement appliquer l’adage populaire qui dit qu’on ne peut faire entrer un gallon dans une pinte : la coupe est pleine et déborde, les citoyens en sont conscients et agissent en conséquence, aux élus de se rallier à eux au plus sacrant plutôt que de les ignorer et dénigrer!   Qu’on en finisse au Québec avec ce sempiternel conflit entre gouvernement et population, entre élus et citoyens, chaque fois qu’il est question d’énergie!

Nous sommes les citoyens, les principaux intéressés, les occupants du territoire, nous sommes le Québec, et nous refusons Énergie Est, les puits de gaz de schiste, l’exploitation des hydrocarbures au Québec; nous refusons la perpétuation du sabotage systématique de nos formidables atouts qui nous permettraient de devenir des leaders internationaux en énergies renouvelables.

Nous exigeons l’institution immédiate d’un programme efficace d’économie d’énergie et d’une véritable politique énergétique fondée sur l’élimination maximale de la dépendance au pétrole et sur le recours maximal aux énergies renouvelables et à l’électrification des transports.

 
 

L'invention et la créativité québécoises mise au pilori
par les gouvernements québécois

 
 

La présidente Bertrand déclare que la FCCQ va:
« collaborer avec le gouvernement pour que la nouvelle politique tienne compte de tous les atouts énergétiques du Québec… », et que:
« le Québec ne doit pas tourner le dos à de nouveaux investissements, particulièrement au chapitre de l’énergie »,

Il faudrait maintenant connaître son analyse de la fuite des opportunités et des inventions dont le Québec est victime depuis des années et qu’elle nous révèle ce qu’elle entend faire pour contribuer à maintenir chez nous de telles possibilités de développement énergétique autres que l’exploitation du pétrole et du gaz de schiste.

Comment pouvons-nous croire en la détermination du milieu des affaires, de Hydro-Québec et du  gouvernement libéral pour développer les énergies renouvelables et profiter collectivement de nos  ressources de recherche quand on sait de quelle façon on a traité en 2006 l’incroyable opportunité que nous proposait Siemens, géant de l’éolien, qu’on a écartée du revers de la main avec ses quelque 2 500 emplois potentiels; sachant aussi qu’on a failli saboter complètement le projet de monorail découlant de l’invention du moteur roue par M. Pierre Couture chez HQ, projet qui n’en finit plus d’être balloté dans tous les sens de façon insensée et qui, selon la FTQ, aurait pu créer des emplois en remplacement de ceux perdus avec la fermeture de G2; sachant de surcroît que la batterie super-performante conçue chez HQ sera produite industriellement...en France!!!

De mon point de vue de citoyen qui tente de comprendre l’actualité et de trouver un sens aux magouilles et collusions transparaissant dans l’espace public, certains dossiers restent totalement nébuleux à l’aune du simple bon sens.

Décidément, avec la fuite de Siemens, du moteur roue et de la batterie super-performante, la décennie québécoise 2006-2016 aura été un fiasco complet en matière de création d’emplois verts et de richesse éco-responsable au Québec.

Comme par hasard, au cours de la même décennie, on a entendu à profusion les Charest, Bouchard, Couillard, Normandeau, Arcand, Caillé, Vandal et…Bertrand de la FCCQ, pour ne nommer que ceux-là, promouvoir à tous crins l’exploitation des hydrocarbures, notamment le gaz de schiste, en dépit de l’opposition généralisée et au mépris des principaux intéressés, les citoyens eux-mêmes.

Source:  Au micro ci-dessus: Robert Duchesne, de Trois-Rivières

Choix de photos, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Publication : 19 mars 2016

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

Jacques Testart

« L’idée que des citoyens préalablement informés puissent avoir autant de légitimité que des scientifiques et des élus pour participer à l’encadrement des technologies reste propre à de petits cénacles, elle n’est toujours pas admise chez les politiques. »
( 01 )

 

                                      

 

Notes & Références encyclopédiques:

01

 

Réflexions pour un monde viable

Jacques Testart

Collection: Mille et une nuits, no 50,
Éditeur Fayard, 2003, p. 24.

 
 

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02

 

L’aménagement du territoire confronté à la « route des huiles », Bernard Vachon, Professeur retraité du département de géographie de l’UQÀM et Spécialiste en aménagement et développement territorial dans Le Québec face à l’ordre pétrolier canadien, L’Action nationale, février-mars 2015, p. 104-105.

 

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03

 

L’Élan Global - Sur Thunderclap

 
 

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04

 

De grossiers gérants d'estrades tentent de culpabiliser la ville de Gaspé - Sur MétéoPolitique

 
 

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05

 

 

Regroupement pour l'avancement économique de Gaspé: déclaration de Gaston Langlais le porte-parole du groupe: À son avis, les environnementalistes sont des «marginaux» qui «bloquent» le développement économique de la région. «Quels sont leurs projets de développement, leur budget d’investissement ?, questionne-t-il.  Ce sont des marginaux qui sont toujours devant les caméras, et les gens pensent qu’ils sont représentatifs de la société, alors qu’ils ne le sont pas». - Sur Graffici, le 11 février 2013

 

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06

 

L'eau encore et toujours menacée.
Cette fois avec la complicité du gouvernement du Parti Libéral du Québec
- Sur MétéoPolitique

 
 

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07

 

      Énergies à faibles émissions de carbone, un marché lucratif prometteur  - Sur Enerzine

 
 

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08

 

Sauf mention autre, les citations relatives à la FCCQ proviennent des documents paraissant sur le site de la Fédération des chambres de commerce du Québec

 

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09

 

Le milieu des affaires se range derrière TransCanada - Sur Le Devoir le 4 février 2016

 
 

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10

 

Rays of Hope, The Transition to a Post-Petroleum World
Denis Hayes
Worldwatch Institute
1977.

 
 

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11

 

Objecteurs de croissance
Écosociété
2007
p. 128-129

 
 

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12

 

Site internet de Convoi citoyen

 
 

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13

 

Non à une marée noire dans le Saint-Laurent : Il faut avoir un compte pour accéder à https://www.facebook.com/groups/nmnsl/

 
 

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14

À Moscou pipeline sous la rivière en feu                                                              Retour au texte

15

 

 

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16

 

Heurtel-Pétrole-Trains-Refus d’étude indépendante : Il faut être abonné pour avoir accès a Facebook: https://www.facebook.com/groups/1570251466562293/permalink/1631658377088268/

 

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17

 

Le RVHQ somme le gouvernement Couillard de renoncer à sa stratégie gazière Politique énergétique 2016-2025 et loi sur les hydrocarbures - Sur le site du Regroupement vigilance hydrocarbures Québec (RVHQ)

 
 

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18

 

Pétrole-train-Chaleur Terminals-refus de rencontrer citoyens et d’un BAPE : Extrait vidéo d'une intervention de Martine Ouellet à l'Assemblée nationale du Québec

 

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19

 

20

 
 

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21

 

Les enfants de Fukushima sont en train de mourir - Sur Nautiljon, le 25 juin 2014

 
 

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22

 

Deep Water Horizon - Impact du déversement sur les enfants et les familles : données préliminaires de l’étude d’impact sur les populations riveraines - En anglais sur Academic Commons en 2010

 

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23

 

FCCQ  et cynisme entrepreneurial  -Position de la Fédération des chambres de commerce du Québec présentée à la Communauté métropolitaine de Montréal dans le cadre de la Consultation publique sur le projet d’oléoduc Énergie-Est de TransCanada, le 8 octobre 2015

 

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